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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:23

Réflexion spirituelle, fichier pdf ici

Homélie, fichier pdf ici

 

 


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ASSEMBLEE GENERALE

SOCIETE SAINT VINCENT DE PAUL - SARTHE

Samedi 6 avril 2013

 

SPIRITUALITE

 

 

GEDC2733Pour notre assemblée générale, j’ai choisi de porter notre réflexion spirituelle sur l’actualité récente de l’Eglise. Vous connaissez toutes et tous le nom du nouveau pape de l’Eglise. Je me suis donc attaché à la personne du pape François. Pape que « les cardinaux ont été chercher jusqu’au bout du monde pour devenir l’évêque de Rome ». Je viens vous partager ce qu’appelle en moi cette élection.

 

A l’heure où la SSVP de la Sarthe vis son assemblée générale qui verra un changement de président départemental, il est bon de se rappeler le geste d’humilité du Pape Benoît XVI. Il s’est humblement incliné devant la tâche qu’il portait depuis presque 8 années. Il s’est retiré paisiblement pour une retraite plus que méritée. Aujourd’hui, avec le retrait de notre président départemental, nous pouvons le remercier de tant d’années au service des plus pauvres en Sarthe. Gageons que la « vacance du siège » sera de très courte durée puisqu’un ou une présidente sera élue cette après-midi… Un conclave ne sera pas nécessaire. Peut-être que ce nouveau président viendra du « bout du monde » ou viendra de la porte d’â coté…

 

Pardonnez mon audace pour ces parallèles mais autant vous y habituer dès maintenant, ce sera tout au long de cette présentation.

 

Vu le temps qu’il m’est imparti, je bornerai mon propos à trois points principaux :

1) le service, la manière d’exercer la responsabilité, l’autorité.

2) une église pauvre pour les pauvres

3) annoncer la bonne nouvelle par le service

 

Conscient que je prêche à des convertis, à des convaincus, voyez à travers mes propos un encouragement dans vos différents services d’Eglise, vos différentes actions auprès des plus fragiles, des plus démunis.

 

 

1) Exercice de l’autorité :

Le saint père François a posé lors de l’homélie en la fête de Saint Joseph qui était la messe d’intronisation, son sens de l’autorité. Il dit : « nous célébrons l’inauguration du ministère du nouvel Évêque de Rome, Successeur de Pierre, qui comporte aussi un pouvoir. Certes, Jésus Christ a donné un pouvoir à Pierre, mais de quel pouvoir s’agit-il ? À la triple question de Jésus à Pierre sur l’amour, suit une triple invitation : sois le pasteur de mes agneaux, sois le pasteur de mes brebis. N’oublions jamais que le vrai pouvoir est le service et que le Pape aussi pour exercer le pouvoir doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la Croix ; il doit regarder vers le service humble, concret, riche de foi, de saint Joseph et comme lui, ouvrir les bras pour garder tout le Peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles, les plus petits, ceux que Matthieu décrit dans le jugement final sur la charité : celui qui a faim, soif, est étranger, nu, malade, en prison (cf. Mt 25, 31-46). Seul celui qui sert avec amour sait garder ! »

 Francesco 05

Le Saint Père emploi le terme « pouvoir ». Il est vrai qu’en tant que Pape, il a LE pouvoir. Il dirige l’Eglise. Mais ce pouvoir n’est pas à l’image du monde. Il est à l’image du Christ. Dans l’Eglise, le pouvoir s’exerce comme le Christ l’a lui-même exercé, c’est-à-dire en étant serviteur. Le Pape n’est pas un potentat, un dictateur. Non aucunement. Il est un pasteur, il est le « serviteur des serviteurs de Dieu ».

 

Il en est de même pour nous. Frédéric Ozanam n’a pas définit l’autorité dans la Société Saint Vincent de Paul comme un pouvoir mais comme un service. Le président départemental n’est pas celui qui exerce un pouvoir auquel les confrères et consœurs doivent obéir aveuglément. Non, le président départemental exerce un service à la suite du Christ. Tout comme le Christ pose son autorité sur le service, chacun de nous a à poser son autorité par le service qu’il rend aux autres. « Le Vincentien est au service des pauvres, le conseil départemental est au service des conférences » pouvons-nous lire dans « les cahiers Ozanam » de ce mois.

