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Noël

 

 

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 09:58
« Ainsi soient-ils » mon expérience du séminaireDijon-Seminaire.png
 
 
 
J’ai été trois années au séminaire : deux années à Dijon (de 1985 à 1987) et une à Besançon (1987-1988). J’y ai vécu trois années exceptionnelles à plusieurs titres.
 
 
 
Gaby.pngExceptionnelles par son humanité. Nous étions de petites communautés d’une dizaine de séminaristes issus des diocèses de Bourgogne et Franche Comté. Nous étions tous très divers et d’horizons également très diverses. Certains sortaient tout juste du bac, d’autres avaient déjà fait leur service militaire et quelques années de travail (comme c’était mon cas). Parmi les séminaristes il y a aujourd’hui des prêtres (Gilles, Paul, Stéphane, Laurent) prêtre-clown (Gaby), un prêtre responsable des vocations dans son diocèse (Gilles), un prêtre progressiste (Stéphane), un vicaire général (Laurent), etc,  un diacre permanent vincentien (votre serviteur), et d’autres pères de familles (Augustin, maire de sa commune, professeur agrégé de lettres), ou engagés au service des plus pauvres au sein même de leurs métiers comme directeur de la maison de quartier des Essarts à Bron (Denis). Et d'autres dont je ne sais ce qu'ils sont devenu (Jean-Noël, Philippe, Thierry,...).
 
Tous nous étions très divers avec des spiritualités couvrant tout l’échantillon possible mais un même amour pour le Christ, un même amour pour l’Eglise et un même amour pour l’humanité et les plus pauvres. Quelques souvenirs particuliers : à Dijon, parmi la communauté, il y avait Stéphane à la spiritualité très trempée avec ses options, et moi, avec une spiritualité également très trempée mais avec d’autres options. D’un commun accord, nous nous sommes mis ensemble dans les TIC (Tâches d’Intérêt Communautaire). Pendant un an nous avions en charge le foyer. Chaque semaine nous nous retrouvions que tous les deux pour nettoyer le foyer et refaire les stocks. Nous terminions toujours par un temps de discussion autour d’une bière. Bien que très différents, tout nous opposait dans la semaine, mais tout nous rassemblait dans le service. C’est ça le séminaire (le vrai). Il n’y a pas de bouc émissaire, seulement des jeunes en quête de vérité sur leur vocation.
 
A Besançon, nos ainés dans la formation, ceux qui sont dans les deux dernières années, venaient quinze jours en formations et partaient quinze jours en paroisse. C’était une grâce d’accueillir nos ainés dans le cheminement et de discuter avec eux. François avec qui je courais quelques fois autours de Besançon (il a été vicaire général de Dijon avant d’être curé de la cathédrale de Langres).
 
 
 
Exceptionnelles par sa formation. Chaque semaine, nous avions cinq heures de Tanachcours d’exégèse, cinq heures de cours de théologie (Père Jean) et cinq heures de philosophie. Auxquelles s’ajoutent des heures de cours de chant (que j’ai eu du mal à fréquenté avec assiduité), des cours de grec (Père Jean-François) et d’hébreu (Père Christian) bibliques, des cours de patristique (Pères de l’Eglise), des cours de liturgie, de spiritualité, etc. S’ajoutent également des heures et des heures de travail personnel : lecture, devoirs, recherches, rencontres, confrontation d’idées, etc. Nous avons eu des rencontres inoubliables avec des Pères comme le Père Charles Perrot pour la Bible. Des intervenants sur la morale, la bioéthique, la psychologie, les médias, etc. sont venu pimentés la formation. Les formateurs font preuves de patiences, d’écoute et de professionnalisme pour transmettre autant leurs connaissances que leurs qualités pastorales à de jeunes hommes qui donnent leur vie pour le Christ et pour l’humanité au service de l’Eglise.
Un de nos professeurs (Père Jean-François Baudoz) est devenu par la suite professeur à la Catho de Paris puis doyen de la Catho...
 
    J’oubliais un détail important. A l’époque, les ordinateurs portables n’existaient paStudio-46.pngs. Toutes les notes étaient prises au stylo, toutes les recherches étaient faites à la main, recherche en bibliothèque sur des fiches de lectures, etc. La Bible était feuilletée et lue dans un livre papier, pas comme aujourd’hui sur les ordinateurs avec des fonctions « recherches »… A l’époque je recopiais tous mes cours à la machine à écrire, ma chère Olivetti 46 qui a suivis toutes mes études. Mes frères du séminaires ont supportés les tic tac tic touc de la machine...
 
Toutes ces recherches et études m’ont donnés le goût d’apprendre. Depuis mon passage au séminaire, depuis 30 ans, je suis toujours en formation permanente…
 
 
 
Exceptionnelles par la spiritualité. La messe quotidienne était, entre autre, le moment où l’on pouvait s’échanger un geste de paix avec le copain avec qui on venait de se disputer il y a quelques minutes. Ce sont des moments de fraternité et de foi inoubliables. Les offices de la liturgie des heures vécus en communauté ou seul, les temps de lectio divina, d’adoration… sont des moments fondateurs.
 
