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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 05:20

3ème situation : être étranger :

Par définition, un étranger est une personne qui n'a pas la nationalité du pays où il se trouve au moment concerné. Cependant, cet état peut changer au cours de la vie d'une personne dans la mesure où il peut obtenir la nationalité du pays où il vit par la naturalisation.

 

L'Étranger peut aussi désigner un pays ou un ensemble de pays autre que celui dont on est citoyen. (Un expatrié vit à l'étranger)

 

Dans une acception moins courante, le terme plus ou moins amical d''étranger peut servir à qualifier ou à pointer une personne qui apparait comme “différente” ou “singulière”, par le fait qu'elle est perçue comme n'appartenant pas ou pas complètement au groupe familial, social, ethnique, politique, géographique, voire à une copropriété, une commune, une région, un club, une entreprise, etc.

 

L’étranger vient de l’extérieur, d’ailleurs. Il se distingue des indigènes par la langue qu’il utilise, par les us et coutumes différents de ceux du pays. Il n’a pas les mêmes points de repères, peut-être pas la même religion, la même couleur de peau, etc.

 

Cependant, pour Dieu, il n’y a pas d’étranger puisque tout homme a été créé par lui.

 

Le mot étranger vient d'«étrange» issu du latin «extraneus», «du dehors, extérieur; qui n'est pas de la famille, du pays, étranger»), et est présent dans certains textes à partir du XIVe siècle (D’après Wikipédia).

 etranger.jpg

Quelques précisions de vocabulaires permettront de préciser les choses. L’émigré est celui qui a quitté son pays. L’immigré est celui qui est accueilli (ou non-accueilli) dans le pays. L’émigration est le départ du pays pour aller dans un autre pays. L’immigration est l’installation dans un pays d’un individu ou d’un groupe d’individus originaires d’un autre pays. Une fois ces précisions apportées, chacun comprendra l’importance de la politique migratoire d’un pays. Est-ce qu’il se dote des moyens nécessaires pour accueillir les étrangers ou pour faire partir ses compatriotes indésirables ? Est-ce qu’il existe une politique migratoire ? Si oui, quels sont ses enjeux. Si non, pourquoi ? Certains pays utilise la migration comme une arme («nettoyage ethnique» ; en guerre économique un pays envois ses pauvres dans un autre pays pour le déstabiliser ; un pays riches va chercher ses esclaves, pardon, ses travailleurs, dans des pays pauvres. Etc.).

 

Ancien Testament :

Puisque Dieu a fait sortir son peuple d’Egypte, Israël prendra soin des étrangers se trouvant sur son territoire : «Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.» (Ex 22,20). Le Lévitique invite au respect et à l’accueil de l’Etranger : «Si un étranger vient habiter dans votre pays, vous ne l’opprimerez pas». (Lv 19,33).

 

 lepreux.jpg

Nouveau Testament :

Les dix lépreux : «Il n’y a donc eu que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu ?» (Lc 17,18)

 

Il n’y a plus d’étranger dans le peuple de Dieu : «Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu.» (Ep 2,19) Et encore en Col 3,11, d’une manière plus explicite : «Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout».

 

 

Saint Vincent de Paul :

L’accueil des réfugiés a longtemps taraudé l’esprit de Saint Vincent de Paul. Il a œuvré pour l’accueil des réfugiés de Lorraine, à l’époque en guerre contre le royaume de France. C’est l’époque de la guerre qui déchire l’Europe, guerre dite de Trente ans (1618-1648). Saint Vincent interpelle le roi Louis XIII et son principal Ministre qu’est Richelieu pour l’accueil digne de ces personnes dans Paris.

La question des réfugiés, qu’ils soient de Lorraine ou d’ailleurs, restera une question forte dans l’engagement de Saint Vincent et des Lazaristes. Les guerres de Louis XIV qui suivront, n’arrangeront rien à la question.

 

A Monsieur Marc Coglée, supérieur des Lazaristes à Sedan, Saint Vincent de Paul lui écrit le 26 novembre 1650 :

«Je continuerai de recommander à la compagnie qu’elle s’intéresse devant Dieu à vos besoins, maintenant que vous avez sur les bras tant de gens réfugiés et de pauvres malades (Les armées espagnoles et les troupes de Turenne coalisées venaient de s’emparer de Mouzon ; elles étaient donc aux portes de Sedan, où les populations apeurées cherchaient un refuge.). Plaise à sa bonté de vous fortifier à proportion que le travail augmente ! Voilà de quoi attirer bénédiction sur la ville et sur vos personnes, si votre famille redouble son courage et sa fidélité pour le bon usage de l’affliction commune et pour la consolation des âmes que sa providence lui met en main. Je l’espère certes de la bonne part que Notre-Seigneur vous a donnée à sa charité.

Si la ville vous taxe pour l’impôt qu’elle a fait, ne refusez pas d’y contribuer ; car en ces rencontres pressants et nécessaires, les raisons pour s’en dispenser sont mal reçues, et l’on ne laisse pas d’user de contrainte.