 

Pour le « comment faire », Jésus nous donne l’exemple par le lavement des pieds. Jésus nous invite à exercer toute responsabilité, autant dans l’Eglise que dans le monde, comme un service. Saint Jean nous livre ces quelques versets : «Après leur avoir lavé les pieds, Jésus reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : «Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous. Amen, amen, je vous le dis : le serviteur n'est pas plus grand que son maître, le messager n'est pas plus grand que celui qui l'envoie

 

Est-ce que Jésus perd son autorité en lavant les pieds de ses disciples ? Bien sûr que non, bien au contraire, il ancre son autorité dans le service. A sa suite, nous sommes appelés à exercer notre autorité comme un service. C’est lorsqu’un responsable, un chef, lave les pieds de ses subalternes qu’il acquière sa véritable autorité. Il n’est plus un chef, il est un père. Il devient un pasteur que l’on suivra jusqu’au bout du monde parce qu’en lavant les pieds de ses subalternes, ce n’est plus lui qu’il annonce, c’est le Christ qu’il annonce. Il s’efface pour faire place à l’Autre, au Tout Autre.

 

Par le lavement des pieds, nous pouvons accepter tout geste d’autorité, toute décision parce que nous savons que ce geste, que cette décision est guidée par l’Amour de Dieu.

 

 

2) Une Eglise pauvre pour les pauvres

Le pape François a annoncé qu’il voulait « une Eglise pauvre pour les pauvres » C’est devant les journalistes accrédités auprès du Vatican que le saint père explique en ces termes le choix de son nom de « François ». Je cite : « le Cardinal Claudio Hummes : un grand ami, un grand ami ! Quand la chose devenait un peu dangereuse, lui me réconfortait. Et quand les votes sont montés aux deux tiers, l’applaudissement habituel a eu lieu, parce que le Pape a été élu. Et lui m’a serré dans ses bras, il m’a embrassé et m’a dit : «N’oublie pas les pauvres !» Et cette parole est entrée en moi : les pauvres, les pauvres. Ensuite, aussitôt, en relation aux pauvres j’ai pensé à François d’Assise. Ensuite j’ai pensé aux guerres, alors que le scrutin se poursuivait, jusqu’à la fin des votes. Et François est l’homme de la paix. Et ainsi est venu le nom, dans mon cœur : François d’Assise. C’est pour moi l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la création ; en ce moment nous avons aussi avec la création une relation qui n’est pas très bonne, non ? C’est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres ! »  

 

Oui le saint père veut une « Eglise pauvre » ce qui est différent d’une « pauvre Eglise ». Une pauvre Eglise, c’est un peu quand on dit « un pauvre type ». C’est une Eglise qui se replie sur elle-même, qui devient pauvre parce qu’elle s’annonce elle-même.

 

Une « Eglise pauvre » c’est une Eglise qui prend toute sa source dans le Christ. Une Eglise qui annonce la Bonne Nouvelle du Salut. Une Eglise qui utilise ses moyens au service des plus pauvres. Cela ne veut pas dire qu’elle se prive de moyens, seulement que ces moyens sont mis au service de la mission.

 

Une « Eglise pour les pauvres », j’entends par là une Eglise où le pauvre, celui qui n’a pas les moyens matériels mais aussi les moyens spirituels, intellectuel, corporelle, celui qui est faible, c’est lui qui a la toute première place.

 

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Pour s’en convaincre, écoutons Saint Jacques dans son épitre, il nous invite : « Mes frères, ne mêlez pas des considérations de personnes avec la foi en Jésus Christ, notre Seigneur de gloire. Imaginons que, dans votre assemblée, arrivent en même temps un homme aux vêtements rutilants, portant des bagues en or, et un homme pauvre aux vêtements sales. Vous vous tournez vers l'homme qui porte des vêtements rutilants et vous lui dites : «Prends ce siège, et installe-toi bien» ; et vous dites au pauvre : «Toi, reste là debout», ou bien : «Assieds-toi par terre à mes pieds». Agir ainsi, n'est-ce pas faire des différences entre vous, et juger selon des valeurs fausses ? Écoutez donc, mes frères bien-aimés ! Dieu, lui, n'a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il les a faits riches de la foi, il les a faits héritiers du Royaume qu'il a promis à ceux qui l'auront aimé ».

 

Notre vocation de vincentiens s’inscrit pleinement dans ces paroles. Pour servir notre prochain, notre premier geste est d’accueillir la personne en tant que telle. Saint Vincent de Paul nous le rappelle avec le texte sur l’esprit de foi où Saint Vincent nous appelle à tourner la médaille et à regarder le pauvre en Jésus-Christ.

