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  • : Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 09:19

    cmv Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

Vendredi 7 septembre 2012 en l'église d'Etival, à 17h15
que chacun se sente invité par le Seigneur !
EVANGILE - Marc 7,31-37

31 Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.32 On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.33 Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue.34 Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit :«Effata !», c'est à dire : «Ouvre-toi !»35 Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.36 Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur défendait, plus ils le proclamaient.37 Très vivement frappés, ils disaient : «Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets.»

 

 

Après la discussion avec les Juifs sur les règles de pureté, Jésus était parti en territoire païen ; là, il a guéri la fille de la syro-phénicienne qui avait manifesté une foi que Jésus aurait bien voulu trouver auprès de ses compatriotes. Les épisodes suivants se déroulent également en territoire païen, en Décapole, plus précisément : c'est-à-dire la confédération de dix villes grecques, pour la plupart situées à l'est du Jourdain, soustraites à l'administration d'Hérode et rattachées par Pompée à la province romaine de Syrie. Marc ne précise pas de quelle ville il s'agit, la pointe de son propos n'est pas là. C'est ici que se déroule l'épisode de ce dimanche, la guérison du sourd-muet* : «Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui.» Alors, Jésus fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait jusqu'ici, il emmène l'infirme à l'écart, loin de la foule et il fait sur lui les gestes que faisaient habituellement les guérisseurs : «Jésus l'emmena à l'écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. » Il ne change donc pas les gestes, mais il va leur donner un sens nouveau : car, à partir de là, Jésus diffère des autres : «les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : Effata ! C’est-à-dire : Ouvre-toi !» Le geste de lever les yeux au ciel est sans ambiguïté : Jésus ne guérit que grâce au pouvoir que lui donne son Père. Quant au soupir, à en croire le vocabulaire, il s'agit plutôt d'un gémissement : celui que poussait Israël en esclavage en Egypte, chez les païens (dans son discours, Etienne, citant l'épisode du buisson ardent, raconte la souffrance du peuple et dit qu'il gémissait : Actes 7,34) ; gémissement aussi que poussera jusqu'à la fin des temps la création captive en attente de sa délivrance (Rm 8,22) ; celui que pousse l'Esprit de Dieu priant au cœur des croyants (Rm 8,26). En Jésus qui gémit, n'y a-t-il pas tout cela ? L'humanité attendant sa délivrance ? L'Esprit qui intercède pour nous ? Parce que notre souffrance ne peut laisser Dieu indifférent.

 

Et voilà notre infirme guéri : «Ses oreilles s'ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement.» Une fois de plus, Jésus donne une consigne stricte de silence : espère-t-il être obéi ? Peine perdue. «Alors Jésus leur recommanda de n'en rien dire à personne ; mais plus il le leur défendait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : Tout ce qu'il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets.» Sans le savoir, puisqu'ils sont des païens, ils citent les Ecritures : «Tout ce qu'il fait est admirable» est une reprise du constat de la Genèse ; se retournant sur l'œuvre qu'il avait faite en sept jours « Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà, c'était très bon.» (Gn 1,31) ; «il fait entendre les sourds et parler les muets » est un rappel des promesses d'Isaïe pour l'ère de bonheur qui s'ouvrira au moment de la venue du Messie : «Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie.» (Is 35,5-6 ; texte de la première lecture de ce dimanche). Les promesses messianiques sont donc pour tous, Juifs et païens. Et, curieusement, ce sont les païens, apparemment, qui en déchiffrent le mieux les signes. Ils «proclament » nous dit Marc ; là encore, il ne choisit certainement pas le mot par hasard ; il a usé du même pour Jean-Baptiste (1,4 «proclamant un baptême de conversion en vue du pardon des péchés»), pour le lépreux (1,45 «une fois parti, il se mit à proclamer bien haut et à répandre la nouvelle») ; enfin, ce sera l'ordre donné par Jésus à ses apôtres après sa Résurrection (16, 15 «Allez par le monde entier, proclamer l'évangile à toutes les créatures.»)