Si vous m’en croyez, vous userez de condescendance envers ceux qui voudront faire quelque enterrement aux Capucins, puisqu’il y a plus d’inconvénient à le refuser qu’à le permettre.» (SV IV,111)

 

Le 22 juin 1652, Saint Vincent confie à Monsieur Lambert aux Couteaux, supérieur à Varsovie, la situation des réfugiés à Paris en ces termes :

«[…] Nos petites nouvelles sont toujours les mêmes. Ne pouvant aller faire mission aux champs, parce que les pauvres gens sont épars, qui d’un côté, qui d’autre, ayant été chassés de leurs maisons par la crainte du mauvais traitement des gens de guerre, nous sommes résolus de la faire à ceux qui se sont réfugiés à Paris, et avons commencé aujourd’hui en notre propre église a 800 de ces pauvres gens logés en ces faubourgs ; et puis nous irons aux autres. Quelqu’un des nôtres est aussi allé commencer celle des réfugiés de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, que nous irons confesser dans la même église.

Nous sommes dans quelque espérance de paix depuis quelques jours que le duc de Lorraine est parti pour sortir du royaume avec son armée, laquelle est venue jusqu’à nos portes, et lui jusques dans la ville. Il a fait sa paix sur le point que l’armée du roi lui allait livrer bataille auprès de Charenton. Il a mieux aimé accepter un accommodement que de se hasarder au combat, de sorte que ce pauvre pays est déchargé d’un fâcheux fardeau. C’est un effet, comme on pense pieusement, des suffrages des saints, particulièrement de sainte Geneviève, des processions qu’on a faites avec grand ordre et autant de dévotion extérieure que j’en ai jamais vue, et des bonnes œuvres qui se font à Paris dans les tribulations présentes […]»(SV IV,405-406)

 

Les Filles de la Charité ne sont pas en reste : «Les pauvres Filles de la Charité y ont plus de part que nous quant à l’assistance corporelle des pauvres. Elles font et distribuent du potage tous les jours chez Mademoiselle Le Gras à 1.300 pauvres honteux, et dans le faubourg Saint-Denis à 800 réfugiés ; et dans la seule paroisse de Saint-Paul quatre ou cinq de ces filles en donnent à 5.000 pauvres, outre soixante ou quatre-vingts malades qu’elles ont sur les bras. Il y en a d’autres qui font ailleurs la même chose.»(SV IV,407)

 

 francesco 03

Pour agir aujourd’hui :

L’accueil de l’étranger doit rester un point d’attention, voire de vigilance à notre époque. Vis-à-vis des politiques, la vigilance de tout un chacun se fait plus pertinente. A l’heure où l’absence de politique cohérente sur l’accueil de l’immigré, les extrémistes de tous bords veulent profiter de ce vide pour répandre leurs gangrènes racistes et xénophobes. Michel Rocard (Premier ministre de juin 1988 à mai 1991 sous la présidence de François Mitterrand) rappelait en 1990 que «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde». Je veux ici cité sa phrase en entier, la seconde partie étant bien souvent ignorée par nos contemporains, c’est dommage car c’est justement la pointe de sa pensée : «mais elle doit en prendre fidèlement sa part». Si nous n’entendons que la première partie de la phrase «nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde», alors nous pouvons dormir tranquille et fermer les yeux sur la misère du monde et sur l’injustice et commettre ainsi une nouvelle injustice et créer de la misère. Par contre, notre devoir, c’est de mettre en pratique la seconde partie de la phrase de Michel Rocard : «en prendre fidèlement sa part».

 

Quelques moyens associatifs :

Au sein de l’Eglise Catholique, il existe un service qui porte au cœur ce souci de l’accueil du migrant. C’est la pastorale des migrants. «Avec la Pastorale des Migrants, l’Église Catholique veut nous rappeler que ces hommes, ces femmes et ces enfants sont nos frères en humanité. Chaque Homme a le droit de se déplacer, de migrer. La Terre appartient à tous ! Chaque Homme a le droit de vivre dignement. Là, où les droits de l’homme sont menacés, les chrétiens doivent se lever au nom de la Justice et de la Fraternité. La Pastorale des Migrants, dans le diocèse du Mans, a vu le jour, voici 11 ans, en 2001, à la demande du Père Faivre, évêque du diocèse. Il souhaitait engager tout le diocèse à porter un regard accueillant sur les migrants, pour découvrir leurs aspirations, leurs attentes, leurs diversités, leurs richesses, leur foi et ainsi construire et devenir avec eux un peuple nouveau.» (ttp://www.sarthe.catholique.fr/La-Pastorale-des-Migrants)

 

Dans le monde éducatif, la vigilance s’exerce, entre autre, grâce au Réseau Education Sans Frontière (RESF). Ce réseau présente une structure particulière par le fait qu’il n’est pas hiérarchisé. Il n’a ni président ni porte-parole. Chacun de ses membres a le même statut. C’est un réseau composé de collectifs, de mouvements associatifs, de mouvements syndicaux, de soutiens politiques et de personnes issues de la société civile militant contre l'éloignement d'enfants étrangers scolarisés en France, causé par l'éloignement de leurs parents étrangers en situation irrégulière.

