Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Page D'accueil, Contact

  • : Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
  • Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
  • : Quelques réflexions de Djipi
  • Contact

Noël

 

 

Recherche

Dimanche prochaine avec MN Thabut

Cliquez sur la photo pour accéder

au commentaire de

Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:12

Vincent-Eucharist-300x295-copie-1

Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

Que chacun se sente invité par le Seigneur

et prenne le temps de méditer l'Evangile.

 


EVANGILE - Luc 24,13-35

Le troisième jour après la mort de Jésus, 13 deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, 14 et ils parlaient de tout ce qui s'était passé.15 Or, tandis qu'ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s'approcha, et il marchait avec eux.16 Mais leurs yeux étaient aveuglés, et ils ne le reconnaissaient pas.17 Jésus leur dit : «De quoi causiez-vous donc, tout en marchant ?» Alors ils s'arrêtèrent, tout tristes.18 L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : «Tu es bien le seul, de tous ceux qui étaient à Jérusalem, à ignorer les événements de ces jours-ci.» 19 Il leur dit : «Quels événements ?» Ils lui répondirent : «Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth : cet homme était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple.20 Les chefs des prêtres et nos dirigeants l'ont livré, ils l'ont fait condamner à mort et ils l'ont crucifié.21 Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël !Avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c'est arrivé.22 A vrai dire, nous avons été bouleversés par quelques femmes de notre groupe. Elles sont allées au tombeau de très bonne heure, 23 et elles n'ont pas trouvé le corps ; elles sont même venues nous dire qu'elles avaient eu une apparition : des anges, qui disaient qu'il est vivant.24 Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l'avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu.» 25 Il leur dit alors : «Vous n'avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu'ont dit les prophètes !26 Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?» 27 Et, en partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Ecriture, ce qui le concernait.28 Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.29 Mais ils s'efforcèrent de le retenir : «Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse.» Il entra donc pour rester avec eux.30 Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.31 Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.32 Alors ils se dirent l'un à l'autre : «Notre cœur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Ecritures»33 A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : 34 «C'est vrai ! Le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre.»35 A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

 

 

Commentaire de Marie Noelle Thabut :

Vous avez remarqué certainement le parallèle (on dit «l'inclusion») entre les deux formules «leurs yeux étaient aveuglés» (verset 16) et «alors leurs yeux s'ouvrirent» (verset 31) ; ce qui veut dire que les deux disciples d'Emmaüs sont passés du plus profond découragement à l'enthousiasme simplement parce que leurs yeux se sont ouverts. Et pourquoi leurs yeux se sont-ils ouverts ? Parce que Jésus leur a expliqué les Ecritures : « Partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l'Ecriture ce qui le concernait ». J'en déduis que Jésus-Christ est au centre du projet de Dieu qui se révèle dans l'Ecriture. 

 

Il ne faudrait pas réduire pour autant l'Ancien Testament à un faire-valoir du Nouveau. Lire les prophètes comme s'ils n'annonçaient que la venue historique de Jésus-Christ, c'est trahir l'Ancien Testament et lui enlever toute son épaisseur historique. L'Ancien Testament est le témoignage de la longue patience de Dieu pour se révéler à son peuple et le faire vivre dans son Alliance. Les paroles des prophètes, par exemple, sont d'abord valables pour l'époque où elles ont été prononcées. 

 

Il ne faut pas oublier non plus que la lecture qui consiste à considérer Jésus-Christ comme le centre de l'histoire humaine et donc aussi le centre de l'Ecriture est une lecture «chrétienne», les Juifs en ont une autre... Nous sommes d'accord entre Juifs et Chrétiens pour invoquer le Dieu Père de tous les hommes et lire dans l'Ancien Testament la longue attente du Messie. Mais n'oublions pas que la reconnaissance du Christ comme Messie n'est pas une évidence ! Elle le devient pour ceux dont les yeux «s'ouvrent» d'une certaine manière. Et alors leur cœur devient «tout brûlant» comme celui des disciples d'Emmaüs. 

 

On aimerait connaître évidemment la liste des textes que Jésus a parcourus avec les deux disciples d'Emmaüs ! A la fin de ce parcours biblique avec eux, Jésus conclut : «Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?» Je m'arrête sur cette formule qui représente une vraie difficulté pour nous : car elle se prête à deux lectures possibles : 

 

Première lecture possible : «Il fallait que le Christ souffrît pour mériter d'entrer dans sa gloire». Comme si il y avait là une exigence de la part du Père. Mais cette lecture est une «tentation» qui trahit les Ecritures ; elle présente la relation de Jésus à son Père en termes de «mérite», ce qui n'est nullement conforme à la révélation de l'Ancien Testament et que Jésus a développée : que Dieu n'est que Amour et Don et Pardon. Avec Lui, il n'est pas question de balance, de mérite, d'arithmétique, de calcul. Il est vrai que le Nouveau Testament parle souvent de l'accomplissement des Ecritures, mais ce n'est pas dans ce sens-là, nous y reviendrons tout à l'heure. 

 

Alors il y a une deuxième manière de lire cette phrase «Il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire» : la gloire de Dieu, c'est sa présence qui se manifeste à nous ; or Dieu est Amour. On pourrait donc transformer la phrase en «Il fallait que le Christ souffrît pour que l'amour de Dieu soit manifesté, révélé». 

 

Or, je crois que Jésus a donné lui-même d'avance l'explication de sa mort lorsqu'il a dit à ses disciples : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime». C'est-à-dire, il fallait que l'amour aille jusque-là, jusqu'à affronter la haine, l'abandon, la mort pour que vous découvriez que l'amour de Dieu est «le plus grand amour». 

 

Pour que nous découvrions jusqu'où va l'amour de Dieu, qui est tellement au-dessus de nos amours humaines, tellement impensable, au vrai sens du terme, il fallait qu'il nous soit révélé... et pour qu'il nous soit révélé, il fallait qu'il aille jusque-là. 

 

«Il fallait» ne veut donc pas dire une exigence de Dieu mais une nécessité pour nous. Dire que les événements de la vie de Jésus « accomplissent les Ecritures»1, c'est dire que sa vie tout entière est révélation en actes de cet amour du Père, quelles que soient les circonstances, y compris la persécution, la haine, la condamnation, la mort. 

 

La Résurrection de Jésus vient authentifier cette révélation que l'amour est plus fort que la mort.

 

-----------

Note

1 - Ce thème de l'accomplissement des Ecritures est très fréquent dans le Nouveau Testament, à commencer par cette phrase de Paul : «Lorsque les temps furent accomplis» (Ga 4,4 ; cf commentaire pour la Fête de Sainte Marie, Mère de Dieu, le 1er janvier - tome I).

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

Cliquez sur le logo KTO pour accéder aux vidéo

 

 

Chapitres & Thèmes Du Blog

Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216