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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 19:41

Avec l´Avent commence l´année liturgique 2016-2017 au cours de laquelle on lira l´Évangile de Matthieu. Comment est-il composé ? Quelle est sa théologie ? Quelles sont les différences avec les autres évangiles ? Voici les questions qui seront posées à nos deux invités, Odile Flichy, docteur en théologie, enseignant l´exégèse du nouveau testament au Centre Sèvres, facultés jésuites de Paris, et soeur Yara Matta de l´Institut catholique de Paris.

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 20:01

Pour la Semaine Sainte, Marie-Noëlle Thabut vous propose une méditation en 5 épisodes sur le Sacrifice dans la Bible.

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 13:46

 

 

La fête du Christ-Roi, célébrée cette année le dimanche 23 novembre, signe la fin de l'année liturgique et le début d'une nouvelle. La réforme liturgique issue du concile Vatican II, en voulant restituer la lecture de l'Écriture lors des célébrations, a engendré un cycle d'année A-B-C correspondant à l'Évangile de Matthieu, de Marc et de Luc. Le dimanche suivant cette fête du Christ-Roi (le premier dimanche d'Avent), nous passerons de l'année A à l'année B, et donc l'Évangile de saint Marc sera à l'honneur lors de cette nouvelle année liturgique.

 

C'est l'occasion pour "La Foi prise au Mot" de se pencher sur cet Évangile et son auteur.

Que sait-on de lui et du contexte de son écriture ?

Quelle est la théologie qui est à l'oeuvre ?

Comment bien lire cette oeuvre de Marc ?

 

Pour mieux comprendre les ressorts et les particularités propres à ce texte, deux biblistes sont là pour nous éclairer : le père Camille Focant, prêtre du diocèse de Namur, professeur d'exégèse du Nouveau Testament à l'université catholique de Louvain, et le père Gérard Billon, responsable du service biblique catholique "Évangile et Vie".

 


 

 

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:53

Nous voici au terme de notre réflexion commencée il y a maintenant 8 semaines.

batailles.jpg

Et maintenant, que faire ? :

A l’heure où j’avais commencé à écrire quelques lignes pour cette médiation, le but était d’encourager les Vincentiens à enraciner leur agir dans la Parole de Dieu. Quelques semaines après et quelques heures d’écriture et de médiation, la conclusion prendra une nouvelle forme. Si la première partie reste la même : quelques moyens pour enraciner notre agir dans la Parole de Dieu, une seconde partie verra le jour en lançant une invitation à ce que cette médiation, cet enracinement dans la Parole de Dieu prenne vie dans l’agir quotidien au service de son prochain et des plus pauvres en particulier. Se mettre à la suite du Christ évangélisateur des pauvres, à la manière de Saint Vincent de Paul, de Sainte Louise de Marillac et du Bienheureux Frédéric Ozanam… Vaste programme… que chacun imaginera selon ses moyens, ses capacités et ses goûts. Pour ce qui est des moyens d’agir, j’en ai largement parlé dans les pages précédentes, je n’y reviendrai pas, sinon qu’à travers les paroles de Jean Anouilh tiré du film «Monsieur Vincent» ( http://lagedorducinemafrancais.blogspot.fr/2012/11/monsieur-vincent-de-maurice-cloche-1947.html).

 

 

Fidèle à la lecture de la Bible :

Je vous propose ici quelques moyens pour être fidèle à lecture de la Parole de Dieu (liste non limitative). Cette fidélité à la lecture de la Parole de Dieu est essentielle pour comprendre l’action de Dieu dans notre monde, pour comprendre notre vocation chrétienne dans ce monde tant aimé de Dieu (Jn 3,16a : «Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique»). Cette fidélité est essentielle. Notre évêque, Monseigneur Yves Le Saux nous le rappelle : «Si nous nous laissons visiter, travailler par les textes que nous lisons, notre vie peut en être modifiée» (Lettre pastorale "Que votre bonté soit connue de tous les hommes", Mgr Yves Le Saux, 19 octobre 2013).

 

Que chacun choisisse le ou les moyens qui lui correspondent et lui permette de se laisser interpeller par la Parole de Dieu :

Au sein des conférences, ou même lors de chaque rencontre d’équipe, veiller à être fidèle à la spiritualité (à la SSVP, les réunions commencent et se termines par un temps de prière).

Sur le diocèse du Mans : participer aux équipes Quo Vadis

Prière et médiation du chapelet

Eucharistie dominicale et quotidienne quand on le peut

Prière de la liturgie des heures

Lire une page de la Bible ou des Evangiles chaque jour (dans une Bible, le lectionnaire, les revues liturgique (prions en Eglise ou autres))

Il existe des sites internet qui envoient par mail ou par SMS un verset biblique pour chaque jour.

 

A chacun de trouver le ou les moyens qui lui conviennent, seul ou en groupe.

 

 

J’ai écrit ces lignes parce que je suis convaincu que, pour un chrétien, étudier la Bible sans agir n’est rien et qu’agir sans reposer son action sur la Parole de Dieu n’est rien.

 

 

Fidèle à l’engagement :

Du côté du service, soyons tranquille, ne cherchons ni prétextes ni excuses, nous ne ferons jamais assez. La tâche est immense. Ne culpabilisons pas par avance et ne nous décourageons pas par avance, nous n’y arriverons pas. A ceux qui se découragent, je leur dit «grenouille» (cf parabole des grenouilles cliquez ici) ou encore la phrase de Mark Twain (qui a grandement inspiré Frère Roger de Taizé) : «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait».

Jésus lui-même l’a dit : «Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous» (Mt 26,11a) et il nous a dit également : «chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait» (Mt 25,45) Allons-nous refuser d’agir auprès du Christ ? C’est impensable.

 

De grâce, ne nous empêchons pas d’agir et n’empêchons pas les autres d’agir avec nous, ou sans nous ou même encore différemment de nous. Encourageons, Agissons, Mobilisons-nous. Debout ! Nous devons OSER ! En vous le disant, c’est avant tout à moi que je le dit, comme tout ce qui est contenu dans ce livret.

 

 

Découvrir son Saint Vincent et sa Sainte Louise

A l’image de Saint Vincent et de Sainte Louise, je souhaite à chacun de trouver une Sainte Louise ou un Saint Vincent qui lui permette d’avancer et de se mettre au service des plus pauvres. J’entends par là deux choses : première approche : avoir un saint de référence qui nous pousse à la réflexion et à l’agir. D’aucuns parleront de «mentor» (Guide attentif et sage, conseiller expérimenté). Pour moi, c’est Saint Vincent de Paul. Je l’ai rencontré au Lycée Saint Bénigne de Dijon les 6 et 7 juin 1978 à la rue du Bac de Paris. Depuis, Saint Vincent de Paul (et la famille vincentienne) m’a apporté une manière particulière de comprendre l’Evangile et me donne les moyens d’agir aujourd’hui. Depuis que je le connais, je n’ai jamais quitté cet esprit Vincentien. Je précise au passage que l’esprit Vincentien n’est pas un slogan mais un engagement de toute une vie. Je n’ai toujours pas fini de découvrir toute la richesse de cet esprit. Une vraie force spirituelle qui pousse à agir.

Deuxième approche : connaître (le mot est faible) une personne dans son entourage proche avec qui la relation est forte, pratiquement une communion et une complémentarité dans la compréhension et dans l’agir. C’est une relation particulière, unique peut être. Agir ensemble, comme saint Vincent et sainte Louise, toute proportion gardée bien entendu […].

 

 

«Nous sommes terriblement négligents !»

Depuis que je suis dans la famille vincentienne, ça fait plus de 35 ans, j’ai toujours été très touché par le film «Monsieur Vincent» de Maurice Cloche. C’est un film fort dans son ensemble. Le dialogue final entre la reine Anne d’Autriche et Monsieur Vincent apporte un regard humble sur l’engagement. Ce dialogue porte toutes les valeurs de l’engagement et de l’encouragement, toujours agir, toujours se mobiliser, faire toujours plus.

 

 vincent.jpg

 

Voici comment Maurice Cloche et Jean Anouilh décrivent la scène :

À la suite d'un malaise, la Reine Anne d’Autriche a retenu Monsieur Vincent, après la réunion du Conseil de Conscience. Tous deux sont assis devant un immense feu de cheminée. La Reine demande :

«Et Nous, Monsieur Vincent ?... Nous qui n'avons pensé qu'à notre plaisir, à notre appétit de jouissance ? et qui, sans vous, aurions toujours gardé fermés nos yeux ?... J’ai tout voulu, Monsieur Vincent, et j’ai eu tout : l’or et la puissance, et puis l'amour. Tout ce que rêvait la petite Infante autrefois dans son Escurial : le plus beau royaume du monde, le plus bel amour, eût-elle risqué de perdre son royaume pour lui ; les plus beaux diamants, elle les a eus... Mais, entre cette petite fille avide et cette vieille reine lourde de gloire et de bijoux, qui rêve en ce moment en face de vous, il me semble maintenant qu'il n'y a eu qu'un grand songe vide : je n'ai rien fait !...

