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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:26

Rome, le 25 Février 2009.

Mercredi des Cendres


Aux membres de la Famille Vincentienne,














Chers frères et soeurs,


La grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ demeurent en vos coeurs

maintenant et à jamais!


Fais de la place dans mon auberge.

Ouvre davantage mon coeur.

Mon Seigneur vient

dans cette personne seule,

celle qu’on a oubliée,

ce prisonnier sans espoir,

cet enfant non désiré,

ce déplacé,

cette personne qui souffre du SIDA,

ce paria qui n’est aimé par personne.

Seigneur, tu viens, je le vois.

Sois le bienvenu, Seigneur, entre.

Ta chambre est prête.

-- Soeur Catherine Madigan, FdlC


Depuis que j’ai écrit ma lettre d’Avent et promis un suivi dans ma lettre de

Carême de certains points que j’avais mentionnés, j’ai reçu de nombreuses réflexions au sujet des personnes pour lesquelles il n’y a pas de place.

Beaucoup ont énuméré
différents exemples, tels que les chômeurs, les migrants, celles et ceux dont la culture, la langue, la couleur de peau est différente. Nous vivons dans un monde rempli de préjugés. Chacun d’entre nous et nous tous, peut-être, avons nos propres préjugés que nous devons examiner, auxquels nous devons nous confronter pour en guérir.


Nous avons tous, d’une manière ou d’une autre, exclu des personnes, peut-être
même celles avec lesquelles nous vivons dans nos communautés et nos associations. Il se peut qu’en regardant les autres, nous les trouvions bizarres simplement parce qu’ils pensent différemment. Peut-être sont-ils négligés, boivent-ils trop, sont-ils trop bruyants ou trop silencieux. Nous avons beaucoup d’excuses pour simplement les ignorer.


Avec la toute récente crise économique qui touche le monde, un égoïsme

accentué, qui est d’un point de vue moral à l’origine de la crise elle-même, peut, même parmi les meilleures personnes de bonne volonté, susciter des attitudes visant à protéger ce qui m’appartient, et à priver les autres de ma ou de notre générosité. Nous agissons ainsi personnellement, comme famille, association ou communauté. Le résultat, c’est que ce sont les plus pauvres des pauvres qui souffrent le plus. Ils éprouvent simplement un plus grand abandon lorsque les autres s’éloignent et se replient davantage sur eux-mêmes.


Parfois il nous arrive de dire qu’il n’y a tout simplement pas assez pour tout le
monde. Et nous répondons en disant : « je suis désolé(e) », ou « nous sommes désolé(e)s ». Il m’arrive de dire la même chose à de nombreuses et légitimes demandes d’aide pour celles et ceux qui vivent dans la pauvreté.


Durant ce temps de Carême, demandons-nous si nous n’agissons pas trop vite
pour nous protéger et protéger nos propres intérêts. Nous avons besoin de réfléchir une fois encore, surtout pendant ce temps de repentir, à ce qui nous aide à prendre conscience de nos besoins et de notre pauvreté. En d’autres termes, nous avons besoin de réfléchir à notre volonté de sacrifice, ou à ce que nous appelons dans notre tradition vincentienne, la vertu de mortification. La racine du mot mortification signifie mourir à soi-même, se sacrifier, mettre l’autre en premier. Cela exige de prendre en

considération les besoins et les préoccupations des autres. Le contraire de la mortification est l’égoïsme, le souci de son propre bien-être, la recherche de ses propres intérêts. Ces attitudes dominent le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.


Pratiquer l’art de la mortification est une occasion pour nous, comme on dit, de
nous serrer la ceinture, de vivre plus simplement de façon à ce que ceux qui, d’habitude, sont en bas de l’échelle, ressentent moins que d’ordinaire les effets de la crise. Il nous est demandé d’inverser le scénario afin que ce soit nous et non pas eux qui ressentions la souffrance. Saint Vincent pratiquait cela constamment lorsqu’il appelait les pauvres nos Seigneurs et nos Maîtres. Il ne parlait pas d’une relation d’égalité, mais il allait jusqu’à l’autre extrême afin de créer une relation plus équilibrée.


Parfois nous sommes lents à comprendre ce que Saint Vincent veut nous

enseigner en plaçant les pauvres avant nous. Plutôt que de nous replier sur nous-mêmes en ces temps de crise, de nous envelopper dans nos propres attitudes égoïstes, faisons en sorte que ce temps de Carême soit un temps de solidarité.


Comme nous le voyons dans les évangiles de Carême, Jésus est peu à peu rejeté
et finalement abandonné tout comme lui et ses parents l’ont été le jour où il est né. Il a vécu un total abandon au sommet de la croix. Seuls quelques fidèles sont restés : « Au pied de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, la femme de Clopas, et Marie de Magdala » (Jn 19, 25) et Jean. Chacun d’eux, Marie, Marie Madeleine et Jean avaient en commun un amour inconditionnel pour Jésus. Marie, comme seule une mère peut aimer ; Marie Madeleine, une pécheresse repentie qui a touché le fond et c’est un amour vrai qui l’a relevée, l’amour inconditionnel de Jésus a transformé sa vie ; et Jean, l’amour d’un ami véritable et d’un fidèle disciple.

 


D’une façon ou d’une autre, Jésus dans son expérience d’abandon : « Pourquoi
m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46), comme l’exprime son cri sur la croix, a éprouvé plus tard la présence intime de son Père qui l’a comblé d’une vie nouvelle dans et par la résurrection. Il est rempli de la puissance de guérison de son Père, la vie nouvelle lui est donnée pour que d’autres aient la vie. Jésus dote ses disciples de la même capacité de donner une vie nouvelle.


