Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Page D'accueil, Contact

  • : Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
  • Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
  • : Quelques réflexions de Djipi
  • Contact

Noël

 

 

Recherche

Dimanche prochaine avec MN Thabut

Cliquez sur la photo pour accéder

au commentaire de

Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 11:39

Eclairage sur la conversion de Saint Paul

Source : diocèse de Marseille

 

Caravage.jpgD'après le récit des Actes des Apôtres (Ac 9), c'est alors qu'il se rendait de Jérusalem à Damas pour sévir contre les disciples de Jésus dans les synagogues de cette ville, que Saul, le persécuteur, a été subitement terrassé par une apparition du Christ, qui lui dit : "Je suis Jésus que tu persécutes".

 

Aveuglé par cette lumière céleste, il est alors conduit chez un disciple de Damas, Ananie, qui, malgré ses craintes, l'accueille et le baptise.

 

Ce récit doit émaner de la communauté de Damas : elle cherchait à dire comment elle l'avait échappé belle grâce à l'intervention de dernière minute de son Seigneur, qui avait retourné le persécuteur en apôtre.

 

Quand c'est Paul qui parle de Paul ...

Ce récit n'est pas sans intérêt ni vérité. Mais les quelques 1 allusions que Paul a faites lui-même à l'événement qui a bouleversé sa vie nous sont encore beaucoup plus précieuses.

 

Il en parle très sobrement. Il met surtout en valeur ce qui l'a précédé et ce qui l'a suivi.

 

Il ne dit pratiquement rien du processus lui-même. C'est tout juste s'il nous apprend indirectement que cela s'est passé à Damas (Ga 1,17). Mais il met en lumière ce que cette rencontre du Christ a changé dans sa vie. Il le voit encore plus nettement après des années de ministère apostolique.

 

Il y fait référence quand des contestations l'obligent à justifier sa qualité d'apôtre du Christ et sa manière de comprendre l'Evangile.

 

Il relit alors l'événement de sa vocation, à partir de ce qui s'est passé à ce moment-là, mais aussi à la lumière de l'histoire qu'elle a engendrée.

 

L'interroger à partir de ces quelques allusions, ce n'est pas pure curiosité historienne : "dis-nous, Paul, ce qui t'est arrivé". C'est une manière d'entrer dans sa théologie à partir de ce qu'il a vécu lui-même, sur le moment et par la suite.

 

1 Ces allusions se trouvent en quatre passages des épîtres 1 Co 9,1-2 ; 15, 9-11 ; Ga 1, 11-24 ; Ph 3, 2-16

 

 

L'avorton devenu apôtre

En deux passages (1 Co 9 et 1 Co 15), Paul attribue sa qualification d'apôtre du Christ au fait que lui aussi, même lui, a bénéficié d'une apparition pascale : "Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ?" (1 Co 9,1) ; "en tout dernier lieu il m'est apparu à moi aussi comme à l'avorton" (1 Co 15,9).

 

Dans le second il insiste sur la puissance de la grâce. Lui, le dernier de liste, l'indigne persécuteur, "l'avorton", non viable, mort-né, est devenu, par la grâce de Dieu, l'apôtre le plus efficace de tous.

 

Paul parlera constamment de son ministère apostolique en termes de "grâce de Dieu" qui lui a été faite.

 

Cela s'enracine dans l'expérience fondatrice qui a été la sienne.

 

Celle-ci n'est sûrement pas étrangère à son insistance, plus tard, sur le fait que nous devenons justes aux yeux de Dieu sans l'avoir mérité, en vertu de sa seule grâce.

 

 

Un changement de regard

Nous allons maintenant nous arrêter aux deux autres passages où Paul relit l'événement de Damas : celui de l'épître aux Galates (1,11-24) et celui de l'épître aux Philippiens (3,2-16) qui méritent encore davantage de retenir notre attention.

 

Ces deux textes s'expliquent par la controverse engagée avec ces judéo-chrétiens que nous appelons des «judaïsants» : des croyants de Jésus-Christ continuaient de donner une telle importance à la Loi juive comme institution de salut, qu'ils ne pensaient pas pouvoir dispenser les nouveaux croyants venus des nations de s'intégrer à la pratique du judaïsme.

 

Le Christ Jésus était encore pour eux au service de la Loi.

 

A leurs yeux il n'était pas encore devenu, à lui seul, le centre et le cœur de tout le dessein de salut de Dieu.