 

«Je ne dois pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon l’extérieur, ni selon ce qui paraît de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent, ils n’ont pas presque la figure ni l’esprit de personnes raisonnables, tant ils sont grossiers et terrestres. Mais tournez la médaille, et vous verrez, par les lumières de la foi, que le Fils de Dieu, qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ses pauvres.»

 

C’est le Christ qui vient à nous par ce pauvre. Sachons l’accueillir comme un Roi, l’accueillir comme le Christ lui-même. En tant que Vincentien nous avons à veiller à cela.

 

« Une Eglise pauvre, pour les pauvres », Pour répondre à l’appel du Saint Père, nous avons à nous poser les questions suivantes :

- Et moi, le regard que je porte sur les autres n’est-il pas déformé par le modèle que véhiculent nos sociétés ?

- Est-ce que je ne mesure pas trop souvent la valeur de l’autre à sa réussite matérielle ou sociale ?

- Que signifie concrètement pour moi, personnellement, «voir en l’autre le visage du Christ» ?

 

Après avoir répondu à ces questions, en son propre nom, pas au nom de son voisin, nous pouvons questionner nos communautés :

- Est-ce que dans nos communautés paroissiales le pauvre a la première place ?

- Est-ce que la personne handicapée a accès à l’église ? Accès pas seulement matériel mais aussi spirituel. (Quand je lis ce matin dans le Maine Libre qu’une maman d’une enfant handicapés de 5 ans est obligée de se battre pour faire que son enfant puisse être soignée pour une dent qui la fait souffrir… et qu’aucun dentiste ne l’accepte parce que non rentable… et que cette maman est une collègue de travail…).

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- Quand la paroisse organise une activité, un repas, est-ce que le pauvre a une place ? Si la réponse est « non », (et cela, je l’ai vécu) il y a un grand travail de conversion à faire dans cette paroisse…En espérant que la réponse soit « oui », est-ce la première ou la dernière place ?

 

Nous aussi nous sommes appelés à vouloir une « Eglise pauvre pour les pauvres ». (C’est aussi valable pour la société Saint Vincent de Paul, une SSVP pauvre pour les pauvres). Nous avons aussi à ouvrir les portes de nos conférences, à accueillir de nouveaux bénévoles, à accueillir de nouveaux pauvres. N’ayons pas peur de sortir de nos sacristies pour aller à la périphérie de l’Eglise, pour aller au dehors chercher les plus pauvres pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. C’est par notre service que nous avons à annoncer cette Bonne Nouvelle.

 

Accueillir l’autre, c’est prendre des risques. Prendre le risque que ce « nouveau » me dérange dans mes certitudes, dans mes façons d’agir… « J’ai l’habitude de faire de telle manière pour servir les pauvres » ; « ça fait longtemps que je fais comme cela », « il n’y a pas de raison que cela change ». Etc. La nouveauté, ce n’est pas forcément de bouleverser notre façon de faire, ce peut être simplement regarder ce que nous faisons, prendre conscience du pourquoi nous le faisons de cette manière-là, et prendre conscience que l’on peut toujours faire mieux. Ne perdons pas de vue que nous servons « nos seigneurs et nos maitres » selon le mot de Saint Vincent de Paul. Ce sont eux qui nous enseignent l’Evangile et ce sont eux qui représentent le Christ.

 

Quand je vais assister en tant que pigiste pour un journal local à des cérémonies ou des repas avec les communes, les invités d’honneurs sont bien souvent le député de la circonscription ou le conseiller général. Bien souvent, ils ont « les moyens » comme on dit, mais ce ne sont jamais les payeurs. En est-il de même pour nous dans l’Eglise ? En d’autres termes, est-ce que nos invités d’honneur sont les élus, le député du coin, les riches ou est-ce que nos invités d’honneur sont les pauvres que nous croisons au bas de notre immeuble ? Ou le SDF qui se tient à la porte de nos églises à faire la manche ?

 

Attention, il n’est pas question de mépriser l’élu ou celui qui est riche. Non, il n’est en aucune façon question de cela ni dans l’Evangile ni dans l’enseignement de l’Eglise. Il est question de regarder nos frères et nos sœurs selon le regard du Christ. Quand vous lisez l’Evangile, quand le Christ pose son regard sur quelqu’un il est souvent précisé : « il l’aima ». Par exemple, à propos du jeune homme riche, Saint Marc au chapitre 10, il précise : « Alors Jésus le fixa du regard et l’aima »

 Multiplication

 

3) Annoncer l’Evangile par le service :

Pour répondre à la question « comment annoncer l’Evangile ? » nous trouvons la réponse dans l’Evangile. Quand Jean-Baptiste envoi deux de ses disciples pour demander à Jésus « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Avant de répondre à la question, Jésus guéris des malades, rendis la vue à des aveugles, etc. Bref, il se mit au service des plus pauvres. Puis alors seulement, il répondit aux disciples de Jean Baptistes : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres» .

