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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 05:37

jai-faim.jpg

1ère situation : La faim :

Comme nous le savons : «Ventre affamé n’a point d’oreille». A part quelques cas isolés d’inédie (Le terme inédie (parfois appelé respirianisme ou pranisme) s'emploie à propos d'une personne qui ne se nourrit pas, volontairement, sans qu'il existe de causes physiologiques ou médicales et généralement pour des motivations d'ordre religieux ou mystique) comme Marthe Robin (Marthe Robin, (13 mars 1902, Châteauneuf-de-Galaure-6 février 1981), est une mystique catholique française, fondatrice des Foyers de Charité, connue pour des phénomènes tels que des apparitions mariales, des stigmates et l'inédie que lui attribuent divers témoins de son époque. L’Eglise Catholique instruit son procès en béatification. A partir de 1930, elle n’avale plus aucune nourriture, hormis la communion aux hosties consacrées, inédie qui durera jusqu'à sa mort, 51 ans plus tard), il est impossible à l’homme de vivre sans manger. Pour un être humain en bonne santé, un régime sans eau est généralement mortel après une semaine. Sans nourriture solide, il n'est généralement pas possible de survivre au-delà de 40 à 60 jours voire environ 85 jours dans des cas exceptionnels.

 

La faim est une sensation qui se produit quand le niveau de glycogène dans le foie tombe sous un certain niveau, précédant habituellement le désir de manger. Cette sensation, souvent déplaisante, provient de cellules sensibles à une très faible chute de la glycémie, localisées dans l'hypothalamus, puis est libérée par des récepteurs dans le foie. Bien qu'un être humain puisse survivre plusieurs semaines sans manger, la sensation de faim commence en général après quelques heures sans manger.

 

Lorsque la faim se prolonge, différentes situations surviennent :

  • la malnutrition est une pathologie pouvant être causée par une carence dans certains nutriments, mais aussi par des troubles psychologiques et / ou un régime alimentaire inadapté.
  • la sous-nutrition relève davantage du domaine quantitatif, et décrit un apport alimentaire insuffisant, de façon continue. La sous-nutrition peut mener à de graves conséquences tant physiologiques que psychologiques voire économiques.
  • une famine décrit une situation où la sous-nutrition est étendue à la population d'une zone géographique donnée. Les famines peuvent être dues à des problèmes climatiques (catastrophes naturelles), à une guerre, ou à des problèmes conjoncturels et notamment économiques.
  • Enfin, l’inanition décrit un «état d'épuisement de l'organisme causé par le manque de nourriture» ; cet état peut précéder la mort.(D’après Wikipédia)

 

Celui qui a faim, n’aura d’autres préoccupations que de se nourrir avant tout, au point même de perdre tout jugement et d’abandonner même son droit d’ainesse comme Ésaü :

«29Un jour que Jacob préparait un potage, Ésaü revint épuisé de la campagne. 30Ésaü dit à Jacob : “Laisse-moi avaler cette soupe rouge, car je suis épuisé.” C’est pour cela qu’on l’a appelé Édom, ce qui veut dire : Rouge. 31Jacob lui répondit : “Vends-moi donc tout de suite tes droits de premier-né.” 32“Tu vois que je suis presque mort, lui dit Ésaü, à quoi me servirait mon droit de premier-né ?” 33Jacob lui dit : “Jure-le-moi tout de suite !” Ésaü jura et vendit à Jacob ses droits de premier-né. 34Alors Jacob donna à Ésaü du pain et son potage de lentilles. Ésaü mangea et il but, puis il se leva et partit. C’est ainsi qu’Ésaü méprisa son droit d’aînesse.» (Gn 25,29-34)

 

 Jacob-Esau.jpg

Michel Corneille l'Ancien (vers 1601–1664) Jacob et Esaü

 

 

 

Il est donc important de combler la faim de l’homme, la faim de l’humanité. Pas n’importe comment. Dès le XIIème siècle, Maïmonide (Moïse Maïmonide est un rabbin andalou du XIIe siècle (Cordoue, 30 mars 1138 -Fostat, 13 décembre 1204). Médecin, philosophe juif, commentateur de la Mishna, jurisconsulte en matière de Loi juive et dirigeant de la communauté juive d'Égypte, il excelle dans tous ces domaines et est considéré comme le «second Moïse du judaïsme». Il influence également le monde non-juif, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme «l'Aigle de la Synagogue») précise : «Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie».

