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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 19:45

cmv

Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

Il n'y aura pas de CMV à Etival ce vendredi

(je suis en session avec la Société Saint Vincent de Paul à Paris)

que chacun se sente invité par le Seigneur

et prenne le temps de méditer l'Evangile !


EVANGILE - Jean 10, 27-30

Jésus avait dit aux Juifs : «Je suis le bon pasteur (le vrai berger). » Il leur dit encore : 27 «Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. 28 Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. 30 Le Père et moi, nous sommes UN.»

 

 bon-pasteur.jpg

Commentaire de Mme Marie Noelle Thabut:

Nous ne nous imaginons peut-être pas à quel point les quelques phrases de Jésus rapportées ici étaient explosives ; les Juifs, eux, ont réagi très fort, puisque si on lit seulement quelques lignes de plus, Saint Jean nous dit : «Les Juifs, à nouveau, ramassèrent des pierres pour le lapider.» Qu'a-t-il donc dit de si extraordinaire ? En réalité, ce n'est pas lui qui a pris l'initiative de ce discours ; il ne fait que répondre à une question. Saint Jean nous raconte qu'il était dans le Temple de Jérusalem, dans l'allée qu'on appelait le « Portique de Salomon» et que les Juifs, bien décidés à le mettre au pied du mur, ont fait cercle autour de lui et lui ont demandé : «Jusqu'à quand vas-tu nous tenir en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous ouvertement» ; c'est une sorte d'ultimatum, du genre «oui ou non ? Es-tu le Christ (c'est-à-dire le Messie) ? Décide-toi à le dire clairement, une fois pour toutes»...

 

Au lieu de répondre «oui, je suis le Messie», Jésus parle de ses brebis, mais cela revient au même ! Car le peuple d'Israël se comparait volontiers à un troupeau : «Nous sommes le peuple de Dieu, le troupeau qu'il conduit» est une formule qui revient plusieurs fois dans les psaumes. En particulier dans le psaume de ce dimanche : «Il nous a faits et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau» ; troupeau bien souvent malmené, maltraité, ou mal guidé par les rois qui s'étaient succédés sur le trône de David... mais on savait que le Messie, lui, serait un berger attentif et dévoué. Donc, tout naturellement, Jésus pour affirmer qu'il est bien le Messie, emprunte le langage habituel sur le pasteur et les brebis. Et ses interlocuteurs l'ont très bien compris.

 

Mais Jésus les emmène beaucoup plus loin ; parlant de ses brebis, il ose affirmer : «Je leur donne la vie éternelle, jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main»... formule très audacieuse : qui donc peut donner la vie éternelle ? Quant à l'expression «être dans la main de Dieu», elle était habituelle dans l'Ancien Testament ; chez Jérémie, par exemple : «Vous êtes dans ma main, gens d'Israël, dit Dieu, comme l'argile dans la main du potier.» (Jr 18,16). Ou encore dans le livre de Qohélet (l'Ecclésiaste) : «Les justes, les sages et leurs travaux sont dans les mains de Dieu.» (Qo 9,1). Ou enfin, dans le Livre du Deutéronome : «C'est moi qui fais mourir et qui fais vivre, quand j'ai brisé, c'est moi qui guéris, personne ne sauve de ma main.» (Dt 32,39), et un peu plus loin : «Tous les saints sont dans ta main.» (Dt 33,3).

 

C'est bien à cela que Jésus fait référence puisqu'il ajoute aussitôt : «Personne ne peut rien arracher de la main du Père» ; il met donc clairement sur le même pied les deux formules «ma main» et «la main du Père». Il ne s'arrête pas là ; au contraire, il persiste et signe, dirait-on aujourd'hui : «le Père et moi, nous sommes UN». C'est encore beaucoup plus osé que de dire «oui, je suis bien le Christ, c'est-à-dire le Messie» : il prétend carrément être l'égal de Dieu, être Dieu lui-même. Pour ses interlocuteurs, c'était intellectuellement inacceptable. 

 

On attendait un Messie qui serait un homme, on n'imaginait pas qu'il puisse être Dieu : car la foi au Dieu unique était affirmée avec tant de force en Israël qu'il était pratiquement impossible pour des Juifs fervents de croire à la divinité de Jésus ! Ceux qui récitaient tous les jours la profession de foi juive : «Shema Israël», «Ecoute Israël, le SEIGNEUR notre Dieu est le SEIGNEUR UN» ne pouvaient supporter d'entendre Jésus affirmer «le Père et moi, nous sommes UN». Cela explique peut-être que l'opposition la plus farouche à Jésus soit venue des chefs religieux. Leur réaction ne se fait pas attendre ; en se préparant à le lapider, ils l'accusent : «Ce que tu viens de dire est un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu». 

 

Une fois de plus, Jésus se heurte à l'incompréhension de ceux qui, pourtant, attendaient le Messie avec le plus de ferveur ; on retrouve là un thème de méditation permanent chez Jean : «Il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu.» Tout le mystère de la personne du Christ est là et aussi en filigrane son procès : et d'ailleurs si on avait le temps de comparer ce passage de Jean avec les autres évangiles, on verrait qu'il ressemble de très près aux récits du procès de Jésus dans les évangiles synoptiques. 

 

Et pourtant, tout n'est pas perdu ; Jésus a essuyé l'incompréhension, voire la haine, il a été persécuté, éliminé, mais certains ont cru en lui ; le même Jean le dit bien dans le Prologue de l'évangile : «Il est venu chez lui et les siens ne l'ont pas reçu... mais à ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11-12). Et on sait bien que c'est grâce à ceux-là que la révélation a continué à se répandre. De ce petit Reste est né le peuple des croyants : «Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle.» 

 

Malgré l'opposition que Jésus rencontre ici, malgré l'issue tragique déjà prévisible, il y a là, incontestablement un langage de victoire : « Personne ne les arrachera de ma main»... «Personne ne peut rien arracher de la main du Père» : on entend là comme un écho d'une autre phrase de Jésus rapportée par le même évangéliste : «Courage, j'ai vaincu le monde». Les disciples de Jésus, tout au long de l'histoire, ont bien besoin de s'appuyer sur cette certitude : «Personne ne peut rien arracher de la main du Père».

 bon-pasteur02.jpg

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Published by Jean-Pierre - dans Archives CMV
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Q.C.M.

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216