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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 19:01
 
En préliminaire à ce travail, vous pouvez voir une courte présentation sur KTO :
 
Introduction :
Cénacle 001Je dédie tout spécialement cette recherche à l'équipe de pastorale d'un lycée du Mans. C'est au cours d'une discussion que nous avons évoqué le Cénacle, ce que chacun a vécu pendant un pèlerinage ou pur moi un séjour plus long en Israël. Nous nous sommes aperçue que nous n'en savions pas grand-chose à part quelques éléments convenus par les guides touristiques ou quelques souvenirs de catéchisme du niveau 6ème. J'ai donc eu envie d'approfondir ce sujet. Mes années d'études aux séminaires de Dijon et de Besançon m'ont grandement aidée dans cette démarche. Que mes professeurs[1]d'exégèse, de grec et d'hébreu en soient ici vivement remerciés. 25 ans après, c'est toujours utile (la formation permanente autodidacte –lectures, conférences, cours par correspondances, etc- pendant les 25 ans qui a suivie est également un très bon complément). J'ai consacré quelques journées pour faire des recherches dont je vous livre les résultats.
 
* * *
 
Une question de vocabulaire :
Le mot "cénacle" n'apparaît pas comme tel dans la Bible. Rappelons que la première partie a été écrite en hébreu, en araméen et quelques passages en grec. La seconde partie a été écrite entièrement en grec. Ce mot "cénacle" étant la traduction d'un mot d'origine latine, nous ne pouvons pas le rencontrer comme tel.
 
Le mot "Cène", issus du latin "Cena", est apparût en français au Xème siècle. Il désigne le "repas du soir" et plus spécialement le dernier repas que Jésus-Christ prit avec ses apôtres la veille de sa Passion et au cours duquel il institua l'Eucharistie.
 
Il faudra attendre le début du XIIIème siècle pour que le mot "Cénacle", issus du latin "cœnaculum", apparaisse en français. Il désigne la "chambre haute" ou "salle à manger". C'est le lieu traditionnellement admis où Jésus Christ institua l'Eucharistie et où les apôtres étaient assemblés lorsqu'ils reçurent le Saint Esprit.[2]
 
Pour retrouver le terme latin "cœnaculum"[3], il est nécessaire de se reporter à la Vulgate de Saint Jérôme.
 
Il est important de noter que les chrétiens du monde latin ont utilisé très tôt des traductions latines de la version grecque de la Bible juive (la Septante) ainsi que du Nouveau Testament, rédigé originellement en grec. On parle à propos de ce type de traduction de Vetus latina, («vieille latine»). Au IVe siècle, cette Bible latine est jugée imparfaite. Saint Jérôme, au cours de son séjour à Rome de 382 à 385, avait déjà entrepris une révision de la traduction des Évangiles. Installé à Bethléem, en 386, Saint Jérôme entend tout d'abord réviser la traduction latine de la Septante à partir des Hexaples d'Origène (Bible en six colonnes, quatre versions grecques et deux hébraïques). Ensuite, dans les années 390, il entreprend une traduction nouvelle de l'Ancien Testament à partir du texte hébreu, le seul inspiré à ses yeux. Il n'arriva pas au bout de cette traduction qui fut continuée par d'autres. Ce retour à «la vérité hébraïque», au détriment de la Septante, ne s'imposa pleinement qu'au VIIe siècle. Désignée à partir du XIIIe siècle comme vulgata versio, «texte communément employé», la Vulgate fut déclarée traduction authentique par le concile de Trente en 1546. Elle comprend pour l'essentiel les traductions de Saint Jérôme sur l'hébreu et ses révisions des Évangiles, mais également d'autres traductions latines qui ne sont pas de lui[4].
 
En conclusion, il est inutile de chercher le mot "cénacle" dans la Bible. On ne le trouvera pas. La Bible de la Liturgie traduit par l'expression : "Ils montèrent à l'étage de la maison", traduction que nous ne pouvons retenir pour un travail exégétique. Pour notre recherche, il reste deux traductions soit "salle à manger" soit "chambre haute". L'expression "salle à manger" n'apparaît pas dans la Bible de Jérusalem ni dans la TOB. Il nous reste à étudier l'expression "chambre haute". L'expression apparaît un total de 19 fois[5](17 fois dans chacune des deux traductions retenues mais par deux fois les traductions ne sont pas communes entre elles). Nous nous recentrerons en conséquence sur ce terme de "chambre haute".
 
L'expression "chambre haute" apparaît 13 fois dans l'Ancien Testament et 4 fois dans le Nouveau Testament[6], uniquement dans les Actes des Apôtres.
 