 

 

Ancien Testament :

Dieu prend soin de son peuple. Il le nourrit pendant la traversée du désert avec la manne et les cailles (Ex 16,12 : «J'ai entendu les récriminations des fils d'Israël. Tu leur diras : 'Après le coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Vous reconnaîtrez alors que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.'»)

 

 Elie.jpg

Icône : Elie ravitaillé par les corbeaux

 

 

Ou encore le prophète Elie ravitaillé par les corbeaux : «1Le prophète Élie, de Tisbé en Galaad, dit au roi Acab : «Par le Seigneur qui est vivant, par le Dieu d'Israël dont je suis le serviteur, pendant plusieurs années il n'y aura pas de rosée ni de pluie, à moins que j'en donne l'ordre.» 2La parole du Seigneur lui fut adressée : 3«Va-t'en d'ici, dirige-toi vers l'est, et cache-toi près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain. 4Tu boiras au torrent, et j'ordonne aux corbeaux de t'apporter ta nourriture.» 5Le prophète fit ce que le Seigneur lui avait dit, et alla s'établir près du torrent de Kérith, qui se jette dans le Jourdain. 6Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande, matin et soir, et le prophète buvait au torrent.» (1 R 17,1-6)

 

Le prophète Tobie invite à donner son pain : «Partage ton pain avec ceux qui ont faim». (Tb 4,16a)

 

 

Nouveau Testament :

La faim, Jésus l’a éprouvée au désert : «Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim». (Mt 4,2)

Jésus parle de la faim dans une des 8 béatitudes : «Heureux, vous qui avez faim maintenant, parce que vous serez rassasiés !» (Lc 6,21)

Avec la multiplication des pains (Mt 14,13-17 ; Mc 6,34-44 ; Lc 9,10-17 ; Jn 6,5-13), Jésus nourrit la foule et nous invite à faire de même : «Donnez-leur vous-mêmes à manger.» (Lc 9,13)

Pierre a faim : «10Il se mit à avoir faim et voulut prendre quelque chose. Pendant qu'on lui préparait à manger, il tomba en extase. 11Il vit le ciel ouvert et un objet qui descendait : on aurait dit une grande toile, et cela se posait sur la terre par les quatre coins. 12Il y avait dedans tous les quadrupèdes et tous les reptiles de la terre et tous les oiseaux du ciel. 13Et une voix s'adressa à lui : «Allons, Pierre, immole ces bêtes, et mange-les !» 14Pierre dit : «Certainement pas, Seigneur ! Je n'ai jamais mangé aucun aliment interdit ou impur !» 15Une deuxième fois, la voix s'adressa à lui : «Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit.» 16Cela recommença une troisième fois, puis aussitôt l'objet fut emporté au ciel». (Ac 10,10-16)

 

Celui qui comble la vrai faim, c’est le Christ : «Jésus leur répondit : «Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim» (Jn 6,35a)

 

 

Saint Vincent de Paul :

Les exemples de secours aux affamés sont nombreux dans les écrits de Saint Vincent ou dans les différentes biographies. Je ne retiendrai que deux extraits :

 

Un père Lazariste écrit en mars 1640 à Saint Vincent pour faire rapport des aides distribués aux pauvres à Saint-Mihiel : «Il s’est trouvé, à la dernière distribution de pain que nous avons faite, onze cent trente-deux pauvres, sans les malades, qui sont en grand nombre et que nous assistons de nourriture et de remèdes propres.»(SV II,35)

 