Fondé le 26 juin 2004 lors de la tenue à la Bourse du Travail de Paris d’une réunion rassemblant des enseignants, des personnels de l’Education nationale, des parents d’élèves, des éducateurs, des collectifs, des syndicats et des organisations attachées à la défense des droits de l’homme et préoccupés de la situation des sans-papiers scolarisés (de la maternelle à l’université). Ils ont décidé la création d’un réseau de soutien nommé «Education sans frontières». Les syndicats, les associations de parents d’élèves, les organisations et les représentants de collectifs et d’établissements signataires appellent les enseignants et les personnels des établissements de tous niveaux à se montrer vigilants, à informer leurs élèves qu’ils sont prêts à se mobiliser pour les aider à faire régulariser leur situation. L’actualité regorge d’expulsion de jeunes interpellés lors de sorties scolaires ou même dans les classes. Cet agir n’est pas le monopole d’une frange de l’establishment politique français. De Gauche comme de Droit, les différents ministres de l’Intérieur de ces 20 dernières années peuvent être renvoyés dos à dos. Il est de notre devoir d’être vigilant et de savoir interpeller nos personnalités politiques (du maire au président de la République en passant par le député et le sénateur et tout autre élu de la République). Le respect de la personne humaine dans sa dignité, ses droits et ses devoirs sont la base de notre agir en gardant à l’esprit la phrase de Michel Rocard. Je vous la redis en son entier : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part».

 

Les cours d’alphabétisation du Secours Catholique et de la Société Saint Vincent de Paul participent à l’accueil de l’étranger. D’autres s’engagent dans leur travail avec un collègue qui a du mal à comprendre le français ou tout simplement le langage administratif. Être aux côtés de celui qui est en difficultés, lui permettre de comprendre, l’accompagner dans une lecture ou dans une démarche, c’est aussi cela, agir. […]Des petits gestes qui changent le monde. C’est une étincelle de vie pour la journée.

 

Tout le monde peut agir. Le minimum : signer les pétitions. Le maximum (s’il y en a un) : faire changer les lois en faveur des plus pauvres et donner les moyens d’agir aux acteurs sur le terrain.

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Bible - Exégèse
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commentaires

DV 24/01/2014 10:31

J'aime cet article, personnellement j'ai un soucis, comme beaucoup de mes freres ou soeurs chrétiens qui ne répondent pas à mon problème. Je vais tenter de vous l'exposer:
Bénévole dans une association, j'aide des personnes quelque soit la nationalité sans aucun préjugé, les conduire sous la pluie ou le froid vers un centre d'hebergement en dehors des heures de
bénévolat avec plaisir.
Je sais pertinemment que les politiques et les grandes entreprises utilisent ces pauvres gens en main d'oeuvre a moindre coût, une forme d'esclavage pour les profits et tirer les salaires vers le
bas .
Là ou réside mon problème est, certaines personnes qui veulent imposer une déviance violente de leur religion et le refus d'accepter les règles de notre pays et s'en prennent a nous , non pas au
titre de notre religion uniquement. Ce n'est pas facile d'écrire et décrire une émotion surtout lorsque l'on sait séparer les personnes innocentes qui ne veulent que vivre et ceux qui tentent
violemment d'imposer, j'ai beau me dire, qu'il y a des personnes de notre pays qui ont fait du mal , ou encore des politiques qui veulent nuire aux Catholiques et nuisent au peuple, est ce une
peur, ce ressenti fait il de moi quelqu'un de mauvais, je pourrais mettre cela de côté en me disant que ce n'est pas grave , puisque je viens en aide a d'autres, mais cette tache dans mon coeur et
mon esprit me rend triste
Si vous ne souhaitez pas publier ce commentaire, ce n'est pas grave, mais , s'il vous plait pouvez vous répondre a cela? par avance merci.

Jean-Pierre 24/01/2014 15:50



Merci pour votre commentaire et vos questions.


Pour premier élément de réponse, je vous donnerai une phrase extraite du film "Monsieur Vincent" de Maurice Cloche :


"Jeanne, tu verras bientôt que la Charité est lourde à porter. Plus que le broc de soupe et le panier plein... Mais, tu garderas ta
douceur et ton sourire.


Ce n'est pas tout de donner le bouillon et le pain. Cela, les riches peuvent le faire. Tu es la petite servante des Pauvres, la Fille de la
Charité, toujours souriante et de bonne humeur. Ils sont tes maîtres, des maîtres terriblement susceptibles et exigeants, tu verras. Alors, plus ils seront laids et sales, plus ils seront
injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour...


Ce n'est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les Pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."



Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216