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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 03:24

Le père Zanotti, un curé qui ne mâche pas ses mots

  http://delamoureneclats.fr/index.html#m=1&t=p&a=2011_2012    

 

  Le père Zanotti-Sorkine, un poète en soutane.

INTERVIEW du Figaro - Dans son livre Au diable la tiédeur, le père Zanotti dit ce qu'il pense du mariage homosexuel, de l'Eglise de France et de la place du prêtre dans la cité. 

En exergue de son nouveau livre, le père Zanotti-Sorkine cite Saint-Exupéry: «À la tête de ma cité, j'installerai des prêtres et des poètes ; ils feront s'épanouir le cœur des hommes.» Ce ministre de l'Église catholique est aussi un artiste des mots,un prêtre qui, en chaire, réveille ses ouailles de son verbe grave, vivant et vibrant ; un poète en soutane, intrépide, qui prêche au bistrot et dans la rue. Dans Au diable la tiédeur, il secoue les clochers de France comme des cocotiers. Avec une liberté qui n'est pas du goût de tous, il appelle l'institution ecclésiastique à sortir de sa torpeur, dans le sillage du pape Benoît XVI : «Debout les prêtres et tous les passionnés du Christ» ! Une voix qui plaira à ceux qui aiment être dérangés.


 

LE FIGARO. - Vous dénoncez la tiédeur de l'Église. Pourtant évêques et prêtres montent au front contre le projet de loi sur le mariage homosexuel ?

ZANOTTI. - Ce n'est pas la tiédeur de l'Église que je vise, Dieu m'en garde! Le pape est brûlant et avec lui bien des serviteurs de l'Évangile. Ce que je dénonce, c'est le risque pour les prêtres (et ce risque, je le sens poindre en moi) de mener une vie pastorale entièrement tournée vers des communautés plus ou moins mourantes, sans être tourmentés par la brebis perdue, que dis-je, par les troupeaux entiers de brebis et d'agneaux qui à l'heure présente s'éloignent de plus en plus du bercail de l'Église et mettent en péril, je le crois, jusqu'à leur bonheur le plus temporel. Le monde a besoin de la présence quotidienne du prêtre. Il faut qu'on le voie dans les rues, qu'on le reconnaisse, qu'on entende sa voix dans les bars et dans les magasins, qu'il prenne sans complexe sa place de guide et de père ; il n'est pas un homme de structures, il est un apôtre, ne l'oublions pas, et le repli, c'est le fruit de la tiédeur! Quant aux évêques qui prennent position sur les lois qui se préparent, ils ne font que leur devoir !

 

Ces prises de position ne manquent-elles pas de charité envers les personnes homosexuelles?

Le discours des évêques est toujours très respectueux et très prudent. Cependant, il est fort possible que leur délicatesse ne soit pas reçue et que leur point de vue crée des ravins plus que des ponts. Ils n'y seront pour rien. Néanmoins, il me semble qu'il serait bon que les évêques et les prêtres, tout en défendant le mariage - le plan initial de Dieu mis en œuvre par une société qui a suivi pendant des siècles le bon sens (au sens fort) de la loi naturelle - rappellent aussi que ceux qui empruntent d'autres voies - parce qu'ils ne l'ont pas choisi et qu'ils ne peuvent pas faire autrement - sont infiniment aimés de Dieu. Leur créateur et Père a un projet pour chacun d'eux !

 

Vous voulez parler de ceux qui sont attirés par les personnes de leur sexe ?

Ces personnes, qui portent en elles le désir de «l'amitié de similitude», terme qu'employaient les grecs et que je préfère à celui d'homosexualité, sont des enfants de Dieu et ne sont pas laissées en bord de route. Elles ne sont pas condamnées non plus à ne pas aimer. Leurs vies, en toutes leurs composantes, peuvent être réussies, surtout dans la mesure où leurs cœurs se tourneraient vers Jésus et Marie qui les aiment comme ils aiment tous les hommes de la terre, sans faire de différence aucune, s'adaptant à leur être sans doute plus que nous, rêvant de les guider sur un chemin juste et beau. Voilà ce que je crois que nous devrions dire avant toute autre considération, nous qui, normalement, à cause du Christ, estimons chaque personne au-delà de ses caractéristiques particulières. Si tous les hommes se regardaient entre eux avec le regard profond du Christ, personne ne se sentirait exclu, floué dans ses droits, et chacun serait heureux de la place qu'il occupe sans rêver d'en occuper une autre qui, en l'occurrence, ne lui va pas. Mais dans ce débat, ce qui me révolte aussi c'est de voir les êtres se définir ou être définis en fonction d'une tendance, fût-elle déterminante ! A bas les groupes, à bas les chapelles ! Vive les hommes qui se ressemblent beaucoup plus qu'on ne le croit !

 

Benoit XVI a proclamé docteur de l'Église une grande poétesse visionnaire, Hildegarde de Bingen, qui écrivait que «lorsque l'homme pèche le cosmos souffre». Vous sentez-vous proche de cette femme du XIIe siècle qui sermonnait l'empereur et les prélats ?

Enfin! Sainte Hildegarde sort de sa cuisine où on l'avait consignée en raison de ses bonnes recettes, pour rejoindre ses amies Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et Thérèse de Lisieux! Enfin, cette grande dame à l'âme ardente va venir secouer notre tiédeur! C'est incroyable de voir à quel point les saints, et peut-être plus encore les saintes, sont épris de vérité, la défendent bec et ongles, et usent pour cela d'une liberté souveraine. Rien ne les effraie: pas même l'autorité à qui, Hildegarde, en grande obéissante dira ses quatre vérités. Les saints nous sont donnés pour qu'on leur ressemble, non? Aujourd'hui, il semblerait qu'il ne faille jamais prononcer un mot plus haut que l'autre au nom de la charité et de l'unité! Mais quelle erreur! Il n'y a rien de pire que de rester dans notre jus sans jamais être remis en cause par une voix prophétique!

 

Vous consacrez un chapitre de votre livre à la sensibilité, déplorant que le catholicisme l'ait reléguée au vestiaire, préférant s'adresser à la raison qu'au cœur. La foi peut-elle s'exprimer par la littérature ?

L'idée pure, aussi juste soit-elle, les conceptions les plus élaborées, ne peuvent passer dans l'intelligence humaine qu'à condition que la caisse de résonance de la sensibilité soit touchée! Il ne s'agit pas d'émouvoir et de faire sortir les mouchoirs, il s'agit de faire descendre le beau, le vrai, à l'intérieur de l'homme, jusque dans ses viscères. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si le Christ parlait en paraboles et multipliait les images jusqu'à vouloir mourir sur une croix et créer ainsi une représentation visuelle capable d'accrocher le regard et le cœur. Oui, que les artistes et les romanciers nous bouleversent avec des suites de mots qui n'expliquent pas seulement, mais qui soulèvent la sensibilitas, et que les prêtres marchent aussi dans cette voix à l'instar de leur Maître jusqu'à ce que la vérité à travers leurs paroles ou leurs écrits se fasse palpable.

 

«Au diable la tiédeur», de Michel-Marie Zanotti-Sorkine, Robert Laffont, 190 p., 14,90.

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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216