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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 19:24

 

CONGREGAZIONE DELLA MISSIONE
CURIA GENERALIZIA

 

 

Via dei Capasso, 30 Tel. (39) 06 661 3061

00164 Roma – Italia Fax (39) 06 666 3831

e-mail: cmcuria@cmglobal.org

Avent 2010

 

A tous les membres de la Famille Vincentienne

 

Chers Frères et Soeurs,

La Grâce et la Paix de notre Seigneur Jésus-Christ demeurent en vos coeurs maintenant et à jamais !

« Grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu ; quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix »

(Luc 1, 78-79).

 

Ténèbres et lumière, nuit et jour, désespoir et espérance, mort et vie, enfer et paradis sont des images qui viennent souvent à l’esprit dans notre méditation et notre prière durant ce temps de l’Avent que nous avons le privilège de vivre à nouveau. Ces images contrastées sont toujours présentes et nous entourent dans le monde dans lequel nous vivons. Un jour, le prophète Habaquq s’est écrié : « Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent » (Ha 1,3). Lorsque j’ai entendu la proclamation de ce texte il y a quelques semaines lors de l’Eucharistie dominicale, j’ai été frappé par son actualité : aujourd’hui encore, nous sommes entourés de la même violence et des mêmes destructions, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine.

 

Il y a tant de vies humaines détruites par des catastrophes naturelles ! Je pense à l’épidémie de choléra en Haïti ; des centaines de personnes qui avaient survécu au tremblement de terre en sont mortes. D’autres continuent de souffrir, elles ne cessent de traverser un véritable enfer. Au Pakistan, des centaines de milliers de personnes ont disparu récemment dans les typhons qui ont touché les régions asiatiques ; combien de personnes ont perdu la vie, la santé, leur maison ? Parmi les catastrophes d’origine humaine, pensons à la violence vécue à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, où depuis 2006, plus de 30 000 personnes ont été assassinées dans des conflits liés à la drogue. Tant de violence devant nos yeux ! L’Avent est un temps pour transformer ce qui est ténèbres en lumière, cet enfer vécu en paradis, le désespoir en l’espérance qu’une vie digne peut être un objectif réalisable.

 

J’ai intitulé ma réflexion de cette année : «Noël : le récit d’une vie sans frontières

». Lorsque nous parcourons les différents passages de l’Ecriture que l’Eglise offre à notre réflexion durant ce temps de l’Avent, nous trouvons le thème d’un Dieu qui est pour tous, un Dieu de toutes les nations. En un sens, c’est ironique parce que Jésus, quand il est né dans ce monde, est né dans un coin, dans un endroit où personne ne voudrait vivre, dans un abri pour les animaux. Et pourtant, le contraste vient du fait que même s’il a été placé dans ce lieu de survie, Il est devenu pour nous, le Dieu de la vie pour tous, un Dieu qui ne connaît pas de frontières, un Dieu qui est venu parmi nous pour abattre les frontières qui ne permettent pas aux hommes de se faire proches les uns des autres, qu’ils viennent d’un autre pays, comme la frontière entre les Samaritains et les Juifs ou parce que les gens aisés et instruits ne se mêlent jamais avec ceux qui sont considérés comme les parias de la société ; Jésus est venu abattre cette frontière de tous ces soi-disant indésirables : les lépreux, les mendiants, les aveugles, les infirmes.

 

Par sa naissance dans la pauvreté, Jésus, en paroles et en actes, remplit la vie des gens de richesse, de paix, de bonté, de santé, de réconciliation et de guérison, et les conduit des ténèbres à la lumière, du désespoir à l’espérance, de la mort à une vie nouvelle. En août dernier, j’ai eu l’occasion de visiter le Projet Juan Diego, un apostolat des Filles de la Charité à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Cette visite m’a parlé du don d’une vie nouvelle, de la chance d’une vraie naissance que nous recevons à Noël. Les Filles de la Charité ont formé un personnel laïc et des bénévoles qui composent une communauté dynamique. Ils rejoignent les personnes qui ont vécu dans les ténèbres, qui ont connu les affres du désespoir, et ils leur donnent la lumière et l’espoir en une vie nouvelle. Je l’ai vécu personnellement lorsque j’ai rendu visite à quelques personnes dont la vie a été transformée par le Projet Juan Diego. Ces personnes sont touchées par les bénévoles, le personnel et les Soeurs qui sont entrés dans leurs vies et qui leur donnent la chance de mener une vie nouvelle.