 

En attendant, les apôtres ont encore du chemin à faire : Marc accumule tout au long de son évangile des notations très négatives à leur propos, faisant ainsi ressortir la solitude de Jésus. A de multiples reprises, en effet, l'évangéliste rapporte des paroles de Jésus non équivoques sur leur difficulté à entrer dans son mystère : par exemple, après la parabole du semeur, «Vous ne comprenez pas cette parabole ! Alors comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?» (4,13) ; à la fin de l'épisode de la tempête apaisée : «Pourquoi avez-vous si peur ? Vous n'avez pas encore la foi ?» (4,40-41) ; et surtout après la deuxième multiplication des pains : «Vous ne saisissez pas encore et vous ne comprenez pas ? Avez-vous le cœur endurci ? Vous avez des yeux : ne voyez-vous pas ? Vous avez des oreilles : n'entendez-vous pas ? » (8, 18). Cette surdité et cet aveuglement subsisteront jusqu'après la Résurrection de Jésus : «Il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.» (16,14).

 

Alors nous comprenons mieux l'intérêt tout spécial que Marc porte au récit qui nous retient ici (la guérison du sourd-muet en Décapole) et, un peu plus loin, à la guérison d'un aveugle à Bethsaïde, en territoire juif cette fois (deux récits propres à Marc) ; quoi qu'il en soit de nos lenteurs à croire, le temps messianique est bel et bien arrivé pour tous les hommes. Comme l'avait encore dit Isaïe : «Les yeux de ceux qui voient ne seront plus fermés, les oreilles de ceux qui entendent seront attentives, les gens pressés réfléchiront pour comprendre et la langue de ceux qui bégaient parlera vite et distinctement.» (Is 32,3-4).

 

Compléments

«Effata», c'est à dire «Ouvre-toi»

Lors de la célébration du baptême d'un adulte, le prêtre lit précisément ce passage de l'évangile de Marc, puis il touche les oreilles et les lèvres du baptisé en disant : «Effata», c'est-à-dire «Ouvrez-vous, afin de proclamer, pour la louange et la gloire de Dieu, la foi qui vous a été transmise.» On entend résonner ici la prière du psaume : «Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange» (Ps 50/51,17), tout autant que la phrase de Paul : «Nul ne peut dire Jésus est Seigneur, si ce n'est par l'Esprit Saint.» (1 Co 12,3). Dieu seul peut nous inspirer pour parler de lui, mais c'est notre liberté qui choisit de proclamer sa louange.

 

L'homme sourd qui bégayait

Selon son habitude, Marc a soigneusement choisi son vocabulaire ; pour décrire le handicap de celui que Jésus va guérir, il ne le qualifie pas de «muet», mais il emploie un mot grec inhabituel que l'on ne rencontre ailleurs qu'une seule fois dans toute la Bible, chez Isaïe dans une phrase qui caractérisait le Messie : «La bouche du bègue criera de joie» (Is 35,6, texte grec).


En méditation, une fois n'est pas coutume, je proprose la deuxième lecture de ce dimanche suivit de la médiation de Marie Noelle Thabut. Nous méditerons avec avantage l'accueil dans nos communautés et groupes de prières.

 

  

DEUXIEME LECTURE - Lettre de Jacques 2,1-5

1 Mes frères,

ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus-Christ, notre Seigneur de gloire.2 Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales.3 Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : «Prends ce siège, et installe-toi bien» ; et vous dites au pauvre : «Toi, reste là debout», ou bien : «Assieds-toi par terre à mes pieds.»4 Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ?5 Ecoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du royaume, qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé.

 

 

La petite parabole sur le pauvre et le riche dans l'assemblée chrétienne paraît à première vue un peu caricaturale ; bien sûr, aucun de nous ne tomberait dans ce travers ! Encore que... Il suffirait peut-être de changer un tout petit peu le décor pour que nous nous retrouvions en pays connu ; les snobismes de toute sorte ont cours dans tous les cercles de la société. L'accueil des plus pauvres dans l'Eglise demeure difficile et il y a bien des formes de pauvreté. Ce que Jacques vise donc, ce sont les discriminations, quelles qu'elles soient : d'ordre racial, ethnique, social, financier ou autre.

 

