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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 20:11
Textes de la Messe du 25ème dimanche, 20 septembre 2015 :
PREMIERE LECTURE – Livre de la Sagesse 2, 12… 20
Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : «Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui.»

 

PSAUME – 53 (54), 3-4, 5, 6-8

3 Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
par ta puissance rends-moi justice ;
4 Dieu, entends ma prière,
écoute les paroles de ma bouche.

5 Des étrangers se sont levés contre moi,
des puissants cherchent ma perte :
ils n’ont pas souci de Dieu.

6 Mais voici que Dieu vient à mon aide,
le Seigneur est mon appui entre tous.
8 De grand coeur, je t’offrirai le sacrifice,
je rendrai grâce à ton nom, car il est bon !

 

DEUXIEME LECTURE – Lettre de Saint Jacques 3,16-4,3

Bien-aimés,la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises : puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.

 

EVANGILE – selon Saint Marc 9, 30 – 37
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant: « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.

Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : «De quoi discutiez-vous en chemin ?» Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
«Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.»
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : «Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé.»

HOMELIE :

Nous venons de voir Jésus enseigner ses disciples. Il leur a annoncé le but de sa venue sur terre : sa mort et sa résurrection. Les disciples sont loin d’imaginer ce que cela représente. Il n’y a pas d’antécédent dans l’histoire. Ils ne comprennent pas ce qui se passe et restent dans leur préoccupation du moment.

 

Arrivé à Capharnaüm, Jésus pose une question à ses disciples : « De quoi discutiez vous en chemin ? » En d’autres termes : « Qu’est-ce qui vous préoccupe ? »

 

Cette question, Jésus la pose également à chacun de nous. C’est même LA question que nous avons à nous poser pour orienter notre vie et même pour orienter notre quotidien : « Qu’est-ce qui me préoccupe aujourd’hui ? De quoi sera fait ma journée ? »

 

Nous pouvons répondre comme les disciples : « lequel est le plus grand d’entre nous ? » ou encore« quelles sont mes ambitions ? » Notre quotidien peut également être encombré de soucis ou de questions existentielles : une fin de mois difficile, des conditions de travail ou de chômage qui sont loin d’être idéales, des questions de santé précaire, que sais-je encore.

 

Jésus ne nie pas ces préoccupations. Elles sont même au cœur de la vie de l’Eglise, au cœur de la vie de chaque chrétien. Elles sont au cœur de notre quotidien. Le Pape François l’a écrit dans les premiers paragraphes de son encyclique Laudato si - Loué sois-tu Seigneur : « Rien de ce monde ne nous est indifférent. » Le Pape François passe sa vie à illustrer cette phrase : « Rien de ce monde ne nous est indifférent. »

 

Face à la préoccupation des disciples « lequel est le plus grand », Jésus ne fait pas de reproche. Au contraire, il leur donne le moyen d’y répondre, d’être le plus grand. Si les disciples attendaient de Jésus une réponse franche et directe du style : « le plus grand c’est Untel », la réponse de Jésus est d’un autre ordre. Il ouvre une nouvelle voie. « Le premier, c’est celui qui se fera le dernier de tous et le serviteur de tous. » C’est cela le bonheur du chrétien, « être le serviteur de tous. »

 

C’est-à-dire, mettre nos ambitions au service du Christ, au service de l’annonce de la bonne nouvelle du Salut. Que par notre travail, nos recherches d’emploi, la maladie ou nos préoccupations quotidiennes, nous soyons des signes du Christ ressuscité.Ne craignons pas d’être ambitieux dans notre vie ! Quand sœur Emmanuelle s’occupe des chiffonniers du Caire, elle ne manque pas d’ambition pour eux. Alors qu’elle n’a pas le moindre sous, elle va jusqu’à construire une usine pour retraiter les déchets. En cela, elle était bien en avance sur son temps.

 

Jésus ne nous demande pas d’être des médiocres, ce serait un péché contre l’humilité. Il nous demande d’être humbles, c’est-à-dire de nous estimer à notre juste valeur et de mettre nos talents au service de nos frères.

 

Saint Jacques nous donne quelques astuces pour réussir dans cette voie. Dans le texte d’aujourd’hui, il nous appelle à la sagesse, à être bienveillant, plein de miséricorde et à être fécond dans nos actions. Nous pouvons relire les quelques pages de son épîtres, elles sont très concrètes : saint Jacques nous demande d'orienter nos demandes, nos prières. Qu’elles soient orientées vers le service et le bien de tous. C’est en étant de bons gérants des biens que Dieu nous confie que nous seront témoins de la résurrection qui nous est offerte.

 

Le passage du Livre de la Sagesse entendu aujourd’hui nous montre ce qu’il ne faut pas faire. Le raisonnement entendu concerne ceux qui méditent le mal. Nous savons où mène un tel raisonnement. L’auteur de ce livre nous demande, en toute connaissance de cause, d’éviter de nous comporter comme« ceux qui méditent le mal. »

 

Dans leur ensemble, les lectures de ce jour nous invitent à orienter nous paroles, nos actes, nos pensées vers nos frères pour annoncer la joie que Dieu nous offre. Que notre ambition se place en Dieu : soyons des ambitieux de l’Amour ! Ainsi nous pourrons chanter comme le psalmiste :« Voici que Dieu vient à mon aide, le Seigneur est mon appui entre tous. De grand cœur je t’offrirai le sacrifice, je rendrai grâce à ton nom car il est bon. »

 

Voilà quel est mon bonheur, voilà quelle est mon ambition.

Voilà ce à quoi Dieu nous appelle. Amen +

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 11:43

-Samaritaine-puit-Jacob 

textes liturgiques en bas de chronique

 

A écouter et à méditer les textes d’aujourd’hui, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais ça donne soif.

 

Mais de quel soif s’agit-il ?

 

La soif, c’est le sentiment que l’on éprouve quand on manque d’eau. Le peuple Juif au désert, pendant l’Exode, manque d’eau… La Samaritaine manque d’eau et va au puits de Jacob…

 

Et nous, avons-nous soif ? Avez-vous soif les amis ?

 

Sommes-nous comme les Fils d’Israël à mettre au défit notre Seigneur ?

Sommes-nous comme la Samaritaine à demander de l’eau pour ne plus avoir à se fatiguer ?

 

Si, comme les Fils d’Israël, nous ne comprenons pas toujours le dessein de Dieu pour nous, si nous avons parfois l’impression de tourner en rond dans le désert ; si, comme la Samaritaine, nous ne comprenons pas toujours les efforts de l’engagement quotidien, que nous sommes fatigués d’aller chaque jour puiser notre nourriture quotidienne au travers d’un travail qui nous pèse.

Sachons reconnaître la vraie soif, celle de la Parole de Dieu.

Sachons reconnaître celui qui nous donne l’eau vive, cette eau qui devient une «source jaillissante pour la vie éternelle».

 

Avec les Fils d’Israël au désert, avec la Samaritaine, nous sommes au cœur même de situations que le pape François appelle «les périphéries de l’Eglise».

 

Cette rencontre de Jésus, elle n’est pas réservée à une élite ou à un peuple particulier. La rencontre du Christ, elle est personnelle, particulière et ouverte à tous. C’est ça la foi, l’histoire d’une rencontre personnelle avec Dieu.

Ici, la Samaritaine voit un inconnu, un Juif, le frère ennemi des Samaritains. Cet inconnu, assis sur le puits et fatigués va la gêner dans son service quotidien. Il va falloir qu’elle lui demande de se pousser pour accéder au puits. Elle va devoir lui adresser la parole. Chose incongrue à l’époque. D’autant plus quand, pour une femme, cet autre est un homme et qu’il est juif.

 

Pourtant, elle n’a pas besoin de lui parler. C’est lui, cet inconnu, qui lui adresse la parole en premier. Une simple phrase « donne-moi à boire » ces quelques mots nous les retrouverons dans la bouche de Jésus sur la croix lorsqu’il dira « j’ai soif ».

 

Pendant ce long dialogue entre Jésus et la Samaritaine, nous assistons à un véritable cœur à cœur, nous assistons à une véritable confession qui débouche sur une conversion. Lorsque nous nous confessons au prêtre, comme nous l’a rappelé le pape François en ce début de Carême, « le Bon Dieu fait la fête ». Dans notre démarche de conversion, si nos péchés nous font honte, Dieu les connaît déjà. Nous le voyons ici, Jésus connaît l’histoire de cette femme, tout comme il connaît chacune de nos histoires. Regardez bien Jésus, il ne fait aucun reproche à la Samaritaine, tout comme il ne nous fait aucun reproche. Il l’accueille dans sa miséricorde. Il nous accueille dans son amour, tel que nous sommes. Cependant, il nous appelle à la conversion, à ne pas repartir sur les chemins de la même manière que nous sommes venus, il nous appelle à changer, à nous ouvrir, à être heureux de cette rencontre au plus intime de nous-même, être heureux de la rencontre du Christ au plus fort de notre vie.

 

A l’issue de ce cœur à cœur, la Samaritaine part annoncer la Bonne Nouvelle aux habitants de son village. Ceux-ci, au départ, croient sur la parole de la femme. Ensuite, après avoir fait la rencontre personnelle avec le Christ, croient par eux-mêmes, parce qu’à leurs tours, ils ont fait cette rencontre personnelle. Ils savent désormais que «c’est vraiment lui le Sauveur du monde».

 

Nous aussi, nous sommes appelés à porter la bonne nouvelle à nos contemporains. Jésus ne nous envoie pas au fin fonds du monde, il nous envoie dans nos villages, auprès de nos voisins, auprès de nos collègues de travail, auprès des amis du club des ainés ruraux. Que sais-je encore ?

 

Il nous envois mais pour y faire quoi ? Pour dire quoi ?

 

C’est le pape François qui nous donne la façon de faire. Il répond tout simplement non en paroles mais en actions. Regardez-le agir. Le pape François accueille l’autre dans ce qu’il est. Il embrasse les malades, écoute ceux qui souffre, il se fait proche de celui qui vient à lui, tout simplement.