Répondez-moi, vous qui n'avez pensé qu'à donner, vous qui avez renoncé au bonheur et à la puissance toujours, vous qui avez bâti autre chose que de vains palais, qu'une vaine gloire : sentez-vous, au seuil de la mort, ce grand trou vide derrière vous, vous aussi ?

— Oui, Madame, je n'ai rien fait.

— Que faut-il alors faire dans une vie, Monsieur, pour faire quelque chose ?

— Davantage, Madame !... Nous sommes terriblement négligents !...»

 

 

Si Saint Vincent n’a «rien fait» alors qu’avons-nous fait ?

 

 

Pour le dire autrement, ne soyons pas obnubilé par le tombeau vide alors que le Christ ressuscité se tient devant nous (Jn 20,15-16 : «Jésus lui dit : “Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?” Elle croit que c’est le jardinier, et elle lui répond : “Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as déposé, que j’aille le prendre.”  Jésus lui dit : “Marie !” Et elle se retourne et lui dit en hébreu : “Rabbouni !” C’est-à-dire : Maître !»).

 

Se tourner vers notre prochain, c’est participer à la vie. Le fait d’aider son prochain est facteur de vie. Pour celui qui reçoit, c’est évident. Ce qu’il reçoit l’aide à vivre. Pour celui qui donne, il reçoit bien plus. Il reçoit le sens de sa vie. Plus grand est le cadeau que fait le pauvre à celui qui lui donne parce qu’en recevant, il donne sens à la vie de celui qui donne.

 

Quoi de plus beau que de recevoir le sens à notre vie ?

 

 

Retroussons nos manches, mettons la main à la pâte et travaillons à la Solidarité, travaillons à la Charité.

 

entraide.png

 

 

 

* * * * * * * * * *

 

 

Un jour, dit une légende amérindienne,

il y eut un immense incendie de forêt.

Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait,

allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :

«Colibri ! Tu n’es pas fou ?

Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !»

 

Et le colibri lui répondit : «Je le sais, mais je fais ma part.»

 

 

 

A chacun de répondre à ces deux questions :

 

Qu’elle est ma part ?

 

Quels sont les moyens que j’utilise pour remplir ma part ?

 

 

 

 

Sœur Emmanuelle aimait interpeller ses interviewers par cette question :

«et toi, qu’as-tu fait aujourd’hui pour les pauvres ?»

 

 

* * * * * * * * * *

 

Je termine par une citation de l’Ancien Testament du prophète Tobie pour l’exercice de la charité :

 

«Donne généreusement de tout ce que tu as en abondance

et, lorsque tu fais l’aumône, ne regrette rien».

(Tb 4,16c)

 

 

Que cette clausule puisse nous fortifier tous et chacun.

Donnons sens à notre vie.

 

 

 

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 09:14

Se mettre en ordre de marche :

Nous lisons souvent trop vite les textes bibliques. Prenons le temps de les méditer, de nous laisser pétrir par la Parole de Dieu.

 

Avez-vous remarqué un verbe au tout début du récit biblique de Mt 25 ? Je voudrai attirer votre attention sur ce verbe. Un verbe est utilisé au tout début de l’épisode du jugement dernier pour caractériser l’action du Fils de l’homme. Ce verbe rappelle, comme je l’ai annoncé dans l’introduction, la création du monde selon le premier chapitre de la Genèse.

 

Reprenons le texte de Saint Matthieu. Le berger fait une action particulière avec son troupeau mélangé. Vous l’avez compris, il «sépare»(Mt 25,32) les brebis des chèvres. Il met les brebis à droite et les chèvres à gauche.

 

Ce verbe «séparer», c’est ce verbe qui est utilisé pour décrire la création. Nous le rencontrons à plusieurs endroits :

 

- Dieu sépare la lumière et les ténèbres : «Dieu sépara la lumière des ténèbres» (Gn 1,4)

- Dieu sépare les eaux : 06 Et Dieu dit : «Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il sépare les eaux.» 07 Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi». (Gn 1,6-7)

- Dieu sépare le jour et la nuit : Et Dieu dit : «Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu'ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années.» (Gn 1,14)

 

Cette action de «séparer» n’est pas une action d’isoler. Ce n’est pas de l’apartheid. Au contraire, c’est une action d’ordonnancement. Dieu met de l’ordre dans la création qui était tohu-bohu (Gn 1,2a : «2La terre était informe et vide […]» וְהָאָרֶץ, הָיְתָה תֹהוּ וָבֹהוּ). Dieu met de l’ordre dans la vie des hommes avant d’entrer dans le Paradis. Il n’est pas difficile de voir que dans nos vies il y a des choses qui ne tiennent pas devant le regard de Dieu. Que j’aimerai être passé au crible pour me nettoyer… de passer l’or de ma vie au feu de la forge pour en bruler les impuretés («car l'or est vérifié par le feu, et les hommes agréables à Dieu, par le creuset de la pauvreté. » (Ben Sirac le Sage, 2,5)). Eh ! Mais, n’est-ce pas ce que nous appelons «le sacrement de Réconciliation» (quand nous sommes encore en pèlerinage sur terre) ?

Quoi qu’il en soit, avant de paraître face à Dieu, il faudra bien abandonner les scories de nos vies. Il sera nécessaire d’abandonner ce qui est mal dans nos vies, de s’en séparer, pour ne garder que ce qui est bien, ce qui est beau pour vivre en Dieu.

 

Dieu met en ordre de marche la création. Il nous met en ordre de marche pour vivre en communion avec son dessein sur la Création. Tout comme il demande à Moïse de mettre le peuple en ordre de marche pour sortir d’Egypte : «26Ce sont eux, Aaron et Moïse, qui reçurent du Seigneur cet ordre : “Faites sortir d’Égypte les fils d’Israël, en ordre de bataille !”» (Ex 6,26)

 

 

Nous pouvons dire que cette invitation au service des plus démunis est un acte participatif à la création du monde. En pratiquant la solidarité, la charité, nous participons à l’acte créateur de Dieu. C’est aussi participer à l’ordonnancement du peuple de Dieu, à sa mise en route.

 

Alors, marchons !

 

 

* * * * * * * * * *

Trinite.jpg

Abraham, Saint Vincent de Paul, Bienheureux Frédéric Ozanam

En introduction à ma conclusion, je vous renvoie au texte de la Genèse à la rencontre d’Abraham avec le Seigneur au chêne de Mambré :

 

«1Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l'entrée de la tente. C'était l'heure la plus chaude du jour. 2Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Aussitôt, il courut à leur rencontre, se prosterna jusqu'à terre et dit: 3«Seigneur, si j'ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t'arrêter près de ton serviteur. 4On va vous apporter un peu d'eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre. 5Je vais chercher du pain, et vous reprendrez des forces avant d'aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur !» Ils répondirent : «C'est bien. Fais ce que tu as dit.» 6Abraham se hâta d'aller trouver Sara dans sa tente, et il lui dit : «Prends vite trois grandes mesures de farine, pétris la pâte et fais des galettes.» 7Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer. 8Il prit du fromage blanc, du lait, le veau qu'on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d'eux, sous l'arbre, pendant qu'ils mangeaient. 9Ils lui demandèrent : «Où est Sara, ta femme ?» Il répondit : «Elle est à l'intérieur de la tente.» 10Le voyageur reprit : «Je reviendrai chez toi dans un an, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils.» Or, Sara écoutait par derrière, à l'entrée de la tente. 11(Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara était vraiment une vieille femme.) 12Elle se mit à rire silencieusement ; elle se disait : «J'ai pourtant passé l'âge de l'amour, et mon seigneur est un vieillard !» 13Le Seigneur Dieu dit à Abraham : «Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : 'Est-ce que vraiment j'aurais un enfant, vieille comme je suis ?' 14Y-a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment fixé, je reviendrai chez toi, et dans un an, Sara aura un fils.» 15Saisie de crainte, Sara se défendit en disant : «Je n'ai pas ri.» Mais le Seigneur répliqua : «Si, tu as ri.» 16Les hommes se levèrent pour se rendre à Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire. 17Le Seigneur s'était dit: «Est-ce que je vais cacher à Abraham ce que je veux faire ? 18Non, car Abraham doit devenir une nation grande et puissante, et toutes les nations de la terre doivent être bénies en lui. 19En effet, je l'ai choisi pour qu'il ordonne à ses fils et à sa descendance de garder le chemin du Seigneur, en pratiquant la justice et le droit, afin que le Seigneur réalise ce qu'il avait promis en faveur d'Abraham.» (Gn 18,1-25)

 

 

Abraham était en prière, en extase, il était en présence du Seigneur (Gn 18,1). Lorsqu’apparaît les trois visiteurs, il quitte sa prière pour les servir. C’est ainsi qu’il rencontre le Seigneur. Abraham a quitté Dieu pour rencontrer Dieu, selon la formule chère à Saint Vincent de Paul.

 

Cette formule, Saint Vincent de Paul l’utilise à l’adresse des Filles de la Charité. Il expliquait qu’il ne faut point se culpabiliser de quitter la prière commune pour aller servir les pauvres car ce n’est rien d’autre que de «quitter Dieu pour Dieu. Saint Vincent de Paul souligne par-là que l’importance de la charité est une manière, sinon LA manière, de rencontrer Dieu.