 

Cette phrase, nous l’avons maintes fois entendue… Avez-vous remarqué une chose ? Qu’est-ce qui est premier ? Je vous la redis : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ».

 

Oui, pour annoncer la Bonne Nouvelle, l’Evangile, ce ne sont pas les discours qui sont en premier mais les actions. Jésus guéris les malades, ressuscite les morts, etc. Pour nous c’est pareil, même si notre peu de foi nous empêche de faire des miracles, c’est le service qui est premier pour annoncer l’Evangile.

 

Encore une fois, regarder le pape François. Depuis bien des années les médias ne se sont pas autant intéressé à la papauté d’une manière aussi positive. Cela ne semble d’ailleurs pas leur poser de problème de parler positivement de l’Eglise. Pratiquement chaque jour depuis l’élection du pape, les médias rapportent des gestes qu’il a faits et ensuite ses paroles. Il a suffi d’un homme, et quel homme, le pape François, un pape venu d’Argentine pour que l’Eglise soit changée et je peux même dire pour que le monde soit changé. Nous pouvons être certains qu’il saura marquer le monde de son empreinte, tout comme Jean-Paul II a marqué l’Europe de l’Est, le pape François saura marquer l’Eglise de son empreinte.

 

Rappelons-nous les premiers mots du saint père le 14 mars, le lendemain de son élection : « Nous pouvons marcher comme nous voulons, nous pouvons édifier de nombreuses choses, mais si nous ne confessons pas Jésus Christ, cela ne va pas. Nous deviendrons une ONG pieuse, mais non l’Église, Épouse du Seigneur. Quand on ne marche pas, on s’arrête. Quand on n’édifie pas sur les pierres qu’est ce qui arrive ? Il arrive ce qui arrive aux enfants sur la plage quand ils font des châteaux de sable, tout s’écroule, c’est sans consistance. Quand on ne confesse pas Jésus Christ, me vient la phrase de Léon Bloy : «Celui qui ne prie pas le Seigneur, prie le diable». Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon. »

 

Je pense que cette parole s’adresse aussi à nous Vincentiens. Nous ne pouvons nous contenter d’édifier de belles choses, d’apporter de l’aide au plus démunis, si « nous ne confessons pas Jésus-Christ ». Ce serait terrible de devenir une ONG spirituelle… Mais nous devons aussi avoir à l’esprit une autre parole de Jésus : « Il ne suffit pas de me dire : 'Seigneur, Seigneur !', pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Alors comment faire ?

 

Tout simplement en suivant l’exemple du Saint Père : C’est par le lavement des pieds qu’il nous enseigne à la suite du Christ, ce que nous avons à faire. Le pape François nous confie ces paroles : « C’est l’exemple du Seigneur: Lui est le plus important et il lave les pieds, parce que parmi nous celui qui est le plus grand doit être au service des autres. Et cela est un symbole, c’est un signe, non ? Laver les pieds c’est : “je suis à ton service”. Et nous aussi, parmi nous, n’est-ce pas que nous devons laver les pieds tous les jours l’un à l’autre, mais qu’est-ce que cela signifie ? Que nous devons nous aider, l’un l’autre. Parfois je me suis mis en colère avec l’un, avec une autre…. mais… laisse tomber, laisse tomber, et s’il te demande un service, faites-le. Nous aider l’un l’autre: c’est ce que Jésus nous enseigne et c’est cela que je fais, et je le fais de tout cœur, parce que c’est mon devoir. Comme prêtre et comme évêque je dois être à votre service. Mais c’est un devoir qui me vient du cœur : je l’aime. J’aime cela et j’aime le faire parce que le Seigneur m’a enseigné ainsi. Mais vous aussi, aidez-vous: aidez-vous toujours. L’un l’autre. Et ainsi en nous aidant nous nous ferons du bien » .

 

Plus que des mots, ce sont ces gestes qui sont retenus par les médias, donc ceux qui sont audibles pour eux.

