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Noël

 

 

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:05

Adam.jpg

 

4ème situation : la nudité :

Quand Dieu a créé Adam et Eve, ils étaient nus. Cette nudité n’était pas gênante parce qu’il n’y avait pas encore eu la rupture, la désobéissance. Il n’y avait pas la convoitise de l’objet interdit. Dans une lecture rapide, nous ne retenons que l’interdiction de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, alors que Dieu libère l’homme en lui disant : «Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin» (Gn 2,16).

Nous trouvant après la transgression, donc dans le temps de la conséquence et non de la punition, la nudité éloigne de Dieu et de l’humanité. Une personne qui est nue ne peut être connue. La nudité écarte de la vie sociale. Elle empêche la personne de sortir de chez soi. Personne ne peut la connaître parce qu’elle ne peut pas sortir, elle ne peut pas agir. Et elle ne peut connaître le monde extérieur. Pour être connu, pour agir, il faut être habillé. L’habit a une fonction sociale. Donner un habit à quelqu’un c’est lui donner une fonction sociale, c’est le restaurer dans sa dignité, dans son humanité. Même aujourd’hui où l’uniforme a tendance à être réservé qu’à certains corps de métiers (police, militaire, pompier, etc.), la mode s’est bien jouer de tous ses artifices pour attirer le consommateur. Il est parfois question de remettre l’uniforme dans les écoles, preuve s’il en est que le vêtement a une signification même inconsciente. Dans certaines écoles ou certaines formations professionnelles, l’uniforme ou l’habit professionnel est de rigueur. Je pense en particulier aux sections de l’hôtellerie ou des formations propres à la mécanique ou aux machines-outils. Quel satisfaction de voir des jeunes fiers de leurs tenues et fiers de leurs formations.

 

La nudité n’est pas étrangère à la Bible. Elle apparaît dès le troisième chapitre de la Genèse.

 

La nudité est le signe du dépouillement total. Pensons à la dénudation de Saint François d’Assise : «la conversion de saint François se clôt sur la scène célèbre de sa dénudation complète au tribunal de l’évêque d’Assise, pour signifier son renoncement à l’héritage paternel. Dans les premières décennies de l’histoire franciscaine, l’acte de dénudation a été perçu comme un événement central, ainsi que le confirme sa présence dans les légendes de saint François du XIIIe siècle, qu’elles soient écrites ou figurées. On peut alors essayer de comprendre cette emprise sur la mémoire franciscaine en abordant simultanément la scène au regard des enjeux identitaires qui concernent l’ordre (pauvreté évangélique) et selon une approche anthropologique de la dénudation publique et volontaire, manifestée ici comme une transgression admirable, fondatrice d’un nouveau régime de vie et de vérité.»

 

 

Ancien Testament :

Après leur désobéissance, Adam et Eve virent qu’ils étaient nus : «Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s'en firent des pagnes». (Gn 3,7).

La constatation de leur nudité et par conséquent leur gêne les éloigne de Dieu. Adam s’est caché lorsque Le Seigneur l’appelle : L'homme répondit : «Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché.» (Gn 3,10)

Dieu ne les laisse pas revêtu de leurs feuilles de figuier. Il les restaure dans leur dignité. Il leur fait des vêtements. Le premier couturier n’est autre que Dieu lui-même (avec un tel devancier, les grands couturiers peuvent s’accrocher) : «Le Seigneur Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit». (Gn 3,21)

En faisant des habits pour l’homme et la femme, Dieu les remets en situation de dignité. Ils peuvent de nouveau se tenir devant Dieu et se regarder l’un l’autre sans honte, ni peur, ni convoitise.

 

La nudité de Noé, issue d’une soif mal comblée (il est ivre), est cause de pêché : «20Noé, homme de la terre, commença à planter une vigne. 21Il but du vin, s’enivra et se coucha nu au milieu de sa tente. 22Cham, père de Canaan, regarda son père qui était nu et il le raconta à ses deux frères qui étaient dehors. 23Mais Sem et Japhet prirent un manteau à deux, ils le mirent sur leurs épaules, puis ils marchèrent à reculons et couvrirent leur père qui était nu. Leurs visages étaient tournés en arrière pour ne pas regarder la nudité de leur père (Gn 9,20-23). Cette nudité de Noé aura pour conséquence, selon plusieurs interprétations conjointes, du développement de l’esclavage des Cananéens puis la justification de l’esclavage.

 

L’histoire de Joseph, fils de Jacob et de Rachel, est intéressante à plus d’un titre. Elle est aussi significative dans la symbolique du vêtement.

Joseph est dépouillé de son vêtement princier par ses frères avant d’être vendu comme esclave :

«Dès que Joseph arriva auprès de ses frères, ils lui arrachèrent la tunique à manches qu’il portait (Gn 37,23).