 

Pour Paul au contraire, désormais tout nous est donné en la personne du Christ. C'est Lui, le don définitif de Dieu ; ouvrir tout son être au Christ par la foi est la seule manière pour tout homme de s'ajuster au dessein de Dieu.

 

Dans l'épître aux Galates, Paul relit l'événement de Damas pour fonder sa manière d'annoncer l'Evangile parmi les Nations, c'est-à-dire sans inféodation à la Loi, au Judaïsme.

 

Dans l'épître aux Philippiens, il relit l'événement de Damas comme lieu de révélation de la vraie «justice», de la vraie sainteté, que Dieu attend de l'homme : la communion au Christ pascal, sans avoir à passer par la Loi.

 

Ces deux relectures sont liées.

 

 

Conversion ? Vocation ?

Le terme de «conversion» est ambigu dans notre langage actuel pour exprimer le changement dont Paul fait état.

 

Il ne s'est pas converti du péché à la sainteté, à la manière par exemple d'un Charles de Foucauld ; il ne s'est pas converti d'une fausse religion à la vraie : Paul n'a jamais eu conscience d'abandonner sa foi juive au moment où il adhérait au Christ Jésus, bien au contraire.

 

Mais il a changé radicalement de regard sur la personne de Jésus : le Crucifié du Vendredi saint n'était plus à ses yeux le maudit de Dieu, mais son Fils glorifié en raison de son obéissance à son amour. En ce sens on peut parler de «conversion», de «retournement» complet.

 

En même temps il faut souligner que Paul exprime sa conscience d'avoir vécu cette «conversion» comme un «appel» à l'apostolat, au sens fort du terme : la vocation d'être apôtre du Christ ressuscité pour annoncer l'Evangile et fonder des Eglises.

 


 Saint Paul raconte sa conversion (Ac 22, 3-16)

michelangelo-st-paul.jpgPaul, menacé de mort par les Juifs de Jérusalem leur parlait ainsi : « Je suis Juif : né à Tarse, en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, j'ai reçu, à l'école de Gamaliel, un enseignement strictement conforme à la Loi de nos pères ; je défendais la cause de Dieu avec une ardeur jalouse, comme vous le faites tous aujourd'hui.

J'ai persécuté à mort les adeptes de la Voie que je suis aujourd'hui ; je les arrêtais et les jetais en prison, hommes et femmes ; le grand prêtre et tout le conseil des Anciens peuvent en témoigner.

Eux-mêmes m'avaient donné des lettres pour nos frères et j'étais en route vers Damas : je devais faire prisonniers ceux qui étaient là-bas et les ramener à Jérusalem pour qu'ils subissent leur châtiment.

Donc, comme j'étais en route et que j'approchais de Damas, vers midi, une grande lumière venant du ciel m'enveloppa soudain.
Je tombai sur le sol, et j'entendis une voix qui me disait : 'Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?'
Et moi je répondis : 'Qui es-tu, Seigneur ? — Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.'

St-Paul.jpgMes compagnons voyaient la lumière, mais ils n'entendaient pas la voix de celui qui me parlait, et je dis : 'Que dois-je faire, Seigneur ?'
Le Seigneur me répondit : 'Relève-toi, va jusqu'à Damas, et là on t'indiquera tout ce qu'il t'est prescrit de faire.'
Comme je n'y voyais plus, à cause de l'éclat de cette lumière, mes compagnons me prirent par la main, et c'est ainsi que j'arrivai à Damas.

Or, Ananie, un homme religieux et fidèle à la Loi, estimé de tous les Juifs habitant la ville, vint me trouver et, arrivé auprès de moi, il me dit : 'Saul, mon frère, retrouve la vue.'
Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis.

Il me dit encore : 'Le Dieu de nos pères t'a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la parole qui sort de sa bouche. Car tu seras pour lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu. Et maintenant, pourquoi hésiter ? Lève-toi et reçois le baptême, sois lavé de tes péchés en invoquant le nom de Jésus.'
Source : AELF


"La conversion de saint Paul en images" par Sylvie Bethmont-Gallerand, conférence le 28 mai 2008 à 15h30, Ecole Cathédrale, 8 rue Massillon, Paris 4e.

Image : Francesco Mazzola, dit Le Parmesan, La conversion de saint Paul, 1527-1528, Vienne, Kunsthistorisches Museum (TDR).






