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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 11:27

Dans sa catéchèse du 25 avril 2012, le Saint Père a prononcé des paroles qui peuvent être utilement reprises en nos temps d'action et de réflexion en France. Dans le tohu-bohu actuel des médias et les multiples discours politiques plus sacants et criards les uns que les autres, suivre cet appel du Pape ne peut qu'être salutaire :

B16"Deux choses apparaissent ici : tout d’abord, il existe, depuis ce moment dans l’Eglise, un ministère de la charité. L’Eglise ne doit pas seulement annoncer la Parole, mais aussi réaliser la Parole, qui est charité et vérité. Ensuite, ces hommes ne doivent pas seulement jouir d’une bonne réputation mais il faut que ce soit des hommes remplis de l’Esprit-Saint et de sagesse, ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas être seulement des organisateurs capables de «faire», mais ils doivent «faire» dans un esprit de foi et à la lumière de Dieu, avec la sagesse du cœur et leur fonction, bien qu’elle soit surtout pratique, est toutefois aussi une fonction spirituelle.

La charité et la justice ne sont pas uniquement des actions sociales, mais ce sont des actions spirituelles réalisées dans la lumière de l’Esprit-Saint. Nous pouvons donc dire que les apôtres affrontent cette situation avec un grand sens des responsabilités, en prenant cette décision : sept hommes sont choisis ; les apôtres prient pour demander la force de l’Esprit-Saint ; puis ils leur imposent les mains pour qu’ils se consacrent particulièrement à cette diaconie de la charité.

Ainsi se reflète d’une certaine manière, dans la vie de l’Eglise et dans ses premiers pas, ce qui s’était passé pendant la vie publique de Jésus, à la maison de Marthe et de Marie de Béthanie. Marthe était toute occupée par le service de l’hospitalité à offrir à Jésus et à ses disciples ; Marie, elle, se consacre à l’écoute de la parole du Seigneur (cf. Lc 10, 38-42). Dans les deux cas, les moments de prière, d’écoute de Dieu et l’activité quotidienne, l’exercice de la charité, ne s’opposent pas. Le rappel de Jésus : «Marthe, Marthe, tu te soucies et t’agites pour beaucoup de choses ; pourtant il en faut peu, une seule même. C’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée» (Lc 10,41-42), comme d’ailleurs la réflexion des apôtres : «quant à nous, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole» (Ac 6,4), montrent la priorité que nous devons donner à Dieu. Je ne veux pas rentrer maintenant dans l’interprétation de cette péricope Marthe-Marie. En aucun cas l’activité envers le prochain, envers l’autre, n’est condamnée mais, ce qui est souligné, c’est que cette activité doit aussi être pénétrée intérieurement d’un esprit de contemplation.

Par ailleurs, saint Augustin dit que cette réalité vécue par Marie est une vision de notre situation au ciel et que, sur la terre, nous ne pouvons donc jamais la vivre complètement, mais un peu d’anticipation doit être présente dans toute notre activité. La contemplation de Dieu doit aussi y être présente. Il ne faut pas que nous nous perdions dans l’activisme pur, mais nous devons toujours nous laisser pénétrer par la lumière de la Parole de Dieu même dans notre activité, et apprendre ainsi la vraie charité, le vrai service envers l’autre, qui n’a pas besoin de tant de choses – il a certainement besoin de choses nécessaires – mais qui a surtout besoin de l’affection de notre cœur, de la lumière de Dieu.

Saint Ambroise, dans son commentaire de l’épisode de Marthe et Marie, exhorte ses fidèles, et nous aussi, de cette façon : «Etudions-nous donc, nous aussi, à posséder ce que nul ne pourra nous enlever, en prêtant une oreille non pas distraite, mais attentive : car il arrive au grain même de la parole céleste d'être dérobé, s'il est semé le long de la route (Lc, VIII, 5, 12). Soyez, comme Marie, animé du désir de la sagesse : c'est là une oeuvre plus grande, plus parfaite». Et il ajoute même : «Que le soin du ministère n'empêche pas la connaissance de la parole céleste», de la prière (Expositio Evangelii secundum Lucam, VII, 85 : PL 15, 1720). Les saints ont donc fait l’expérience d’une profonde unité de vie entre prière et action, entre l’amour total de Dieu et l’amour des frères. Dans le livre Deconsideratione qu’il a adressé au pape Innocent II pour lui offrir quelques réflexions sur son ministère, saint Bernard, qui est un modèle d’harmonie entre contemplation et activité, insiste justement sur l’importance du recueillement intérieur, de la prière pour se défendre des dangers d’une activité excessive, quelle que soit la condition dans laquelle on se trouve et la tâche à laquelle on s’adonne. Saint Bernard affirme que trop d’occupations, une vie frénétique, finissent souvent par endurcir le cœur et faire du mal à l’âme (cf. II, 3).

C’est un rappel précieux pour nous, aujourd’hui, qui sommes habitués à tout évaluer à l’aune de la productivité et de l’efficacité. Ce passage des Actes des apôtres nous redit l’importance du travail - il s’agit là, sans aucun doute, de la création d’un véritable ministère -, de l’engagement dans les activités quotidiennes qui nécessitent responsabilité et don de soi, mais il nous redit aussi que nous avons besoin de Dieu, de sa direction, de sa lumière qui nous donnent force et espérance. Sans la prière quotidienne vécue avec fidélité, notre action se vide, perd son âme profonde, se réduit à un simple activisme qui, à la fin, nous laisse insatisfaits.

Il existe dans la tradition chrétienne une belle invocation à réciter avant toute activité : «Actiones nostras, quæsumus, Domine, aspirando præveni et adiuvando prosequere, ut cuncta nostra oratio et operatio a te semper incipiat, et per te coepta finiatur», ce qui signifie : «Inspire nos actions, Seigneur, et accompagne-les par ton aide, pour que tout ce que nous dirons et ferons ait toujours en toi son commencement et son achèvement». Chacun de nos pas, chacune de nos actions dans notre vie, même dans l’Eglise, doit être fait devant Dieu, à la lumière de sa Parole".

Voilà de quoi méditer en silence et de bonnes raisons -s'il en fallait- de prier.

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Q.C.M.

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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216