Il sera dépouillé de son vêtement par la femme de son maître : «Alors elle le saisit par son habit et lui dit : “Couche avec moi !” Mais il lui laissa son habit dans la main et sortit en courant. Quand elle vit qu’il s’était enfui dehors en lui laissant son habit dans la main […]» (Gn 39,12-13). Victime d’une machination, il sera jeté en prison. De là l’épisode de l’interprétation des songes de l’échanson et du panetier.

En Gn 41,14, Joseph se voit restauré dans sa dignité et reçoit un nouveau vêtement pour venir devant Pharaon et lui interpréter son rêve (les vaches grasses et les vaches maigres) : «Pharaon envoya donc chercher Joseph. Vite, on le sortit de la prison ; on le rasa et il changea de vêtements pour se présenter devant le Pharaon

Pharaon en fit son second pour régenter l’Egypte : «Alors le Pharaon enleva son anneau pour le passer au doigt de Joseph, il le revêtit d’habits de lin fin et mit un collier d’or à son cou.» (Gn 41,42)

Joseph donna des vêtements de rechanges à ses frères pour leurs longs voyages aller-retour entre l’Egypte et Israël : «Joseph leur fournit des chariots selon l’ordre du Pharaon et il leur donna des provisions pour la route. Il leur donna à tous des vêtements de rechange, mais il donna à Benjamin 300 pièces d’argent et cinq vêtements de rechange (Gn 45,21-22)

 

Le prophète Tobie invite à partager les habits avec ceux qui sont nus : «Partage […] tes habits avec ceux qui sont nus. Donne généreusement de tout ce que tu as en abondance et, lorsque tu fais l’aumône, ne regrette rien». (Tb 4,16b)

 

 

Nouveau Testament :

guerison_d_un_demoniaque_bourdon-a9558.jpgL’épisode de la guérison d’un possédé en pays païen est intéressant sur ce point. Luc précise au début du récit que l’homme de la ville «depuis longtemps [il] ne portait plus de vêtement» (Lc 8,27). Une fois les démons chassés, «l’homme dont les démons étaient sortis, qui était vêtu et dans son bon sens» (Lc 8,35).

En Matthieu (Mt 8,28-34), il est fait mention de deux démoniaques mais rien sur les vêtements.

Dans sa description du possédé, Marc ne dit rien sur son aspect extérieur sinon que «personne ne pouvais plus le lier, même avec une chaîne» (Mc 5,3) «il avait rompu les chaînes et brisé les entraves» (Mc 5,4). Ce n’est qu’à la fin de son récit que nous apprenons que le «démoniaque [était] assis, vêtu et dans son bon sens» (Mc 8,15).

Le ou les démoniaques, selon le récit retenu, sont hors de la vie sociale (ils sont nus). Après que les démons ont été chassés, l’ancien possédé est restitué dans sa dignité, il est dans son bon sens et il est vêtu. Il peut avoir une vie sociale. Il est réintégré dans le village.

 

Un témoin de l’arrestation de Jésus s’enfuit tout nu : «Mais lui s’enfuit tout nu, laissant le drap entre leurs mains.» (Mc 14,52) (Entendons : la mort ne le retient pas prisonnier)

 

Jésus a été dépouillé de ses vêtements avant d’être mis en croix. Les soldats romains se sont répartis ce «butin» : «Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort» (Lc 23,34b).

 

Des exorcistes ambulants qui s’essayaient à guérir sous le nom de Jésus sont agressés par un esprit mauvais et s’enfuient nus et blessés (Ac 19,13-16).

 

 

Saint Vincent de Paul :

La distribution d’habits est inhérente à toute action des Lazaristes et des Filles de la Charité. En 1650 ou 1651, des Lazaristes rapportent à Saint Vincent : « Nous avons distribué les ornements pour les églises, et les couvertures et habits pour nos malades. SV IV,131).

 

Face aux codes vestimentaires, forts à son époque, Saint Vincent de Paul est soucieux de l’apparence des Dames de la Noblesses, les Dames de la Charité, qui vont servir les pauvres dans les Hôtel Dieu. Il y voit une délicatesse vis-à-vis de la personne aidée. Il ne faut pas mettre mal à l’aise celui qui reçoit notre aide. L’attention aux pauvres, c’est veiller à le respecter et ne pas l’écraser par l’apparence de celui qui le sert. Servir sans écraser, servir sans humilier, servir par amour. Dans le petit livret que Vincent a écrit à leur attention, sur la question de l’habillement, il leur demande : «De s'habiller le plus simplement qu'elles pourraient aux jours qu'elles iraient à l'Hôtel-Dieu, afin de paraître sinon pauvres avec les pauvres, au moins fort éloignées de la vanité et du luxe des habits; et cela pour ne pas faire peine à ces pauvres infirmes, lesquels voyant les excès et superfluités des personnes riches, se contristent ordinairement davantage de ce qu'ils n'ont pas pour eux les choses même qui leur sont nécessaires» (Abelly, Biographie de Saint Vincent, tome I p. 137)