Souvent, nous pensons à la guérison comme à quelque chose d’extraordinaire.
Nous espérons parfois des miracles pour être renouvelés. Il existe certainement des manières extraordinaires par lesquelles Dieu entre dans l’histoire humaine et permet que l’impossible se réalise avec une vie nouvelle et une nouvelle façon de vivre. Et pourtant, très souvent, lorsque nous attendons que quelque chose d’extraordinaire arrive, nous laissons les occasions de changer nous échapper.


Le pouvoir de guérison de Dieu peut ne pas être extraordinaire. C’est l’amour
de Dieu qui guérit. Dans l’évangile de Marc, le lépreux dit, « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Et Jésus, ému de compassion, étendit sa main, le toucha et lui dit : « Je le veux. Sois purifié ». Aussitôt le lépreux fut guéri (Mc 1, 40-42). Ces gestes humains très simples et ces actions qui viennent du coeur de Jésus changent la vie du lépreux.


C’est la puissance de l’amour de Dieu dans la vie de Jésus qui a guéri. La

compassion de Jésus pour lui n’est pas si extraordinaire, mais bien ordinaire. L’amour de Dieu nous unit à Jésus en restaurant notre humanité, il nous rend capables d’être des donneurs de vie nouvelle.


Les Nations Unies ont déclaré cette année 2009, l’année de la Réconciliation, en
considérant en particulier la réconciliation dans les pays du monde qui sont déchirés par la guerre et divisés en raison des nombreuses formes de violence, de conflits et de pauvreté. La réconciliation est aussi bien civile que spirituelle. L’une des conséquences de cette réconciliation active, qui nous rassemble et nous remet debout une nouvelle fois, est l’élimination de toute idée que les autres puissent être abandonnés ou laissés pour compte. Nous tous faisons partie d’un ensemble et nous sommes invités à vivre en harmonie les uns avec les autres. L’harmonie ou la restauration de tout notre être est la conséquence de la grâce du Sacrement de Réconciliation ainsi que la conséquence du dialogue entre les nations qui s’efforcent de parvenir à la paix dans un esprit de bonne volonté.


OEuvrer pour l’harmonie et la réconciliation n’est pas un acte isolé. Cela exige
un effort de collaboration de la part de tous les peuples. J’ose espérer que tous les membres de la Famille vincentienne vont travailler à devenir les bâtisseurs de la réconciliation, de la paix et de la justice dans le monde dans lequel nous vivons.


Comme Soeur Marie Poole l’a signalé dans

 

Collaboration of St. Vincent and St. Louise, 2008 (Collaboration entre St Vincent et Ste Louise, 2008), nous pouvons beaucoup apprendre de nos fondateurs, Vincent et Louise, qui ont été destinés à communiquer et à travailler ensemble dans une harmonie extraordinaire. Vincent et Louise ont développé un esprit d’égalité qui englobe la . complémentarité et la communion, une mutualité qui va bien au-delà de la simple collaboration. Le feu qui a été allumé dans la relation qu’ils ont tissée entre eux, leur amour et leur service des personnes qui vivent dans la pauvreté continuent de vivre aujourd’hui dans la Famille vincentienne internationale. En tant que famille, nous sommes encouragés à vivre de leur sagesse, à prendre modèle sur leur capacité à construire des ponts entre les classes de la société et à inclure, dans la prise de décision

et la prise de responsabilité, les personnes avec lesquelles et pour lesquelles nous sommes envoyés.


Cela résume ce que nous espérons accomplir en approfondissant notre propre
connaissance du changement systémique, une manière contemporaine de vivre notre spiritualité vincentienne aujourd’hui, marchant pleins d’espérance aux côtés de celles et ceux qui vivent dans la pauvreté.


En tant que famille, nous sommes appelés, comme Vincent et Louise l’ont été, à
reconnaître et à accepter nos talents ainsi que nos limites et notre capacité à travailler de manière indépendante et pourtant conjointement. De même qu’il n’y a jamais eu aucune compétition entre Vincent et Louise, Dieu veuille qu’il n’y ait jamais aucune compétition entre les branches de la Famille vincentienne. En dépit de nos différences, et Vincent et Louise avaient les leurs, laissons-nous consumer par l’amour de Dieu et par notre amour des plus démunis. Ils sont notre priorité. Dieu est l’auteur de tout ce

que nous faisons, et ce que nous faisons ensemble, nous le faisons en solidarité avec celles et ceux qui sont pauvres. Vincent et Louise pouvaient compter l’un sur l’autre en toutes circonstances, particulièrement dans les moments difficiles ; imitons-les, surtout en ces temps d’instabilité sociale, politique, écono-mique et religieuse que nous vivons.


Puisque nous marchons ensemble durant ce temps de Carême, faisons-le à la
lumière de nos Fondateurs qui représentent les figures-phares d’une vraie collaboration, d'un véritable partenariat dans le service, un modèle pour nous tous dans chacun de nos cheminements.


Le Carême, mes frères et soeurs, est un temps d’abandon, un temps de

mortification, un temps de réconciliation, un temps de collaboration et de solidarité. Le Carême est un temps d’harmonie et de paix. C’est un temps pour la vie nouvelle. C’est un temps qui nous fait passer de la mort à la vie, un temps qui nous fait sortir de nous-mêmes pour aller vers l’autre, et vers l’Autre.


Que l’exemple et l’intercession de Marie, la mère de Jésus, Marie Madeleine et
Jean nous permettent de rester fermes et fidèles au pied de la croix, unis dans notre amour inconditionnel pour Celui qui nous a aimés le premier. Que ce soit l’amour du Christ crucifié qui nous presse.


Votre frère en Saint Vincent,

G. Gregory Gay, C.M.

Supérieur général

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Published by Jean-Pierre - dans Archives
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Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216