 

Et nous, que faire ? Si le pape nous invite à être créatif dans nos modes d’évangélisation, à son époque, Saint Vincent de Paul parlait d’être « inventif à l’infini ». Le pape réaffirme l’enseignement du concile Vatican II en envoyant les laïcs, en vous envoyant dans le monde social, politique et économique. C’est au paragraphe 130 de l’exhortation apostolique «la joie de l’Evangile». Si ce n’est fait, je vous encourage à la lire, c’est une véritable feuille de route du chrétien pour le XXIème siècle. (cliquez ici)

 

Personnellement je me réjouis du choix de l’action de carême du doyenné auprès des associations œuvrant en faveur des déficients visuels. A travers cette action, c’est un appel à découvrir le monde du handicap. Dans mon entourage, je parle avec son autorisation, je connais une personne qui, s’il n’est pas touché personnellement par le handicap, s’est engagé auprès des familles et des personnes en situation de handicap. Son engagement interroge parfois. Certains, des valides, lui disent «mais pourquoi tu fais cela ? Tu n’es pas concerné !» Ou encore «ce n’est pas ton affaire, laisse-nous tranquilles». Doit-on être affecté personnellement pour se montrer solidaire et fraternel envers celui qui souffre ou de celui qui est différent ?

Par contre, ceux qui sont touchés par le handicap, le remercie pour son engagement. C’est cela la compassion, le «vivre avec». C’est cela que Jésus nous demande. Il nous demande d’accueillir l’autre, celui qui est différent de moi, sans jugement, juste avec amour. Parce qu’en l’accueillant, c’est Jésus lui-même que nous accueillons. De même que la Samaritaine ne voyait, au début de la rencontre, qu’un étranger elle repartira en ayant la certitude d’avoir rencontré celui qui vient sauver le monde.

 

« J’avais soif et vous m’avez donné à boire » lisons-nous en Saint Matthieu. Ou encore dans les béatitudes : « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés ».

 

Puissions-nous avoir soif de la Parole de Dieu. Puissions-nous mettre en œuvre cette Parole de Dieu.

 

A nous, à chacun d’ouvrir nos cœurs comme au désert, nous dit le psaume ou encore avec Saint Paul : «espérons avoir part à la gloire de Dieu». Pour cela, à nous d’être créatif et de savoir embrasser les malades que nous croisons, d’accueillir l’étranger, d’ouvrir nos bras à l’inconnu et de bâtir un monde fraternel accessible à tous, quelle que soit sa situation ou sa condition physique.

 

Soyons inventif comme Sœur Christina qui participe à The Voice en Italie et qui époustoufle le pays. Comme elle le dit : «j’ai un don et je vous le donne». (cliquez ici)

 

Et moi, et toi ? Quel est le don que Dieu t’a donné ? Comment fais-tu pour le partager aux autres ? Que ce Carême nous donne le temps de prendre conscience du don qui est en nous et d’œuvrer encore plus pour le partager au monde.

 

 

Amen !

 

Jean-Pierre Tellier

diacre permanent vincentien

23 mars 2014


PREMIERE LECTURE - Exode 17,3-7

Les fils d'Israël campaient dans le désert à Rephidim, 3 et le peuple avait soif. Ils récriminèrent contre Moïse : «Pourquoi nous as-tu fait monter d'Egypte ? Etait-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ?»4 Moïse cria vers le SEIGNEUR : «Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront !»5 Le SEIGNEUR dit à Moïse : «Passe devant eux, emmène avec toi plusieurs des anciens d'Israël, prends le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! 6 Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l'eau, et le peuple boira !» Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d'Israël.7 Il donna à ce lieu le nom de Massa (c'est-à-dire : «défi») et Mériba (c'est-à-dire : «Accusation»), parce que les fils d'Israël avaient accusé le SEIGNEUR, et parce qu'ils l'avaient mis au défi, en disant : «Le SEIGNEUR est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n'y-est-il pas ?»

 

 

 

PSAUME 94 (95),1-2.6-7.8-9

1 Venez, crions de joie pour le SEIGNEUR, acclamons notre Rocher, notre salut ! 2 Allons jusqu'à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le !

 

6 Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le SEIGNEUR qui nous a faits. 7 Oui, il est notre Dieu : nous sommes le peuple qu'il conduit.

 

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? 8 «Ne fermez pas votre cœur comme au désert 9 où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit.»

 

 

DEUXIEME LECTURE - Romains 5,1-2.5-8

Frères,

1 Dieu a fait de nous des justes par la foi ; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,2 qui nous a donné, par la foi, l'accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu.5 Et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.6 Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions.7 Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien.8 Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

 

 

 

EVANGILE - Jean 4,5...42 (lecture brève)

 

5 Jésus arrivait à une ville de Samarie appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph, 6 et où se trouve le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s'était assis là, au bord du puits. Il était environ midi.7 Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l'eau. Jésus lui dit : «Donne-moi à boire.»8 (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger.)9 La Samaritaine lui dit : «Comment ! Toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ?» (En effet, les Juifs ne veulent rien avoir en commun avec les Samaritains.) 10 Jésus lui répondit : «Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive.»11 Elle lui dit : «Seigneur, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond : avec quoi prendrais-tu l'eau vive ?12 Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ?»13 Jésus lui répondit : «Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle.»15 La femme lui dit : «Seigneur, donne-la-moi, cette eau : que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir ici pour puiser.»...19 «Je le vois, tu es un prophète. Alors, explique-moi : 20 Nos pères ont adoré Dieu sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem.»21 Jésus lui dit : «Femme, crois-moi : l'heure vient où vous n'irez plus sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons, nous, celui que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.23 Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père.24 Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent l'adorer. »25 La femme lui dit : «Je sais qu'il vient, le Messie, celui qu'on appelle Christ. Quand il viendra, c'est lui qui nous fera connaître toutes choses.»26 Jésus lui dit : «Moi qui te parle, je le suis.»...39 Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus.40 Lorsqu'ils arrivèrent auprès de lui, ils l'invitèrent à demeurer chez eux. Il y resta deux jours. 41 Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de ses propres paroles, et ils disaient à la femme : 42 «Ce n'est plus à cause de ce que tu nous as dit, que nous croyons maintenant ; nous l'avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde.»

 


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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 10:49

bapteme du Seigneur

 

PREMIERE LECTURE - Isaïe 42,1-4.6-7

Ainsi parle le Seigneur : 1 Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie. J'ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j'ai prononcé. 2 Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. 3 Il n'écrasera pas le roseau froissé ; il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. 4 Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions...

6 Moi, le SEIGNEUR, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple, et la lumière des nations ; 7 tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres.

 

 

PSAUME 28 (29)

1 Rendez au SEIGNEUR, vous les dieux,

Rendez au SEIGNEUR gloire et puissance. 

2 Rendez au SEIGNEUR la gloire de son Nom,

adorez le SEIGNEUR, éblouissant de sainteté.

 

3a La voix du SEIGNEUR domine les eaux,

3c le SEIGNEUR domine la masse des eaux.

4 Voix du SEIGNEUR dans sa force, voix du SEIGNEUR qui éblouit.

 

3b Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre.

9c Et tous, dans son temple, s'écrient : «Gloire !»

10 Au déluge, le SEIGNEUR a siégé ; 

il siège, le SEIGNEUR, il est roi pour toujours !

 

 

DEUXIEME LECTURE - Actes des Apôtres 10,34-38

Quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l'armée romaine, 34 il s'adressa à ceux qui étaient là : «En vérité, je le comprends, Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; 35 mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste. 36 Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus-Christ : c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous.37 Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : 38 Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui.»

 

 

EVANGILE - Matthieu 3,13-17

13 Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. 14 Jean voulait l'en empêcher et disait : «C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi !» 15 Mais Jésus lui répondit : «Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste.» Alors Jean le laisse faire.16 Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17 Et des cieux, une voix disait : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour.»

 

 

 

Homélie du 12 janvier 2014 à Louplande par Jean-Pierre :

 

Le baptême de Jésus dans le Jourdain constitue pour les quatre évangélistes la manifestation, une autre épiphanie que nous appelons théophanie, manifestation de Dieu, au tout début de la vie publique du Christ.

 

Ce baptême de Jésus est considéré comme un point de départ essentiel. Il est aussi d’une grande plénitude : non seulement il évoque la mort de l’Agneau de Dieu et notre propre « plongeon » dans sa mort, par le sacrement du baptême, mais surtout il souligne la source et la portée trinitaire de la mission du Serviteur souffrant.

 

Les cieux s’ouvrent, le Père exprime sa prédilection pour son Fils et l’Esprit Saint, qui est l’Amour, manifeste visiblement cette complaisance. On pourrait dire, à la suite des théologiens, que la fête du Baptême du Seigneur est la Pentecôte du cycle de la Nativité.

 

Pour méditer le baptême du Seigneur à travers les quatre textes de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre, je retiendrai comme leitmotiv de mon propos le verset des actes des apôtres où il est dit :

« En vérité, je le comprends,

Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ».

 

Ces paroles de Pierre face au Centurion Corneille illuminent les textes de la parole de Dieu de ce jour.

 

Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. A la suite du Christ, nous sommes invités à vivre cette valeur. Ne pas faire de différence entre les hommes.

Hélas, c’est bien souvent l’inverse que nous vivons quotidiennement. Même à notre corps défendant, nous faisons des différences.

C’est ce que nous appelons, nous les chrétiens, un « péché ».

 

Je ne m’étendrais pas sur les valeurs négatives, nous en sommes trop souvent victimes et parfois même les acteurs. Refusons les paroles négatives, refusons les actes négatifs, refusons d’être des acteurs de morts pour devenir des témoins de la parole positive qu’est la Parole de Dieu. Soyons des acteurs du positif. Soyons des acteurs de vie. A l’image de Dieu, ne faisons pas de différence entre les hommes.

 

Comment faire me direz-vous ?

 

Regardons ensemble la Parole de Dieu de ce jour. Pas besoin d’aller bien loin. Regardez Isaïe, au premier verset, il nous est dit « Voici mon serviteur que je soutiens ». Voilà une première piste : soutenir mon frère.