 

Voici les paroles de Saint Vincent :

Saint Vincent«O mes filles, pour la consolation de celles qui sont dans des emplois difficiles, je vous dirai qu’il ne faut pas de retardement en ce qui est du service des pauvres. Si, à l’heure de votre oraison, le matin vous devez aller porter une médecine, oh ! allez-y en repos ; après un acte de résignation a la sainte volonté de Dieu, offrez-lui votre action, unissez votre intention à l’oraison qui se fait à la maison ou ailleurs, et allez-vous-en sans inquiétude.

Si, quand vous serez de retour, votre commodité vous permet de faire quelque peu d’oraison ou de lecture spirituelle, à la bonne heure ! Mais il ne vous faut point inquiéter, ni croire avoir manqué, quand vous la perdrez ; car on ne la perd pas quand on la quitte pour un sujet légitime. Et s’il y a un sujet légitime, mes chères filles c’est le service du prochain. Ce n’est point quitter Dieu que quitter Dieu pour Dieu, c’est-à-dire une œuvre de Dieu pour en faire une autre, ou de plus grande obligation, ou de plus grand mérite. Vous quittez l’oraison ou la lecture, ou vous perdez le silence pour assister un pauvre, oh ! sachez, mes filles, que faire tout cela, c’est le servir. Quelle consolation a une bonne Fille de la Charité de penser : «Je vais assister mes pauvres malades, mais Dieu agréera cela au lieu de l’oraison que je devrais faire à présent», et de s’en aller gaiement où Dieu l’appelle ! »(SV IX,319)

 

Je me permets de souligner la phrase qui est souvent omise quand on site «quitter Dieu pour Dieu», Saint Vincent y met une condition : «Si, quand vous serez de retour, votre commodité vous permet de faire quelque peu d’oraison ou de lecture spirituelle, à la bonne heure !». Pour Saint Vincent et donc pour nous s’il est bon que savoir quitter Dieu pour Dieu, il n’en est pas moins important de faire son oraison et de fréquenter la Parole de Dieu. L’exercice même de la charité ne peut devenir le prétexte de ne plus aller à la messe ou de ne plus prier ou de ne plus fréquent la Parole de Dieu. C’est en fréquentant la Parole de Dieu, c’est en étant assidue à la prière quotidienne, c’est en répondant à l’invitation Eucharistique que nous pourrons être sensible à la rencontre du pauvre. Cette rencontre sera l’occasion de servir le Christ lui-même.

 

Ce n’est pas par hasard si le Bienheureux Frédéric Ozanam et ses amis ont voulus que chaque rencontre des conférences commence et se termine par la prière et la méditation de la Parole de Dieu. Je ne peux donc que vous encourager à persévérer dans cette règle de vie. Tout en sachant quitter Dieu pour Dieu et tout en sachant rencontrer Dieu dans sa Parole et dans les pauvres.

 

Le témoignage de la vie du Bienheureux Frédéric Ozanam peut nous donner les moyens d’agir. Je site un travail de Paulette Leblanc : «En fait, la pensée politique et sociale d'Ozanam est beaucoup moins le fait d'un théoricien que d'un chrétien vivant sa foi: c'est l'esprit du plus rayonnant des fondateurs de la Société de Saint-Vincent de Paul, qui veut donner à son Église un visage fraternel, la rendre attentive à toutes les misères, afin de les soulager temporellement et spirituellement. Peu de catholiques libéraux ont lié, à ce point, leur religion personnelle à leurs préoccupations sociales.

ozanamA bien des reprises, Frédéric demande à ses correspondants que l'esprit social l'emporte chez eux sur les opinions et les théories politiques. C'est qu'il voudrait unir, pour le soulagement des innombrables misères, tous ceux qui tendent à un monde plus solidaire. Dans sa pensée, les chrétiens doivent se placer en première ligne, puisque leur religion elle-même est à base de fraternité et d'esprit de sacrifice.

Quand il réclame l'égalité, c'est-à-dire la justice sociale, Frédéric n'a garde de lui opposer la Charité chrétienne: à ses yeux, ces deux principes, loin de s'annuler l'un l'autre, s'harmonisent : « 'ordre de la société repose sur deux vertus: justice et charité. Mais la justice suppose déjà beaucoup d'amour; car il faut beaucoup aimer l'homme pour respecter son droit, qui borne notre droit, et sa liberté, qui gêne notre liberté. Cependant la justice a ses limites;  la charité n'en connaît pas... La Charité c'est le Samaritain qui verse l'huile dans les plaies du voyageur attaqué. C'est à la justice de prévenir les attaques."» (http://voiemystique.free.fr/ozanam_vie_07.htm)

 

 

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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 12:44

Champaigne eccehomo

 

6ème et dernière situation : être prisonnier :

Nous pouvons être prisonniers parce que nous avons mal agit ou parce que nous sommes persécutés. Certains sont prisonniers parce que tenus en otage, etc.

 

Par définition même, le prisonnier est mis à l’écart de la vie sociale.

Visiter le prisonnier (autrement dit s’occuper de lui, en prendre souci), c’est prendre soin de lui, c’est lui signifier qu’il fait toujours partie de la communauté humaine, quoi qu’il ait fait, quel que soit son état d’esprit.

 

 

Ancien Testament :

Dieu est avec Joseph lorsqu’il était prisonnier dans les geôles du Pharaon : «Mais Le Seigneur était avec Joseph, et il continua de le favoriser, de sorte que Joseph fut bien considéré par le chef de la prison» (Gn 39,21)

 

Le prophète Daniel sera emprisonné dans une fosse, victime de la vindicte des Babyloniens. Il est vrai que Daniel venait de brûler leur idole et tuer le dragon qui leur servait de divinité. «Ils le jetèrent dans la fosse aux lions et il y resta six jours» (Dn 14,31)

 

Le prophète Jérémie sera jeté dans une citerne : «11 L’armée des Kaldéens s’était éloignée de Jérusalem en apprenant l’avancée de l’armée du Pharaon.  12 Jérémie sortit alors de Jérusalem pour se rendre au pays de Benjamin afin d’y partager un héritage avec les siens. 13 Arrivé à la porte de Benjamin, il tomba sur un chef des gardes du nom de Yiréyaï, fils de Chélémyas fils de Hananyas. Celui-ci arrêta le prophète Jérémie en lui disant : “Tu cherches à passer aux Kaldéens !”  14 Jérémie répondit : “Ce n’est pas vrai, je ne vais pas passer aux Kaldéens.” Mais celui-ci refusa de l’écouter. Yiréyaï arrêta donc Jérémie et le conduisit aux chefs.  15 Les chefs se mirent en colère contre Jérémie et le frappèrent, puis ils l’enfermèrent dans la maison du scribe Yonathan, qu’on avait transformée en prison.  16 Jérémie fut enfermé dans un cachot voûté et il resta là de nombreux jours.» (Jer 37,11-16)

 

 

Nouveau Testament :

Nous voyons un prisonnier libéré à la place de Jésus : Barrabas (Lc 23,17)

Jean Baptiste est lui-même prisonnier et persécuté à cause de son message (Mt 14,1-12)

 

 

Les disciples arrêtés et jetés en prison (Ac 4,3).

Hérode Agrippa fait arrêté Pierre, juste pour faire plaisir aux dirigeants Juifs : «3Voyant que cette mesure était bien vue des Juifs, il décida une nouvelle arrestation, celle de Pierre. On était dans la semaine de la Pâque. 4Il le fit saisir, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il avait l'intention de le faire comparaître en présence du peuple après la fête. 5Tandis que Pierre était ainsi détenu, l'Église priait pour lui devant Dieu avec insistance» (Ac 12,3-5). L’attitude de l’Eglise fasse à l’arrestation de Pierre décrite ici par Saint Luc nous inspire notre action aujourd’hui en faveur du Père Georges Vandenbeusch et en faveur de tous les otages à travers le monde ([…] Peut-on méditer ce dialogue rapporté par Christian de Chergé, Prieur des frères cisterciens de Tibhirine assassinés en Algérie. Alors qu’il se posait, en 1994, la question, là aussi, de partir, ou de rester, devant l’accroissement de la menace terroriste, il avait confié à un de ses associés algériens avec qui il travaillait au jardin. «Tu sais Mohamed, nous sommes comme l’oiseau sur la branche. Il nous faudra peut-être partir du jour au lendemain.» L’Algérien lui avait répondu aussitôt : «Oui, sauf que l’oiseau c’est nous et la branche c’est vous. Et si vous partez, à qui nous raccrocherons-nous ?». (Journal La Croix 18 novembre 2013, Isabelle de Gaulmyn)

 

Saint Vincent de Paul :

Saint Vincent de Paul a été nommé par le roi Louis XIV aumônier général des galères par Brevet royal en date du 8 février 1619 (SV XIII,55). Avec Sainte Louise, ils envoient les Filles de la Charité visiter et soigner les forçats condamnés aux galères. Cette vocation est le fruit d’un long cheminement et œuvre de la Providence. Il en souligne la beauté de cette vocation lors d’une conférence aux Filles de la Charité en 1655 :