Les malheurs de la guerre dans le Royaume de France et aux frontières multipliaient les situations de famines. Saint Vincent, avec les pères Lazaristes et les Filles de la Charité, œuvraient pour porter secours à ces populations. Par exemple à Palaiseau : «Ils furent aussi à Palaiseau où les soldats avaient fait de grands ravages, et y établirent aussi la distribution de ces potages pour conserver la vie à un grand nombre de pauvres languissants. Mais parce que plusieurs de ces paroisses qu'on assistait se trouvaient sans pasteurs, qui étaient morts, ou en fuite; les prêtres missionnaires ne pouvaient pas satisfaire aux nécessités spirituelles et aux corporelles en même temps; M. Vincent envoya donc des Filles de la Charité pour faire et distribuer les potages, et pour avoir soin de pourvoir aux autres nécessités extérieures des pauvres malades, comme aussi d'un grand nombre de pauvres orphelins qu'on trouva dans ces lieux, qui furent assemblés et retirés dans une même maison à Etampes, et là vêtus et nourris. Pendant que ces bonnes filles vaquaient à ces œuvres de charité extérieures et corporelles, les prêtres missionnaires allaient d'un côté et d'autre dans les paroisses visiter et consoler ces pauvres affligés, leur dire la sainte messe, les instruire, leur administrer les sacrements, le tout avec les permissions et approbations requises de la part des supérieurs.»(Abelly, tome I, p. 193)

 

 

Pour agir aujourd’hui :

Nourrir son prochain qui a faim, c’est lui donner le minimum pour vivre. Parmi les associations qui œuvre dans ce domaine, j’ai noté, outre le Secours Catholique et la Société Saint Vincent de Paul (ces deux associations pourraient être citées dans chacune des situations tellement leurs œuvres sont riches en diversités), l’association Pain contre la faim. Elle ramasse le pain non consommé dans les écoles, les boulangeries et autres collectivités pour être transformé en alimentation pour les animaux. C’est un atelier d’insertion. Pain contre la Faim Sarthe (http://paincontrelafaim72.org/) poursuit deux buts liés par leur caractère solidaire. Le premier fait fonctionner un chantier d'insertion, avec la récolte et la transformation de pain rassis en chapelure et, depuis peu, la récupération et tri de canettes et boites de conserve. Le chantier vit grâce aux recettes qui en découlent et aux subventions. Le second but vise à mener des projets humanitaires, souvent dans les pays en voie de développement. Le financement de ces aides provient d'actions spécifiques et de dons de particuliers.

 

A Paris, la Mie de Pain accueille les  sans domiciles fixes, leur distribue des repas et leur offre de quoi passer une nuit au chaud. Les Œuvres de La Mie de Pain sont depuis leur naissance implantées dans le 13ème arrondissement de Paris. Il faut avoir à l’esprit qu’il y a plus d’un siècle, cet arrondissement était celui des ouvriers et des miséreux. Un grand nombre de tanneurs et de chiffonniers y était installé, La Bièvre traversant plusieurs quartiers du 13ème. De par ce passé, cet arrondissement est aujourd’hui encore l’un de ceux qui accueille le plus d’œuvres de charité sur la place de Paris. J’ai connu cet établissement grâce au service des vocations des Pères Lazaristes en 1985. Les Filles de la Charité sont régulièrement investies dans le bénévolat. La Fraternité Laïque Vincent de Paul a également quelques bénévoles engagés dans ce service. Servir les SDF en étant bénévole à la Mie de Pain est une possibilité offerte à tous (http://www.miedepain.asso.fr/devenir-benevole/). Pour les non-parisiens, il est possible d’être bénévole dans un foyer d’accueil dans votre ville. Etc.

 

Avant de militer ou tout en militant dans une association, je voudrai attirer votre attention sur votre entourage. Il y a peut-être dans vos proches quelqu’un qui souffre de la faim en silence, sans rien dire et sans que nous en soyons conscience. La misère,  le manque d’estime de soi peuvent pousser à l’isolement. Du temps de Saint Vincent, on parlait de «pauvres honteux», ceux qui se cachent par honte, qui ne veulent pas demander de l’aide par honte.

[...] Il y a des solutions simples. Le minimum : juste un regard posé avec amour peut reconstruire la personne («Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer.» (Mc 10,21a), Jésus et l’homme riche, traduction de la Bible de la Liturgie).

 

 

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Bible - Exégèse
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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216