Au début de notre ère, pour certains, la foi est une histoire pleine de bruit et de fureur ; Saül de Tarse, avant de devenir notre saint Paul, est de ceux-là. « Ne respirant toujours que menaces et carnages », il partage les vues de ceux qui voient l’histoire de Jésus s’arrêter au pied de la croix (Actes 9, 1-22). Pour lui Etienne est un blasphémateur, un traître à la foi juive, dont la lapidation est la juste sanction, accomplie au nom de la Loi de Moïse (Actes 8, 1). Prenant une part active à la persécution qui fond sur les premiers chrétiens rassemblés à Jérusalem, il « ravage l’Eglise » (Actes 8, 2-3). C’est un acharné, puisant sa légitimité auprès du grand prêtre lui-même, auquel il demande des « lettres pour la synagogue de Damas » afin de poursuivre les hommes et les femmes adeptes du Christ. Des hommes et des femmes formant la primitive Eglise que l’on nomme alors « la Voie ». (Actes 9, 1-2).

 

C’est dans cet élan, c’est sur un chemin, celui de Damas, que cette Voie-là le rattrape un beau jour. Il est alors renversé, mis à terre, réduit à rien, aveuglé par la présence du Christ, afin d’être relevé par son Sauveur et rendu à la vue, puis à la vie par le baptême. Cette conversion n’est pas celle d’un païen, mais bien celle d’un croyant qui doit revoir toutes ses certitudes à la lumière nouvelle de la Résurrection. Comme tous les apôtres, lui, le dernier, « l’avorton », reçoit la présence de Jésus ressuscité et cela le renverse (1 Co 15). « A cause du Christ mon Seigneur, j’ai tout perdu et je considère ce que j’ai perdu comme ordure, afin de gagner le Christ ». De la Loi Paul ne connaîtra plus désormais qu’un commandement, celui de l’Amour, un amour qui « excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (1 Co, 13, 1-5).

 

Lorsque les peintres des temps modernes (à partir du XVe siècle), s’emploient à représenter cette conversion de Paul, ils nous dépeignent cette furie anéantie, une lumière aveuglante, la solitude de la foi. Ainsi le Parmesan (de son vrai nom, Francesco Mazzola, 1503-1540) a-t-il peint cette conversion de saint Paul vers 1527, aux lendemains du sac de Rome.

 

Loin d’illustrer mot à mot un récit, le Parmesan évacue tout contexte comme les protagonistes, l’anecdote, le superflu pour nous placer face à face avec Saül, le converti. Comme Moïse devant le buisson ardent, Saül entend une voix et comme à Moïse, pour se désigner, Dieu dit : « Je suis ». La personne du Christ n’est pas représentée ici ; seul signe de la divinité, la lumière vient du ciel, révèle et rend aveugle. Elle se déverse alors que vient l’Esprit, comme le fera l’eau du baptême, sur la tête et les épaules de Saül devenu Paul. Pour nous, comme pour Etienne, comme pour Saül-Paul, et bien d’autres visionnaires qui jalonnent la Bible, « le ciel s’ouvre » et la voie est tracée.

 

Est-ce que ce cheval blanc de lumière, ce cheval dressé qui nous regarde et fait corps avec Saül, est sa monture ? Ou bien est-ce le signe que la furieuse cavalcade est terminée, qu’il est temps de rendre les armes, l’épée étant jetée à terre ? Les prophètes Isaïe et Michée n’ont-ils pas annoncé que les épées seront forgées en « socs de charrue » alors que vient le temps de l’Amour, de la lumière et de la grâce ? Dans le livre de l’Apocalypse, le « ciel s’ouvre » et Jean voit un autre cheval blanc monté par un cavalier, qui part en vainqueur. Un cavalier dont le nom est « le Verbe de Dieu » (Ap 6, 2 et 19, 13). Paul aveuglé est déjà redressé. Son corps et celui du cheval ouvrent comme un éventail sur le paysage baigné de lumière, sur la ville au loin, la terre qui reverdit, autant d’annonces des missions à venir de Paul et de notre propre mission à « suivre le Christ ».

 

Sylvie Bethmont-Gallerand

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Pierre - dans Bible - Exégèse
commenter cet article

commentaires

Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

Cliquez sur le logo KTO pour accéder aux vidéo

 

 

Chapitres & Thèmes Du Blog

Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216