«[…] Comme il a donc vu que vous aviez embrassé cela avec tant de charité, il a dit : «Je veux encore leur donner un autre emploi.» Oui, mes sœurs, c’est Dieu qui vous l’a donné, sans que vous y eussiez pensé, ni Mlle Le Gras, non plus que moi ; car c’est ainsi que les œuvres de Dieu se font, sans que les hommes y pensent. Lorsqu’une œuvre n’a point d’auteur, on doit dire que c’est Dieu qui l’a faite. Mais quel est cet emploi ? C’est l’assistance des pauvres criminels ou forçats. Ah ! Mes sœurs, quel bonheur de servir ces pauvres forçats, abandonnés entre les mains des personnes qui n’en ont point de pitié ! Je les ai vus, ces pauvres gens, traités comme des bêtes ; ce qui a fait que Dieu a été touché de compassion. Ils lui ont fait pitié ; en suite de quoi sa bonté a fait deux choses en leur faveur : premièrement, il leur a fait acheter une maison ; secondement, il a voulu disposer les choses de telle sorte qu’ils fussent servis par ses propres filles, puisque dire une Fille de la Charité, c’est dire une fille de Dieu. […]» (SV X,125, Conférence du 18 octobre 1655 sur la fin de la Compagnie (Règles Communes, art. 1, 2, 3))

 

 

Pour agir aujourd’hui :

Le service de visite aux prisonniers est particulièrement règlementé en France. Il est possible de devenir visiteur de prison en passant par des associations. Pour devenir visiteur de prison, «Le candidat visiteur (qui doit avoir plus de 21 ans) adresse une demande écrite au Directeur des Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation (DSPIP) du département où est situé l'établissement pénitentiaire choisi.

Dans un délai de 15 jours, le candidat visiteur doit recevoir un accusé de réception de sa demande.

Dans un délai maximum de deux mois après la demande, le Directeur Inter Régional des Services Pénitentiaires (DIRSP) doit permettre au candidat visiteur de commencer son activité (l'éventuel refus de la demande doit être motivé par écrit).»( http://www.anvp.org/58_p_3927/devenir-visiteuse-ou-visiteur-de-prison.html)

 

Croisette.jpg

Dans le diocèse de la Sarthe, l’aumônerie en monde carcéral est présente à la prison des Croisettes.

 

Un contact est établi entre les familles et les prisonniers via une émission radio sur RCF. Une association anime l’émission «Le Téléphone du dimanche». Cette émission se consacre à établir un lien entre familles et amis et personnes incarcérées. Son objectif est de faire passer des messages d’amour, de soutien et d’encouragement dans les prisons par le biais des ondes. Ce sont "les voix de l’extérieur pour ceux qui sont à l’intérieur".(http://www.rcf.fr/radio/rcf72/emission/185650)

 

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Des organismes luttes contre l’enfermement arbitraires, contre la torture et contre la peine de mort. Du côté chrétien nous pouvons noter l’action de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) et du côté international indépendant Amnesty International.

Amnesty International et l’Acat sont indéfectiblement liés. L’Acat étant née suite à l’interpellation d’Amnesty International aux Etats Unis : «et vous les chrétiens, que faites-vous contre la torture ?». Depuis, ce lien ne s’est jamais démentis. L’Acat fonctionne en étroite collaboration avec Amnesty.

 

Le rôle spécifique d’Amnesty International (et donc de l’Acat) tient à ses méthodes : enquêter, informer et mobiliser, à travers les médias et l’espace public, pour mieux faire pression sur les autorités et décideurs.

 

L’Acat a la particularité de rassembler les chrétiens des diverses confessions (catholiques, protestants, orthodoxes). Chaque année, grâce à l’action des militants de l’Acat, plus de 200 personnes voient la fin de leur calvaire (arrêt des tortures, suspension de peine, libérations...). L’action de l’action passe essentiellement par le courrier, la prière et les rencontres œcuménique. Différents moyens d’actions sont proposés : Les appels urgents, l’appel du mois, les actions permanentes et les campagnes de sensibilisation. L’Acat repose sur un seul principe : parler le plus possible d’une personne ou d’une situation. Parce que rendre publique une situation, ça peut tout changer ! Parce que parler d’une personne qui est en danger, ça la protège. Nous en avons la preuve régulièrement.

 

C’est en 1974, le 16 juin, qu’une quarantaine de chrétiens fonde l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) à Versailles, en France.

A l’origine, deux femmes, Hélène Engel et Edith du Tertre, sensibilisées à la question de la torture à la suite d’une conférence d’un pasteur italien revenant du Sud-Vietnam, Tullio Vinay. Il y témoigne des tortures répétées et en appelle aux chrétiens : « Pendant combien de temps, nous, chrétiens, laisserons-nous défigurer le visage du Christ sans réagir ? ». Bouleversées par cet appel et par celui de l'Esprit dont elles venaient de faire l'expérience lors d'un voyage aux Etats-Unis, elles décident de s’engager dans la lutte contre la torture. Elles y consacreront leur vie.

Membres de l’Eglise réformée, elles choisissent de mobiliser particulièrement les chrétiens, parce qu’elles considèrent que le message de l’Evangile est incompatible avec la torture. Elles réunissent autour d’elles quelques amis protestants, catholiques et quakers. Des orthodoxes ne tarderont pas à les rejoindre. La vocation œcuménique, jamais démentie, de l’ACAT est née.

Ce sera donc l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture. Son rôle premier est de répercuter dans les Eglises et les diverses communautés les horreurs perpétrées dans le monde entier.

L’ACAT se donnera pour but de combattre la torture partout dans le monde, sans distinction idéologique, ethnique ou religieuse. Par la suite, l’abolition de la peine de mort sera ajoutée à son mandat, ainsi que la défense du droit d’asile. (http://www.acatfrance.fr/)

 

Son slogan :

Agir est efficace !

Et vous aussi, vous pouvez agir !

Une signature, ça peut tout changer.

 

[...]

Participer à des comités de soutiens aux familles des otages à travers le monde est une manière de signifier notre mobilisation et que leur sort ne nous est pas indifférent.

 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 06:04

5ème situation : la maladie :

La maladie exclue la personne de la vie sociale. Quand nous sommes malades, nous ne pouvons plus agir. La maladie apporte la faiblesse, la dépendance, la mise à l’écart, voire même la mort.

 

La maladie est une altération des fonctions ou de la santé […] On parle aussi bien de la maladie, se référant à l'ensemble des altérations de santé, que d'une maladie, qui désigne alors une entité particulière caractérisée par des causes, des symptômes, une évolution et des possibilités thérapeutiques propres.

 

Un malade est une personne souffrant d'une maladie, qu'elle soit déterminée ou non. La plupart du temps ce terme est utilisé pour désigner un être humain. Lorsqu'il est pris en charge par un médecin ou qu'il reçoit une attention médicale, on parle alors un patient.

 

La santé et la maladie sont parties intégrantes de la vie, du processus biologique et des interactions avec le milieu social et environnemental. Généralement, la maladie se définit comme une entité opposée à la santé, dont l'effet négatif est dû à une altération ou à une dés-harmonisation d'un système à un niveau quelconque (moléculaire, corporel, mental, émotionnel…) de l'état physiologique ou morphologique considérés comme normal, équilibré ou harmonieux.(D’après Wikipédia)

 

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Picasso (1881-1973) - Science et Charité (1897)

 

 

Ancien Testament :

Myriam fut atteinte de la lèpre pour avoir critiqué le mariage Moïse avec une femme africaine. Dieu la rétablis dans son intégrité après 7 jours : Parce que Moïse avait épousé une femme africaine, sa sœur Myriam et son frère Aaron se mirent à le critiquer. Ils disaient : «Est-ce que le Seigneur parle seulement par Moïse ? Est-ce qu'il ne parle pas aussi par nous ?» Le Seigneur les entendit. -Or, Moïse était très humble, l'homme le plus humble que la terre ait porté. -  Soudain, le Seigneur dit à Moïse, à Aaron et à Myriam : «Venez tous les trois à la tente de la Rencontre.» Ils y allèrent tous les trois ; le Seigneur descendit dans la colonne de nuée et s'arrêta à l'entrée de la Tente. Il appela Aaron et Myriam ; tous deux s'avancèrent, et il leur dit : «Écoutez bien mes paroles : Quand il y a parmi vous un prophète du Seigneur, je me fais connaître à lui dans une vision, je lui parle dans un songe. Il n'en est pas ainsi pour mon serviteur Moïse, à qui j'ai confié toute ma maison : je lui parle directement, et non pas en énigmes ; ce qu'il voit, c'est l'image même du Seigneur. Pourquoi avez-vous osé critiquer mon serviteur Moïse ?» La colère du Seigneur s'enflamma contre eux, puis il s'en alla. Quand la Nuée eut quitté la Tente, Myriam était couverte d'une lèpre blanche comme de la neige. Aaron la regarda : elle était lépreuse. Il dit alors à Moïse : «Je t'en supplie, mon seigneur, ne fais pas retomber sur nous ce péché que nous avons eu la folie de commettre. Que Myriam ne soit pas comme l'enfant mort-né dont le corps est à demi rongé lorsqu'il sort du sein de sa mère !» Moïse cria vers le Seigneur : «Mon Dieu, je t'en prie, guéris-la !» (Nb 12,1-3).

