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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 06:39

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Rencontre de la Cellule Missionnaire Vincentienne

Que chacun se sente invité par le Seigneur

et prenne le temps de méditer l'Evangile.

 


 

EVANGILE - Jean 11,1-45 (lecture brève)

3 Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare envoyèrent dire à Jésus : «Seigneur, celui que tu aimes est malade.» 4 En apprenant cela, Jésus dit : «Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié.»5 Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.6 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura pourtant deux jours à l'endroit où il se trouvait ; 7 alors seulement il dit aux disciples : «Revenons en Judée.»17 Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.20 Lorsque Marthe apprit l'arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait à la maison.21 Marthe dit à Jésus : «Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort.22 Mais je sais que, maintenant encore, Dieu t'accordera tout ce que tu lui demanderas.» 23 Jésus lui dit : «Ton frère ressuscitera.»24 Marthe reprit : «Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection.»25 Jésus lui dit : «Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; 26 et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?» 27 Elle répondit : «Oui, Seigneur, tu es le Messie, je le crois ; tu es le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.»34 Il demanda : «Où l'avez-vous déposé ?» Ils lui répondirent : «Viens voir, Seigneur.»35 Alors Jésus pleura.36 Les Juifs se dirent : «Voyez comme il l'aimait !»37 Mais certains d'entre eux disaient : «Lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ?»38 Jésus, repris par l'émotion, arriva au tombeau. C'était une grotte fermée par une pierre.39 Jésus dit : «Enlevez la pierre.» Marthe, la sœur du mort, lui dit : «Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là.» 40 Alors Jésus dit à Marthe : «Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.» 41 On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : «Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé.42 Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours, mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé.»43 Après cela il cria d'une voix forte : «Lazare, viens dehors !»44 Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : «Déliez-le, et laissez-le aller45 Les nombreux Juifs, qui étaient venus entourer Marie et avaient donc vu ce que faisait Jésus, crurent en lui.

 

 

Commentaire de Marie Noelle Thabut :

Nous avons pris l'habitude d'appeler ce passage «la résurrection de Lazare», mais, soyons francs, ce n'est pas le terme qui convient ; quand nous proclamons «Je crois à la résurrection des morts et à la vie éternelle», il s'agit de bien autre chose. 

 

La mort de Lazare n'a été qu'une parenthèse en quelque sorte dans sa vie terrestre ; sa vie après le miracle de Jésus a repris son cours ordinaire, et elle a dû être à peu de choses près la même après qu'auparavant. Lazare a eu seulement en quelque sorte un supplément de vie terrestre. Son corps n'était pas transformé et il a dû mourir une seconde fois ; sa première mort n'a pas été ce qu'elle sera pour nous, c'est-à-dire le passage vers la vraie vie. 

 

Mais alors, du coup, on peut se demander à quoi bon ? En faisant ce miracle, Jésus a pris de grands risques pour lui-même parce qu'il ne s'était déjà que trop fait remarquer... et quant à Lazare cela n'a fait que reculer l'échéance définitive.

 

C'est Saint Jean qui répond à notre question «à quoi bon ce miracle  » ; il nous dit c'est un signe très important : Jésus est manifesté là comme celui en qui nous avons la vie sans fin et en qui nous pouvons croire, c'est-à dire sur qui nous pouvons miser notre vie. 

 

Et d'ailleurs, les grands prêtres et les Pharisiens ne s'y sont pas trompés : ils ont fort bien compris la gravité du signe que Jésus avait donné là : d'après Saint Jean, toujours, trop de gens se mirent à croire en Jésus à la suite de la résurrection de Lazare, et c'est là qu'ils décidèrent de le faire mourir. C'est donc ce miracle qui a signé l'arrêt de mort de Jésus ; évidemment, quand on y réfléchit deux mille ans plus tard, on se dit que c'est un comble : être capable de rendre la vie, cela méritait la mort ; triste exemple des aberrations où nous mènent parfois nos certitudes...

 

Revenons au récit de ce que je vous propose d'appeler le «réveil de Lazare» : je ferai seulement deux remarques : 

 

Première remarque : pour Jésus, la seule chose qui compte, c'est la gloire de Dieu ; mais pour voir la gloire de Dieu, il faut croire («Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu» dit-il à Marthe). Dès le début du récit, alors qu'on vient d'annoncer à Jésus «Seigneur, celui que tu aimes est malade», il dit à ses disciples : «Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu», c'est-à-dire la révélation du mystère de Dieu. Non pas que la manifestation de la gloire de Dieu soit une récompense pour bien-pensants ou bien-croyants ; mais quand nous ne sommes pas dans une attitude de foi, tout se passe comme si nous laissions notre regard s'obscurcir par le soupçon, la méfiance, c'est comme si nous mettions des lunettes sombres, nous ne voyons plus la lumière. La foi nous ouvre les yeux, elle fait sauter ce bandeau de la méfiance que nous avions mis sur nos yeux. 

 

Deuxième remarque : la foi en la résurrection franchit là sa dernière étape : à propos du texte d'Ezéchiel qui nous est proposé en première lecture pour ce cinquième dimanche de Carême, nous avions vu que la foi en la résurrection est apparue très tardivement en Israël ; elle n'est affirmée très clairement qu'au deuxième siècle av. J.C. à l'occasion de la terrible persécution du roi grec Antiochus Epiphane ; et à l'époque du Christ, elle n'est même pas encore admise par tout le monde. Marthe et Marie, visiblement, font partie des gens qui y croient. Mais, dans leur idée, il s'agit encore d'une résurrection pour le dernier jour ; quand Jésus dit à Marthe «Ton frère ressuscitera», Marthe répond : «Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection». Jésus rectifie : il ne parle pas au futur, il parle au présent : «Moi, je suis la résurrection et la vie... Tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais... Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra.» A l'entendre, on a bien l'impression que la Résurrection, c'est pour tout de suite. «Je suis la résurrection et la vie» : cela veut dire que la mort au sens de séparation de Dieu n'existe plus, elle est vaincue dans la Résurrection du Christ. Avec Paul les croyants peuvent dire «Mort, où est ta victoire ?» Non, rien désormais ne nous séparera de l'amour du Christ, même pas la mort.

 

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216