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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 08:54

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Cliquez sur la photo pour accéder à la lettre du Père Grégory,

Supérieur général de la CM


CONGREGAZIONE DELLA MISSIONE  /  CURIA GENERALIZIA

2014 : le Carême et la leçon de Lampedusa 

 

A tous les membres de la Famille vincentienne


Chers Frères et Sœurs,

Que la grâce et la paix de Notre Seigneur Jésus-Christ emplissent vos cœurs maintenant et toujours !


Permettez-moi de commencer par ces paroles extraites des Saintes Ecritures pour fixer notre attention au cours de ce Carême :

« Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). Nous pouvons parfois nous demander ce que signifie être pauvre ou être riche. Mais au moment où le Carême commence, ces paroles de saint Paul nous rappellent que ce temps nous appelle à voir la pauvreté et la richesse à travers le regard de Dieu.


La « richesse et la pauvreté » du Carême

Envisager la richesse et la pauvreté selon la perspective de la société contemporaine peut paraître une perte de temps. Aujourd’hui, être riche est toujours associé à l’aisance matérielle, un objectif désiré qui confère le pouvoir, le privilège et l’accès au summum du raffinement. La pauvreté, au contraire, est considérée comme un fléau et une marque d’infériorité qui déshumanise souvent les pauvres et fait d’eux les boucs émissaires des malheurs de la société.  


Quelle différence quand on envisage la pauvreté et la richesse à la manière de Jésus-Christ ! Les lectures du Carême font le récit de personnes riches dont la vie a été bouleversée par Jésus. Dans l’Evangile de Marc, un jeune homme riche voulait suivre Jésus mais, quand celui-ci lui demanda de distribuer ses biens terrestres aux pauvres, il «s’en alla tout triste, car il avait de grands biens» (Mc 10, 22). Dans la parabole du riche et de Lazare dans l’Evangile de Luc, le pauvre a un nom et une place au ciel, alors que le riche est livré à l’anonymat et à la damnation, en raison de son indifférence à l’égard du mendiant près de lui (Lc 16, 19-31). L’un cherche la conversion mais n’y parvient pas, l’autre n’arrive pas à voir au-delà de sa vie confortable. Saint Paul nous offre une image qui fait réfléchir sur la richesse de ce monde : «Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre… ils ne pensent qu’aux choses de la terre» (Ph 3, 19). 


Saint Vincent de Paul a vu dans la pauvreté non seulement un moyen pour le service, mais une finalité évangélique, celle de parvenir à une vie d’union à Jésus-Christ. Les membres de la Famille vincentienne qui font vœu de pauvreté, ainsi que les laïcs engagés à vivre notre charisme vincentien doivent, en fidélité aux promesses baptismales, s’efforcer de se convertir au Christ avant d’entrer dans le monde des pauvres. Pour préparer ses premiers disciples à suivre ce chemin, Vincent disait : « Cherchons à nous rendre intérieurs, à faire que Jésus-Christ règne en nous… Cherchons la gloire de Dieu, cherchons le règne de Jésus-Christ » (Coste XII, Conférence 198, pp. 131-132).


Ce temps de grâce est un temps pour chercher et goûter à la fois la richesse et la pauvreté qu’offre le Carême. Ses richesses sont nombreuses : le trésor de l’Évangile et des lectures quotidiennes pour la réflexion et la prière ; les dévotions centrées sur la passion, la mort et la résurrection de Jésus ; les moments de silence en présence de notre Seigneur pour évaluer où va notre vie ; la participation à la vie sacramentelle de l’Église, y compris le sacrement de la réconciliation. Le Carême est un temps qui procure une merveilleuse nourriture spirituelle.  