 

Naaman, le général Syrien lépreux, est guéris sur l’intercession d’Elisée (2 R 5,1-17).

 

Job, atteint de pustules, reste fidèle à la Parole du Seigneur :

«7Satan se retira de devant le Seigneur et il frappa Job de plaies purulentes, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête. 8Job s’assit alors sur un tas de cendres et ramassa un morceau de poterie pour se gratter. 9Sa femme lui dit : “Vas-tu te maintenir dans ta parfaite fidélité ? Maudis Dieu et meurs !” 10Il lui répondit : “Tu parles comme une insensée ! Si nous acceptons le bonheur que Dieu nous donne, pourquoi n’accepterions-nous pas aussi le malheur ?” En tout cela, Job ne pécha pas en paroles.» (Job 2,7-10)

 

 

Nouveau Testament :

Jésus guérit de nombreux malades. Certains sont relatés dans les Evangiles, d’autres sont tus : «Jésus a fait devant ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas écrits dans ce livre.» (Jn 20,30)

Il ressuscite des morts dont son ami Lazare (Jn 11,1-16)

 

Parmi les guérisons qu’opère Jésus, nous pouvons noter plusieurs guérisons d’aveugles : celui de Bethsaïde (Mc 8,22-26), de Jéricho (Mc 10,46-52), deux aveugles anonymes (Mt 9,27-31) et l’aveugle de naissance (Jn 9,1-41). La femme voûtée (Lc 13,10-17) Les dix lépreux (Lc 17,11-19), l’homme à la main desséchée (Mc 3,1-6), l’enfant épileptique (Mc 9,14-19), l’hydropique (Lc 14,1-6), l’hémorroïsse (Mc 5,24-34), le paralysé de Capharnaüm (Mc 2,1-12), l’oreille tranchée (22, 50-51), la belle-mère de Pierre (Mc 1,29-31), la fille de la Cananéenne (Mc 7,24-30), le serviteur du centurion romain (Mt 8,5-13), les résurrections de Lazare (Jn 11,1-46), de la fille de Jaïre (Mc 5,21-24.35-43) ou du fils de la veuve (Lc 7,11-17).

(http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2009/clb_090227.html).

 

 

Saint Vincent de Paul :

Le soin des galériens malades est une préoccupation de Monsieur Vincent. Il écrit depuis Paris le 20 février 1643 à Bernard Codoing, supérieur à Rome pour présenter l’envoi de Missionnaires à Alger pour s’occuper d’une «espèce d’hopital» pour les galériens :

«Messieurs du Coudray et Boucher partiront dans deux jours pour la Barbarie, et Messieurs Brunet et Candelou avec eux et un frère chirurgien pour faire les missions sur les galères de France ensemblement, et le chirurgien faire diriger une espèce d’hôpital à Alger pour les pauvres galériens, et, par ce moyen, avoir le droit de demeurer là et de s’y comporter à la façon de ceux du Canada. Nous ne pouvons trouver moyen plus efficace pour faire voir la beauté et la sainteté de la religion catholique que celui de l’hospitalité qu’on exerce vers les malades. Je vous prie de recommander cela à Dieu et de n’en point parler.» (SV II,368-369)

 

Lors du Conseil du 5 juillet 1646, aux Filles de la Charité qui se demandaient s’il fallait sortir après diner pour aller visiter les malades, Monsieur Vincent leur répondis :

«Nous avons pour vous induire à cela que la visite des pauvres en soi est une action très agréable à Dieu ; que ces visites peuvent apporter beaucoup d’utilité aux malades, qui peuvent souvent manquer d’instruction et à qui nos sœurs qui portent les remèdes le matin ne se peuvent pas beaucoup arrêter à parler, pour en avoir un très grand nombre à servir ; que cela peut même nous être bien utile, parce que nos sœurs se feront à voir les malades et à leur parler, qu’elles pourront même s’informer si celles qui ont charge de les servir s’acquittent bien de leur devoir.»(SV XIII,607-608)

 

Lors de la conférence du 6 décembre 1658 avec les Lazaristes, Saint Vincent pose la question :

«Est-ce chose qui semble contraire à son procédé de prendre soin de ces filles pour l’assistance des pauvres malades ?»(SV XII,86)

 

Les références au service des malades sont légions dans les écrits de Saint Vincent. Je ne peux donc que vous invitez à lire les écrits ou les biographies sur Saint Vincent de Paul.

 

 

Pour agir aujourd’hui :

Nombreuses sont les associations engagées dans le service de la santé. Il existe pratiquement au moins une association par maladie ou groupe de maladie.

 

Chaque diocèse est engagé au service des personnes malades et leurs familles. Dans le diocèse du Mans, un service diocésain est spécialement dédié à cette tâche, c’est la pastorale de la santé.

 Afsa

Une forme de «maladie» atteint la personne en son entier est la situation de handicap. Les maladies orphelines handicapantes sont légions et peu connue. Parmi celles-ci, je pense en particulier au Syndrome d’Angelman (http://evobio.blog.lemonde.fr/2012/01/30/syndrome-d%E2%80%99angelman-et-empreinte-genomique-parentale/). C’est une maladie génétique rare liée à une anomalie du gène UBE3A porté par le chromosome maternel, ce qui entraîne de graves dysfonctionnements au niveau cérébral et un retard global du développement psychomoteur des personnes atteintes. L’association Française du syndrome d’Angelman (AFSA) soutient et vient en aide aux familles concernées par ce syndrome. (http://www.angelman-afsa.org/). (15 février, journée internationle du Syndrome d'Angelman en cliquant ici)

 

La fondation Jérôme Lejeune (http://www.fondationlejeune.org/) est engagée dans la recherche pour soigner la trisomie 21. En 1959, le Professeur Jérôme Lejeune, médecin et chercheur, a découvert la cause de la trisomie 21. A sa suite, la Fondation Jérôme Lejeune, reconnue d’utilité publique depuis 1996, agit pour les personnes atteintes de maladie génétique de l’intelligence (Trisomie 21, Williams-Beuren, X-fragile, maladie du cri du chat, Smith Magenis, monosomies, retards mentaux inexpliqués…). Au service des malades et de leur famille, la Fondation Jérôme Lejeune poursuit trois objectifs : chercher, soigner, défendre. Elle développe et soutient des programmes de recherche visant la mise au point de traitements pour la trisomie 21 et les autres déficiences intellectuelles d’origine génétique.

 Jérome Lejeune

L’engagement en faveur des personnes porteuses de handicap est primordial là où nos sociétés dites modernes légalisent ou tentent de légaliser l’euthanasie et glissent tout doucement vers l’eugénisme.

 

Soutenir les personnes handicapés et leurs familles ne souffrent aucun délais ni aucune faiblesse. Au regard des pratiques des pays environnants (pour ne pas traverser l’Atlantique), nous nous apercevons que la France est très en retard sur ces voisins européens.

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Se mobiliser pour tout mettre en œuvre pour assurer auprès des personnes handicapées mentales leur propre développement, permettre l'intégration des personnes handicapées mentales dans la société et venir en aide aux personnes et aux familles touchées par le handicap, sont des devoirs pour toute personne, y compris pour l’Etat français. Une association remplis ce rôle à merveille. C’est l’ADAPEI (http://www.adapei72.asso.fr/) (Association Départementale des Amis et Parents de Personnes ayant un Handicap Mental).

 

SV Louise Enfts

Je ne peux passer sur ce chapitre sans parler des enfants d’Ain Karem en Israël. Je leur doit beaucoup. J’ai eu la chance de les servir en 1988-1989. Pendant 10 mois j’étais à leur service dans la maison Saint Vincent à Ain Karem proche de Jérusalem. Ce sont eux qui m’ont fait rencontrer mon épouse. Nous nous sommes connus à leur service. Ces enfants m’ont fait comprendre que la vie est un bien plus précieux que tout l’or du monde. Ils m’ont fait toucher du doigt les secrets de l’humanité. Aujourd’hui encore il est possible d’être Volontaire auprès de ces enfants. Tous les renseignements sont sur le site internet de cette maison.( http://svaka.org/?lang=fr)

 

Militer, soutenir, soigner la personne malade ou en faiblesse. Dire à toute personne «tu as du prix à mes yeux», dire un «je t’aime» à quiconque, c’est cela la dignité de toute personne, quel que soit son état de santé, son origine sociale, son âge, ses capacités. C’est tout le contraire que propose la société avec l’avortement et l’euthanasie.

 

A propos de l’euthanasie, Anne-Dauphine Julliand pose la question suivante : « Quant aux sondages sur l’euthanasie, ils ne proposent pas d’alternative. Tout le monde voudrait mourir dans la dignité — mais comment ? Le choix n’est pas entre l’euthanasie et rien ! Pourquoi ne pose-t-on pas aux Français la question suivante : “Souhaiteriez-vous être accompagné jusqu’à la fin de votre vie et bénéficier de soins palliatifs en cas de douleur extrême ?” La réponse serait très instructive ! Elle permettrait de nuancer les conclusions hâtivement tirées des autres sondages. » (http://valeursactuelles.com/%E2%80%9Ccontre-l%E2%80%99euthanasie-solidarit%C3%A9%E2%80%9D )

 

A chacun de trouver le moyen de mettre en œuvre cette valeur de la dignité humaine.