Regardons autours de nous. N’y a-t-il pas quelqu’un qui souffre, qui est malade ou tout simplement qui est seul ? Qu’est-ce que je peux faire pour lui ? Si je n’ose pas le rencontrer pour une raison ou une autre, peut-être que quelqu’un pourra aller le voir ou quelqu’un pourra m’aider dans cette démarche, je pense ici à l’équipe de visiteurs du Secours Catholique du doyenné. Pour qu’ils puissent rendre visite, il faut les avertir que quelqu’un a besoin de cette visite. Quoi qu’il en soit, ne rien dire, ne rien faire est la pire des solutions. Il ne faut pas hésiter à dire les choses, à solliciter ceux qui sont chargé de ce charisme, à les rejoindre. D’une manière générale, si vous ne dites pas, si vous n’informez pas, ne soyez pas étonné que ceux qui sont chargés d’une mission n’agissent pas.

 

Deuxième piste : se réjouir pour celui qui œuvre à côté de moi. Une parole aimable, un sourire, une intention de prière, etc… ce sont des roses semées sur le chemin quotidien. Si comme moi, vous êtes sensibles de la plante des pieds, ne semons pas des épines sur le chemin, semons des pétales de roses, c’est tellement plus doux pour marcher. C’est ça des paroles positives, des pétales de roses.

 goutte-d-eau

 

Isaïe termine par « tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres ». Si notre manque de foi nous empêche de faire ces miracles… notre parole positive peut nous permettre d’ouvrir nos yeux sur nos capacités à faire le bien. La Parole peut nous permettre de sortir de nos prisons intérieures pour aller voir notre prochain. La Parole nous fera sortir des ténèbres engendrées par les paroles négatives pour aller à la lumière engendrées par des paroles positives.

 

Dans le psaume, nous voyons glorifier le Nom de Dieu, nom que nos frères juifs ne prononcent jamais. Ils préfèrent dire « Hachem » « le Nom » pendant les discussions théologiques, ou « Adonaï » lors des liturgies, celui par qui tout est créé et vers qui tout va. Que nos paroles et nos actes puissent glorifier le Nom de Dieu. Que nos paroles et nos actes puissent glorifier Jésus Christ venu en notre monde nous révéler le Dieu d’Amour.

 

Dans les Actes des Apôtres, saint Luc rapporte l’enseignement de Pierre à Corneille. Dans le passage d’aujourd’hui, il dit que Jésus, « Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui ». Par notre baptême, nous avons reçu la mission de suivre le Christ dans notre quotidien. A la suite du Christ, nous sommes envoyés pour faire le bien, pour guérir ceux qui sont sous le pouvoir du mal. Nous sommes envoyés à tous, pas seulement à ceux que nous aimons et ceux qui nous aiment. Nous sommes envoyés à tous, même, et je dirais surtout, vers ceux qui ne nous aiment pas et vers ceux que nous n’aimons pas. Pas facile à vivre, c’est parfois une véritable souffrance, croyez-moi…

J’aime bien la parole du Père René-Luc :

« Un chrétien qui évangélise est un crucifié,

un chrétien qui n'évangélise pas est déjà mort ».

Alors préférons la Vie en Dieu plutôt que la mort.

 

Faisons nôtre l’appel du pape François : A la suite du Christ « nous voulons nous intégrer profondément dans la société, partager la vie de tous et écouter leurs inquiétudes, collaborer matériellement et spirituellement avec eux dans leurs nécessités, nous réjouir avec ceux qui sont joyeux, pleurer avec ceux qui pleurent et nous engager pour la construction d’un monde nouveau, coude à coude avec les autres

 

C’est cela, pour moi, me mettre à la suite du Christ évangélisateur des Pauvres à la manière de saint Vincent de Paul.

SV Ghizeghem 

 

Comme le Christ, ne faisons pas de différence entre les hommes. Soyons unis dans la prière et dans l’action, à la suite du Christ, pour être des témoins joyeux de l’Evangile. Puissions-nous entendre le Père désignant son fils :

«Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour.»

 

Permettez une dernière phrase à méditer puis à vivre :

« Ne regarde pas derrière toi en te demandant « Pourquoi ? ».

Regarde en avant et dis-toi « Pourquoi pas ? »

 

Avec l’aide de la Vierge Marie, ça devrait pouvoir se faire.

 

 

Amen !

 

Visitation

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 11:38

sycomore

 

1ère lecture : «Le juste vivra par sa fidélité» (Ha 1,2-3; 2,2-4)

 

Lecture du livre d'Habacuc

«Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur.»

Alors le Seigneur me répondit : «Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure.

Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité.»

 

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

 

R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur !

 

Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! Allons jusqu'à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le !

 

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu'il conduit. 

 

Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ? «Ne fermez pas votre cœur comme au désert, où vos pères m'ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit.»

 

2ème lecture : Le chef de communauté doit rester fidèle dans le service de l'Évangile (2Tm 1, 6-8.13-14)

 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée

Fils bien-aimé, 

je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison. N'aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis en prison à cause de lui ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l'annonce de l'Évangile. Règle ta doctrine sur l'enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l'amour que nous avons en Jésus Christ. Tu es le dépositaire de l'Évangile ; garde-le dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous.

 

Evangile : La puissance de la foi — L'humilité dans le service(Lc 17,5-10)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Dieu nous a fait renaître d'une semence impérisable : sa parole vivante qui demeure pour toujours.Alléluia. (cf. 1 P 1,23)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Les Apôtres dirent au Seigneur : «Augmente en nous la foi !» Le Seigneur répondit : «La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait. Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir.'»

 

 


 

Je suis heureux que nous puissions accueillir la Société Saint Vincent de Paul ici sur la paroisse. Depuis fin 2011 notre évêque m’a envoyé auprès des Vincentiens de la Sarthe comme conseiller spirituel. Les paroissiens découvriront ce qui occupe ma mission diaconale et les Vincentiens découvriront la paroisse dominicale. Mais mon propos n’est pas de vous parler de la paroisse ou de la Société Saint Vincent de Paul, vous aurez tout le temps à la fin de cette Eucharistie de vous rencontrer les uns les autres.

 

Le Pape François s’est adressé aux clercs, prêtres et diacres, ce vendredi 4 octobre pour la Saint François d’Assise. Il a demandé aux prêtres et diacres d’ouvrir son cœur, de méditer la Parole de Dieu. Il a déploré, avec humour, « les homélies interminables, ennuyeuses, dans lesquelles on ne comprend rien »… Obéissant au Saint Père, je serai donc bref. J’avais prévus d’autres réflexions, vous pourrez les retrouverez sur mon blog si vous voulez.

 

Revenons aux textes de la liturgie. L’évangile s’ouvre sur une question des apôtres à Jésus : « augmente en nous la foi ». Je ne sais pas si vous posez souvent cette question à Jésus, pour ma part cette demande fait partie de ma prière quotidienne. « Augmente ma foi Seigneur »

 

Jésus donne une réponse en deux axes : la graine de moutarde et le serviteur quelconque.

 

Je me souviens du Père Victor Leballeur lorsqu’il était à Louplande. Au cours d’une réunion, il nous avait montré des graines de moutarde. C’est encore plus petit qu’une graine de persil. C’est vraiment tout petit. Alors quand Jésus dit « si vous aviez une foi aussi grosse qu’une graine de moutarde »… Ce n’est vraiment pas grand-chose et pourtant… notre foi est pleine de doute. Nous devons avoir à l’esprit de demander chaque jour au Seigneur d’augmenter notre foi. N’ayons pas peur de le demander à Dieu.

 

Cette graine de moutarde donne un arbre le sycomore. Une essence de bois noble qui servait à la confection des sarcophages des pharaons. Si une graine de moutarde peut donner un arbre qui permet de monter dessus pour apercevoir Jésus (je vous renvoie à la rencontre de Zachée et Jésus à Jéricho), la foi nous permet d’apercevoir le Christ dans le pauvre que nous visitons. Seule la foi peut nous aider à grandir pour apercevoir le Christ venir à notre rencontre (cf Mt 25 : « ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits des miens, c’est à moi que vous l’avez fait »). Cet esprit de foi était fondamental à Saint Vincent de Paul dans ses actions. Il doit l’être pour tous les Vincentiens et pour tous les chrétiens.

 

J’en viens au serviteur quelconque.

Certaines traductions parlent de « serviteur inutile » alors que le texte grec parle de serviteur « non-indispensable ». Le serviteur quelconque n’est pas un serviteur inutile. Un serviteur inutile, aucun maître ne le garde. Personne ne s’embarrasse de chose inutile… D’après Marie Noëlle Thabut : « Si Dieu nous prend comme serviteurs, c’est qu’il veut avoir besoin de nous. Dieu veut avoir besoin de notre collaboration ». [Au sein de la Société Saint Vincent de Paul ou de la paroisse, nous sommes quelconques,] « mais avec notre petit travail quelconque, Dieu fait sa moisson. Dieu nous associe à son œuvre… Cela peut nous remplir de fierté ! Mais sans nous inquiéter : il nous demande seulement d’être ses serviteurs : le responsable, c’est lui ».

Aussi difficile que cela puisse paraître, nous n’avons pas à attendre de « merci » pour le service que nous rendons. C’est une forme d’ascèse bien difficile à vivre dans ce monde fait d’apparence et de recherche de reconnaissance. Bien entendu, ce « merci » ou cette « reconnaissance », peuvent être exprimée, c’est quand même bien nécessaire à la politesse et à la vie commune. Ce « merci » n’est pas ce que nous venons chercher. Selon l’esprit de foi, c’est à nous de remercier le pauvre de nous permettre de le servir. Donc de servir le Christ lui-même (cf Mt 25).

Dans le film de Maurice Cloche : « Monsieur Vincent », l’auteur fait dire à Monsieur Vincent à une jeune sœur qui ira le lendemain au service des pauvres pour la première fois : « Jeanne, ….Souviens-toi bien, souviens-toi bien toujours… Tu verras bientôt que la Charité est lourde à porter, plus que le broc de soupe et le panier plein… Mais tu garderas ta douceur et ton sourire. Ce n’est pas tout de donner le bouillon et le pain, cela les riches peuvent le faire.

