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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 08:42

yvesNon pratiquant… un choix personnel ?

Père Yves Grosjean, le Lien, mars avril 2011

Ensemble Paroissial en Cote d'Or, diocèse de Dijon

 

www.paroisse-sombernon.info

 

 

Ce matin-là, Alphonse n'est pas content, il en voulait à la terre entière. Tout y passait, le gouvernement, les élus qui n'avaient rien fait, les capitalistes du groupe auquel la supérette qui venait de fermer appartenait, les actionnaires qui s'en mettent plein les poches… Alphonse est révolté, c'était le dernier commerce du village et il est fermé. Comment vont faire les vieux ? Eux qui, contrairement à Alphonse, ne pouvaient pas chaque semaine aller faire le plein dans un hypermarché de la ville voisine. La supérette était bien pratique pour se dépanner en cas de manque ou d'oubli. Depuis dix ans qu'elle était ouverte, il avait bien dû y acheter une plaquette de beurre et une tranche de jambon. Comment fera-t-il la prochaine fois qu'il en aura besoin ? Et quand on lui fait remarquer que ce n'était pas grâce à lui que la supérette faisait son chiffre d'affaires, il se mettait à parler des autres qui auraient dû…, qui auraient pu… ! Ah oui, les autres ! Lui avait ses raisons, de bonnes raisons ! Il pouvait expliquer ! Mais les autres, pourquoi n'avaient-t-ils rien fait ?

 

Nous sommes libres de nos choix, mais certains ont un impact plus large, retentissent bien au-delà de l'individu, et touchent toute une communauté. De la même façon qu'Alphonse a fait un choix qui touche son village tout entier, le choix que font nombre de baptisés de ne pas pratiquer a des conséquences sur l'ensemble de la communauté chrétienne. Quand je parle de pratique, je pense bien sûr au dimanche, mais aussi d'une façon plus générale à la vie de la communauté chrétienne locale.

 

L'expression "chrétien non pratiquant" n'a aucun sens. Baptisé non pratiquant à la rigueur, et chacun est libre de faire ce choix. Mais être chrétien, c'est être disciple de Jésus, en d'autres termes écouter et mettre en application sa Parole, qui nous invite à aimer notre Dieu, à aimer nos frères et à faire et vivre ce qu'il a lui-même fait lors de son dernier repas (ce qui deviendra la messe actuelle).

 

Les conséquences sont multiples. En voici quelques-unes. Au plan personnel, retour au paganisme à cause d'une image de Dieu qui n'a plus rien à voir avec ce qu'annonce l'Evangile, et porte ouverte à l'influence des sectes et des gourous modernes. Perte totale de la Foi en deux générations, y compris les enfants catéchisés qui se rendent compte que leurs parents n'y accordent aucune importance. Assemblées de soi-disant chrétiens où l'on constate que les uns sont devenus incapables de faire un geste aussi simple que le signe de croix, ou de réciter le Notre Père. Au plan de la vie de l'Eglise, transmission de la Foi de plus en plus difficile du fait que peu de gens acceptent cette mission, difficultés matérielles dues à la baisse des revenus (quêtes, Denier de l'Eglise qui suffisent à peine au fonctionnement des paroisses et à la vie des prêtres dont le nombre en cesse pourtant de diminuer), diminution du nombre de prêtres (il est tellement plus facile de vouloir supprimer le célibat ou d'ordonner des femmes plutôt que de se dire que les prêtres sont pour une écrasante majorité issus de familles pratiquantes). Au plan de la vie du monde, moins de chrétiens engagés dans le service des plus démunis, des malades (n'oublions pas que la Croix-Rouge a été créée par un chrétien, que les premiers hôpitaux ouverts à tous étaient tenus par des religieux).

 

Et pourtant, ce sont les mêmes non-pratiquants qui sont les plus exigeants : on veut un prêtre pour l'enterrement, on veut tel jour, telle heure, tel lieu pour la messe de notre association, notre mariage, notre baptême. Et si le prêtre essaye d'expliquer pourquoi c'est impossible, on crie au scandale comme Alphonse face à la fermeture de sa supérette. Nous sommes libres de nos choix, encore faut-il en accepter les conséquences. Les autres ne seront pas toujours là pour faire et faire vivre l'Eglise à notre place.

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commentaires

Daniel BICHET 04/05/2011 23:34


j'aime beaucoup cette comparaison avec la supérette !
Il est bon de temps en temps de placer "les gens" devant leurs responsabilités, et ce texte me semble une bonne manière de le faire.
M'autorisez-vous à en utiliser des passages, ou en tout cas l'idée,dans une prochaine homélie ?
merci !


Q.C.M.

Q.C.M.KTO.jpg
Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216