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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 08:32

kiffe-la-france.jpg

 

Auteur : Jean-François Chemain

Editeur : Via Romana

Nombre de pages : 236

 

Alors que l’on s’inquiète du poids croissant de l’islam en banlieue, Jean-François Chemain publie un récit coup de poing sur son expérience de prof chrétien dans un collège public de Zep.

 

Il ne fait plus l’appel, se contentant de compter ses ouailles, comme le berger des Psaumes, pour écourter la séance de rectification phonétique d’usage. Au collège de la rue Lénine, il y a Fares, Bouzid, Jordan, Kénizé, Rachid, Antar et les autres. Des jeunes des banlieues emprisonnés dans leurs certitudes communautaires, pris entre deux logiques contradictoires : la victimisation et le culte du plus fort. En face d’eux, un prof atypique, rejeton de la haute bourgeoisie lyonnaise, ancien mécréant évadé du catéchisme à 11 ans, nietzschéen d’extrême droite à 16 et franc-maçon à 30, avant sa conversion radicale au christianisme.

 

En 2006, Jean-François Chemain a échangé sa brillante carrière de cadre dirigeant contre un engagement volontaire en première ligne dans le ghetto scolaire, agrégation d’histoire-géo en poche.

 

Dans Kiffe la France, il raconte l’incroyable chronique de l’islam des collèges, cette doxa butée et potache qui prospère sur l’inculture et la relégation, étouffant tout destin social chez les gamins qui en ont hérité. Il décrit le temps passé à juguler les éruptions de « fierté exacerbée, de préjugés ressassés, de frustration collectivement confite » dès qu’il est question de l’expansion musulmane, des apports de la civilisation grecque, de l’empire ottoman ou de la Palestine. Il y a ceux qui sont « pressés d’étudier les nazis », parce qu’ils « n’aiment pas les Juifs », ceux qui s’esclaffent « C’est de la discrimination ! » quand on les sort du cours, et les petits malins spécialisés dans la question à fragmentation : « Pourquoi on n’a jamais cours le lundi de Pâques ? » Scandale ! Pour eux, Dieu ne saurait avoir de fils.

 

Les collégiens croient à toutes les énormités glanées sur Internet, mais ignorent tout du morceau de terre chrétienne où ils vivent : qu’est-ce qu’un saint ? Sofiane lève le doigt, persuadé d’avoir la bonne réponse : «Eh ben, M’sieur, un saint, c’est quelqu’un qui a tué beaucoup de gens !»

 

La France : qu’est-ce qu’on leur en a dit et montré pour qu’ils nourrissent à son égard tant de mépris et de ressentiment ? Question dérangeante, parce que dans la petite mécanique stérile du bourreau et de la victime, chacun semble jouer sa partition. Chemain renvoie dos à dos le discours de ses élèves qui sont d’abord des adolescents abandonnés à eux-mêmes et cette France qui transpire la haine de soi. Dès l’IUFM, avec la déconstruction systématique du récit national, la traque aux dernières miettes de « bonne conscience nationale», sur fond d’«antichristianisme radical et prêt à tout». Dans les manuels scolaires qui entretiennent à tour de pages la culpabilité (colonisation, esclavage, etc.). Dans les nouveaux programmes d’Histoire qui escamotent Clovis, François Ier, Louis XIV et Napoléon. Rétablir un peu de vérité, là où abondent clichés et manipulations : ici, la mission scolaire se double d’une nécessité politique, l’accueil de l’autre qui repose sur le reniement de soi étant toujours un marché de dupes.

 

Pas question pour Jean-François Chemain de refuser le «débat», malgré l’issue toujours incertaine pour le chrétien français de souche, pris entre le marteau des revendications musulmanes et l’enclume laïciste de l’Éducation nationale. Là où nombre de collègues se réfugient derrière les « Ah non ! On va pas parler de ça ! Ici, c’est un truc laïc», lui est du genre à répondre : « Est-ce que tu connais un seul pays musulman où la démocratie soit respectée ainsi que les minorités religieuses ? » Silence dans la salle.

 

L’espérance parsème le récit : dans les grandes déclarations d’amour de ces bouillonnants élèves pour ce prof qui vient éroder un peu la boule de ressentiment qui les tient prisonniers ; sur le visage de Souhila recopiant fiévreusement cette phrase de Jean Vanier : «On dit souvent : Si tu changes, je taimerai ; ne serait-il pas plus juste de dire : Si je taime, tu changeras, et moi aussi ?»

 

À tous les prophètes de malheur qui annoncent l’islamisation de la France retranchés dans leur citadelle assiégée, ce récit ouvre un autre chemin, à condition que «les cathos ne cèdent pas tous à la tentation du privé hors-sol, aux 100 % de réussite au bac et au dieu HEC», confie Chemain, mais viennent au secours de l’école de la République.

 

Difficile dialogue

«- On ne peut quand même pas comparer le sort actuel des Palestiniens, aussi terrible soit-il, avec celui des Juifs pendant la guerre ! Quant à dire que parce que tu es musulman, tu dois toujours être solidaire des musulmans, c’est un peu sommaire !

 

- Et alors ? Les chrétiens sont bien toujours avec les chrétiens, ou avec les juifs !

 

- Faux ! Regarde en Bosnie, les Américains, qui sont chrétiens, sont intervenus contre les Serbes, d’autres chrétiens, pour défendre des musulmans bosniaques !

 

- Ouais, bon... Mais ça n’empêche pas que les Juifs, ils tuent tous les Palestiniens, et qu’il faut leur faire pareil !

 

- Alors, si je te suis bien, puisque les Turcs ont massacré les Arméniens, il faudrait massacrer tous les Turcs ?

 

- Les Arméniens, ils voulaient nous voler notre pays !

 

- Qui était le leur avant l’invasion turque !

 

- Et alors ? Ils avaient perdu ! Quand on a gagné la guerre, c’est qu’on est le plus fort : on fait ce qu’on veut !

 

- OK Osman ! Eh bien de quoi te plains-tu ? Les Israéliens sont les plus forts.»

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Livres
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216