Tu es la petite servante des Pauvres, la Fille de la Charité toujours souriante et de bonne humeur. Ils sont tes maîtres, des maîtres terriblement susceptibles et exigeants, tu verras… alors plus ils seront injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour ! Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les Pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes… ».

Ces paroles du film ne sont pas historiques mais elles résument bien la pensée de Saint Vincent de Paul. Ils peuvent nous aider à cette ascèse du don gratuit. Pas de « merci » à attendre parce que nous sommes des « serviteurs quelconques » qui auront fait leur travail, rien de plus, rien de moins. Mais ce travail n’a pas été inutile.

 

Dans le premier texte que nous avons entendu, Habacuc adresse à Dieu un cri de détresse : « Combien de temps vais-je t’appeler au secours et tu n’entends pas ! ». La réponse de Dieu est remplie d’espérance et de confiance. Dieu ne lui fait aucun reproche, il l’invite à l’Espérance.

 

Ce cri, ne le poussons-nous pas aussi, « je souffre et tu n’entends pas ». N’est-ce pas plutôt que nos oreilles sont bouchées à la parole de Dieu. Nous crions vers Dieu, Dieu nous répond, nous ne l’entendons pas. Tout simplement parce que sa réponse n’est pas une réponse humaine, elle est une réponse divine.

 

D’autres poussent ce même cri. « Je souffre ». N’avez-vous jamais entendu ce cri chez nos contemporains ? Les temps sont durs, les factures ne sont pas payées, sans parler des impôts et de l’énergie toujours plus lourdes sur les épaules des plus petits, etc. Les plus pauvres ne s’adressent pas à Dieu mais à nous.

 

Savons-nous entendre ce cri ? Savons-nous apporter une réponse à ce cri ? Ne serait-ce que la réponse de l’accueil ?

 

Le psaume parle d’un autre cri, celui-ci c’est un cri de joie pour le Seigneur. Ce psaume 94, tous les prêtres, les diacres, moines et moniales le disent le matin, c’est le premier psaume qui ouvre la prière de la journée. Vous aussi vous pouvez le dire. La liturgie des heures n’est pas réservée aux clercs et aux moines. Ce psaume nous invite à nous tourner vers Dieu et de lui ouvrir nos cœurs. C’est une invitation à être dans la joie, pas la joie du monde, mais la vraie joie, celle qui comble les cœurs d’espérance. Cette joie, c’est celle de Dieu.

 

Saint Paul s’adresse à Timothée et lui donne des conseils pour les temps troublés que traversaient les communautés chrétiennes, le temps des premières persécutions… Ces conseils s’adressent également à nous pour être de fidèles témoins du Christ. Le pape François a formulé ces conseils d’une manière personnelle devant les catéchistes réunis à Rome en congrès international. Le pape François s’adresse aussi à nous : « Quand nous, chrétiens, nous sommes fermés sur notre groupe, sur notre mouvement, sur notre paroisse, sur notre milieu, nous restons fermés et il arrive ce qu’il arrive à tout ce qui est fermé ; quand une pièce est fermée, elle commence à sentir l’humidité. Et si une personne est dans cette pièce, elle tombe malade ! Quand un chrétien est fermé sur son groupe, sur sa paroisse, sur son mouvement, il est fermé, il tombe malade. Si un chrétien sort dans les rues, les périphéries, il peut lui arriver ce qui arrive à des personnes qui vont dans les rues : un accident. Bien des fois nous avons vu des accidents de la route. Mais je vous dis : je préfère mille fois une Église accidentée, et non une Église malade ! Une Église, […] qui a le courage de courir le risque de sortir ». La pensée du Saint Père est coutumière aux Vincentiens. Cet envoi à la périphérie de l’Eglise, Saint Vincent de Paul le vivait déjà au XVIIème siècle en envoyant les Filles de la Charité servir les pauvres galériens ou servir les prisonniers dans les cachots des prisons. Frédéric Ozanam, principal fondateur de la Société Saint Vincent de Paul, allait servir les pauvres chez eux. Cette démarche était une révolution au XIXème siècle alors que les pauvres allaient chez les riches à jour et heure fixée d’avance pour recevoir leur obole. Quand Saint Paul dit à Timothée de « régler sa doctrine sur l’enseignement solide qu’il a reçu » cela veut dire que la foi chrétienne, si elle repose sur des bases solides, elle n’est pas figée mais qu’elle est créative. St Vincent invite ses sœurs à être « inventifs à l’infini ».

 

Aujourd’hui, cet envoi aux périphéries de l’Eglise, ces périphéries ce sont des personnes, des réalités humaines éloignées de Dieu. Une périphérie nous est proposée aujourd’hui : les foulées d’Etival. Dire par notre présence active, sans mots, seulement par une présence significative et visible, que ce monde est aimé de Dieu et que cet amour passe par nous… Le pape François l’a dit à Assise : « N’ayez pas peur de sortir, d’aller à la rencontre des personnes […]».

 

Les quatre textes de la liturgie de ce jour nous délivrent un seul et même message : il nous suffit d’un peu de foi, si peu que nous en ayons, cela suffit à Dieu pour faire des miracles. Encore faut-il la mettre au service Dieu et à retrousser nos manches.

 

En conclusion je laisse la parole à Saint Vincent de Paul : « Nous ne pouvons mieux assurer notre bonheur éternel qu’en vivant et mourant au service des pauvres, entre les bras de la Providence et dans un actuel renoncement de nous-mêmes, pour suivre Jésus-Christ ».

 

 

Amen !

Marie Noëlle Thabut, L’intelligence des Ecritures, année C, p. 377

Pape François, discours aux catéchistes, vendredi 27 septembre 2013

(SV III, 392)

 

 



 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 19:13

EVANGILE - Luc 15,1-32

 

1 Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. 2 Les Pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : «Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !» 3 Alors Jésus leur dit cette parabole : 4 «Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? 5 Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, 6 et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !7 Je vous le dis : c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. 8 Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? 9 Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue ! 10 De même, je vous le dis : il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit.» 11 Jésus dit encore : «Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient. Et le père fit le partage de ses biens. 13 Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait et partit pour un pays lointain, où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. 14 Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. 15 Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. 16 Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. 17 Alors, il réfléchit : Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici je meurs de faim ! 18 Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. 19 Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.20 Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. 21 Le fils lui dit : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... 22 Mais le père dit à ses domestiques : Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23 Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. 24 Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent la fête. 25 Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. 26 Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. 27 Celui-ci répondit : C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir sons fils en bonne santé.28 Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. 29 Mais il répliqua : Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. 30 Mais, quand ton fils que voilà est arrivé, après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras ! 31 Le père répondit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. 32 Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.»


Avant toute chose, permettez-moi de remercier le Père Gaëtan pour son accueil fraternel et pour m’avoir demandé de vous commenter les textes d’aujourd’hui. Merci à toi.

 

Les textes d’aujourd’hui sont très riches d’enseignement. Il y a beaucoup de choses à dire. Saint Vincent de Paul, mon maître spirituel, recommandait aux Pères Lazaristes de ne pas être trop long dans leurs homélies, « pas plus d’une heure »… Rassurez-vous, nous ne sommes plus dans le même contexte. Je ne serai donc pas long et me contenterai d’un seul aspect sur ces textes : la figure de Dieu le Père dans chacune des situations décrites par l’Evangile.

 

Je dois vous avouez que personnellement c’est une page de l’Evangile que j’aime tout particulièrement parce que c’est une page que chacun de nous peut être amené à vivre au plus profond de sa chaire, au plus profond de son âme. C’est une page qui prend aux tripes.

 

Avez-vous remarqués la progression des situations décrites dans l’Evangile d’aujourd’hui ? La première parabole fait état d’un pasteur avec un troupeau de 100 brebis, la seconde d’une femme avec 10 drachmes et la dernière d’un père avec 2 fils.

 

Autre progression, le désert pour le premier, la maison pour la deuxième et la famille pour le troisième.

 

Cette progression nous indique quelque chose de la présence de Dieu dans nos vies. Il n’y a pas de situation qui lui soit étrangère, il n’y a pas de lieu où il ne soit pas « chez lui ». Dieu est partout chez lui, Dieu est concerné par chacune de nos situations… pour peu que nous lui laissions de la place.

 

Les sentiments de Dieu dans chacune des situations est également prégnante. Le pasteur part dans le désert chercher la brebis perdue. Il quitte les 99 autres qu’il sait en sécurité pour partir à la recherche de la 100ème. Il pourrait se dire, « il m’en reste 99, 1 % de perte, ce n’est pas grave, je peux assumer. Tant pis pour la 100ème. Je reste au chaud ».

 

Même chose pour la drachme perdue. Il pourrait se dire « 10 % de perte, je peux assumer, il me reste 90 % de mon capital, je ne vais pas me fatiguer à retrouver 10 % ».

 

Pour son plus jeune fils, il pourrait se dire « il a fait son choix… j’ai toujours mon aîné avec moi. »

 

Toutes ces attitudes, nous pouvons les percevoir peu ou prou dans notre quotidien, que ce soit à la télévision ou dans notre entourage et peut être même chez nous. Mais toutes ces attitudes si elles sont coutumières de notre monde, elles sont étrangères à Dieu le Père. Elles ne sont pas celles de Dieu.

 

Dieu ne supporte pas que nous nous égarions dans nos erreurs. Comme dans l’Exode, il peut ressentir de la colère face à nos égarements. Lui qui nous a tout donné, voir ce que nous faisons de ses dons… Il pourrait « s’enflammer contre nous », il pourrait « nous engloutir »… Voir ce que nous faisons des dons de Dieu, ça peut être triste à en mourir de désespoir. Pourtant, Dieu nous laisse libre de nos choix. Cependant il laisse toujours la porte ouverte pour nous accueillir. Nous chrétiens, nous appelons cela la confession, le sacrement de réconciliation. N’hésitons pas à nous en servir, le sacrement de réconciliation, il ne s’use que si on ne s’en sert pas.

