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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 07:30

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Qu’est-ce qu’un chef ?

Famille Chrétienne n° 1895 du 10 au 16 mai 2014

Propos recueillis par Pascal Sonvalle

 

Education. L’autorité vue par le général Bruno Venard, qui a exercé pendant quarante ans au sein de l’armée du génie.

 

 

On a beaucoup de mal aujourd’hui à cerner la définition de l’autorité. Est-ce une qualité innée ou acquise ?

Notre Histoire a beaucoup influencé notre vision de l’autorité. Sous l’Ancien Régime, le royaume connaissait trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état. L’autorité était détenue par les nobles. C’est à eux qu’allait être confié le commandement des régiments du roi. Dans le même temps, les familles nobles mettaient souvent un point d’honneur à associer cette autorité à l’héritage moral de la famille. On peut dès lors imaginer qu’il s’agissait d’une autorité innée. Je pense néanmoins qu’elle était acquise : ces nobles y étaient éduqués dès la petite enfance.

 

Sans doute cette éducation à l’autorité ne se fait-elle plus ou se fait-elle moins (à de très rares exceptions près). En tout cas, elle est moins visible et elle est étouffée par l’état d’esprit « égalitariste », qui ne sais pas mettre en valeur les qualités spécifiques de chaque personne.

 

Pensez-vous qu’on puisse éduquer à l’autorité ?

Aujourd’hui, cette question est un peu piégée dans la mesure où, pour beaucoup, il y a une confusion entre le commandement des hommes et l’autorité de la personne qui commande. L’autorité est une qualité propre à la personne, alors que le commandement est attaché à la fonction qu’on exerce. Son exercice peut donc s’acquérir.

 

Par exemple, en nommant un garde-chiourme à la tête d’un secteur de prison, vous ne lui demandez pas autre chose que d’exercer une pression suffisante sur ceux qu’il doit surveiller pour obtenir le résultat recherché. Ainsi, ce gardien exerce un commandement, si les moyens de l’exercer lui sont donnés. C’est pourquoi les soviétiques et les nazis n’ont eu aucune peine à trouver des gardiens efficaces pour leurs camps de concentration ou leurs goulags.

 

On peut donc exercer un commandement sans pour autant exercer une vraie autorité ?

Oui. Pour reprendre mon exemple, à l’inverse d’un garde-chiourme, un vrai chef doit savoir reconnaître que ses subordonnés ont une conscience d’hommes libres. Et concrètement, tenir compte de leur personnalité. Le chef doit même faire en sorte que les ordres donnés leur laissent une marge d’initiatives susceptibles d’enrichir les missions qui leur sont confiées. Les personnes subalternes ne sont pas des robots qui exécutent, mais des personnes libres qui vont obtenir des résultats allant peut-être même au-delà des espérances de celui qui a commandé.

 

Napoléon avait très bien compris cela quand il confiait des missions à ses généraux : il était très strict dans ses ordres, mais il les laissait libres de prendre des initiatives pour obtenir la victoire. Quand Lannes, avec toute sa fougue, dirigeait une charge de cavalerie, le résultat était au rendez-vous. Même si une bataille est préparée de la façon la plus minutieuse possible, il y aura toujours besoin que des subordonnés prennent des initiatives qui aillent dans le sens de la mission qui leur a été confiée.

 

L’autorité n’a donc pas peur de laisser à l’autre une part de liberté ?

L’exemple historique le plus convaincant, c’est Louis XIV. Voilà vraiment un roi qui avait de l’autorité. Au moment où il y avait de très grands risques d’invasion anglaise en Bretagne, eh bien, il est allé chercher, j’allais dire son pire ennemi de l’époque au sens politique moderne (cet homme était en opposition frontale à son égard, et ne cessait de critiquer les impôts en appelant à réformer l’Etat), à savoir Vauban. Son pire ennemi, mais aussi la personne la mieux placée dans le royaume pour mener correctement cette campagne et organiser victorieusement la défense des côtes contre les Anglais.

 

Cet exemple nous montre qu’un homme d’autorité n’a pas peur de faire appel à des personnes dont il apprécie les compétences plutôt qu’à des « béni-oui-oui ». Le Roi-Soleil n’a pas eu peur ; il savait qu’avec Vauban il serait capable de ramener des paysans et des artisans pour défendre la France, en Bretagne. Il a effectivement réussi à empêcher une invasion qui aurait été terrible pour le pays.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui s’apprête à prendre des responsabilités ?

Le jeune qui arrive à un poste de responsabilité doit d’abord être compétent pour être respecté, afin de créer un climat de confiance avec ses subordonnés. Ensuite, il doit être très attentif aux réactions de ceux qui l’entourent, supérieurs et subalternes.

 

C’est ce qu’avait très bien compris le centurion dans l’Evangile. Que dit-il au Christ ? « Moi qui suis un subalterne, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : « Va » et il va ; à l’autre : « Viens » et il vient ; et à mon esclave « Fais ceci », et il le fait ». Ce centurion se sait dans une chaîne hiérarchique, et il obtient la confiance de ses subordonnés. Ce n’est sans doute pas forcément par pure amitié (l’exercice du commandement du centurion se faisait aussi en fonction de moyens répressifs très sévères en cas de désobéissance). Mais il sait qu’il doit susciter cette confiance pour que l’action qui va suivre ses ordres se déroule pour le mieux –voire mieux que ce qu’il avait ordonné.

 

Notez aussi que le centurion fait appel à Jésus pour guérir son esclave. Ce chef prend donc soin de ses subordonnés.

 

Il n’y a pas d’autorité sans attention aux autres ?

L’être humain ne peut s’épanouir qu’en équilibrant sa croissance « interne » nourrie par ses relations « externes ». Regarder autour de soi, écouter le monde extérieur, c’est une attitude de prudence de chaque personne qui ne se contente pas de se « protéger » des agressions externes, mais qui accepte la confrontation au monde externe avec cran (et donc sans écran). Il faut tenter sans cesse d’évacuer son égoïsme, de reconnaître ses insuffisances –mais aussi ses qualités. En un mot, avoir une grande humanité et foncer.

 

Un chef doit regarder à la fois ses supérieurs (« Moi qui suis un subalterne ») et (surtout) ses subordonnés, dont il doit percevoir les qualités et les défauts. Il est scandaleux de voir certains responsables donner (volontairement ou par insouciance ?) des missions inadaptées à leurs subordonnés, faisant appel à des qualités que ces derniers n’ont pas ou ne leur fournissant pas les moyens nécessaires. Cela arrive souvent, hélas. Il doit se montrer lucide, ni flagorneur avec les supérieurs, ni condescendant avec les subalternes.

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Questions de société
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216