 

 

 

 

 

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 09:05

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4ème situation : la nudité :

Quand Dieu a créé Adam et Eve, ils étaient nus. Cette nudité n’était pas gênante parce qu’il n’y avait pas encore eu la rupture, la désobéissance. Il n’y avait pas la convoitise de l’objet interdit. Dans une lecture rapide, nous ne retenons que l’interdiction de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, alors que Dieu libère l’homme en lui disant : «Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin» (Gn 2,16).

Nous trouvant après la transgression, donc dans le temps de la conséquence et non de la punition, la nudité éloigne de Dieu et de l’humanité. Une personne qui est nue ne peut être connue. La nudité écarte de la vie sociale. Elle empêche la personne de sortir de chez soi. Personne ne peut la connaître parce qu’elle ne peut pas sortir, elle ne peut pas agir. Et elle ne peut connaître le monde extérieur. Pour être connu, pour agir, il faut être habillé. L’habit a une fonction sociale. Donner un habit à quelqu’un c’est lui donner une fonction sociale, c’est le restaurer dans sa dignité, dans son humanité. Même aujourd’hui où l’uniforme a tendance à être réservé qu’à certains corps de métiers (police, militaire, pompier, etc.), la mode s’est bien jouer de tous ses artifices pour attirer le consommateur. Il est parfois question de remettre l’uniforme dans les écoles, preuve s’il en est que le vêtement a une signification même inconsciente. Dans certaines écoles ou certaines formations professionnelles, l’uniforme ou l’habit professionnel est de rigueur. Je pense en particulier aux sections de l’hôtellerie ou des formations propres à la mécanique ou aux machines-outils. Quel satisfaction de voir des jeunes fiers de leurs tenues et fiers de leurs formations.

 

La nudité n’est pas étrangère à la Bible. Elle apparaît dès le troisième chapitre de la Genèse.

 

La nudité est le signe du dépouillement total. Pensons à la dénudation de Saint François d’Assise : «la conversion de saint François se clôt sur la scène célèbre de sa dénudation complète au tribunal de l’évêque d’Assise, pour signifier son renoncement à l’héritage paternel. Dans les premières décennies de l’histoire franciscaine, l’acte de dénudation a été perçu comme un événement central, ainsi que le confirme sa présence dans les légendes de saint François du XIIIe siècle, qu’elles soient écrites ou figurées. On peut alors essayer de comprendre cette emprise sur la mémoire franciscaine en abordant simultanément la scène au regard des enjeux identitaires qui concernent l’ordre (pauvreté évangélique) et selon une approche anthropologique de la dénudation publique et volontaire, manifestée ici comme une transgression admirable, fondatrice d’un nouveau régime de vie et de vérité.»

 

 

Ancien Testament :

Après leur désobéissance, Adam et Eve virent qu’ils étaient nus : «Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus. Ils attachèrent les unes aux autres des feuilles de figuier, et ils s'en firent des pagnes». (Gn 3,7).

La constatation de leur nudité et par conséquent leur gêne les éloigne de Dieu. Adam s’est caché lorsque Le Seigneur l’appelle : L'homme répondit : «Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché.» (Gn 3,10)

Dieu ne les laisse pas revêtu de leurs feuilles de figuier. Il les restaure dans leur dignité. Il leur fait des vêtements. Le premier couturier n’est autre que Dieu lui-même (avec un tel devancier, les grands couturiers peuvent s’accrocher) : «Le Seigneur Dieu fit à l'homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit». (Gn 3,21)

En faisant des habits pour l’homme et la femme, Dieu les remets en situation de dignité. Ils peuvent de nouveau se tenir devant Dieu et se regarder l’un l’autre sans honte, ni peur, ni convoitise.

 

La nudité de Noé, issue d’une soif mal comblée (il est ivre), est cause de pêché : «20Noé, homme de la terre, commença à planter une vigne. 21Il but du vin, s’enivra et se coucha nu au milieu de sa tente. 22Cham, père de Canaan, regarda son père qui était nu et il le raconta à ses deux frères qui étaient dehors. 23Mais Sem et Japhet prirent un manteau à deux, ils le mirent sur leurs épaules, puis ils marchèrent à reculons et couvrirent leur père qui était nu. Leurs visages étaient tournés en arrière pour ne pas regarder la nudité de leur père (Gn 9,20-23). Cette nudité de Noé aura pour conséquence, selon plusieurs interprétations conjointes, du développement de l’esclavage des Cananéens puis la justification de l’esclavage.

 

L’histoire de Joseph, fils de Jacob et de Rachel, est intéressante à plus d’un titre. Elle est aussi significative dans la symbolique du vêtement.

Joseph est dépouillé de son vêtement princier par ses frères avant d’être vendu comme esclave :

«Dès que Joseph arriva auprès de ses frères, ils lui arrachèrent la tunique à manches qu’il portait (Gn 37,23).

Il sera dépouillé de son vêtement par la femme de son maître : «Alors elle le saisit par son habit et lui dit : “Couche avec moi !” Mais il lui laissa son habit dans la main et sortit en courant. Quand elle vit qu’il s’était enfui dehors en lui laissant son habit dans la main […]» (Gn 39,12-13). Victime d’une machination, il sera jeté en prison. De là l’épisode de l’interprétation des songes de l’échanson et du panetier.

En Gn 41,14, Joseph se voit restauré dans sa dignité et reçoit un nouveau vêtement pour venir devant Pharaon et lui interpréter son rêve (les vaches grasses et les vaches maigres) : «Pharaon envoya donc chercher Joseph. Vite, on le sortit de la prison ; on le rasa et il changea de vêtements pour se présenter devant le Pharaon

Pharaon en fit son second pour régenter l’Egypte : «Alors le Pharaon enleva son anneau pour le passer au doigt de Joseph, il le revêtit d’habits de lin fin et mit un collier d’or à son cou.» (Gn 41,42)

Joseph donna des vêtements de rechanges à ses frères pour leurs longs voyages aller-retour entre l’Egypte et Israël : «Joseph leur fournit des chariots selon l’ordre du Pharaon et il leur donna des provisions pour la route. Il leur donna à tous des vêtements de rechange, mais il donna à Benjamin 300 pièces d’argent et cinq vêtements de rechange (Gn 45,21-22)

 

Le prophète Tobie invite à partager les habits avec ceux qui sont nus : «Partage […] tes habits avec ceux qui sont nus. Donne généreusement de tout ce que tu as en abondance et, lorsque tu fais l’aumône, ne regrette rien». (Tb 4,16b)

 

 

Nouveau Testament :

guerison_d_un_demoniaque_bourdon-a9558.jpgL’épisode de la guérison d’un possédé en pays païen est intéressant sur ce point. Luc précise au début du récit que l’homme de la ville «depuis longtemps [il] ne portait plus de vêtement» (Lc 8,27). Une fois les démons chassés, «l’homme dont les démons étaient sortis, qui était vêtu et dans son bon sens» (Lc 8,35).

En Matthieu (Mt 8,28-34), il est fait mention de deux démoniaques mais rien sur les vêtements.

Dans sa description du possédé, Marc ne dit rien sur son aspect extérieur sinon que «personne ne pouvais plus le lier, même avec une chaîne» (Mc 5,3) «il avait rompu les chaînes et brisé les entraves» (Mc 5,4). Ce n’est qu’à la fin de son récit que nous apprenons que le «démoniaque [était] assis, vêtu et dans son bon sens» (Mc 8,15).

Le ou les démoniaques, selon le récit retenu, sont hors de la vie sociale (ils sont nus). Après que les démons ont été chassés, l’ancien possédé est restitué dans sa dignité, il est dans son bon sens et il est vêtu. Il peut avoir une vie sociale. Il est réintégré dans le village.

 

Un témoin de l’arrestation de Jésus s’enfuit tout nu : «Mais lui s’enfuit tout nu, laissant le drap entre leurs mains.» (Mc 14,52) (Entendons : la mort ne le retient pas prisonnier)

 

Jésus a été dépouillé de ses vêtements avant d’être mis en croix. Les soldats romains se sont répartis ce «butin» : «Ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort» (Lc 23,34b).

 

Des exorcistes ambulants qui s’essayaient à guérir sous le nom de Jésus sont agressés par un esprit mauvais et s’enfuient nus et blessés (Ac 19,13-16).

 

 

Saint Vincent de Paul :

La distribution d’habits est inhérente à toute action des Lazaristes et des Filles de la Charité. En 1650 ou 1651, des Lazaristes rapportent à Saint Vincent : « Nous avons distribué les ornements pour les églises, et les couvertures et habits pour nos malades. SV IV,131).

