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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 05:55

chut10.jpg

 

Nous sommes constamment devant des choix à faire. Sachant que le mal est extérieur à l’homme, que l’homme est libre, il a la possibilité de choisir le bien, de vivre heureux. Mais, chut ! c'est un secret... Le monde ne le sait pas encore.

 

Un texte de la Bible éclaire cette question. Il est tiré du livre de Ben Sirac le Sage. Wikipédia présente ce livre en ces termes :

“Le Siracide, appelé aussi l'Ecclésiastique ou encore La Sagesse de Ben Sira, est l'un des livres sapientiaux de l'Ancien Testament écrit vers 200 avant J.-C. Le Siracide tient son nom de son auteur, Jésus Ben Sira (Ben Sira, Ben Sirakh, Ben Sirach)”. Marie Noëlle Thabut nous éclairera sur ce texte :

 

Ben Sirac le Sage 15,15-20

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle.

Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix.

Car la sagesse du Seigneur est grande, il est tout-puissant et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes.

Il n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher.

 

 

Commentaire de Marie Noëlle Thabut :

Ben Sirac le Sage nous propose ici une réflexion sur la liberté de l'homme ; elle tient en trois points : premièrement, le mal est extérieur à l'homme ; deuxièmement l'homme est libre, libre de choisir de faire le mal ou le bien ; troisièmement, choisir le bien, c'est aussi choisir le bonheur.

 

Premièrement, le mal est extérieur à l'homme ; cela revient à dire que le mal ne fait pas partie de notre nature, ce qui est déjà une grande nouvelle ; car si le mal faisait partie de notre nature, il n'y aurait aucun espoir de salut, nous ne pourrions jamais nous en débarrasser. C'était la conception des Babyloniens par exemple ; au contraire la Bible est beaucoup plus optimiste, elle affirme que le mal est extérieur à l'homme ; Dieu n'a pas fait le mal et ce n'est pas lui qui nous y pousse. Il n'est donc pas responsable du mal que nous commettons ; c'est le sens du dernier verset que nous venons d'entendre : «Dieu n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher». Et quelques versets avant ceux d'aujourd'hui, Ben Sirac écrit : «Ne dis pas, c'est à cause du Seigneur que je me suis écarté... Ne dis pas le Seigneur m'a égaré». 

 

Si Dieu avait fait d'Adam un être mélangé, en partie bon en partie mauvais, comme l'imaginaient les Babyloniens, le mal ferait partie de notre nature. Mais Dieu n'est qu'amour, et le mal lui est totalement étranger. Et le récit de la chute d'Adam et Eve, au livre de la Genèse, a été écrit justement pour faire comprendre que le mal est extérieur à l'homme puisqu'il est introduit par le serpent ; et il se répand dans le monde à partir du moment où l'homme a commencé à se méfier de Dieu. 

 

On retrouve la même affirmation dans la lettre de Saint Jacques : «Que nul, quand il est tenté, ne dise 'Ma tentation vient de Dieu'. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et il ne tente personne.» Autrement dit, le mal est totalement étranger à Dieu, il ne peut pousser à le commettre. Et Saint Jacques continue : «Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit.» (Jc 1,13-17). 

 

Deuxième affirmation de ce texte : l'homme est libre, libre de choisir le mal ou le bien : cette certitude n'a été acquise que lentement par le peuple d'Israël, et pourtant, là encore, la Bible est formelle. Dieu a fait l'homme libre. Pour que cette certitude se développe en Israël, il a fallu que le peuple expérimente l'action libératrice de Dieu à chaque étape de son histoire, à commencer par l'expérience de la libération d'Egypte. Toute la foi d'Israël est née de son expérience historique : Dieu est son libérateur ; et petit à petit on a compris que ce qui est vrai aujourd'hui l'était déjà lors de la création, donc on en a déduit que Dieu a créé l'homme libre.

 

Et il faudra bien que nous apprenions à concilier ces deux certitudes bibliques : à savoir que Dieu est tout-puissant et que, pourtant, face à lui l'homme est libre. Et c'est parce que l'homme est libre de choisir, qu'on peut parler de péché : la notion même de péché suppose la liberté ; si nous n'étions pas libres, nos erreurs ne pourraient pas s'appeler des péchés.

 

Peut-être, pour pénétrer un peu dans ce mystère, faut-il nous rappeler que la toute-puissance de Dieu est celle de l'amour : nous le savons bien, seul l'amour vrai veut l'autre libre. 

 

Pour guider l'homme dans ses choix, Dieu lui a donné sa Loi ; cela devrait donc être simple. Et le livre du Deutéronome y insiste : «Oui, ce commandement que je te donne aujourd'hui n'est pas trop difficile pour toi, il n'est pas hors d'atteinte. Il n'est pas au ciel : on dirait alors 'Qui va, pour nous, monter au ciel nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?' Il n'est pas non plus au-delà des mers ; on dirait alors : 'Qui va, pour nous, passer outre-mer nous le chercher, et nous le faire entendre pour que nous le mettions en pratique ?' Oui, la parole est toute proche de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur, pour que tu la mettes en pratique.» (Dt 30,11-14).

 

Troisième affirmation de Ben Sirac aujourd'hui : choisir le bien, c'est choisir le bonheur. Je reprends le texte : «La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix... Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu, étends la main vers ce que tu préfères». Pour le dire autrement, c'est dans la fidélité à Dieu que l'homme trouve le vrai bonheur. S'éloigner de lui, c'est, tôt ou tard, faire notre propre malheur. On dit de manière imagée que l'homme se trouve en permanence à un carrefour : deux chemins s'ouvrent devant lui (dans la Bible, on dit deux « voies »). Une voie mène à la lumière, à la joie, à la vie ; bienheureux ceux qui l'empruntent. L'autre est une voie de nuit, de ténèbres et, en définitive n'apporte que tristesse et mort. Bien malheureux sont ceux qui s'y fourvoient. Là encore on ne peut pas s'empêcher de penser au récit de la chute d'Adam et Eve. Leur mauvais choix les a entraînés sur la mauvaise voie.

 

Ce thème des deux voies est très souvent développé dans la Bible : dans le livre du Deutéronome, particulièrement ; «Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande aujourd'hui d'aimer le SEIGNEUR ton Dieu, de suivre ses chemins, de garder ses commandements, ses Lois et ses coutumes... Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le SEIGNEUR ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui.» (Dt 30,15...20). 

 

D'après le thème des deux voies, nous ne sommes jamais définitivement prisonniers, même après des mauvais choix, puisqu'il est toujours possible de rebrousser chemin. Par le Baptême, nous avons été greffés sur Jésus-Christ, qui, à chaque instant, nous donne la force de choisir à nouveau la bonne voie : c'est bien pour cela qu'on l'appelle le Rédempteur, ce qui veut dire le «Libérateur». Ben Sirac disait «Il dépend de ton choix de rester fidèle». Baptisés, nous pouvons ajouter « avec la force de Jésus-Christ».

 

 

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Published by Jean-Pierre - dans Prières - Méditations
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Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
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Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216