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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 10:50

Père René Tatu, 19.01.1920 – 10.01.2011

 

René TatuAncien élève de Maîche, il aura été pour les générations de Maîtrisiens passés par Faverney dans les années 1950-1960, « le » professeur de philosophie qui aura laissésur eux une empreinte ineffaçable.

 

René Tatu a vu le jour à Laviron (Haut-Doubs), avant-dernier enfant d’une famille qui en compta dix. Très jeune, il manifeste le désir d’être prêtre et, à 12 ans, il entre au Petit séminaire de Maîche.

 

Après le baccalauréat, en 1938, il étudie la philosophie à Faverney puis la théologie au Grand séminaire de Besançon.

 

Mobilisé le 15 juin 1940 et envoyé dans les Chantiers de jeunesse (à Eparon, près de Grenoble), il revient clandestinement en zone libre et se cachera ensuite pour échapper au STO.

 

Ordonné prêtre le 4 juin 1944 par Mgr Dubourg, il est envoyé à l’Institut catholique de Paris où il obtient une licence de philosophie scolastique et médiévale.

 

Désormais, c’est dans les séminaires, au service de la formation des jeunes qu’il exercera la plus longue partie de son ministère : successivement à Faverney (23 ans), à Villers-les-Nancy (1 an), à Lons-le-Saunier (3 ans), à Dijon (17 an) et enfin au Grand séminaire de Besançon (2 ans).

 

Durant ses années dijonnaises, il avait assuré l’aumônerie de l’hôpital de La Trouhaute, où son sens de l’écoute et de l’accueil, son attention aux personnes et une profonde modestie l’avait fait vivement apprécier des malades et des soignants.

 

Avec quel soin, il préparait ses interventions, ses homélies et ses conférences aux médecins catholiques qui l’avaient sollicité !

 

Nommé curé de Nancray et d’Osse en 1988, il avait pris sa retraite au presbytère de Nancray en 1997, choyé par la communauté paroissiale.

 

(Père Jean-Marie Dufay, en l’église de Nancray le 13 janvier 2011)

 


 

Homélie du Père Léon Paillot

Le « testament » de René Tatu : l’amour des gens

(Mt 25,31)

 

Un Père de l’Église, je crois, a dit que cette parabole de Matthieu, qui clôt l’enseignement de Jésus, juste avant les jours où il sera arrêté, jugé et mis à mort, est comme son « testament ». Si j’ai demandé que ce texte soit lu le jour des obsèques de René, c’est que lui-même, mon ami, m’a confié la charge de vous le transmettre comme son propre testament.

 

Depuis le 25 novembre, jour où il a été hospitalisé une première fois jusqu’à dimanche dernier, veille de sa mort, nous avons correspondu par téléphone, de manière plus ou moins régulière…

 

La première fois que nous avons pu avoir une communication intelligible, il m’a déclaré que « ce Matthieu avait tout dit du destin de Jésus et de notre propre destin, en retransmettant cette parabole du jugement final et que là était le texte le plus important de toute la Bible ». Il a précisé : « on n’est pas chrétien parce qu’on est baptisé, comme le prétend l’Église, mais uniquement si l’on a mis en pratique l’une des recommandations du Christ dans ce passage d’Évangile. En s’approchant d’une manière ou d’une autre de tous ceux qui sont dans le besoin : ceux qui ont faim, froid, soif, ceux qui sont nus ou en prison, les étrangers, les malades et les exclus… tous ceux qui ont besoin de nous. »

 

René s’est alors interrompu et m’a demandé : « Alors ! Tu ne contestes pas ? C’est la première fois que tu ne contestes pas ! » Je me suis empressé de le faire, comme nous en avions l’habitude depuis

 

des dizaines et des dizaines d’années. Ce qui fut toujours pour moi un plaisir et pour lui, je crois, un besoin, nécessaire pour préciser sa propre pensée. Car, depuis des années, il travaillait à un livre, dont les pages s’amoncelaient et dont il avait déjà trouvé le titre, « La raison ardente » - ce qui, précisait-il, était un vers d’Apollinaire.

 

Bref, ce jour-là fut le premier d’une série de discussions qui tournèrent toujours sur le même sujet, auquel il tenait et sur lequel il revenait quotidiennement jusqu’à ce dernier dimanche : on n’est pas chrétien, parce qu’on est baptisé ni par ce qu’on croit, mais par ce qu’on fait ; par nos attitudes et nos manières de vivre.

 

Cette idée, René l’a développée à plusieurs reprises, avec argumentation à l’appui. Il citait la critique que fait Jésus des scribes et des pharisiens de son temps : « Ils disent, mais ne font pas ». Et il ajoutait : la critique vaut aussi pour nous, ministres de la Parole, si nos actes ne coïncident pas avec nos enseignements.

 

Car Jésus ne se présente pas d’abord comme celui qui enseigne par des discours, mais comme celui qui, par toute sa conduite, par toutes ses attitudes, est proche des petits.

