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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 20:54

cmv Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

Vendredi 31 aout 2012 en l'église d'Etival, à 17h15
que chacun se sente invité par le Seigneur !

EVANGILE - Marc 7, 1-8. 14-15. 21-23

main.jpg1 Les pharisiens et quelques scribes étaient venus de Jérusalem. Ils se réunissent autour de Jésus 2 et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c'est-à-dire non lavées.3 - Les pharisiens, en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; 4 et au retour du marché ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats. - 5 Alors les pharisiens et les scribes demandent à Jésus : «Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leur repas sans s'être lavé les mains.» 6 Jésus leur répond : «Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Ecriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. 7 Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. 8 Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.» 14 Puis Jésus appela de nouveau la foule : «Ecoutez-moi tous, et comprenez bien.15 Rien de ce qui est extérieur à l'homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur. » 21 Il disait encore à ses disciples, à l'écart de la foule : «C'est du dedans, du cœur de l'homme que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, 22 adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.23 Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur.»

 

Commentaire de Marie Noëlle Thabut :

Tout a commencé parce que les disciples de Jésus ne se sont pas lavé les mains avant le repas : en bien des endroits du monde, cela ne poserait pas de problème ! La preuve, c'est que Marc est obligé d'expliquer à ses lecteurs qui ne sont pas d'origine juive, les usages tout à fait particuliers d'Israël : «Les pharisiens, en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, fidèles à la tradition des anciens ; et au retour du marché ils ne mangent pas avant de s'être aspergés d'eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d'autres pratiques : lavage de coupes, de cruches et de plats.» Le mot «tradition», répété (dans le texte grec) aux versets 3 et 5 ne doit pas être entendu de manière péjorative : la tradition, c'est la richesse reçue des pères. Tout le long labeur des anciens pour découvrir le comportement qui plaît à Dieu se transmet sous forme de préceptes qui régissent les plus petits détails de la vie quotidienne. Commençons donc par rendre justice aux pharisiens et aux scribes : quand on s'impose à soi-même toute une discipline très stricte par fidélité à sa religion, on ne peut pas comprendre ceux qui n'en font pas autant. Et, à leurs yeux, cette rigueur d'observance paraissait essentielle : il s'agissait de préserver l'identité juive ; le peuple élu concevait son élection comme une mise à part et donc tout contact avec des païens (ou des objets touchés par eux) rendait impur, c'est-à-dire inapte à célébrer et même à vivre dignement la vie quotidienne.

 

Tout naturellement, donc, les pharisiens et les scribes présents s'indignent : «Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leur repas sans s'être lavé les mains.» Ce qui est plus surprenant, c'est la réaction de Jésus : «Hypocrites !» Cette sévérité laisse entendre qu'il y a un problème de fond. Comme souvent, face à un tel auditoire, Jésus cite l'Ecriture, qui est pour eux la référence suprême : «Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, dans ce passage de l'Ecriture : Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. » (Is 29, 13). Et Jésus commente la parole d'Isaïe : « Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.»

 

Quel est donc ce commandement de Dieu que les pharisiens et les scribes bafouent sans le savoir ? Jésus ne l'explique pas ici, mais ce qu'il leur reproche, visiblement, c'est d'avoir «le cœur loin de Dieu». Qu'ont-ils fait de mal ? Ils ont méprisé les autres, tout simplement, et méprisé au nom de Dieu, voilà l'inexcusable. Nous retrouvons ici une remarque faite souvent au long des dimanches dans notre lecture de l'évangile de Marc : Jésus ne cesse de s'élever contre toute exclusion au nom de la religion ; c'est la toile de fond de ses controverses avec les autorités religieuses. C'est mal comprendre la Loi que de croire qu'il faudrait être séparé des autres hommes pour s'approcher de Dieu ! Au contraire, les prophètes avaient déployé toute leur énergie pour faire découvrir que le véritable culte qui plaît à Dieu commence par le respect des hommes. C'est un comble que la loi faite pour le bonheur de tous soit devenue une contrainte tâtillonne et un prétexte à mépris. Servir le Dieu Saint du Lévitique, le Dieu de pardon annoncé par Isaïe ne peut pas porter au mépris des autres.

 

Pour aller plus loin, Jésus entame une leçon sur la pureté : au sens biblique, la pureté, c'est l'aptitude à se rapprocher de Dieu ; or Dieu est amour et pardon, de nombreux prophètes l'ont dit et répété. La véritable pureté est donc une disposition du cœur, c'est la miséricorde ; l'impureté que Jésus reproche à ses adversaires, c'est «l'endurcissement du cœur» : «Ce qui sort de l'homme, voilà ce qui rend l'homme impur.» Et, un peu plus tard, il complète l'enseignement pour ses disciples : «C'est du dedans, du cœur de l'homme que sortent les pensées perverses : inconduite, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l'homme impur.»

 

Venons encore une fois au secours des pharisiens et des scribes : cette leçon-là ne pouvait pas être entendue pleinement tant que Dieu lui-même, en son Fils, n'était pas venu habiter chez les hommes ; prouvant par là que, contrairement à trop d'idées reçues, Dieu n'a pas peur du contact avec les êtres impurs que nous sommes. Comme pour en donner la preuve, aussitôt après cette controverse Jésus part en pays païen.

 

Complément

- Le mouvement religieux «Pharisien» est né vers 135 av. J.C. d'un désir de conversion ; son nom qui signifie «séparé» traduit un choix : le refus de toute compromission politique, de tout laisser-aller dans la pratique religieuse ; deux problèmes qui étaient à l'ordre du jour en 135. Le Pharisianisme (en tant que mouvement) est donc tout à fait respectable. Et Jésus ne l'attaque jamais. Il ne refuse pas non plus de leur parler (Nicodème, Jn 3 ; Simon, Lc 7). Mais le plus bel idéal religieux peut avoir ses écueils : la rigueur d'observance peut engendrer une trop bonne conscience et rendre méprisant pour ceux qui n'en font pas autant. Plus profondément, vouloir être « séparé » n'est pas sans ambiguïté ; quand on sait que le dessein de Dieu est un projet de rassemblement dans l'amour. Ces déviances ont inspiré quelques paroles dures de Jésus : elles visent ce que l'on appelle le «Pharisaïsme» ; de cela tous les mouvements religieux de tous les temps sont capables.


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Published by Jean-Pierre - dans Archives CMV
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216