 

Quel père ne peut ressentir de l’angoisse ou de la peur quand son fils quitte brutalement la maison familiale pour voler de ses propres ailes ? Une multitude de questions peut l’envahir. Doit-il le laisser faire ? Doit-il l’empêcher de partir ? Doit-il fermer définitivement la porte ? Doit-il aller à sa recherche ? Quelle attitude doit-il prendre ? Il n’y a pas de réponse tout faite. Il n’y a que la réponse de l’amour. Le père aime son fils, quoi qu’il fasse. Il en ait de même pour la mère. Je dirais que c’est encore plus fort pour la maman qui voit son enfant quitter le foyer. Mais là, c’est une autre histoire.

 

Dans notre parabole, le père laisse son fils partir, il le laisse assumer ses choix. Contrairement à la brebis perdue, il ne va pas le chercher. Contrairement à la drachme perdue, il ne va pas fouiller le pays pour le retrouver. Il le laisse faire son expérience, non pas en lui tournant le dos, mais en le regardant faire. Un peu comme quand un père apprend à son fils à faire du vélo. Après l’avoir soutenu pendant les premiers moments, il lâche le vélo mais il n’est jamais bien loin pour rattraper son fils s’il voit qu’il commence à tomber. Il fera tout pour lui éviter de se faire mal.

 

Dieu est comme ce père avec nous, il est comme cette femme dans sa maison ou ce berger dans le désert. Il ne nous laisse jamais seul, il ne nous prive pas de notre liberté, il est avec nous. Parce qu’il nous aime. Il nous aime sans condition. Tout simplement parce qu’il est Dieu.

 

Cette dernière parabole est très riche. Nous pouvons être tour à tour chacun des personnages, le père angoissé quand un enfant part de la maison, le plus jeune fils quand il quitte le foyer de papa et maman pour vivre ses propres expériences (je parle pour les jeunes adultes…). Nous pouvons être le fils ainé, celui qui reste fidèle au foyer paternel mais qui peut être jaloux du pécheur pardonné, nous pouvons être les serviteurs, discrets mais au courant de tout… etc.

 

En conclusion je voudrais attirer votre attention sur la joie exprimée par le père. Une joie qui restaure le plus jeune fils dans sa filiation, lui qui ne se reconnaissait plus le fils de son père « Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers. »

Une joie qui restaure les liens de fratrie entre les fils. Quand l’ainé dit à son père « quand ton fils que voilà est arrivé » réfutant ainsi son lien de fratrie, le père lui répond Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé »

Et cette joie ne se trouve pas enfermée dans les liens familiaux, elle est extériorisée. La femme qui a retrouvé sa drachme perdue va partager sa joie avec ses voisines. Pareil pour le berger qui réunis ses amis et ses voisins pour partager sa joie d’avoir retrouvé sa brebis perdue.

 

Qu’à la méditation de cette page d’Evangile puissions-nous ouvrir nos cœurs les uns envers les autres. Puissions-nous, dans la mesure du possible, accompagner nos jeunes vers une vie autonome sans être coupées des racines familiales. Puissions-nous accepter de tuer le veau gras pour que nos enfants puissent faire la fête. Que nos enfants puissent accepter l’éducation familiale qui en fera des témoins de l’amour du Christ.

 

Qu’il en soit de même pour nous. Dieu se réjouit de nous avoir sauvés.

Saint Paul nous l’a rappelé : «le Christ m'a pardonné […] la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, […] Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs »

Par la mort et la résurrection de son Fils, Dieu nous restaure dans notre dignité. Il nous fait fils de Dieu. C’est ce que nous fêtons chaque dimanche à l’Eucharistie. Ne gardons pas cette joie pour nous, partageons là avec nos amis et nos voisins.

Offrons-leur un visage de ressuscité.

Offrons-leur un visage rayonnant d’amour et de vérité.

 

Amen !

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre permanent Vincentien

 

http://jpdiacre.over-blog.com/

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:33

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ASSEMBLEE GENERALE

SOCIETE SAINT VINCENT DE PAUL - SARTHE

Samedi 6 avril 2013

 

HOMELIE

 

Textes de la messe du jour

 

1ère lecture : Les Apôtres refusent de se taire (Ac 4, 13-21)

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres

Les membres du grand conseil d'Israël étaient surpris en voyant l'assurance de Pierre et de Jean, et en constatant que c'étaient des hommes quelconques et sans instruction. Ils reconnaissaient en eux des compagnons de Jésus, ils regardaient debout près d'eux l'homme qui avait été guéri, et ils ne trouvaient rien à dire contre eux. Après leur avoir ordonné de quitter la salle du conseil, ils se mirent à délibérer : «Qu'allons-nous faire de ces gens-là ? Certes, un miracle notoire a été opéré par eux, c'est évident pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais il faut en limiter les conséquences dans le peuple ; nous allons donc les menacer pour qu'ils ne prononcent plus ce nom devant personne.»

Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de proclamer ou d'enseigner le nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : «Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d'écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu.»

Après de nouvelles menaces, on les relâcha ; en effet, à cause du peuple, on ne voyait pas comment les punir, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.

 

 

Psaume : Ps 117, 1.14-15ab, 16-18, 19-21

 

R/ Seigneur, je te rends grâce, car tu m'as exaucé.

 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !

Éternel est son amour !

Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; 

il est pour moi le salut.

Clameurs de joie et de victoire 

sous les tentes des justes.

 

Le bras du Seigneur se lève, 

le bras du Seigneur est fort !

Non, je ne mourrai pas, je vivrai 

pour annoncer les actions du Seigneur : 

il m'a frappé, le Seigneur, il m'a frappé, 

mais sans me livrer à la mort. 

 

Ouvrez-moi les portes de justice : 

j'entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. 

« C'est ici la porte du Seigneur : 

qu'ils entrent, les justes ! » 

Je te rends grâce car tu m'as exaucé : 

tu es pour moi le salut.

 

 

Evangile : Les manifestations du Christ ressuscité (Mc 16, 9-15)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie. Alléluia. (Ps 117, 24)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.

Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire.

Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.

Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.

Puis il leur dit : «Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.»

 

AELF

 

 

J’ai déjà beaucoup parlé ce matin, je serais donc bref.

 

A entendre la lecture du livre des actes des apôtres, nous pouvons goûter une certaine actualité dans notre société française. « Il faut en limiter les conséquences dans le peuple » disent les membres du grand conseil face à l’assurance des apôtres Pierre et Jean. Comme si on pouvait limiter les conséquences de la Bonne Nouvelle du Christ Ressuscité !

 

Bien au contraire, la réponse de Pierre et de Jean est claire « Est-il juste devant Dieu de vous écouter [d’écouter l’air du temps], plutôt que d’écouter Dieu ? » Notre réponse à la suite du Christ doit être tout aussi claire et sans ambiguïté.

 

L’engagement que nous avons au sein de la Société Saint Vincent de Paul est également claire et sans ambigüité, vous êtes, nous sommes engagés à la suite du Christ à la manière de Frédéric Ozanam pour annoncer la Bonne Nouvelle en portant aide et assistances aux pauvres de notre temps.

 

Puissions-nous annoncer avec les mots du psalmiste « c’est ici la porte du Seigneur, qu’ils entrent les justes ! ». Notre pape François nous appelle à sortir de nos sacristies, à agir à la périphérie de l’Eglise, c’est-à-dire auprès des non croyants ou des mal croyants. C’est ce que nous faisons en portant aide et assistance à toute personne croyante ou non. Il n’est pas question de demander son acte de baptême avant d’apporter notre aide. Il est question d’annoncer l’Evangile de Dieu en actes, en exerçant la solidarité, nous devons faire que « la charité fasse ce que seule la justice ne peut faire ». Autrement dit, à faire toujours plus.

 

Cet appel à aller aux frontières de l’Eglise est renouvelé, je dirais même est renforcé par l’Evangile que nous venons d’entendre. La Bonne Nouvelle de la résurrection de Jésus est incroyable. Même les apôtres ont du mal à y croire, au tout début du moins. Après, ce sera autre chose, ils iront jusqu’à mourir au nom de cette certitude, au nom du Christ ressuscité. Ma prière vous accompagne chaque jour pour que la Parole de Dieu vous encourage dans votre engagement quotidien au service des plus pauvres.

 

Lors de la fondation de la société Saint Vincent de Paul, Frédéric Ozanam encourage ses amis en leur disant : « que nos actes soient d’accord avec notre foi. Mais que faire ? Que faire pour être vraiment catholiques, sinon ce qui plaît le plus à Dieu ? Secourons donc notre prochain, comme le faisait Jésus-Christ, et mettons notre foi sous la protection de la charité ».

 

Amen !

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre Permanent Vincentien

Aumônier départemental SSVP Sarthe

Prier 15 jours avec Frédéric Ozanam, p. 57

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:01

EVANGILE - Matthieu 2,1-12

1 Jésus était né à Bethléem en Judée,  au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem2 et demandèrent : «Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui.»3 En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.4 Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :5 «A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :6 Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple.»7 Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; 8 Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : «Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui.»9 Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.10 Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.11 En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leur coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.12 Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

 

 

 


Adoration mages

En voilà du monde à la crèche aujourd’hui. Trois nouveaux personnages viennent s’ajouter à la Sainte Famille. Nous serions en Provence, il faudrait également ajouter de multiples personnages représentant les habitants de nos villages… Mais comme nous ne sommes pas en Provence, nous en resterons aux mages.

 

A y regarder de plus près, l’Evangile ne nous dit pas grand-chose sur ces personnages. Ces visiteurs, Saint Matthieu les qualifie de « mages » en grec  μάγοι qui signifie « sages ». Par son Evangile, Saint Matthieu s’adresse à des communautés chrétiennes issues du judaïsme. Il a le souci de dire à ces communautés que la Bonne Nouvelle du Salut est universelle. Il a le souci d’interpeller les premières communautés chrétiennes à l’ouverture à l’universalité. Aujourd’hui en racontant la venue des mages venus d’Orient, il nous dit que l’Evangile n’est pas réservé à une élite, à un peuple particulier, mais qu’il s’adresse à tout homme et à toute femme, quel que soit son origine, quels que soient ses croyances, quelle que soit sa culture, quel que soit son état de vie.