 

Il introduit le conseil (Rencontre hebdomadaire entre Sainte Louise de Marillac, Saint Vincent de Paul et les Filles de la Charité. Ces conseils permettaient de débattre de la vie des Filles de la Charité et des moyens à mettre en œuvre.) des Filles de la Charité du 5 juillet 1646 en ces termes : «Cela posé, il est question, mes filles, de voir si celles qui sont dans la Compagnie usent bien de leur habit et de leur coiffure et si elles s’en servent de la façon qu’elles doivent, et s’il ne se glisse point quelque chose de ce qu’elles ne doivent pas. Car la Fille de la Charité qui se relâchera à ne point porter sa coiffure en la forme qu’elle doit être, et qui y aura complaisance, témoignera qu’elle a l’esprit rempli de quelque chose qui n’est point de Dieu, parce que, si elle en était vraiment et qu’elle n’eût point d’autre désir que de lui plaire, elle aurait soin de se tenir en la manière qu’il la demande. Au contraire, si, appliquant ses soins à s’accommoder de quelque façon qui ne lui est point convenable et qui lui est avantageuse, elle le fait souvent et même y continue, oh ! il est aisé à juger que c’est pour plaire à quelque autre ; ce qui serait un grand, un très grand mal.»(SV XIII,604)

 

 

Pour agir aujourd’hui :

Une expérience est menée depuis 1995 par l’association de réinsertion Inservet (http://inservet72.free.fr/). Créé par la volonté du Secours Catholique du Mans en partenariat avec l'association intermédiaire Partage, Inservet a remplacé le Vestiaire du Secours Catholique. Ses missions qui lui ont été attribuées sont de deux ordres : aider au dépannage vestimentaire des personnes en difficultés financières et être un acteur de l'insertion en permettant à des femmes en difficulté de travail de développer des parcours d'insertion afin de s'insérer plus facilement dans le monde du travail.

Ses moyens d'activité sont la récupération, le tri et la redistribution de vêtements moyennant une participation financière modeste.

 

C’est une grande joie pour moi de voir des jeunes de lycées s’engager à collecter les vêtements dans leurs familles et entourages pour Inservet. Pour eux qui sont baigné dans le paraître, la marque de vêtement, la mode aussi éphémère que consommatrice, que consummatrice. Cette initiative de partage et de regard sur soi est créatrice de prise de conscience. Savoir regarder les vêtements que l’on porte et prendre conscience qu’il n’y a pas forcément utilité à avoir 10 chemises dans son armoire. Prendre conscience qu’avec 9 ou même 8 il ne nous manquera rien et nous pouvons en donner 1 ou 2. C’est par ce don que le donateur s’enrichira et se libèrera de ses chaînes.

 

D’autres organismes de collectes existent, d’autres attitudes d’achat et de gestion de sa propre garde-robe est à créer.

 

 

 

«quant à l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu seras condamné à mourir» (Gn 2,17) Pour comprendre ce verset, permettez une image : que votre garagiste vous dise que vous risquez l’accident si vous n’entretenez pas les freins de votre voiture, vous ne comprenez pas que c’est le garagiste qui produiras l’accident… L’homme sera condamné à mourir non pas parce qu’il a désobéis mais parce que c’est la conséquence même d’avoir mangé. Ce n’est pas Dieu qui punit, c’est une conséquence de l’acte.

Damien Boquet, «Écrire et représenter la dénudation de François d’Assise au XIIIe siècle», Rives méditerranéennes, n° 30, 2008, http://rives.revues.org/2333#annexe (cf annexe 2)

D’après la traduction Bible des Peuples

Gn 37-50

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

Gn 41,1-36

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

Mt 8,28-34 ; Mc 5,1-20 ; Lc 8,26-39

Matthieu ne voit pas double. Alors qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes d’origine juive il utilise ce procédé littéraire pour attester du fait établi. En parlant de deux aveugles, il appuie le fait que la guérison est bien établie, qu’elle est factuelle. Selon le Deutéronome, pour qu’un acte soit établi, il faut présenter deux ou trois témoins : «Quelle que soit la faute commise, un seul témoin ne pourra accuser un homme pour un crime ou un péché, quel qu’il soit ; la chose sera réglée sur la parole de deux ou trois témoins» (Dt 19-15).

«L’homme qui avait cet esprit mauvais se jeta sur eux, les maîtrisa tous les deux et les brutalisa de telle manière qu’ils s’enfuirent nus et blessés.» (Ac 19,16) (Traduction la Bible des Peuples)

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Published by Jean-Pierre - dans Bible - Exégèse
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Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216