Le Carême est aussi un temps de confrontation lorsque nous nous trouvons face à la pauvreté présente en nous-mêmes. Qu’est-ce qui me retient de vivre comme un disciple de Jésus à la suite de saint Vincent ? Quelles préoccupations et quelles peurs se cachent dans les lieux obscurs de mon esprit et de mon cœur qui font obstacle à la grâce de Dieu et m’empêchent de servir les démunis ? En nous faisant éprouver le vide, le Carême nous mène à Jésus qui nous aide à prier du plus profond de notre cœur, à maîtriser nos désirs et à donner généreusement notre temps, nos talents et nos biens. Quand nous agissons ainsi, nous sommes en solidarité avec le Seigneur qui se rend présent dans les plus petits parmi nous.


La « logique » de l’amour

Dans son premier Message de Carême, le Pape François a décrit l’Incarnation de Jésus comme «la logique de l’amour». Le Christ est entré dans la condition humaine pour «être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère» (Message de Carême, 2014). Il peut paraître étrange d’associer «logique» et «amour» dans la même expression. Mais en acceptant la mission de salut du Père, Jésus révèle sa finalité : manifester un amour sans crainte et un service désintéressé pour faire advenir le Royaume de Dieu sur terre.

  

Ce qui motivait et animait la mission de Jésus, c’est son union avec le Père et le désir de partager l’amour inépuisable de Dieu à tous, surtout aux pauvres. Le Pape François fait remarquer que «L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances». Dans l’Incarnation, «C’est ce qu’a fait Dieu pour nous» (Message de Carême, 2014). En son cœur même, l’amour de Jésus pour nous est un amour qui vraiment se sacrifie, un « amour jusqu’à la mort » (Rm 5, 8). Le Carême est un temps pour méditer et faire mémoire de cet amour.   


Saint Vincent en est venu à croire à cette «logique de l’amour» et à l’embrasser. Au fur et à mesure que le Seigneur lui a donné une foi plus profonde, celle-ci l’a libéré pour aimer Dieu, servir les pauvres, motiver et préparer ses Missionnaires, les Filles de la Charité et les laïcs à faire de même. Dans les pauvres, Vincent a rencontré le Christ souffrant et est devenu un vrai disciple et un vrai serviteur. Il nous rappelle que malgré leurs apparences extérieures, «le Fils de Dieu qui a voulu être pauvre, nous est représenté par ces pauvres», et que «nous devons entrer dans ces sentiments et faire ce que le Christ a fait… prendre soin des pauvres…, les consoler, les secourir et les recommander» (En prière avec la famille vincentienne, p.236). La spiritualité christocentrique de Vincent est devenue le génie de son apostolat au service des pauvres.


Pour ce Carême, je suggère que vous preniez le temps de lire et de réfléchir sur la vie et les écrits de Vincent de Paul et Louise de Marillac. De nombreuses ressources excellentes, imprimées ou numérisées, sont à notre disposition. En renouvelant le lien avec nos saints Fondateurs, nous approfondissons la compréhension que nous avons d’eux et l’estime de notre charisme, éveillant ainsi le désir d’être de plus en plus des disciples de Jésus et d’agir davantage en tant que tels.  


Reconnaître et rencontrer les «gens de la périphérie»

La «logique de l’amour» dont Jésus a donné l’exemple par sa vie, a conduit Vincent et Louise à servir les pauvres et les «gens de la périphérie». Lors de la réunion de l’Union des Supérieurs Majeurs, le Pape nous a interpellés pour motiver nos membres à aller aux marges : «On comprend la réalité seulement si on la regarde depuis la périphérie. Il faut aller en périphérie afin de connaître vraiment le vécu des gens» (Bureau de presse du Vatican, Novembre 2013). Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, donc par où commençons-nous ?


Nous pouvons commencer par les Evangiles des dimanches de Carême. Ils nous offrent l’occasion de réfléchir aux «gens de la périphérie» avant que nous ne les rencontrions dans le service. En commençant par le récit des tentations de Jésus au désert (Mt 4, 1-11), nous voyons comment le Christ choisit d’aller dans la périphérie en se rendant au désert, un lieu de danger et de désolation, pour jeûner, prier et subir la tentation. Mais Jésus a tout surmonté. Ainsi, la périphérie est devenue le tremplin du ministère public de Jésus.


