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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 09:31

cmv

Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

PENDANT LES MOIS DE JUILLET-AOUT

que chacun prenne le temps de goûter la Parole de Dieu

sur son lieu de villégiature...

que chacun se sente invité par le Seigneur

et prenne le temps de méditer l'Evangile !


EVANGILE - Luc 10,25-37

25 Pour mettre Jésus dans l'embarras, un docteur de la Loi lui posa cette question : «Maître, que dois-je faire, pour avoir part à la vie éternelle ?»26 Jésus lui demanda : «Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ?»27 L'autre répondit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même.»28 Jésus lui dit : « Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie.»29 Mais lui, voulant montrer qu'il était un homme juste, dit à Jésus : «Et qui donc est mon prochain ?»30 Jésus reprit : «Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l'avoir dépouillé, roué de coups, s'en allèrent en le laissant à moitié mort.31 Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l'autre côté.32 De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l'autre côté.33 Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de pitié.34 Il s'approcha, pansa ses plaies en y versant de l'huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.35 Le lendemain, il sortit deux pièces d'argent, et les donna à l'aubergiste, en lui disant : Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.36 Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l'homme qui était tombé entre les mains des bandits ?»37 Le docteur de la Loi répond : «Celui qui a fait preuve de bonté envers lui.» Jésus lui dit : «Va, et toi aussi, fais de même.»

 

 

Commentaire de Marie Noelle Thabut :

Tel est pris qui croyait prendre ! S'il espérait mettre Jésus dans l'embarras, le docteur de la Loi en a été pour ses frais et c'est lui, en définitive, qui a dû se trouver bien embarrassé. En posant à celui qui est l'Amour même la question : «Jusqu'où faut-il aimer ?», il s'est attiré une réponse bien exigeante ! Si l'on veut rester tranquille, en effet, il y a des questions à ne pas poser ! Surtout si ce sont des questions aussi importantes que la première posée par le docteur de la Loi : «Maître, que dois-je faire, pour avoir part à la vie éternelle ?» ou, plus compromettante encore, la question suivante : «Et qui donc est mon prochain ?» Devant de telles interrogations, Jésus ne peut que désirer conduire son interlocuteur jusqu'au plus intime du cœur de Dieu lui-même.

 

Ce cheminement, Jésus va le situer très exactement sur une route bien connue de ses auditeurs, les trente kilomètres qui séparent Jérusalem de Jéricho, une route en plein désert, dont certains passages étaient à l'époque de véritables coupe-gorge. Ce récit d'attentat et cette histoire de secours au blessé étaient d'une vraisemblance criante. L'homme est donc tombé aux mains de brigands qui l'ont dépouillé et laissé pour mort. A son malheur physique et moral, s'ajoute pour lui une exclusion d'ordre religieux : touché par des «impurs», il a contracté lui aussi une impureté. C'est probablement l'une des raisons de l'indifférence apparente, voire de la répulsion qu'éprouvent à sa vision le prêtre et le lévite soucieux de préserver leur intégrité rituelle. Le Samaritain, bien sûr, ne va pas avoir de scrupules de ce genre.

 

La scène au bord de la route dit en images ce que Jésus a fait lui-même bien souvent concrètement : en guérissant le jour du sabbat, par exemple, en se penchant sur des lépreux, en accueillant les pécheurs, et en citant plusieurs fois la parole du prophète Osée : «C'est la miséricorde que je veux et non les sacrifices ; et la connaissance de Dieu, je la préfère aux holocaustes.» (Os 6,6). 

 

La connaissance de Dieu, parlons-en : quand Jésus avait posé la question : «Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit ? Que lis-tu ?», le docteur de la Loi avait récité avec enthousiasme : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même.» Jésus lui avait dit : «Tu as bien répondu.» Car la seule chose qui compte, on le savait déjà en Israël, c'est la fidélité à ce double amour. Saint Jean écrira plus tard : «Si quelqu'un dit J'aime Dieu et qu'il n'aime pas son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut pas aimer Dieu qu'il ne voit pas.» (1 Jn 4,20). Et encore : «Aimons-nous les uns les autres, car l'amour vient de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et parvient à la connaissance de Dieu.» (1 Jn 4,7). 