 

Face aux codes vestimentaires, forts à son époque, Saint Vincent de Paul est soucieux de l’apparence des Dames de la Noblesses, les Dames de la Charité, qui vont servir les pauvres dans les Hôtel Dieu. Il y voit une délicatesse vis-à-vis de la personne aidée. Il ne faut pas mettre mal à l’aise celui qui reçoit notre aide. L’attention aux pauvres, c’est veiller à le respecter et ne pas l’écraser par l’apparence de celui qui le sert. Servir sans écraser, servir sans humilier, servir par amour. Dans le petit livret que Vincent a écrit à leur attention, sur la question de l’habillement, il leur demande : «De s'habiller le plus simplement qu'elles pourraient aux jours qu'elles iraient à l'Hôtel-Dieu, afin de paraître sinon pauvres avec les pauvres, au moins fort éloignées de la vanité et du luxe des habits; et cela pour ne pas faire peine à ces pauvres infirmes, lesquels voyant les excès et superfluités des personnes riches, se contristent ordinairement davantage de ce qu'ils n'ont pas pour eux les choses même qui leur sont nécessaires» (Abelly, Biographie de Saint Vincent, tome I p. 137)

 

Il introduit le conseil (Rencontre hebdomadaire entre Sainte Louise de Marillac, Saint Vincent de Paul et les Filles de la Charité. Ces conseils permettaient de débattre de la vie des Filles de la Charité et des moyens à mettre en œuvre.) des Filles de la Charité du 5 juillet 1646 en ces termes : «Cela posé, il est question, mes filles, de voir si celles qui sont dans la Compagnie usent bien de leur habit et de leur coiffure et si elles s’en servent de la façon qu’elles doivent, et s’il ne se glisse point quelque chose de ce qu’elles ne doivent pas. Car la Fille de la Charité qui se relâchera à ne point porter sa coiffure en la forme qu’elle doit être, et qui y aura complaisance, témoignera qu’elle a l’esprit rempli de quelque chose qui n’est point de Dieu, parce que, si elle en était vraiment et qu’elle n’eût point d’autre désir que de lui plaire, elle aurait soin de se tenir en la manière qu’il la demande. Au contraire, si, appliquant ses soins à s’accommoder de quelque façon qui ne lui est point convenable et qui lui est avantageuse, elle le fait souvent et même y continue, oh ! il est aisé à juger que c’est pour plaire à quelque autre ; ce qui serait un grand, un très grand mal.»(SV XIII,604)

 

 

Pour agir aujourd’hui :

Une expérience est menée depuis 1995 par l’association de réinsertion Inservet (http://inservet72.free.fr/). Créé par la volonté du Secours Catholique du Mans en partenariat avec l'association intermédiaire Partage, Inservet a remplacé le Vestiaire du Secours Catholique. Ses missions qui lui ont été attribuées sont de deux ordres : aider au dépannage vestimentaire des personnes en difficultés financières et être un acteur de l'insertion en permettant à des femmes en difficulté de travail de développer des parcours d'insertion afin de s'insérer plus facilement dans le monde du travail.

Ses moyens d'activité sont la récupération, le tri et la redistribution de vêtements moyennant une participation financière modeste.

 

C’est une grande joie pour moi de voir des jeunes de lycées s’engager à collecter les vêtements dans leurs familles et entourages pour Inservet. Pour eux qui sont baigné dans le paraître, la marque de vêtement, la mode aussi éphémère que consommatrice, que consummatrice. Cette initiative de partage et de regard sur soi est créatrice de prise de conscience. Savoir regarder les vêtements que l’on porte et prendre conscience qu’il n’y a pas forcément utilité à avoir 10 chemises dans son armoire. Prendre conscience qu’avec 9 ou même 8 il ne nous manquera rien et nous pouvons en donner 1 ou 2. C’est par ce don que le donateur s’enrichira et se libèrera de ses chaînes.

 

D’autres organismes de collectes existent, d’autres attitudes d’achat et de gestion de sa propre garde-robe est à créer.

 

 

 

«quant à l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu seras condamné à mourir» (Gn 2,17) Pour comprendre ce verset, permettez une image : que votre garagiste vous dise que vous risquez l’accident si vous n’entretenez pas les freins de votre voiture, vous ne comprenez pas que c’est le garagiste qui produiras l’accident… L’homme sera condamné à mourir non pas parce qu’il a désobéis mais parce que c’est la conséquence même d’avoir mangé. Ce n’est pas Dieu qui punit, c’est une conséquence de l’acte.

Damien Boquet, «Écrire et représenter la dénudation de François d’Assise au XIIIe siècle», Rives méditerranéennes, n° 30, 2008, http://rives.revues.org/2333#annexe (cf annexe 2)

D’après la traduction Bible des Peuples

Gn 37-50

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

Gn 41,1-36

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

D’après la traduction Bible des Peuples

Mt 8,28-34 ; Mc 5,1-20 ; Lc 8,26-39

Matthieu ne voit pas double. Alors qu’il s’adresse à des communautés chrétiennes d’origine juive il utilise ce procédé littéraire pour attester du fait établi. En parlant de deux aveugles, il appuie le fait que la guérison est bien établie, qu’elle est factuelle. Selon le Deutéronome, pour qu’un acte soit établi, il faut présenter deux ou trois témoins : «Quelle que soit la faute commise, un seul témoin ne pourra accuser un homme pour un crime ou un péché, quel qu’il soit ; la chose sera réglée sur la parole de deux ou trois témoins» (Dt 19-15).

«L’homme qui avait cet esprit mauvais se jeta sur eux, les maîtrisa tous les deux et les brutalisa de telle manière qu’ils s’enfuirent nus et blessés.» (Ac 19,16) (Traduction la Bible des Peuples)

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 10:14

Les voyages de Paul (3)

Diffusé le 15/12/2008 / Durée 26 mn

 

Les deux dernières semaines, nous avons parcouru les routes des premiers voyages missionnaires et cette semaine nous en sommes aux derniers voyages. Pour nous accompagner, le Père Etienne de Mesmay, vicaire à la paroisse Saint-Séverin à Paris et auteur de «Sur les routes de l’apôtre Paul en Turquie» aux éditions Parole et Silence.

 

 

 

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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 05:20

3ème situation : être étranger :

Par définition, un étranger est une personne qui n'a pas la nationalité du pays où il se trouve au moment concerné. Cependant, cet état peut changer au cours de la vie d'une personne dans la mesure où il peut obtenir la nationalité du pays où il vit par la naturalisation.

 

L'Étranger peut aussi désigner un pays ou un ensemble de pays autre que celui dont on est citoyen. (Un expatrié vit à l'étranger)

 

Dans une acception moins courante, le terme plus ou moins amical d''étranger peut servir à qualifier ou à pointer une personne qui apparait comme “différente” ou “singulière”, par le fait qu'elle est perçue comme n'appartenant pas ou pas complètement au groupe familial, social, ethnique, politique, géographique, voire à une copropriété, une commune, une région, un club, une entreprise, etc.

 

L’étranger vient de l’extérieur, d’ailleurs. Il se distingue des indigènes par la langue qu’il utilise, par les us et coutumes différents de ceux du pays. Il n’a pas les mêmes points de repères, peut-être pas la même religion, la même couleur de peau, etc.

 

Cependant, pour Dieu, il n’y a pas d’étranger puisque tout homme a été créé par lui.

 

Le mot étranger vient d'«étrange» issu du latin «extraneus», «du dehors, extérieur; qui n'est pas de la famille, du pays, étranger»), et est présent dans certains textes à partir du XIVe siècle (D’après Wikipédia).

 etranger.jpg

Quelques précisions de vocabulaires permettront de préciser les choses. L’émigré est celui qui a quitté son pays. L’immigré est celui qui est accueilli (ou non-accueilli) dans le pays. L’émigration est le départ du pays pour aller dans un autre pays. L’immigration est l’installation dans un pays d’un individu ou d’un groupe d’individus originaires d’un autre pays. Une fois ces précisions apportées, chacun comprendra l’importance de la politique migratoire d’un pays. Est-ce qu’il se dote des moyens nécessaires pour accueillir les étrangers ou pour faire partir ses compatriotes indésirables ? Est-ce qu’il existe une politique migratoire ? Si oui, quels sont ses enjeux. Si non, pourquoi ? Certains pays utilise la migration comme une arme («nettoyage ethnique» ; en guerre économique un pays envois ses pauvres dans un autre pays pour le déstabiliser ; un pays riches va chercher ses esclaves, pardon, ses travailleurs, dans des pays pauvres. Etc.).

 

Ancien Testament :

Puisque Dieu a fait sortir son peuple d’Egypte, Israël prendra soin des étrangers se trouvant sur son territoire : «Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.» (Ex 22,20). Le Lévitique invite au respect et à l’accueil de l’Etranger : «Si un étranger vient habiter dans votre pays, vous ne l’opprimerez pas». (Lv 19,33).

 

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Nouveau Testament :

Les dix lépreux : «Il n’y a donc eu que cet étranger pour revenir et rendre gloire à Dieu ?» (Lc 17,18)

 

Il n’y a plus d’étranger dans le peuple de Dieu : «Et donc, vous n'êtes plus des étrangers ni des gens de passage, vous êtes citoyens du peuple saint, membres de la famille de Dieu.» (Ep 2,19) Et encore en Col 3,11, d’une manière plus explicite : «Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout».