Pour le grec, nous avons le mot τ περον (to huperôon) désignant la plus haute partie de la maison, la chambre haute ou grenier où demeuraient les femmes ou encore une pièce de la partie supérieure d'une maison, quelquefois construite sur le toit plat, où les Orientaux avaient coutume de se retirer pour se reposer, méditer, prier. Et en hébreu : aliyah עליה    . Nous noterons au passage qu'en hébreu, ce mot désigne l'ascension, l'élévation spirituelle. C'est en 1882 qu'il a été repris le courant sioniste pour désigner l'immigration en Israël, le retour en Terre Promise, la "montée" en Israël passant ainsi d'une destination religieuse à un destin politique.
 
 
La Chambre Haute au temps des prophètes :
* Livre des Juges :
Dans le livre des Juges, le terme est utilisé pour désigner la pièce où le roi Eglon de Moab a trouvé refuge après avoir été poignardé par le prophète Ehoud. La chambre haute apparaît ici comme le lieu de refuge pour se cacher du prophète de Dieu et pour y trouver la mort.
 
Eglon, roi des Moabites, opprima les Israélites pendant huit ans. Eglon, s'étant ligué avec les Ammonites et les Amalécites, s'avança jusqu'à la ville des Palmes, c'est-à-dire Jéricho, ou En-Gaddi, dont il se rendit maitre. Il avait sa demeure ordinaire à Jéricho, et le Seigneur suscita Ehoud pour délivrer son peuple de l'oppression des Moabites.
 
Jg 3,16-23 : 16 Éhoud se fit un poignard à deux tranchants, à lame courte, qu’il portait sous son habit contre sa cuisse droite.  17 Puis il alla offrir le tribut à Églon, roi de Moab (or Églon était un homme très gros).  18 De retour, après l’offrande du tribut, Éhoud renvoya les gens venus avec lui pour l’apporter,  19 comme ils étaient déjà aux Idoles de Guilgal.
Lui revint sur ses pas et dit : “Ô roi ! J’ai pour toi un message secret.” Le roi répondit : “Silence !” Et tous ceux qui se tenaient autour du roi se retirèrent.  20 Alors Éhoud s’approcha de lui, tandis qu’il était assis dans la chambre haute, bien au frais dans ses appartements privés. Éhoud dit : “C’est un message de Dieu que j’ai pour toi.” Alors le roi se leva de son siège.  21 Éhoud étendit sa main gauche, saisit le poignard de dessus sa cuisse droite et le lui enfonça dans le ventre.  22 La poignée entra à la suite de la lame et la graisse se referma par-dessus la lame, car il ne retira pas le poignard de son ventre, tandis que les excréments sortaient.  23 Éhoud alors s’échappa par derrière, ferma sur lui les portes de la chambre haute et mit le verrou[7].
 
 
* Premier livre des Rois :
Ici, le prophète Elie ressuscite le fils de la veuve de Sarepta. La chambre haute devient le lieu de la rencontre avec Dieu et de la résurrection ou plus exactement lieu de la réanimation, du retour à la vie.
 
1 R,17-24 : 17 Dans la suite il arriva que le fils de la maîtresse de maison tomba malade ; sa maladie empira et il rendit le dernier souffle.  18 Alors elle dit à Élie : “Pourquoi t’es-tu mis dans mes affaires, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour remettre devant Dieu toutes mes fautes et pour faire mourir mon fils ?”  19 Il lui répondit : “Donne-moi ton fils.”
Élie le prit des bras de cette femme, il le monta dans la chambre haute où il logeait et le coucha sur son lit.  20 Puis il invoqua Yahvé : “Yahvé, mon Dieu, dit-il, feras-tu venir le malheur même sur cette veuve qui me loge, feras-tu mourir son fils ?”  21 Alors il s’allongea par trois fois sur l’enfant et il invoqua Yahvé : “Yahvé mon Dieu, redonne à cet enfant le souffle de vie.”
22 Yahvé entendit l’appel d’Élie et le souffle de l’enfant lui revint : il était vivant !  23 Élie prit l’enfant, le fit descendre de la chambre haute dans la maison, et le redonna à sa mère. Élie lui dit : “Regarde, ton fils est vivant.”  24 Alors la femme dit à Élie : “Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu, et quand tu dis la parole de Dieu, c’est vrai !”[8]
 
 
* Deuxième livre des Rois :
1) Dans le premier chapitre du livre des Rois, la chambre haute est le lieu de la mort du roi. Il tombe de la fenêtre de sa chambre haute. Il a le tort de faire appel à un faux dieu et non pas au Dieu d'Israël pour sa guérison alors que le prophète Elie l'avait prévenu :
 
2 R 1,2-4 :2 Okozias tomba par la fenêtre de sa chambre haute à Samarie, et comme il n’était pas bien, il envoya des hommes en leur disant : “Allez consulter Baal-Zéboub, le dieu d’Ékron, pour savoir si je guérirai de mon mal.”  3 Mais l’ange de Yahvé dit à Élie de Tichbé : “Lève-toi et va à la rencontre des messagers du roi de Samarie. Tu leur diras : N’y a-t-il donc plus de Dieu en Israël ? Pourquoi allez-vous consulter Baal-Zéboub, le dieu d’Ékron ?  4 Puisque c’est ainsi, dit Yahvé, tu ne descendras pas du lit sur lequel tu es monté : sache que tu vas mourir.” Et Élie s’éloigna.[9]
 
 
2) Dans 2 R 4,8-13, la chambre haute est construite pour être réservée à l'usage du prophète Elisée. La chambre haute est le lieu de repos de l'envoyé de Dieu.
 