La rencontre avec diverses spiritualités que ce soit avec des retraites dans des monastères, des rencontres avec des prêtres engagés, ou être confronté à la solitude du prêtre seul dans son presbytère, rencontrer des laïcs engagés au service de l’Eglise et des plus pauvres, etc, c’est être au plus prêt de la vie de la société.
 
lulu 001Nous avons rencontrés de vrais témoins de la foi. Je pense en particulier au Père Lucien Converset, avec son âne Isidore, actuellement (à 75 ans) en marche vers Jérusalem.
 
Une pensée aussi pour les Carmélites de Dijon avec qui nous fêtions chaque année la Sainte Thérèse. Avec un souvenir particulier à Soeur Anne. Elles ne cessent de prier pour les séminaristes et les prêtres.
 
 
 
Exceptionnelles par son ecclésiologie. Un de nos professeurs (Père Jean-Marie) avait eu le professeur Joseph Ratzinger comme enseignant. Des évêques sont issus de nos séminaires : Monseigneur François Garnier (avec qui j’ai été à Paris avec le diocèse de Dijon pour rencontrer le Pape Jean-Paul II au parc des Princes, 1er juin 1980), Monseigneur Laurent Ulrich, etc.
 
SV StudieuxDes supérieurs marquant tant par leurs différences que par leurs personnalités. Juste un bémol, celui de Dijon avait du mal à accepter les différentes spiritualités, sans doute la peur de la concurrence. Il ne voulait pas que je fréquente les Pères Lazaristes... Celui de Besançon, Armand, un supérieur à la pointe, le contraire, sur ce point, de celui de Dijon : « tu aimes St Vincent de Paul, alors vas-y, étudie sa vie, ses écrits, rencontre les Lazaristes, les Vincentiens… ». C’est grâce à lui et à son écoute de la Providence que j’ai pu partir juste à temps en Israël au service des enfants polyhandicapés et rencontrer celle qui est devenu mon épouse et mère de mes enfants. Voici comment c'est décidé le moment pour que je parte en Israël :

Quand je lui ai présenté mon projet de partir en Israël, j’avais prévu de partir dans un an, après avoir fait la quatrième année de séminaire. Il m’a posé cette question «pourquoi attendre ? es-tu prêt à partir maintenant ? » Comme je lui ai répondu sans hésiter « oui, je suis prêt ». Il m’a proposé de faire ma demande à notre évêque le Père Jean Balland… En quelques secondes, il me permettait de partir et de ne pas manquer mon rendez-vous avec l’Amour.

 
Le supérieur de Dijon m’a ouvert les portes de l’exégèse. C’est un super bibliste. Il nous enseignait l’hébreu et l’Ancien Testament. Il m’a transmis l’amour de la Bible et de l’hébreu. Je lui suis très reconnaissant. Si trente ans après, la Bible fait le bonheur de mes jours, l'hébreu fait partie également de mes études bibliques d'aujourd'hui (et le grec également). Pas couramment, mais avec de bons dictionnaires et de bonnes méthodes de langues (sans oublier les traductions interlinaires).
 
J’ai fait connaissance avec l’histoire de l’Eglise et plus particulièrement l'histoire ecclésiale du XXème siècle avec le Concile Vatican II. Pendant une année, les cours de théologie ont portés sur ce Concile.
Découvrir l’histoire de l’Eglise, parcourir 2000 ans d’évangélisation, côtoyer les martyrs de la foi, apprendre comment nos prédécesseurs dans la foi ont surmontés les obstacles… a été une vrai école de la foi.
 
En deuxième année à Dijon, je me rappelle un accrochage avec un professeur d’histoire de l’Eglise. Sa première phrase à son premier cour : « la Révolution Française, une chance pour l’Eglise de France ». J’ai pris cela pour une insulte aux martyrs de la Révolution… ces prêtres assassinés par les révolutionnaires, les religieuses tourmentées, les chrétiens pourchassés… Je suis sorti de son cours. J’ai été convoqué chez le supérieur… Une franche explication en a suivit de part et d'autre... Une bonne école de la vie.

Moi qui suit passionné d’histoire, cette année-là fut très rude. Les deux autres années furent un véritable enchantement.

 

 
sartre.pngRene-Tatu.pngUn autre professeur, en philosophie, (le père René Tatu, inoubliable avec tous ses cours sur tirage à alcool) nous a fait étudier, entre autre, Sartre… Je lui ai dit qu’il était loin d’être un exemple… Ce professeur m’a demandé si j’avais déjà lu quelques-unes de ses œuvres ? Comme j’ai répondu « non » il m’a dit qu’il me donnerait la parole quand j’aurais lu du Sartre. En une semaine, j’ai passé mon temps à lire ses œuvres. J’ai lu 5 de ses livres (Les mots, la nausée, huis clos, la question juive, les mouches) et j’avais même commencé à lire « l’être et le néant ». Après lecture, je pense la même chose sur Sartre mais grâce à ce professeur, j’ai su pourquoi… Le Père René nous a appris à se confronter sans haine et sans crainte avec les différents courants philosophiques.