Il y a de nombreux passages bibliques de Carême qui parlent des « gens de la périphérie », mais deux ressortent dans l’Evangile de Jean. Ce sont les rencontres de Jésus avec la Samaritaine autour du puits (Jn 4), et celle avec l’homme aveugle né que Jésus guérit (Jn 9). Jésus voit en eux deux personnes stigmatisées par la société et les autorités religieuses, en raison de leur comportement ou de leur maladie. Il entre dans leurs vies, les guérit, panse leurs plaies et, de la périphérie, il les réintroduit dans la communauté.


La vie de Vincent de Paul et celle de Louise de Marillac ont été un chemin continuel vers les gens de la périphérie, pour les aider, les guider, les mener et les responsabiliser. Ce Carême pourrait devenir un temps de réflexion et de méditation sur les nouvelles manières de rejoindre les gens de la périphérie là où nous sommes. Le Pape François a dit qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de « ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ » (Message de Carême, 2014). Que ce Carême nous guide pour chercher et servir les pauvres dans le Christ et le Christ dans les pauvres !

 

Remettre en question la « mondialisation de l’indifférence »

Le thème de cette lettre et l’image présentée à la première page mettent en lumière Lampedusa, une petite île au large de la Sicile dont la situation est devenue explosive à cause de l’afflux des réfugiés demandeurs d’asile. La tragédie a récemment frappé l’île lorsqu’un bateau surchargé a coulé, tuant des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants originaires de Lybie et d’Erythrée. Le Père Zeracristos, notre Assistant général, a dû quitter notre retraite pour se rendre à la morgue et identifier quelques personnes décédées qui étaient originaires de son village en Erythrée. Comme des millions de personnes avant eux, ce sont des «gens de la périphérie» anonymes, relégués aux oubliettes de l’histoire.  


Pour le premier voyage de son pontificat hors de Rome, le Pape François s’est rendu à Lampedusa. Là-bas, il a prié, rendu visite aux survivants, remercié les personnes qui prenaient soin des réfugiés et déposé une couronne mortuaire dans l’océan en mémoire des personnes décédées. Dans son homélie, lors de la messe ce jour-là, le Saint Père a inventé une expression poignante pour définir la raison de la situation critique de ces réfugiés et celle des innombrables autres « personnes de la périphérie ». Il l’a qualifiée de « mondialisation de l’indifférence ». Voici un extrait de son homélie ce jour-là :

« La culture du bien-être, qui nous amène à penser à nous-mêmes, nous rend insensibles aux cris des autres et porte même à la mondialisation de l’indifférence. Nous sommes habitués à la souffrance de l’autre, cela ne nous regarde pas, ne nous intéresse pas, ce n’est pas notre affaire ! Qui de nous a pleuré pour ce fait et pour les faits comme celui-ci ? » (Homélie du 8 Juillet 2013)


Comme la pauvreté, la guerre, la violence, et le terrorisme, l’indifférence aussi tue : non seulement les personnes, mais également l’esprit humain. Vaincre la «mondialisation de l’indifférence» commence lorsque chaque membre de la Famille vincentienne reconnaît ses richesses et ses pauvretés devant le Seigneur et décide alors de les mettre au service de notre charisme vincentien pour le bien des pauvres de Dieu. En ce temps de Carême, nous qui partageons cet héritage d’espérance –notre charisme vincentien– devons  entendre ces paroles du Saint Père comme l’appel du clairon à la conversion. Les lectures du mercredi des Cendres nous disent en quoi consiste une véritable conversion de Carême : «Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements» (Joël 2, 13).

 

Les dons du Carême sont paradoxaux mais ils réaffirment une grande vérité : en apportant à la fois notre pauvreté et notre richesse au Seigneur, nous sommes renouvelés et raffermis en tant que disciples du Christ à la manière vincentienne. Accueillez la richesse et la pauvreté du Christ, qu’elles vous apportent leurs grâces en rendant votre Carême fécond !

 

Votre frère en saint Vincent,

G. Gregory Gay, C.M.

Supérieur général

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Carême - Pâques 2015
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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216