Pas besoin d'avoir la foi pour cela, me direz-vous ; toute société de droit (c'en est même la définition, justement) recommande l'égalité de tous devant la justice. Israël connaît ce genre de préceptes : «Ne commettez pas d'injustice dans les jugements, n'avantage pas le faible et ne favorise pas le grand, mais juge avec justice ton compatriote.» (Lv 19,15). Mais ce qui est particulier à Israël, une fois de plus, c'est la source de sa Loi, qui n'est autre que Dieu lui-même. Dans le cas présent, c'est parce que Dieu lui-même est impartial, que les hommes sont invités à l'être. En voici quelques exemples : «Vous n'aurez pas de partialité dans le jugement : entendez donc le petit comme le grand, n'ayez peur de personne, car le jugement appartient à Dieu.» (Dt 1,17)... «C'est le SEIGNEUR votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand et redoutable, l'impartial, l'incorruptible.» (Dt 10,17)... «Lui seul ne favorise pas les princes et ne fait pas plus de cas du richard que du pauvre, car tous sont l'œuvre de sa main.» (Jb 34,19)... Et les prophètes ne sont pas en reste, on s'en doute : Malachie, par exemple, fustige les responsables du peuple : «Vous ne suivez pas mes voies et vous faites preuve de partialité dans vos décisions.» (Ml 2,9). Et l'on aime à raconter l'histoire du choix de David par le prophète Samuel : Jessé avait huit fils, parmi lesquels, Samuel le savait, il y avait l'élu de Dieu. Et voici que l'aîné se présente : Samuel le trouve grand, bien fait, c'est sûrement lui. Et non, justement. Voici la suite du texte : «Le SEIGNEUR dit à Samuel : Ne considère pas son apparence ni sa haute taille. Il ne s'agit pas ici de ce que voient les hommes : les hommes voient ce qui leur saute aux yeux, mais le SEIGNEUR voit le cœur.» (1 S 16,7). On se le redira souvent !

 

Le Nouveau Testament, bien sûr, n'a pas contredit cette donnée bien établie de la Révélation. Paul affirme «En Dieu, il n'y a pas de partialité.» (Rm 2,11), et Pierre en écho : «Vous invoquez comme Père celui qui, sans partialité, juge chacun selon son œuvre.» (1 Pi 1,17). Mais au fait, la deuxième partie du texte de ce dimanche n'est-elle pas en contradiction avec l'affirmation de l'impartialité de Dieu ? C'est Jacques qui parle : «Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ?» Alors, Dieu aurait-il une préférence pour les pauvres ?

 

Pour commencer, il ne faut pas oublier que, dans la Bible, choix ne signifie pas «préférence» mais choix pour une mission, toujours. Voilà une spécificité de la Révélation. Le peuple d'Israël le sait d'expérience, lui qui a été choisi, pour une mission bien particulière ; mais qui sait fort bien que Dieu aime tous les peuples et tous les hommes, infiniment. L'infini n'est pas mesurable, par hypothèse. Sans parler de préférence, donc, au sens habituel de ce mot, parlons de choix ; et il semble bien que Dieu confie aux pauvres une mission particulière. «Ce qui est folie dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre les sages ; ce qui est faible dans le monde, Dieu l'a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui dans le monde est vil et méprisé, ce qui n'est pas, Dieu l'a choisi pour réduire à rien ce qui est, afin qu'aucune créature ne puisse s'enorgueillir devant Dieu.» (1 Co 1,26-28).

 

Et de fait, dans l'histoire d'Israël, la Bible semble prendre un malin plaisir à montrer que Dieu se plaît à choisir les plus petits. Abraham était un vieillard sans enfant, donc sans avenir, quand Dieu l'a choisi comme tête de son peuple ; Moïse était réduit à l'exil pour avoir tué un Egyptien ; David n'était ni le plus beau ni le plus grand, ni le plus vertueux, des fils de Jessé, semble-t-il ; et que dire de Salomon sur ce chapitre ? Bethléem était le plus petit des clans de Juda ; et de Nazareth, on n'a jamais rien vu sortir de bon. Et pourtant, c'est avec tous ces pauvres-là que Dieu a révélé ses richesses au monde. C'est Paul qui nous en donne le secret : «Ce trésor, nous le portons dans des vases d'argile, pour que cette incomparable puissance soit reconnue comme étant de Dieu et non de nous.» (2 Co 4,7).

 

 

 

 

Une anecdote personnelle : Il y a une trentaine d'année, j'avais 23 ans, juste après mon service militaire, j'avais gardé l'habitude de porter la veste de treillis, avec quelques épinglettes (comme on disait à l'époque, les pin's n'existaient pas encore). Je vais à la messe à la cathédrale de Dijon. Pour ceux qui connaissent je passait par le couloir coté sacristie. Une brave dame distribuait la feuille de chant. En me voyant et un peu effrayée par mon loock, elle dit "Ah non, pas vous". Puis se ravisant après avoir vu une épinglette catho sur ma veste, elle me donna la feuille de chant... et je pu participer à l'Eucharistie.

Cette anecdote me fait toujours sourire.

A la même époque j'étais au service des vocations du diocèse et me préparait à faire ma rentrée au séminaire de Dijon.

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Published by Jean-Pierre - dans Archives CMV
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Q.C.M.

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216