 

Les mages sont des sages, ce sont surtout des « chercheurs ». Selon le mot du Général de Gaulle, « des chercheurs j’en trouve, des trouveurs j’en cherche ». N’en doutons pas un instant, les mages s’ils sont des chercheurs, ils sont surtout des trouveurs de Dieu. Alors comme eux, cherchons Dieu, trouvons Dieu dans nos vies et laissons-nous transformer par Dieu. N’ayons pas peur, à la suite des mages de rentrer chez nous différents après avoir contemplé l’enfant Jésus. Puissions-nous annoncer au monde qu’il est aimé de Dieu.

 

Les mages, ils passent leur temps, si je puis dire, à s’interroger, à interroger les signes des temps. Une étoile les interpelle par son apparition dans le ciel et par sa brillance. Voyant un signe important, ils se mettent en route et la suive. Arrivés à Jérusalem, c’est tout naturellement qu’ils s’adressent aux autorités civiles et religieuses et les interrogent : «Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui.»

 

Ceux qui savent, ceux qui ont le pouvoir, prennent peur. « Comment se fait-il que des païens, des étrangers, savent quelque chose que nous ignorons ? » Et surtout, ça concerne ce que nous attendons tous, un sauveur. N’est-ce pas aussi une question pour notre temps ? N’est-ce pas aussi une question qui nous dérange ? Quel est cet autre qui m’interroge sur mes croyances, sur mes certitudes ? Qui est-il pour en savoir plus que moi ? Et pourtant, n’est-ce pas « par l’autre » ou par une expression plus chrétienne, par « notre prochain », que s’exprime Dieu dans nos vies ?

 

Pour en revenir à ces mages, Saint Matthieu ne nous dit pas qui ils sont ni combien ils sont. Ce n’est qu’au troisième siècle avec Tertullien qu’on apprendra qu’ils sont rois et un peu plus tard, avec Origène qu’ils sont 3. Origène, dans ses « Homélies sur la Genèse » fixe leur nombre à 3 en se fondant sur les trois présents : l’or, l’encens et la myrrhe. Origène établit également une relation symbolique avec les trois personnages qui rendent visite à Isaac (Abimélech, Ochozath et Phicol) dans un épisode de réconciliation (Gn 26,26). Toujours selon Origène, nous sommes au IIIème siècle après Jésus-Christ, il y a trois disciplines générales par lesquelles on parvient à la science des choses, incarnées par ces trois personnages qui demandent la paix à Isaaс : il s'agit de la logique ou « philosophie rationnelle » (Abimélech), la physique ou « philosophie naturelle » (Ochozath), l'éthique ou « philosophie morale » (Phicol). Origène compare les Mages à ces trois personnages de l’Ancien Testament. C’est tout le savoir, l’intelligence humaine qui s’incline devant Dieu. Enfin, il attire le croyant sur le parallèle avec le Christ qui accueille l'adoration de ces étrangers, symbole de l'Église qui accueille les Gentils, autrement dit les païens, les étrangers et comprend toutes les philosophies.

 

Les mages symbolisent encore deux autres choses : par leurs origines symbolisant l’Orient, l’Asie et l’Afrique, ils représentent le monde connu à l’époque romaine, ils nous apprennent l’universalité de l’Evangile.

Par leurs âges différents, ils symbolisent les trois âges de la vie, la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Quel que soit notre âge, l’Evangile s’adresse à nous.

 

Un peu plus tard encore, au VIème siècle, nous apprendrons comment s’appellent ces visiteurs venus de l’Orient : Gaspard, Melchior et Balthasar. Une coutume alsacienne veut que les enfants de la paroisse passent dans les foyers pour récolter des friandises. Quand l’habitant leur donne des bonbons, les enfants écrivent à la craie les lettres C M B sur le montant de la porte. C’est un acrostiche latin signifiant le nom des mages mais aussi la belle phrase : « Christus Mansionem Benedicat », «que Christ bénisse cette maison»

 

La légende dorée (texte latin du XIIIème siècle) nous donne l’explication des présents donnés à l’Enfant Jésus. Je site : « Le premier des Mages s’appelait Melchior, c’était un vieillard à cheveux blancs, à la longue barbe. Il offrit l’or au Seigneur comme à son roi, l’or signifiant la Royauté du Christ. Le second, nommé Gaspard, jeune, sans barbe, rouge de couleur, offrit à Jésus, dans l’encens, l’hommage à sa Divinité. Le troisième, au visage noir, portant toute sa barbe, s’appelait Balthazar ; la myrrhe qui était entre ses mains rappelait que le Fils devait mourir. »

 

Pour nous aujourd’hui, que nous disent les mages ? Ils nous disent que nous sommes appelés, quel que soit notre âge, notre santé, notre situation, nous sommes appelé à venir devant la crèche adorer Jésus notre sauveur et aussi s’incliner devant la Sainte Famille (un papa, une maman, un enfant… si vous voyez ce que je veux dire).

Nous sommes appelé à partager notre richesse avec les plus pauvres. C’est ce que nous avons fait pendant l’Avent avec la collecte pour les enfants de la Perdrera.

Nous sommes appelés à accueillir l’étranger, tout comme la Sainte Famille accueille ces étranges visiteurs, parlant une langue curieuse et incomprise, habillé d’une façon étonnante.

Nous sommes appelés à rendre grâce pour toutes les merveilles que Dieu nous envois quotidiennement.

A nous de savoir regarder le ciel pour distinguer l’Etoile qui nous guide vers l’Enfant Jésus.

A nous de savoir interpeller le monde : «Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui.» Et que le monde puisse dire en nous voyant agir : « Dieu s’est rendu présent ici »

 

Amen !

 

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 12:04

« Au diable la tiédeur » titre le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine pour son dernier livre. Je laisserai tomber le politiquement correcte.

 

Parler de la royauté du Christ dans notre chère république laïque qui se voudrait par moment athée, peut surprendre et même sembler déplacer. Et pourtant, l’Eglise universelle propose à notre méditation la figure du Christ Roi de l’univers. Si nous fêtons en ce jour cette solennité, c’est que cette dimension est primordiale pour nous chrétiens. Cette fête instituée par le pape Pie XI en 1925 (encyclique Quas Primas) achève l’année liturgique. N’est-ce pas pour marquer le but ultime de notre foi ? Celui de la place du Christ dans notre vie, c’est-à-dire au sommet ?

 

ecce-homo.jpgQuelle est cette figure du Christ Roi que l’Eglise nous propose d’honorer ? Je ne sais pas si vous avez en tête l’œuvre de Philippe de Champaigne intitulé ‘Ecce Homo’ Voici l’Homme. Ce grand peintre du XVIIème siècle nous décrit le Christ flagellé assis dans le prétoire, offert à notre regard. Le Christ est revêtu des symboles dérisoires de royauté que les soldats lui ont conférés par raillerie : le roseau en guise de sceptre, des épines en guise de couronne et une veille chlamyde de soldat romain en guise de vêtement royal.

 

Voici ce Roi que Dieu nous donne comme Sauveur.

 

Nous pouvons et nous devons rassurer nos dirigeants et ceux qui aiment tant le pouvoir… Si notre Roi est au-dessus de tous les royaumes de ce monde, il n’est pas appelé à régner sur eux. Que les puissants, que ceux qui détiennent une once de pouvoir se rassurent, Jésus l’a dit à Pilate, son royaume n’est pas de ce monde. Mais, et oui il y a un « mais », ils sont appelés à exercer leur pouvoir à l’image du Christ Roi.

 

Pour vous parler de la Parole de Dieu de ce jour et de l’Evangile en particulier, je me suis inspiré principalement des enseignements du Cardinal André Vingt-Trois, de différents textes du Concile et du catéchisme de l’Eglise Catholique et des enseignements du Saint Père Benoît XVI.

 

Selon les paroles du Cardinal, « Le Christ ne règne pas pour prendre le pouvoir, pour dominer les hommes ou pour les conduire malgré eux. […] Il règne pour rassembler les hommes, pour aller à la recherche de la brebis perdue, pour soutenir celle qui est affaiblie, pour soigner celle qui est blessée. Ainsi, le Christ se fait serviteur de l’humanité et rassemble peu à peu tous les hommes en un seul troupeau qui est une seule famille » (fin de citation, homélie du 23 novembre 2008).

 

Non la royauté du Christ n’est pas de ce monde. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Jésus Lui-même qui le dit. Nous venons de l’entendre dans l’Evangile, « Ma royauté ne vient pas de ce monde ». S’il est vrai que la puissance de Dieu s’exerce à travers le Christ, ce n’est pas pour nous contraindre à son adhésion, (on ne se converti pas par la force mais par l’amour). La puissance de Dieu nous appelle à nous délivrer de tout ce qui nous entrave, de tout ce qui nous empêche de vivre en communion avec Dieu et avec nos frères. La Royauté du Christ manifeste sa victoire sur le péché. Elle restaure l’homme dans sa liberté d’enfant de Dieu. La Royauté du Christ, c’est pour « nous rendre capable de choisir ».

 

Etre chrétien, c’est être serviteur du Christ Roi. Ce n’est pas partager une puissance, c’est partager un service. Aussi, « si nous fêtons le Christ Roi, ce n’est pas une sorte de revanche sur l’humiliation où peut se trouver parfois notre foi chrétienne et notre Eglise ». [Les débats qui secouent notre société en ce moment, les insultent proférées contre l’Eglise et les croyants en sont le triste exemple. Dernier cas dans notre pays un mouvement qui a pignon sur rue appelle à la haine contre les chrétiens « préparons les planches et les clous » disent-t-ils après une diatribe de haine contre nous les croyants. (J'ai interrogé notre député, j'attends toujours sa réponse...). D’avance nous leur pardonnons leurs paroles de haine « ils ne savent pas ce qu’ils disent »]. Nous fêtons le Christ Roi comme « une expérience qui nous fait découvrir la véritable image de Dieu : celui qui revêt la tenue de service, le tablier noué à la ceinture pour se mettre aux pieds de l’humanité » (Cardinal Vingt-Trois).

