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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 13:34

        Homélie 3ème dimanche du temps de Pâques, Louplande, 6 avril 2008


Cet Evangile des disciples d'Emmaüs nous le connaissons bien, ne serait-ce qu'en référence à l'œuvre de l'Abbé Pierre des compagnons d'Emmaüs où comment en cheminant avec les plus pauvres, ils nous font découvrir le Christ agissant dans le monde.

 

Voilà un texte qui mérite d'être repris dans une méditation personnelle ou un partage d'Evangile. Il nous apporte des révélations primordiales pour notre vie chrétienne, pour l'éducation de notre foi, pour l'apprentissage du regard sur Jésus et notre prochain, pour centrer notre vie chrétienne sur la Résurrection du Christ et le repas Eucharistique.

 

Faisons route ensemble avec les deux disciples. Ils viennent de connaître l'échec de leur vie par la mort ignomineuse de leur maitre. Tout s'est écroulé, il n'y a plus rien pour les retenir à Jérusalem. Jésus est mort et enterré. Ils n'ont plus d'avenir, ils tournent le dos à la Ville Sainte. C'est étrange de trouver cette formule dans l'Evangile selon saint Luc. En effet, pour lui, pour rencontrer le Christ il faut aller à Jérusalem puis s'en éloigner pour l'annoncer au monde entier.

 

Ce désarroi peut être le nôtre, il peut être le tien ou celui de ton voisin. Tu avais des projets, tu pensais organiser ta vie de telle ou telle manière. Mais voilà qu'un évènement, un grain de sable vient tout compromettre, tout arrêter. Pour certains, ce peut être un deuil, une maladie ou un accident ; pour d'autres, ce peut être des difficultés financières ou relationnelles ; pour d'autres encore ce peut être un échec dans la vie familiale, professionnelle ou politique.

 

Il y a deux manières de réagir face à ces évènements soit tu les subis et tu te soumets, soit tu te révolte et tu rebondis. Il y en a même une troisième qui est de demander de l'aide.

 

Revenons à nos deux disciples. Dans un premier temps, ils subissent les événements. Ils ne comprennent pas. Ils avaient pourtant mis toute leur confiance dans le message de Jésus… Voilà qu'il est mort et enterré. Ils se soumettent.

 

Arrive un troisième personnage qui les questionne. Qu'est-ce qui vous arrivent ? On dirait que vous êtes tout déconfis !

Admirez la pédagogie de Jésus. Il s'approche d'eux tout simplement. Il amorce le dialogue par une simple question : "de quoi causiez-vous donc tout en marchant" ?

Par cette question, Jésus prend l'initiative. C'est lui qui va vers les disciples, c'est lui qui vient vers nous là où nous en sommes. Il n'impose rien, il propose de faire route avec nous, de cheminer avec nous.

Voici une parabole que j'aime relire et méditer quand j'ai l'impression que tout va mal, que tout m'abandonne.

"A la fin de sa vie, un homme regarda en arrière et vit que tout le long du chemin, il y avait quatre empreintes de pas sur le sable, les siennes et celles de Dieu.
Mais, dans les moments difficiles, il n'y en avait que deux.
Très surpris et même peiné, il dit à Dieu : "Je vois que c'est justement dans les moments difficiles que Tu m'as laissé seul..."
"Mais non, lui répondit Dieu, dans les moments difficiles, il y avait seulement les traces de mes pas à moi, parce qu'alors je te portais dans mes bras".

 

Dans le malheur des disciples, Dieu ne les a pas abandonnés. Dieu ne nous abandonne pas, il nous porte dans ses bras. Jésus est là, présent au milieu de nous. Il marche avec nous, au même rythme que nous. Le problème, c'est que les disciples ne le reconnaissent pas. Notre problème est le même. Est-ce que nous reconnaissons Jésus qui chemine avec nous ? Et pourtant, il est bien là en ce moment avec nous, il sera là demain sur notre lieu de travail, il sera là avec nous à l'école, dans ta maison…

 

Ne nous laissons pas enfermé par notre tristesse, par notre aveuglement, par nos certitudes.

 

Ayons confiance en Dieu. C'est ce que nous dit Saint Luc. Il nous aide à reconnaître Jésus sur notre propre chemin. Nous avons, chacun et chacune, à vivre notre chemin d'Emmaüs. Nous avons chacun et chacune à écouter Jésus nous poser la question : "A quoi penses-tu ? De quoi parles-tu ? Qu'est-ce qui te travaille ainsi pour que tu sois si triste ?" N'as-tu pas compris la Bonne Nouvelle du Royaume, la Bonne Nouvelle de la Vie Eternelle ?"

 

Je vous propose de retenir de l'évangile de ce jour, l'initiative de Jésus. C'est lui qui va à la rencontre des disciples, c'est lui qui va à notre rencontre. Et il continue à faire route avec nous jusqu'à la fin des temps. La foi ne vient pas au bout de nos raisonnements intellectuels ou spirituels. Ce qui est premier, c'est cette rencontre avec le Christ. Si vous avez l'occasion de lire des témoignages de nouveaux convertis comme le philosophe Eric-Emmanuel Schmitt ou encore l'apotre du pardon Tim Guénard, ou tout simplement dans notre vie personnelle, nous voyons combien cette rencontre peut être bouleversante. Le Seigneur est toujours capable d'aller nous chercher très loin et très bas. Il n'y a pas de limite à Dieu, il n'y a pas de limite au pardon de Dieu.

 

L'important c'est de tout relire selon les Ecritures et non d'après l'idée que nous nous faisons de Dieu. Cela ne vient pas tout seul. Mais cela s'apprend. Pas tout seul, en Eglise. Jamais nous n'aurons fini de comprendre l'action de Dieu dans nos vies, jamais nous n'aurons fini de découvrir l'amour de Dieu car Dieu nous aime sans limite.

 

Cette révélation de Jésus ressuscité a besoin d'un deuxième signe qui va finir par retourner les disciples. Cheminer sur les routes de la vie, cela ne suffit pas. La finalité du cheminement se passe à l'auberge d'Emmaüs. Cette fois-ci ce sont les disciples qui prennent l'initiative. Jésus s'éloigne, les disciples le retiennent : "reste avec nous, le soir approche et déjà le jour baisse". C'est à ce moment que Jésus se révèle pleinement à eux. "Il prit du pain, dit la bénédiction et le leur donna." Ces gestes sont ceux du Jeudi Saint quand il a institué l'Eucharistie. "Alors, leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent". Le Crucifié est bien vivant. Il nous ouvre un chemin plein d'espérance.

 

Cette bonne nouvelle, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Elle doit être annoncée partout dans le monde. Tout à l'heure, à la fin de la messe, par mon office diaconal, il me revient comme tout diacre qui célèbre avec le prêtre, d'envoyer les chrétiens, de vous envoyer, vers ceux qui cherchent dans la nuit et qui pensent que leur vie ne mène à rien. C'est cela la signification de l'envoi final : Allez dans la paix du Christ annoncer au monde la Bonne Nouvelle du Salut.

 

Christ est ressuscité. Il nous envoie l'Esprit Saint pour faire de nous des témoins de l'espérance qui nous anime. Sachons être fidèles à cette mission. Cette semaine, soyons attentif à cheminer sur la route d'Emmaüs et à reconnaître le Christ Ressuscité.

 

Amen

 

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Published by Jean-Pierre - dans Homélies
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216