 

Le fin mot de cette connaissance que nous révèle la Bible, Ancien et Nouveau Testaments confondus, c'est que Dieu est « miséricordieux» (littéralement en hébreu «ses entrailles vibrent») ; or, nous dit le récit, quand le Samaritain vit l'homme blessé, «il fut saisi de pitié» (en grec «ému aux entrailles»). Ce n'est pas par hasard si Luc emploie exactement la même expression pour dire l'émotion de Jésus, à la porte du village de Naïm, à la vue de la veuve conduisant son fils unique au cimetière (Lc 7)... ou pour décrire l'émotion du Père au retour du fils prodigue (Lc 15). 

 

Je reviens à la parabole : ce voyageur miséricordieux n'est pourtant aux yeux des Juifs qu'un Samaritain, c'est-à-dire ce qu'il y a de moins recommandable. Car Samaritains et Juifs étaient normalement ennemis : les Juifs méprisaient les Samaritains qu'ils considéraient comme hérétiques et les Samaritains, de leur côté, ne pardonnaient pas aux Juifs d'avoir détruit leur sanctuaire sur le mont Garizim (en 129 av. J.C.). Le mépris, à vrai dire, était ancestral : au livre de Ben Sirac, on cite parmi les peuples considérés comme détestables les Samaritains, «le peuple stupide qui demeure à Sichem» (Si 50,26). Et c'est cet homme méprisé qui est déclaré par Jésus plus proche de Dieu que les dignitaires et servants du Temple (le prêtre et le lévite passés à côté du blessé sans s'arrêter). Cette émotion « jusqu'aux entrailles » (tout le contraire de la dureté des cœurs de pierre dont parlait Ezéchiel), nous dit que le Samaritain, (ce mécréant aux yeux des Judéens) est capable d'être «l'image de Dieu» ! A son niveau personnel, on voit quelle attitude Jésus lui-même a choisie, lui qui dispense sans compter compassion et guérison. 

 

Jésus propose donc ici un renversement de perspective : à la question «qui est mon prochain», il ne répond pas, comme on s'y attendrait, en traçant le cercle de ceux que nous devons considérer comme notre prochain. Car un cercle, aussi large soit-il pose une limite. Jésus refuse de donner une «définition» (dans «définition», il y a le mot latin «finis», limite), il en fait une affaire de cœur et non d'intellect. A ce propos, gare au vocabulaire ! A lui seul le mot «prochain» laisse entendre qu'il y a des «lointains».

 

Alors, si on demande à Jésus «Qui donc est mon prochain ?», il nous répond : A toi de décider jusqu'où tu acceptes de te faire proche. Et si l'on se pose la question : Pourquoi le Samaritain nous est-il donné en exemple ? La réponse est toute simple : parce qu'il est capable d'être saisi de pitié. A nous aussi, Jésus dit : «Va, et toi aussi, fais de même.» Sous-entendu, ce n'est pas facultatif : «Fais ainsi et tu auras la vie» avait-il dit à son interlocuteur un peu avant ; Luc répète souvent cette exigence de cohérence entre parole et actes : c'est bien beau de parler comme un livre (c'est le cas du docteur de la Loi, ici), mais cela ne suffit pas : «Ma mère et mes frères, disait Jésus, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique.» (Lc 8,21). Et là, notre capacité d'inventer est sollicitée : si les dimensions du cercle de notre prochain dépendent de notre bon vouloir, si les considérations de catégories sociales et de convenances doivent céder le pas à la pitié (ce qui semble bien être la leçon de cette parabole), alors, il ne nous reste plus qu'à inventer l'amour sans frontières !

 

Complément

- Si la question «Quel est le plus grand commandement ?» se retrouve dans les évangiles de Matthieu et de Marc, la parabole du Bon Samaritain, en revanche, est propre à Luc. On notera également que chez Luc, c'est le docteur de la Loi qui donne lui-même la réponse «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu... et ton prochain comme toi-même.» Alors Jésus reprend : «Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie.»

 

- Il est intéressant de noter que cette présentation éminemment sympathique d'un Samaritain (Luc 10) suit de très près dans l'évangile de Luc le refus d'un village samaritain de recevoir Jésus et ses disciples en route de la Galilée vers Jérusalem (Luc 9). Ce qui semble vouloir dire que Jésus se refuse catégoriquement à tout amalgame ! 

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Published by Jean-Pierre
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Q.C.M.

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216