 

Dans le catéchisme de l’Eglise Catholique, l’Eglise nous rappelle que Jésus-Christ est celui qui a reçu l’onction de l’Esprit Saint du Père et qu’il a constitué « prêtre, prophète et roi ». Le Peuple de Dieu tout entier participe à ces trois fonctions du Christ et il porte les responsabilités de mission et de service qui en découlent. (§ 783)

 

Nous sommes appelés, nous tous, les clercs comme les laïcs, à servir ce monde tant aimé de Dieu, même si ce monde ne nous aime pas et n’aime pas notre Dieu. Nous sommes appelés à le servir chacun à sa façon, chacun selon son charisme et chacun selon sa vocation.

 

Le prêtre est figure du Christ pasteur, celui qui guide son troupeau vers la bergerie.

Le diacre, figure du Christ serviteur, est celui qui aide la communauté à découvrir la diaconie de ses frères, autrement dit l’attention aux plus pauvres.

Et le laïc est envoyé dans le monde pour témoigner l’Amour du Christ à tous les hommes.

 

Pour terminer, voici un passage de la déclaration du Concile Vatican sur l’Apostolat des Laics Apostolicam Actuositatem « Il y a dans l’Église diversité de ministères, mais unité de mission. Le Christ a confié aux apôtres et à leurs successeurs la charge d’enseigner, de sanctifier et de gouverner en son nom et par son pouvoir. Mais les laïcs rendus participants de la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ assument, dans l’Église et dans le monde, leur part dans ce qui est la mission du Peuple de Dieu tout entier [Cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 31.]. Ils exercent concrètement leur apostolat en se dépensant à l’évangélisation et à la sanctification des hommes ; il en est de même quand ils s’efforcent de pénétrer l’ordre temporel d’esprit évangélique et travaillent à son progrès de telle manière que, en ce domaine, leur action rende clairement témoignage au Christ et serve au salut des hommes. Le propre de l’état des laïcs étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes ; ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d’un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien. » (Apostolicam Actuositatem § 2)

 

Voyez-vous, vous avez des choses à dire au monde en cette année de la foi.

 

Avant de proclamer notre foi par le Credo, je conclurais par cette exclamation « Vive le Christ Roi » parce qu’il nous donne son Amour à tous et chacun.

 

Amen !

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 20:15

17èmedimanche du temps ordinaire, année B

Homélie Pouilly en Auxois, 29 juillet 2012

 

bléPremière lecture :

Un homme arriva de Baal-Chalicha ; dans son sac il apportait du pain à l’homme de Dieu : 20 pains d’orge et de blé que l’on avait faits avec la farine de la nouvelle récolte. Élisée lui dit : “Donne à ces hommes pour qu’ils mangent.” °Mais son serviteur lui dit : “Je ne vais tout de même pas servir cela pour 100 personnes.” Il reprit : “Donne à ces gens et qu’ils mangent, car voici ce que dit Le Seigneur : On en mangera et il en restera.” °44 Il les servit donc, ils en mangèrent et laissèrent des restes comme Le Seigneur l’avait dit.

 

Ps 145

Que tes œuvres te louent, Seigneur,

et que tes fidèles te bénissent.

Qu’ils proclament la gloire de ton règne

et nous redisent tes exploits.

Qu’ils fassent connaître aux hommes ta vaillance,

et la gloire, et l’honneur de ton règne.

 

Si tu règnes, tu règnes pour les siècles,

ta souveraineté s’impose d’âge en âge :

le Seigneur est fidèle en toute ses paroles,

il montre sa bonté en toutes ses œuvres.

Le Seigneur retient celui qui tombe,

et redresse celui qu’on a courbé.

 

Tous attendent de toi

que tu leur donnes la nourriture en son temps.

Tu ouvres ta main,

et pour tous les vivants c’est l’abondance de tes biens.

 

Seconde lecture : Eph 4,1-6

Je vous le demande, moi, le prisonnier dans le Seigneur : montrez-vous dignes de l’appel que vous avez reçu. Faites preuve d’humilité, de bonté, d’esprit de compréhension, et supportez-vous les uns les autres avec amour. Efforcez-vous de garder l’unité de l’esprit grâce au lien de la paix.

Qu’il y ait un seul corps et un seul esprit, tout comme vous avez été appelés à une même vocation et espérance :  un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout, et qui fait tout en tous !

 

Evangile : Jn 6,1-15 :

Après cela, Jésus alla sur les bords de la mer de Galilée, du côté de Tibériade. Une foule nombreuse le suivait, car elle voyait les signes miraculeux qu’il opérait sur les malades. Jésus monta sur la colline, et là il s’assit avec ses disciples. La Pâque, la fête des Juifs, était proche.

Jésus, donc, leva les yeux et vit cette grande foule qui montait vers lui. Alors il dit à Philippe : “Où allons-nous acheter des pains pour qu’ils aient à manger ?” Jésus disait cela pour voir comment Philippe allait réagir, car lui savait ce qu’il allait faire.

Philippe lui répond : “Même avec 200 pièces d’argent, le pain ne suffirait pas pour que chacun en ait un morceau.” Un des disciples de Jésus, André, le frère de Simon-Pierre, dit alors : “Il y a là un garçon avec cinq pains d’orge et deux poissons : nous voilà bien pour nourrir toute cette foule !” °10 Mais Jésus dit : “Faites asseoir tout ce monde.”

Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit et les hommes s’assirent ; ils étaient environ 5 000.

Jésus donc prend les pains et rend grâce, puis il en donne à ce monde qui s’est mis à l’aise, et il leur donne de même du poisson, autant qu’ils en veulent. Quand ils ont tous mangé à leur faim, Jésus dit à ses disciples : “Ramassez les morceaux qui restent, il ne faut rien perdre.” On les ramasse donc et on remplit douze corbeilles avec les débris des cinq pains d’orge, tout ce qu’on n’avait pas mangé.

À la vue du signe que Jésus venait de faire, les gens commencèrent à dire : “Cet homme est vraiment le prophète qui doit venir dans le monde !” Jésus comprit qu’ils allaient l’enlever pour le proclamer roi ; alors, une fois de plus, il les laissa et s’en alla tout seul dans la montagne.

 

 

HOMELIE :

 

Permettez-moi tout d’abord de m’adresser au Père Etienne : « Merci Père Etienne de m’avoir confié l’homélie de ce jour. C’est avec joie que j’effectue ce qui est bien plus qu’un « devoir de vacances », c’est un devoir diaconal ».

Et c’est avec plaisir que je m’adresse à vous aujourd’hui.

 

Les textes que nous venons d’entendre nous plongent dans la pédagogie et la délicatesse de Dieu envers son peuple.

 

La multiplication des pains, que ce soit avec Elisée ou avec Jésus, est une réponse à un manque, à un besoin essentiel, un besoin vital. L’homme a faim. Dieu comble sa faim bien au-delà de son espérance.

 

Avec Elisée, nous sommes dans une période de crise, c’est la famine dans le pays. Au temps de Jésus, la foule a été, semble-t-il, imprudente de le suivre sans emporter de quoi se nourrir… c’est sans doute l’exaltation de suivre le Sauveur. Jésus, devant cette imprudence, prend soin de son troupeau. Il ne veut pas qu’il défaille.

 

De son côté, Elisée s’adresse à son serviteur ;  Jésus s’adresse à Philippe. « donne leur à manger ». L’un comme l’autre répond à vue humaine : « ce que nous avons n’est rien par rapport à ce qui nous est demandé ».

 

En effet, qu’est-ce que 20 pains d’orge pour 100 personnes ? Et encore moins avec 5 pains et 2 poissons pour 5 000 personnes ?

 

Pour faire une lecture de ces récits de miracle, je m’appuie sur les travaux de la bibliste Marie Noelle Thabut. Elle voit ici, comme dans tout miracle, quatre éléments à prendre en considération.

 

Le premier élément c’est un vrai besoin : la maladie, le handicap, la mort, ou comme ici, la famine.

 

Le second, un geste libre : avec Elisée quelqu’un a pris du pain sur sa récolte, en temps de famine justement. Avec Jésus, c’est un enfant qui apporte son bien, peut-être sa nourriture de la semaine.

 

Le troisième élément : le recours à celui qui est considéré comme l’envoyé de Dieu.

 

Et enfin, quatrième élément : la foi dans l’intervention de Dieu… contre l’avis raisonnable des hommes (que ce soit le serviteur d’Elisée ou que ce soit Philippe, un apôtre de Jésus).

 

Ces quatre éléments : le manque, le geste libre, le recours de l’envoyé de Dieu, la foi en Dieu, ce ne sont pas les hommes qui les définissent par eux-mêmes, c’est Dieu qui nous l’apprend. C’est cela que j’appelle la pédagogie de Dieu. Au cours des siècles, il se dévoile petit à petit, selon ce que l’homme peut comprendre à ce moment précis. C’est comme à l’école. Avant d’apprendre à lire des romans, l’enfant apprend l’alphabet et à déchiffrer les mots. Plus tard, quand il sera plus grand, il apprendra de nouveaux mots, de nouvelles significations. Il apprendra à écrire lui-même. Avec Elisée, Dieu apprend à l’homme qu’il comble sa faim. Avec Jésus, Dieu nous apprend qu’il comble notre faim au-delà de notre espérance.

 

Dans la pédagogie divine, Dieu ne nous force jamais. C’est ce que j’appelle la délicatesse de Dieu. Elle s’exprime à tout moment dans les textes d’aujourd’hui comme dans toute la Bible. Dieu ne force jamais la liberté de l’homme… Il est bien trop délicat pour cela. Ici, dans la multiplication des pains, pour qu’elle puisse avoir lieu, il y a au départ un don, une offrande de pain. C’est à partir de ce peu de chose que Dieu fera la multiplication.

 

Et pour nous aujourd’hui, comment ces textes nous parlent-ils ? comment les mettre en pratique ?

 

Voici quelques pistes que je me permets de vous soumettre.

 

Tout d’abord, la période que nous vivons peut être comparée à celle d’Elisée : temps de crise, temps de famine… Nous pouvons nous interroger sur notre quotidien, sur ce qui est essentiel à notre vie.

 

Est-ce que je suis celui qui a 20 pains d’orge ou cet enfant qui a 5 pains ou est-ce que je suis celui qui a faim, qui manque de tout ? En d’autres termes, est-ce que je possède beaucoup et comment partager ce qui ne m’est pas nécessaire ou est-ce qu’il me manque l’essentiel pour vivre ? Et quel est cet essentiel ?