Le Père René nous a appris à se confronter sans haine et sans crainte avec les différents courants philosophiques. Il nous a fait découvrir, entre autre :

-      le personnalisme d’Emmanuel Mounier,

-      Carl Rogers et la CPI (considération personnelle inconditionnelle),

Homélie du Père Christian du 11.07.2010 : [...]"Je me rappelle, quand j’étais au séminaire, le professeur de philo qui était un homme fin qui passionnait ses élèves, s’était offert un franc succès dans le domaine de la psychologie en faisant découvrir celle de Carl ROGERS, en particulier ce qu’il appelait la C.P.I. La considération personnelle inconditionnelle. Les plus fûtés des séminaristes rappelaient à chaque instant avec humour à l’un ou l’autre : allons, un peu de cpi !"[...]

 

-      La sécularisation avec ses dérives : le marxisme, l’incroyance)

-      La liberté, acte et non chose ; le bien, le mal

-      L’essentialisme, l’existentialisme, le structuralisme,

-      Kant, Nietzsche, Descartes, Thomas d’Aquin, Teilhard de Chardin et la situation de l’homme dans l’univers, Hegel, Blondel, Les Présocratiques, Socrate, Platon

-      Dieu, qui est Dieu ?

-      L’âme humaine

-      La dignité humaine et le fondement du droit

-      René Girard et la signification du sacrifice

-      Les autres religions, le bouddhisme, l’islam,

 
Par les implantations en paroisses tout au long de la formation, j’ai rencontrés des personnes formidables dans leur amour de l’Eglise. Je pense aux paroisses du diocèse de Dijon : Saint Paul à Dijon même et Longchamp à une vingtaine de kilomètres à l'Est de Dijon. Des prêtres heureux de leur ministère, soucieux de porter l’Evangile à leurs contemporains, d’autres en difficultés… plus soucieux de leur jardin (au sens propre) et de l’élevage de leurs lapins. Des prêtres engagés dans le Prado, le monde ouvrier, les cadres, les migrants (surtout des Portugais à Dijon à l’époque) etc. Des évêques soucieux de la formation des futurs prêtres et toujours respectueux de la liberté de la personne.
 
 
 
Exceptionnelles par ses voyages. Nous avons été à :
 - Ars pour la rencontre nationale avec le Pape Jean-Paul II le 6 octobre 1986
 - Rome pour les célébrations de Pâques en 1987 et à Assise. 
-  Chevetogne, monastère au cœur de l’œcuménisme catholique-orthodoxe
-  Citeaux, la Pierre qui Vire, d’autres monastères dans le Jura et le Doubs, Notre Dame du Mont Roland, Acey, etc.
 
Exceptionnelles par les rencontres :
les célébrités : Jean-Paul II, Guy Gilbert, Xavier Thévenot…
les humbles : le SDF du coin de la rue, la petite sœur Fille de la Charité, de l’alcoolique en maison de retraite, etc.
 
 
 
 
 
 
 
 
Voilà en quelques lignes ce que je peux dire de mes années de séminaires trente ans après. S’il m’était possible de recommencer cette expérience aujourd’hui, je le referai sans hésiter. Des années qui comptent dans ma vie. Des années qui m’ont permis de fonder ma vie sur le Roc. Tout ce que j’ai appris pendant ses années (connaissances intellectuelles et humaines) m’est très précieux aujourd’hui.
 
 
 
Le séminaire ? une école de la vie, autant humaine qu’ecclésiale, une formation décapante et constructive que l’on ne retrouve pas ailleurs. Ces trois années m'ont permis de discerner la vocation et de répondre à l'appel de Dieu : devenir mari et père de famille et diacre permanent vincentien.
 
 
 
Tout n’est pas angélique, même dans les séminaires. La vie communautaire connaît parfois des difficultés (mais la vie familiale en connaît aussi). Il y a de grands moments de joie et de grâce.
 
 
 
En résumé : le séminaire = un temps de grâce.
 
 
 
   

Je profite de cette chronique pour remercier tout d’abord Maman et mon frère qui ont sût m’accompagner de leur amour avec discrétion et compréhension malgré tous mes atermoiements et interrogations successifs. J’ai une pensée pour mon pauvre papa, qui n’a jamais compris la richesse de la foi, la vraie richesse de l’amour de l’autre.

Je remercie tous nos formateurs, tous ceux qui nous ont accueillis chez eux, tous ceux qui ont prié pour nous, tous les paroissiens que nous avons rencontrés…

 

 
 
 
 
 
Ce qui n’a rien à voir avec la série « Ainsi soient-ils ». Mais bon, cette série fait causer… Tant mieux. Et surtout, rencontrez des séminaristes d’aujourd’hui… Venez et voyez. (service nationale des vocations en cliquant ici)
 
 
 
Permettez une invitation : priez pour les vocations, pour les séminaristes d’aujourd’hui qui seront les prêtres de demain.
 

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Published by Jean-Pierre - dans Autoportrait
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Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216