2 R 4,8-13 : 8 Un jour Élisée passait à Chounem. Il y avait là une femme aisée qui insista pour qu’il reste à manger, et dès lors, chaque fois qu’il passait par là, il s’arrêtait chez elle.  9 Elle dit à son mari : “J’ai appris que cet homme qui passe souvent chez nous est un saint homme de Dieu ;  10 nous allons construire sur la terrasse une petite chambre et nous y mettrons pour lui un lit, une table, une chaise et une lampe. Et lorsqu’il passera chez nous, il pourra s’y retirer.” 11 Ainsi, un jour qu’il était de passage, il se retira dans la chambre haute et s’étendit.  12 Il dit à son serviteur Guéhazi : “Appelle cette bonne Chounamite ! Lorsque tu l’auras appelée et qu’elle sera près de toi,  13 tu lui diras : Tu te donnes beaucoup de mal pour nous, que pouvons-nous faire pour toi ? Veux-tu que nous disions pour toi un mot au roi ou au chef de l’armée ?” Mais elle répondit : “Je suis bien au milieu de mon clan.[10]
 
 
3) Dans 2 R 23,12, la chambre haute a été souillée par un autel à des idoles. Le roi Josias fait le ménage dans Israël et détruit toute trace d'idolâtrie :
 
2 R 23,12 : Le roi démolit encore et réduisit en poudre les autels qui avaient été installés par les rois de Juda sur le toit de la chambre haute d’Akaz, et les autels que Manassé avait placés dans les deux cours de la Maison de Yahvé. Il en jeta la poussière dans le torrent du Cédron.
 
 
* Livre de Judith :
La chambre haute est citée deux fois dans le livre de Judith : 8,5 et 8,36. La chambre haute est le lieu où Judith prie et jeûne. Dans la Bible des Peuples, le terme est traduit par "une tente sur le toit".
 
 
* Livre de Daniel :
Dans le chapitre 6, la chambre haute est le lieu où Daniel se retire pour prier et pour regarder Jérusalem.
 
Dn 6,11 : Apprenant que l'acte avait été signé, Daniel monta dans sa maison. Les fenêtres de sa chambre haute étaient orientées vers Jérusalem, et trois fois par jour il se mettait à genoux, priant et confessant Dieu ; c'est ainsi qu'il avait toujours fait[11].
 
 
* Conclusion :
Dans une lecture synoptique des versets où l'expression "chambre haute" est employée dans l'Ancien Testament, il apparaît que la chambre haute est un lieu de mort pour ceux qui sont éloignés du Dieu d'Israël. Le roi Eglon y meurt assassiné par le prophète Ehoud. Okozias tombe de la fenêtre de la chambre haute. Il mourra de cet accident parce qu'il se tourne vers Baal-Zéboub, le dieu d’Ékron.
 
Pour ceux qui sont en communion avec YWHW, le Dieu d'Israël, la chambre haute est un lieu de vie, de prière et de jeûne. Elie y ressuscite le fils de la veuve de Sarepta, Elisée pourra s'y reposer et prier, Judith se retire pour jeûner et Daniel pour prier et contempler Jérusalem.
 
 


[1]Les révérends Pères Denis Marion, Christian Forster (à l'époque supérieur du séminaire de Dijon), Jean-François Baudoz (doyen honoraire de la Catho de Paris), Gérard Berliet (qui fut supérieur du séminaire de Dijon à la suite du Père Forster).
[2]Le Grand Robert, dictionnaire de la langue française, Paris, 1992
[3]Par exemple : Ac 1,13 : Et cum introissent in cœnaculum, ascenderunt ubi manebant Petrus, et Joannes, Jacobus, et Andreas, Philippus, et Thomas, Bartholomæus, et Matthæus, Jacobus Alphæi, et Simon Zelotes, et Judas Jacobi.
[4] Une version latine moderne, appelée Nova Vulgata, a été promulguée par Jean-Paul II en 1979.
[5]Voir Annexe 1
[6]Voir Annexe 1
[7]Traduction La Bible des Peuples.
[8]Traduction La Bible des Peuples
[9]Traduction La Bible des Peuples
[10]Traduction La Bible des Peuples
[11]Traduction Bible de Jérusalem

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Published by Jean-Pierre - dans Bible - Exégèse
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Q.C.M.

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Cardinal Roger Etchegaray
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p. 216