 

Cet essentiel, n’est-ce pas Dieu qui nous le donne ? Nous venons chaque dimanche à l’Eglise pour retrouver la communauté chrétienne, pour partager un moment de foi ensemble, pour rencontrer le Seigneur en vivant ensemble le temps eucharistique.

 

Ce temps est une invitation pour ceux qui ne le vivent pas encore et un encouragement pour ceux qui le vivent déjà : est-ce que nous prenons le temps du recueillement, le temps du cœur à cœur avec Dieu, le temps de l’adoration de l’Eucharistie ?

 

Nous sommes invités et encouragés à la fidélité à la prière quotidienne du Notre Père. Cette prière où nous demandons à Dieu notre pain quotidien.

 

Nous sommes invités et encouragés à fréquenter la Parole de Dieu sinon chaque jour au moins quelques instants dans la semaine. Ecouter la parole de Dieu, c’est ce pain quotidien qui nourrit notre vie spirituelle. Prenons le temps d’ouvrir la Bible pendant la semaine pour écouter ce que Dieu a à nous dire. Ce qu’il nous enseigne par sa parole d’amour, sa parole si délicate aux oreilles de notre âme.

 

Nous sommes invités et encouragés à prendre du temps dans la semaine pour discerner ce qui est essentiel à notre vie de ce qui est superflu. C’est un peu comme quand on prépare le bric à brac paroissial. On fait le tri sur ce que l’on a accumulé dans le grenier en se disant « ça servira bien un jour ». Et pourtant, on n’y a jamais touché. Ce superflu, Dieu nous demande de nous en détacher pour aller à l’essentiel.

 

Nous sommes invités et encouragés à mettre Dieu au centre de notre vie. Nous sommes invités et encouragés à prendre du temps pour les autres, à annoncer l’Evangile au monde. Nous sommes invités et encouragés à vivre la solidarité avec les plus pauvres.

C’est ainsi que la Bonne Nouvelle sera annoncé. Celui qui se tient assis au bord de la route sera mis debout en marche à la suite du Christ.

 

Saint Paul nous y invite. Nous l’avons entendu tout à l’heure lorsqu’il nous rappelait « Il n’y a qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous ». Un peu plus loin, dans cette même épître aux Ephésiens, Saint Paul nous met en garde « ne soyons plus des enfants nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d’idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entrainer dans l’erreur ! » (Ep 4,14).

 

En conclusion, je citerai le psaume d’aujourd’hui : « que tes fidèles te bénissent, tu leurs donnes la nourriture en temps voulu, tu es proche de ceux qui t’invoquent en vérité ».

 

Telle est ma prière pour vous.

 

Amen !

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre permanent vincentien

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 10:30

de-gaulle-8-mai-1945.jpgLecture du livre des Actes des Apôtres (Ac 14, 19-28)

Comme Paul et Barnabé se trouvaient à Lystres, des Juifs arrivèrent d'Antioche de Pisidie et d'Iconium, et ils parvinrent à retourner la foule ; Paul fut lapidé, puis on le traîna hors de la ville en pensant qu'il était mort. Mais, quand les disciples se groupèrent autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, avec Barnabé, il partit pour Derbé ; dans cette ville, ils annoncèrent la Bonne Nouvelle et firent de nombreux disciples.

Puis ils revinrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie. Ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui.

Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent vers Attalia, et prirent le bateau jusqu'à Antioche de Syrie, d'où ils étaient partis ; c'est là qu'ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l'oeuvre qu'ils venaient maintenant d'accomplir. À leur arrivée, ayant réuni les membres de l'Église, ils leur racontaient tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi.

Ils demeurèrent alors un certain temps avec les disciples.

Parole du Seigneur

 

Psaume : 144, 10-11, 12-13ab, 3a.21

R/ Que tes amis chantent la gloire de ton règne !

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits,

annonçant aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Il est grand, le Seigneur, hautement loué.
Que ma bouche proclame les louanges du Seigneur !
Son nom très saint, que toute chair le bénisse
toujours et à jamais !

 

Evangile : Discours de la Cène : la paix du Christ soutiendra les disciples dans l'épreuve (Jn 14, 27-31a)

 

Acclamation : Alléluia. Alléluia. Le Christ devait souffrir et ressuciter d'entre les morts pour entrer dans la gloire. Alléluia. (cf. Lc 24, 26.46)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

 

Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le prince du monde va venir. Certes, il n'y a rien en moi qui puisse lui donner prise, mais il faut que le monde sache que j'aime mon Père, et que je fais tout ce que mon Père m'a commandé. »

 


Imad Ibn-Ziaten 31 ans, Abel Chennouf 24 ans, Mohamed Legouad 28 ans, Loïc Libe, Jonathan Sandler 30 ans, Gabriel Sandler, 3 ans, et Aryeh Sandler, 6 ans, Myriam Monsonégo, 8 ans et Aaron Bijaoui 15 ans et demi. Ces noms, c’est peut être la première fois que vous les entendez. Ils ont tous comme point commun d’avoir été assassiné ou grièvement blessé par un seul homme dont les médias ont trop souvent cité son nom en oubliant de citer ses victimes. Parmi elles, figurent 4 militaires assassinés ou grièvement blessé parce qu’ils étaient soldats français, parce qu’ils portaient l’uniforme français et qu’ils représentaient la France. Les enfants et leur instituteur ont été assassinés parce qu’ils étaient juifs. Je tiens à associer ces victimes à cette journée du souvenir parce qu’ils sont des soldats morts pour la France et des hommes et enfants morts parce qu’ils appartiennent au peuple Juif et que, permettez-moi et excusez-moi pour cette expression maladroite «que ce genre de victimes étaient le prototype des victimes du nazisme».

 

Aujourd’hui, nous nous rassemblons à l’église de Louplande pour commémorer l’armistice de la seconde guerre mondiale, cette guerre qui a vu le monde ébranlé par une doctrine abjecte : le national-socialisme. Doctrine porteuse de mort qui a mis en forme une politique d’eugénisme, une politique de mort des enfants à naître, une politique qui élimine ceux que les nazis refusent de voir vivre parce qu’ils sont juifs, parce qu’ils sont handicapés, parce qu’ils sont vieux, parce qu’ils ne répondent pas aux normes qu’ils ont édictées. Venir rendre hommage à l’église et aux monuments aux morts de nos communes n’est que le minimum que nous pouvons faire pour rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont fait le sacrifice suprême pour notre liberté.

   

Dans la première lecture nous avons entendu Saint Paul exhorter les premiers chrétiens à persévérer dans la foi en disant : «Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu». Pendant la seconde guerre mondiale, notre pays est passé effectivement par bien des épreuves et a su les surpasser non en tournant le dos aux difficultés mais en affrontant la mort en face et en sachant donner sa vie pour la liberté de l’autre. Nombreux sont ceux qui ont fait le sacrifice suprême qui n’avaient comme seule croyance le respect de l’humanité. Nombreux sont ceux qui ont fait le même sacrifice au nom de leur foi.

   

Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre en paix sur notre continent européen. Nous avons à être vigilant pour consolider cette paix et pour que chacun puisse en bénéficier non seulement sur le sol européen mais également partout dans le monde.

 

Pour les chrétiens, nous avons entendu Jésus nous dire dans l’Evangile qu’il est venu nous apporter la paix. Saint Jean nous dit «C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne.» Il ajoute ensuite «Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés».

   

La Paix que Jésus est venu apporter sur terre, ce n’est pas l’absence de guerre. Ce qui est trop souvent la paix telle que le monde l’envisage. Non, c’est bien plus. La Paix que Jésus viens apporter, c’est la paix dans les cœurs de tous et de chacun, la possibilité de voir en l’autre celui qui m’apporte la paix de Dieu.

   

Certes, nous devons être réalistes. Œuvrer pour la paix dans le monde nécessite une force armée. Non pour faire la guerre mais pour rétablir la paix. L’Eglise est présente auprès des hommes et des femmes qui s’engagent sur le terrain armé. En France, nous avons un diocèse où, comme le dit son évêque Monseigneur Luc Ravel : « le soleil ne se couche jamais sur mon diocèse ». C’est le diocèse aux armées. Il n’a pas de territoire propre, sinon celui où là où un soldat français est présent, il est là aussi avec lui. Les missions dans lesquelles l’armée française est engagée mettent des hommes et des femmes au contact de situations parfois extrêmement difficiles. La violence, la souffrance, la mort sont autant d’éléments qui peuvent déstabiliser voire bouleverser le plus aguerris des soldats. La présence de l’aumônier est essentielle. Confident et confesseur, il est le lieu du repos de l’âme trop lourde de tant d’horreurs vécues. Homme de sérénité, l’aumônier est une présence réconfortante qui sera là «au cas où»… Référent d’une certaine norme et de moments de bonheur passés, (Tel se souvient de sa première communion, d’une messe de minuit, ou de la messe dominicale où il allait avec sa grand-mère, «qui y croit à fond…»). L’aumônier militaire assure la pérennité rassurante de cette foi millénaire. Conseiller, il est celui qui peut, avec un regard dépassionné, aider à voir clair dans des esprits tourmentés. Consolateur, il est celui qui mène devant Dieu les intentions, les peines et les soucis pour donner en retour la consolation apaisante qui vient de Dieu.

   

Ces relations, toutes basées sur la confiance, font de l’aumônier le garant d’un soutien spirituel permanent. Présent et disponible, jour et nuit, il accompagne, il est à son échelle une part de la présence de ce Dieu auquel il a voué sa vie, pour mieux se donner à ceux qui se donnent pour leur pays.

   

Que notre prière se souvienne de ces hommes et de ces femmes qui en 39-45 ont donnés leur vie pour notre liberté. Que notre prière se souvienne de ceux et celles qui sont morts pendant les guerres d’Afrique du Nord ou d’Indochine.

 

Que notre prière soutienne ceux et celles qui sont aujourd’hui engagés à travers le monde, au nom de la France, pour construire la paix.

   

Amen !

 

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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216