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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 20:00

conferences-des-eveques

 

La Conférence des évêques de France a rendu publique jeudi 16 janvier une déclaration de son conseil permanent, réuni en début de semaine à Paris, appelant à «agir avec prudence» sur le sujet de la fin de vie.

 

Alors que le président de la République François Hollande a souhaité mardi un texte de loi qui permette à un majeur atteint d'une maladie incurable de demander une «assistance médicalisée pour terminer sa vie en dignité», le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié jeudi 16 janvier une déclaration sur la fin de vie.

 

Pour les évêques de France, il s'agit de rendre «plus manifeste le respect dû à toute personne» vivant ses derniers jours tout en refusant autant l’acharnement thérapeutique que l’acte de tuer, et de rappeler leur attachement au développement réel et qualitatif des soins palliatif et au renforcement des solidarités familiales et sociales.

 

Mgr Bernard Podvin

Porte-parole des évêques de France

 

 

 Fin de vie :

pour un engagement de solidarité et de fraternité

Un projet de loi sur la fin de vie pourrait être déposé devant le Parlement d’ici la fin de l’année. Des rapports et des avis rendus publics ces derniers mois ont demandé des améliorations de la loi Leonetti. Cependant, améliorer la législation, ce n’est pas la changer fondamentalement. Le sujet est trop grave pour ne pas agir avec prudence.

 

Contrairement à d’autres, l’avis rédigé par un  panel de citoyens» propose de légaliser le «suicide médicalement assisté», sous condition d’une demande expresse d’une personne en fin de vie ou atteinte d’une maladie jugée irréversible. Aider un malade à mettre lui-même fin à ses jours ou provoquer délibérément la mort d’un patient à sa demande, ce qui est proprement appelé euthanasie, sont inacceptables. L’avis admet même la pratique de l’euthanasie sans consentement de la personne devenue incapable de s’exprimer !

 

Notre société cherche à «esquiver la mort» et redoute la proximité avec celui qui va mourir. Elle pourrait être ainsi conduite à des décisions inhumaines. Il importe donc de clarifier le vocabulaire et les buts poursuivis. Personne ne peut provoquer délibérément la mort, fût-ce à la demande d’une personne gravement malade, sans transgresser un interdit fondamental. «Tu ne tueras pas» demeure une exigence morale majeure de toute société, et, pour les croyants, un commandement de Dieu. C’est le fondement de toute vie sociale respectueuse d’autrui, spécialement des plus vulnérables. Nombre de nos contemporains, en raison d’une maladie, d’un handicap ou de leur âge, se sentent devenus une charge pour leurs proches et un poids pour la société. Ils souffrent de leur solitude, de l’indifférence d’autrui, du regard porté sur eux dans une société axée sur les valeurs d’autonomie et d’efficacité. Ceux qui en viennent à douter de la valeur et du sens de leur vie ont besoin «d’accompagnement, de solidarité et de soutien dans l’épreuve». N’aurons-nous rien d’autre à leur proposer que de mettre fin à leur existence ?

 

Le suicide est souvent présenté de nos jours comme «une ultime liberté». Mais en même temps, on s’alarme, à juste titre, des taux élevés de suicides particulièrement chez les jeunes et les personnes âgées. Comment réagir contre la banalisation du suicide et en faire en même temps la promotion ? Comment pourrions-nous juger nécessaire d’aider certaines personnes à affronter un épisode de détresse pour éviter l’irréparable, et, par ailleurs, encourager et assister d’autres personnes dans leur volonté de mourir ? Qui deviendrait le juge des vies qui ne valent plus d’être vécues ? Il serait discriminatoire d’estimer aussi différemment la valeur de la vie des uns et des autres.

 

Tout suicide affecte la solidarité et la volonté de vivre du corps social. Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité. Beaucoup se sont investis pour soulager les douleurs et les souffrances de la fin de vie mais «la tâche à accomplir est encore immense». Les campagnes médiatiques de promotion d’une nouvelle loi contribuent malheureusement à détourner l’attention des indispensables réformes à entreprendre, parmi lesquelles l’accès à «des soins palliatifs et à un accompagnement» à «toute personne malade dont l’état le requiert».

 

Notre conviction profonde est qu’un changement législatif ne peut avoir pour objectif que de rendre plus manifeste le respect dû à toute personne en fin de vie. Cela passe par le refus de l’acharnement thérapeutique, le refus de l’acte de tuer ; ainsi que par le développement des soins palliatifs et le renforcement des solidarités familiales et sociales.

 

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France

Mgr Georges PONTIER, Archevêque de Marseille, Président

Mgr Pierre-Marie CARRÉ, Archevêque de Montpellier, Vice-président

Mgr Pascal DELANNOY, Évêque de Saint-Denis, Vice-président

Cardinal André VINGT-TROIS, Archevêque de Paris

Mgr Jean-Claude BOULANGER, Évêque de Bayeux et Lisieux

Mgr François FONLUPT, Évêque de Rodez et Vabres

Mgr Jean-Paul JAMES, Évêque de Nantes

Mgr Hubert HERBRETEAU, Évêque d’Agen

Mgr Stanislas LALANNE, Évêque de Pontoise

 

Mgr Benoît RIVIÈRE, Évêque d’Autun, Chalon et Mâcon

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Published by Jean-Pierre - dans Ethique - Euthanasie
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216