 

Aux disciples de Jean-Baptiste qui viennent l’interroger de la part du précurseur, il répond : « Allez dire à Jean ce que vous voyez et entendez : les boiteux marchent, les sourds entendent, etc… » - des actes par lesquels on reconnaît que Jésus est vraiment « celui qui doit venir. »

 

 

Enfin, argument dernier dans la bouche de René, la déclaration de l’apôtre Pierre lorsqu’il est amené à parler de Jésus devant le centurion Corneille et ses camarades, à Césarée. A ces premiers païens désireux de connaître Jésus, Pierre se contente de dire que cet homme « est passé parmi nous en faisant le bien. ».

 

Pour René, c’était suffisant et c’était l’essentiel. Paradoxalement, il ajoutait que ce jugement, rapporté comme une parabole de Jésus, est un jugement universel – qu’il concerne tout homme, quelles que soient sa race, sa religion, sa nationalité. Quelles que soient ses convictions !

 

En vous rapportant ainsi l’essentiel de nos discussions régulières depuis plus d’un mois, je crois pouvoir vous livrer le testament de René.

 

Mais ce testament, vous en êtes tous partiellement dépositaires, vous qui l’avez fréquenté, connu, aimé, admiré. Vous d’abord, membres de sa famille. L’une de ses nièces, soeur Marie-Christophe, m’a dit un jour : « J’ai souvent eu l’impression que, pour lui, j’étais “unique”. Mais, au fond, je crois que chacun de nous était, pour lui, réellement unique »…

 

 

HOMMAGES D’ANCIENS ELEVES

 

Quand je rencontrais l’un ou l’autre de ses nombreux anciens élèves, c’était l’unanimité : je n’ai jamais entendu la moindre critique ; mais toujours l’expression d’une admiration et d’une entière reconnaissance. Ils sont tellement nombreux les prêtres de nos diocèses, aujourd’hui encore en activité, qui lui ont témoigné leur affection et leur admiration. Il en est de même pour ceux qui ne sont pas devenus prêtres mais qui ont bénéficié de son enseignement.

 

 Il fut plus qu’un “prof” et même qu’un excellent prof de philo. L’un de ses anciens élèves m’avait dit, il y a quelques années : « Au catalogue des saints, il y a, je crois, un saint Grégoire l’Illuminateur. Pour ma part, j’ai toujours considéré l’abbé Tatu, mon prof de philo, comme “l’Illuminateur” »…

 

Vous en savez quelque chose, vous, les gens de Nancray, dont il fut si proche depuis plus de vingt ans. Vous pourriez dire comme moi – mieux que moi – combien vos relations de proximité étaient étroites. Et combien vous aimiez le recevoir lorsqu’il s’invitait, en toute simplicité, à la fin du jour, pour l’apéro et quelques minutes de cordialité. Le plaisir qu’il en ressentait, il me l’a dit souvent.

 

C’était un jour de l’été dernier. Nous avions évoqué le souvenir de notre ancien confrère Jean Garneret, qui fut le père et l’initiateur des “Maisons comtoises”. Et comme je lui disais que si le village de Nancray est désormais célèbre – car tout le monde dit : «Ah, les Maisons comtoises !»

– c’est grâce à Jean Garneret, René m’avait alors rappelé le petit bouquin que celui-ci avait écrit jadis, intitulé « L’amour des gens ». Ce qui, à ses yeux, résumait toute la vie et la mission de ce prêtre.

 

L’amour des gens : n’est-ce pas le grand testament que René nous laisse et nous confie, au jour où il nous quitte…

 

Saint Jean de la Croix, commentant l’évangile du jugement, nous laisse le mot de la fin : « Au soir de cette vie, tu seras examiné sur l’amour… »

 

René Tatu, notre « vieux prof » des années 1961-63, demeure pour moi un regard, un sourire, un accueil bienveillant, attentif à tous et à chacun. Il fut, durant toute ma carrière universitaire, l’archétype du « bon prof », d’un idéal à imiter.

 

Il avait l’art, par sa clarté limpide, son humour et sa rigueur, de faire étudier les pages les plus arides de l’histoire de la philosophie. Qui ne se rappelle les « psalmodies » des fameuses formules de logique aristotélicienne et scolastique de R. Verneau ou la critique de la raison pure ?

 

Il venait toujours à nos réunions d’anciens. A la dernière, en 2010, il s’était excusé, en nous rappelant le diagnostic de son médecin qui lui avait donné « une date de péremption »… Mais c’était, avait-il écrit, pour son pacemaker et non pour lui…

 

Il n’y aura, j’en suis sûr, pour ses anciens étudiants aucune péremption, aucun oubli. Par les souvenirs qu’il laisse, par les esprits et les têtes qu’il a initiés à un jugement libre et rigoureux, par sa manière de présenter la démarche philosophique, il a certainement été pour moi, l’un des principaux maîtres qui m’a permis d’enseigner, de façon libre et critique, durant plus de quarante ans à la Faculté de théologie catholique de Strasbourg. Je lui dois beaucoup et je ne suis pas le seul…

 

Merci à René Tatu qui est maintenant sous le regard du Verbe, Lumière et Sagesse.

 

Alexandre FAIVRE, Strasbourg

Prêtre du diocèse de Belfort-Montbéliard

(en retraite à Valentigney)

église de Nancray, le 13 01 2011.

 

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Cardinal Roger Etchegaray
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