 

Je crois que le pape François illustre bien ce que disait le cardinal Jean-Louis Tauran pendant les congrégations générales avant le conclave. « Nous avons à dire la Parole de Dieu avec le langage de nos contemporains ».

 

Ce que nos contemporains entendent avant tout, ce sont les gestes. Les mots viennent après.

 

 Ozanam 2

Conclusion :

Rappelons quelques points essentiels :

A la suite de Frédéric Ozanam, notre engagement au service des plus pauvres prend son enracinement dans l’Evangile et dans l’exemple du Christ lui-même.

 

Le pape François connaît bien la Société Saint Vincent de Paul. Lorsqu’il était évêque en Argentine à Buenos Aires, le cardinal Bergoglio était connu pour son engagement auprès des plus pauvres. Il a « eu une belle amitié avec la SSVP en Argentine, et à Buenos Aires plus particulièrement » comme le souligne le site internet de la SSVP nationale.  

 

Le père Jérôme Delsinne, lazariste et conseiller spirituel de la SSVP France présente ainsi le nouveau pape : « Avoir choisi de porter, pour la première fois, le prénom de François, d’un grand saint charitable, ami des pauvres, et italien de surcroît, a une double signification : ce nouveau pape élu confirme son choix de l’humilité et son combat pour les pauvres qu’il mène depuis toujours dans sa vie en Argentine et au même moment affirme son désir d’avancer plus loin dans « le chemin de fraternité, d’amour et de confiance entre nous » (premiers mots du Pape après son élection) avec l’Église de Rome, avec toutes les Églises, avec tous les hommes de bonne volonté. En élisant un pape argentin, l’Église catholique voit également son centre de gravité être déplacé dans un continent du monde – l’Amérique du Sud – qui reste, malgré les développements économiques de ces dernières décennies, un des endroits pauvres du monde, accablé par le poids de la dette.»

 

Bertrand Ousset, Président de la SSVP France, ajoute que « le message du "poverello" d’Assise correspond en tous points à la vision vincentienne et à l’apostolat du laïc que Frédéric Ozanam (traducteur français des Fioretti de saint François d’Assise) a lancé il y a 180 ans en créant la Société de Saint-Vincent-de-Paul, qui enserre aujourd’hui le monde dans un réseau de charité présent dans 148 pays. » Le cardinal Bergoglio a qualifié, en 2009, la pauvreté de «violation des droits de l’homme» dans un pays où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté. Il a lui-même tenu à conserver une vie simple, malgré ses responsabilités. Lors de sa nomination en tant qu’archevêque de Buenos Aires, il a en préféré un petit appartement à la somptueuse résidence de son prédécesseur. Enfin, il s’est également imposé comme autorité morale dans son pays en proie au néolibéralisme, par ses prises de position fermes, dans la droite ligne de la doctrine sociale de l’Eglise.

 

Ainsi, à l’exemple de Frédéric Ozanam, à l’exemple de Saint Vincent de Paul et aujourd’hui à l’exemple du pape François, ayons à cœur de conserver une vie simple au service des plus pauvres. Nous serons porteurs de la Bonne Nouvelle du Christ ressuscité par notre service auprès des plus pauvres. Si nous ne savons pas comment faire, s’il nous arrive à avoir des doutes, regardons le pape et faisons comme lui.

 

Votre engagement, notre engagement au sein de la Société Saint Vincent de Paul s’en trouve encouragé. Pour les derniers mots de cet enseignement spirituel, je laisse la parole à Frédéric Ozanam : « la même autorité qui vous annonce qu’il y aura toujours des pauvres parmi vous, est la même qui vous ordonne de tout faire pour qu’il n’y en ait plus »

 Francesco.jpg

 

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre Permanent Vincentien

Conseiller spirituel départemental SSVP Sarthe

 

Pape François, Rome, 13 mars 2013

Pape François, Rome, 19 mars 2013, messe d’intronisation

Jn 13,1-15

Jn 13,12-16

Pape François, 16 mars 2013, audience aux représentants des moyens de communication

Pape François, 16 mars 2013, audience aux représentants des moyens de communication

Jacques 2,1-5

SV XI,32

SV XI,32

Mc 10,21

Lc 7,19

Lc 7,22

Pape François, 14 mars 2013

Mt 7,21

Pape François, Jeudi Saint 28 mars 2013, prison pour mineurs de Casal del Marmo, à Rome

Cardinal Jean-Louis Tauran, KTO, 2 mars 2013

Idem.

Priez 15 jours avec Frédéric Ozanam, p. 76.

 

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Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216