 

 

Saint Vincent de Paul :

L’accueil des réfugiés a longtemps taraudé l’esprit de Saint Vincent de Paul. Il a œuvré pour l’accueil des réfugiés de Lorraine, à l’époque en guerre contre le royaume de France. C’est l’époque de la guerre qui déchire l’Europe, guerre dite de Trente ans (1618-1648). Saint Vincent interpelle le roi Louis XIII et son principal Ministre qu’est Richelieu pour l’accueil digne de ces personnes dans Paris.

La question des réfugiés, qu’ils soient de Lorraine ou d’ailleurs, restera une question forte dans l’engagement de Saint Vincent et des Lazaristes. Les guerres de Louis XIV qui suivront, n’arrangeront rien à la question.

 

A Monsieur Marc Coglée, supérieur des Lazaristes à Sedan, Saint Vincent de Paul lui écrit le 26 novembre 1650 :

«Je continuerai de recommander à la compagnie qu’elle s’intéresse devant Dieu à vos besoins, maintenant que vous avez sur les bras tant de gens réfugiés et de pauvres malades (Les armées espagnoles et les troupes de Turenne coalisées venaient de s’emparer de Mouzon ; elles étaient donc aux portes de Sedan, où les populations apeurées cherchaient un refuge.). Plaise à sa bonté de vous fortifier à proportion que le travail augmente ! Voilà de quoi attirer bénédiction sur la ville et sur vos personnes, si votre famille redouble son courage et sa fidélité pour le bon usage de l’affliction commune et pour la consolation des âmes que sa providence lui met en main. Je l’espère certes de la bonne part que Notre-Seigneur vous a donnée à sa charité.

Si la ville vous taxe pour l’impôt qu’elle a fait, ne refusez pas d’y contribuer ; car en ces rencontres pressants et nécessaires, les raisons pour s’en dispenser sont mal reçues, et l’on ne laisse pas d’user de contrainte.

Si vous m’en croyez, vous userez de condescendance envers ceux qui voudront faire quelque enterrement aux Capucins, puisqu’il y a plus d’inconvénient à le refuser qu’à le permettre.» (SV IV,111)

 

Le 22 juin 1652, Saint Vincent confie à Monsieur Lambert aux Couteaux, supérieur à Varsovie, la situation des réfugiés à Paris en ces termes :

«[…] Nos petites nouvelles sont toujours les mêmes. Ne pouvant aller faire mission aux champs, parce que les pauvres gens sont épars, qui d’un côté, qui d’autre, ayant été chassés de leurs maisons par la crainte du mauvais traitement des gens de guerre, nous sommes résolus de la faire à ceux qui se sont réfugiés à Paris, et avons commencé aujourd’hui en notre propre église a 800 de ces pauvres gens logés en ces faubourgs ; et puis nous irons aux autres. Quelqu’un des nôtres est aussi allé commencer celle des réfugiés de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, que nous irons confesser dans la même église.

Nous sommes dans quelque espérance de paix depuis quelques jours que le duc de Lorraine est parti pour sortir du royaume avec son armée, laquelle est venue jusqu’à nos portes, et lui jusques dans la ville. Il a fait sa paix sur le point que l’armée du roi lui allait livrer bataille auprès de Charenton. Il a mieux aimé accepter un accommodement que de se hasarder au combat, de sorte que ce pauvre pays est déchargé d’un fâcheux fardeau. C’est un effet, comme on pense pieusement, des suffrages des saints, particulièrement de sainte Geneviève, des processions qu’on a faites avec grand ordre et autant de dévotion extérieure que j’en ai jamais vue, et des bonnes œuvres qui se font à Paris dans les tribulations présentes […]»(SV IV,405-406)

 

Les Filles de la Charité ne sont pas en reste : «Les pauvres Filles de la Charité y ont plus de part que nous quant à l’assistance corporelle des pauvres. Elles font et distribuent du potage tous les jours chez Mademoiselle Le Gras à 1.300 pauvres honteux, et dans le faubourg Saint-Denis à 800 réfugiés ; et dans la seule paroisse de Saint-Paul quatre ou cinq de ces filles en donnent à 5.000 pauvres, outre soixante ou quatre-vingts malades qu’elles ont sur les bras. Il y en a d’autres qui font ailleurs la même chose.»(SV IV,407)

 

 francesco 03

Pour agir aujourd’hui :

L’accueil de l’étranger doit rester un point d’attention, voire de vigilance à notre époque. Vis-à-vis des politiques, la vigilance de tout un chacun se fait plus pertinente. A l’heure où l’absence de politique cohérente sur l’accueil de l’immigré, les extrémistes de tous bords veulent profiter de ce vide pour répandre leurs gangrènes racistes et xénophobes. Michel Rocard (Premier ministre de juin 1988 à mai 1991 sous la présidence de François Mitterrand) rappelait en 1990 que «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde». Je veux ici cité sa phrase en entier, la seconde partie étant bien souvent ignorée par nos contemporains, c’est dommage car c’est justement la pointe de sa pensée : «mais elle doit en prendre fidèlement sa part». Si nous n’entendons que la première partie de la phrase «nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde», alors nous pouvons dormir tranquille et fermer les yeux sur la misère du monde et sur l’injustice et commettre ainsi une nouvelle injustice et créer de la misère. Par contre, notre devoir, c’est de mettre en pratique la seconde partie de la phrase de Michel Rocard : «en prendre fidèlement sa part».

 

Quelques moyens associatifs :

Au sein de l’Eglise Catholique, il existe un service qui porte au cœur ce souci de l’accueil du migrant. C’est la pastorale des migrants. «Avec la Pastorale des Migrants, l’Église Catholique veut nous rappeler que ces hommes, ces femmes et ces enfants sont nos frères en humanité. Chaque Homme a le droit de se déplacer, de migrer. La Terre appartient à tous ! Chaque Homme a le droit de vivre dignement. Là, où les droits de l’homme sont menacés, les chrétiens doivent se lever au nom de la Justice et de la Fraternité. La Pastorale des Migrants, dans le diocèse du Mans, a vu le jour, voici 11 ans, en 2001, à la demande du Père Faivre, évêque du diocèse. Il souhaitait engager tout le diocèse à porter un regard accueillant sur les migrants, pour découvrir leurs aspirations, leurs attentes, leurs diversités, leurs richesses, leur foi et ainsi construire et devenir avec eux un peuple nouveau.» (ttp://www.sarthe.catholique.fr/La-Pastorale-des-Migrants)

 

Dans le monde éducatif, la vigilance s’exerce, entre autre, grâce au Réseau Education Sans Frontière (RESF). Ce réseau présente une structure particulière par le fait qu’il n’est pas hiérarchisé. Il n’a ni président ni porte-parole. Chacun de ses membres a le même statut. C’est un réseau composé de collectifs, de mouvements associatifs, de mouvements syndicaux, de soutiens politiques et de personnes issues de la société civile militant contre l'éloignement d'enfants étrangers scolarisés en France, causé par l'éloignement de leurs parents étrangers en situation irrégulière.

Fondé le 26 juin 2004 lors de la tenue à la Bourse du Travail de Paris d’une réunion rassemblant des enseignants, des personnels de l’Education nationale, des parents d’élèves, des éducateurs, des collectifs, des syndicats et des organisations attachées à la défense des droits de l’homme et préoccupés de la situation des sans-papiers scolarisés (de la maternelle à l’université). Ils ont décidé la création d’un réseau de soutien nommé «Education sans frontières». Les syndicats, les associations de parents d’élèves, les organisations et les représentants de collectifs et d’établissements signataires appellent les enseignants et les personnels des établissements de tous niveaux à se montrer vigilants, à informer leurs élèves qu’ils sont prêts à se mobiliser pour les aider à faire régulariser leur situation. L’actualité regorge d’expulsion de jeunes interpellés lors de sorties scolaires ou même dans les classes. Cet agir n’est pas le monopole d’une frange de l’establishment politique français. De Gauche comme de Droit, les différents ministres de l’Intérieur de ces 20 dernières années peuvent être renvoyés dos à dos. Il est de notre devoir d’être vigilant et de savoir interpeller nos personnalités politiques (du maire au président de la République en passant par le député et le sénateur et tout autre élu de la République). Le respect de la personne humaine dans sa dignité, ses droits et ses devoirs sont la base de notre agir en gardant à l’esprit la phrase de Michel Rocard. Je vous la redis en son entier : «La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part».

 

Les cours d’alphabétisation du Secours Catholique et de la Société Saint Vincent de Paul participent à l’accueil de l’étranger. D’autres s’engagent dans leur travail avec un collègue qui a du mal à comprendre le français ou tout simplement le langage administratif. Être aux côtés de celui qui est en difficultés, lui permettre de comprendre, l’accompagner dans une lecture ou dans une démarche, c’est aussi cela, agir. […]Des petits gestes qui changent le monde. C’est une étincelle de vie pour la journée.

 

Tout le monde peut agir. Le minimum : signer les pétitions. Le maximum (s’il y en a un) : faire changer les lois en faveur des plus pauvres et donner les moyens d’agir aux acteurs sur le terrain.

 

 

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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

Cliquez sur le logo KTO pour accéder aux vidéo

 

 

Chapitres & Thèmes Du Blog

Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216