 

Je l’ai perçu par le témoignage d’un homme de mon âge qui s’était littéralement coupé du monde, vivant confiné dans sa petite chambre, refusant même de sortir dans sa cour pour entrer en relation avec d’autres personnes qui pourraient passer près de chez lui. Après un accompagnement et une présence emplis de douceur mais aussi de fermeté, cet homme a fini par découvrir qui il était vraiment. Après avoir eu la chance de vivre pour la première fois de sa vie, il vit désormais avec l’enthousiasme et le désir de sortir des confins de sa maison pour rencontrer les autres et les encourager à mener une vie d’un genre nouveau qu’il a lui-même découvert. Le témoignage de cet homme n’est qu’un exemple des nombreux récits de personnes qui ont reçu une vie nouvelle dès lors qu’elles ont été capables de dépasser les limites qu’elles s’étaient elles-mêmes imposées. Elles ont fini par reconnaître le don de la vie qu’est Dieu pour chacun de nous et pour tous les hommes. Ce don a été déposé en nous et il fait partie intégrante de ce que Noël signifie : le don de Dieu lui-même, Jésus incarné qui entre dans notre vie, qui nous aide à découvrir nos propres dons, nous encourage et nous amène à nous dépasser pour offrir ce don, pour aider d’autres à le découvrir en eux-mêmes.

 

Non loin de ce quartier où les Filles de la Charité sont un signe de vie nouvelle et partagent cette vie avec d’autres, il y a un autre groupe de Filles de la Charité qui sont aussi source de vie, mais d’une manière très différente. Vous pourriez dire qu’elles vivent l’enfer. Cette communauté de Filles de la Charité vit juste de l’autre côté de la frontière dans une ville ravagée par la violence et la destruction à cause de la drogue, la pauvreté, l’avidité et l’ignorance. Les Soeurs ont passé la frontière pour rejoindre les Filles de la Charité du Projet Juan Diego lorsque nous avons célébré ensemble l’Eucharistie qui est le sommet de notre vie, la source de notre force et la véritable expérience du don que Dieu fait de Lui-même parmi nous.



En parlant avec les Soeurs qui vivent du côté mexicain de la frontière, en écoutant les récits d’horreur et de souffrance quotidiennes qu’elles me racontaient, au milieu de la souffrance et de la violence qu’elles vivent, j’ai été frappé par le contraste de la présence des Soeurs d’un côté de la frontière et de l’autre. Et pourtant, même si l’on pourrait considérer l’une comme le paradis et l’autre comme l’enfer, leur présence, signe de la grâce de Dieu parmi ces pauvres, rend possible une espérance et une vie nouvelle.

C’est dans ces deux expériences que je perçois clairement ce que Dieu nous dit dans le cantique de Zacharie : «Grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu ; quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l'ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix » (Luc 1, 78-79). Cette tendresse, cet amour du coeur de notre Dieu est le don de Jésus Lui-même, l’astre d’en haut est venu nous visiter, ce don de Jésus dans sa naissance à Bethléem qui, par sa vie, sa mort et sa résurrection continue de briller sur ceux qui demeurent dans les ténèbres, le désespoir, la mort et l’enfer. Et par ses instruments d’amour, ils sont conduits sur le chemin de la paix.

 

Mes Frères et Soeurs, en tant que membres de la Famille Vincentienne, en ce temps de l’Avent, nous sommes appelés à être proches de ceux que nous appelons nos Seigneurs et nos Maîtres lorsqu’ils vivent dans des situations de ténèbres et de désespoir, et à être pour eux ses instruments d’espérance et de vie. Ensemble, comme Famille Vincentienne, et avec nos Seigneurs et nos Maîtres, nous sommes appelés à être des bâtisseurs, des bâtisseurs de la solidarité qui a l’amour pour fondation, et non des bâtisseurs de murs qui divisent l’humanité. Nous sommes appelés à vivre la vie de Jésus, cette vie qui est venue jusqu’à nous le jour où Il est né. Il nous invite à aller au-delà des murs, au-delà des limites, au-delà des frontières, celles que si souvent nous avons construites nous-mêmes, ou celles qui ont été construites par la société dans laquelle nous vivons. Très souvent, il s’agit des traditions que nous avons apprises ou des préjugés que nous avons tout simplement adoptés.

 

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Published by Jean-Pierre - dans Archives
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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216