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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 14:20

cmv

Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

en l'église d'Etival les Le Mans vendredi 28 juin 2013 à 17h15

que chacun se sente invité par le Seigneur

et prenne le temps de méditer l'Evangile !

EVANGILE - Luc 9,51-62

51 Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. 52 Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. 53 Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem. 54 Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : «Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ?» 55 Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. 56 Et ils partirent pour un autre village. 57 En cours de route, un homme dit à Jésus : «Je te suivrai partout où tu iras.» 58 Jésus lui déclara : «Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer sa tête. »59 Il dit à un autre : «Suis-moi.» L'homme répondit : «Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père.»60 Mais Jésus répliqua : «Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu.»61 Un autre encore lui dit : «Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison.» 62 Jésus lui répondit : «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume de Dieu.»

 

 

Commentaire de Marie Noëlle Thabut :

«Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem» ; notre traduction dit «il prit avec courage », en fait, si l'on suit le texte grec, il faut traduire : «il durcit sa face pour prendre la route de Jérusalem ». Or Luc n'a pas choisi ces mots par hasard car cette expression «il durcit sa face» est un rappel du troisième chant du Serviteur (Is 50,7) : face à la persécution, le Serviteur dont parle Isaïe dit «Je ne me suis pas dérobé... j'ai rendu mon visage dur comme pierre, je sais que je ne serai pas confondu». «Dur comme pierre» veut dire la détermination parce qu'il sait que Dieu ne l'abandonnera pas. «Dieu ne peut m'abandonner à la mort, dit le psaume 15/16 (psaume de ce dimanche), ni laisser son ami voir la corruption». A un moment ou à un autre, Jésus a eu à prendre la décision de ne pas se dérober, comme dit Isaïe. On peut donc lire ce récit de Luc comme la présentation du véritable serviteur de Dieu.

 

Son attitude en Samarie, par exemple, est révélatrice : un village refuse de les accueillir pour la simple raison qu'ils ont annoncé leur intention de se rendre à Jérusalem ; (on connaît l'hostilité qui règne depuis des siècles entre les Samaritains et les habitants de Jérusalem). Et les disciples, alors, ont le réflexe de vouloir infliger un châtiment sévère à ce village : ils se souviennent du prophète Elie appelant le feu du ciel sur d'autres hérétiques, les prophètes de Baal. Ils ont devant eux plus grand qu'Elie ; et donc le feu du ciel leur paraît tout indiqué. Mais justement, parce qu'il est plus grand qu'Elie, parce qu'il est l'amour même, Jésus ne peut envisager des solutions de violence et de pouvoir. Voilà ce qu'est le serviteur de Dieu.

 

Suivent les trois rencontres qui nous valent trois phrases particulièrement exigeantes de Jésus : exigeantes pour lui d'abord ; ces trois phrases dévoilent le combat qu'il mène lui-même. Première rencontre : «Un homme lui dit : je te suivrai partout où tu iras. Il lui répond : Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête». Là on est devant une énorme contradiction : le Fils de l'homme, c'est dans le livre de Daniel un personnage glorieux qui vient sur les nuées du ciel et à qui Dieu donne la royauté universelle ; Jésus s'attribue ce titre qui dit déjà sa victoire ; et en même temps il mène cette vie itinérante, pauvre, voire rejetée comme ici par les habitants de ce village de Samarie ; aujourd'hui on le traiterait de « Sans domicile fixe » ! On retrouve ici un écho des Tentations au désert : l'Ecriture annonce déjà sa victoire mais sa vie terrestre se déroule sous le signe de la pauvreté et de l'humilité.

 

Deuxième rencontre : celle qui nous vaut l'une des phrases les plus surprenantes ! Il dit à quelqu'un «Suis-moi» et l'homme répond «Permets-moi d'abord d'aller enterrer mon père». Et Jésus reprend : «Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le Royaume de Dieu». Pour lui, habituellement respectueux de la loi juive, cette phrase est scandaleuse ; le respect des parents et en particulier l'ensevelissement est très important dans la loi juive. Peut-être Jésus trahit-il ici les choix terribles qu'il a dû faire pour son propre compte ; annoncer le royaume de vie a exigé de lui une détermination sans faille. Or, sur les trois hommes dont on nous parle, celui-ci est le seul qui ne se propose pas lui-même : c'est Jésus qui l'appelle. S'il l'appelle, c'est par amour et il l'appelle à aimer ; tout amour exige des renoncements terribles ; Jésus le sait d'expérience. En même temps, sa phrase est libératrice, en quelque sorte, elle nous déculpabilise : lorsque deux devoirs nous paraissent contradictoires, le critère de choix devra être l'accomplissement de la mission. Lorsque celle-ci l'exige, il ne faut pas se sentir coupables de devoir manquer à d'autres obligations.

 

Enfin, troisième rencontre : «Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison.» Cette dernière phrase nous fait penser à l'histoire d'Elisée : lui aussi voulait bien suivre le prophète Elie, mais auparavant, il voulait faire ses adieux à sa famille. Elie l'avait laissé faire, mais il lui avait fait comprendre qu'ensuite il lui faudrait savoir rompre les amarres, s'engager sans retour. Le cas ici est un peu semblable : un auditeur bien intentionné, voudrait bien suivre Jésus, mais il demande un délai. Et Jésus lui dit cette phrase un peu terrible «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le Royaume de Dieu»... On trouve dans la littérature antique des maximes de ce genre : par exemple, l'auteur romain Pline dit que pour tracer correctement un sillon, il ne faut pas se détourner. Jésus radicalise ce proverbe ; là encore il nous fait une confidence, il avoue les renoncements sans retour que sa mission a exigés à tout instant : n'oublions pas que ceci se passe au moment où il vient de prendre résolument la route de Jérusalem, c'est-à-dire de la Passion et de la Croix : du confort de la maison familiale de Nazareth à la montée à Jérusalem, Jésus a vécu dans sa chair de multiples arrachements.

 

Complément

- Jésus «interpelle vivement» ses disciples, tentés par le pouvoir ou la violence. Y a-t-il là pour lui-même une tentation à combattre ?

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Archives CMV
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216