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  • : Jean-Pierre, diacre permanent vincentien, diocèse du Mans
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Noël

 

 

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Dimanche prochaine avec MN Thabut

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Mme Marie Noelle Thabut

MN Thabut 03

On n'oblige pas le piéton...

Je me garderai bien de juger une personne.

Je me fais seulement l’écho de l’enseignement habituel de l’Eglise qui rappelle les principes fondamentaux capables d’éclairer la route de ses fidèles. En installant un lampadaire pour éclairer le trottoir, on n’oblige pas le piéton à marcher sur ce trottoir.

D'après une rubrique du Carême par Serviam
26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 21:10
PRIERE DE LA FAMILLE VINCENTIENNE  Seigneur Jésus, tu as voulu te faire pauvre,  donne-nous des yeux et un cœur pour les Pauvres ; pour que nous puissions te reconnaître en eux ;  dans leur soif, leur faim, leur solitude et leurs misères. Suscite dans notre Famille vincentienne l’unité, la simplicité, l’humilité et le feu de la charité qui enflamma Saint Vincent de Paul. Donne-nous la force de Ton Esprit pour être fidèles à pratiquer ces vertus, pour que nous puissions Te contempler et Te servir dans les Pauvres et qu’un jour nous soyons unis à Toi, avec eux dans Ton Royaume.

PRIERE DE LA FAMILLE VINCENTIENNE Seigneur Jésus, tu as voulu te faire pauvre, donne-nous des yeux et un cœur pour les Pauvres ; pour que nous puissions te reconnaître en eux ; dans leur soif, leur faim, leur solitude et leurs misères. Suscite dans notre Famille vincentienne l’unité, la simplicité, l’humilité et le feu de la charité qui enflamma Saint Vincent de Paul. Donne-nous la force de Ton Esprit pour être fidèles à pratiquer ces vertus, pour que nous puissions Te contempler et Te servir dans les Pauvres et qu’un jour nous soyons unis à Toi, avec eux dans Ton Royaume.

Aujourd’hui 27 septembre, je viens avec mon épouse vous souhaiter une bonne et sainte fête de Saint Vincent de Paul.

 

Je vous associe à notre prière. Je pense également et plus particulièrement à ceux et celles que nous rencontrons dans nos activités professionnelles et caritatives, ceux qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps.

 

Que l’action au service des plus pauvres soit aujourd’hui et demain aussi présente qu’hier dans l’esprit de Saint Vincent de Paul.

 

Comme les années précédentes, sur le Mans, nous avons une rencontre avec les pensionnaires de la maison de retraite de Bonnière tenue par les Filles de la Charité. Nous aurons l'Eucharistie avec la communauté de Bonnière. Ce sont de bons moments de rencontre et de fraternité.

 

Nous sommes en union avec les Pères Lazaristes de la rue de Sèvres à Paris qui fêterons solennellement St Vincent. 

 

Bonne et sainte fête de Saint Vincent de Paul

 

En union fraternelle de prière en St Vincent

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre Permanent Vincentien

 

Isabelle Tellier

Présidente de la Fraternité Laique Vincent de Paul

CONGRÉGATION DE LA MISSION
Lettre du Père Gregory à l'occasion de la fête de Saint Vincent

En cette fête de Saint Vincent de Paul Je me joins à vous pour rendre grâce au Seigneur pour la bénédiction de servir le peuple bien-aimé de Dieu, en particulier les hommes et les femmes exclus de la participation dans la société, les personnes des périphéries, eux, nos seigneurs et nos maîtres.
Lettre

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 20:55

 

 

 

Aujourd’hui 27 septembre, je viens avec mon épouse vous souhaiter une bonne et sainte fête de Saint Vincent de Paul.

 

Je vous associe à notre prière. Je pense également et plus particulièrement à ceux et celles que nous rencontrons dans nos activités professionnelles et caritatives, ceux qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps.

 

Que l’action au service des plus pauvres soit aujourd’hui et demain aussi présente qu’hier dans l’esprit de Saint Vincent de Paul.

 

Comme l'an passé, sur le Mans, nous avons une rencontre avec les pensionnaires de la maison de retraite de Bonnière tenue par les Filles de la Charité. Nous aurons l'Eucharistie avec la communauté de Bonnière. Ce sont de bons moments de rencontre et de fraternité. 

 

Bonne et sainte fête de Saint Vincent de Paul

 

En union fraternelle de prière en St Vincent

 

Jean-Pierre Tellier

Diacre Permanent Vincentien

 

Isabelle Tellier

Présidente de la Fraternité Laique Vincent de Paul

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Ecoutons Saint Vincent :

 

Certes, c'est chose digne d'un missionnaire d'avoir et conserver ce désir d'aller aux missions, d'aiguiser cette pointe d'assister le pauvre peuple en la manière que Notre Seigneur l'assisterait lui-même s'il était encore sur la terre,e t enfin de diriger son intention pour vivre et mourir dans ce saint exercice.

Venir évangéliser les pauvres ne s'entend pas seulement pour enseigner les mystères nécessaires à salut, mais pour faire les choses prédites et figurées par les prophètes, rendre effectif l'Evangile.

Que les prêtres s'appliquent au soin des pauvres, cela n'a-t-il pas été l'office de Notre Seigneur et de plusieurs grands saints, qui n'ont pas seulement recommandé les pauvres, mais qui les ont eux-mêmes consolés, soulagés et guéris. Les pauvres ne sont-ils pas les membres affligés de Notre Seigneur ? Ne sont-ils pas nos frères ? Et si les prêtres les abandonnent, qui voulez-vous qui les assiste ? De sorte que, s'il s'en trouve parmi nous qui pensent qu'ils sont à la Mission pour évangéliser les pauvres et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non aux temporels, je réponds que nous les devons assister et faire assister en toutes les manières, par nous et par autrui, si nous voulons entendre ces agréables paroles du souverain Juge des vivants et des morts : "Venez, les bien-aimés de mon Père ; possédez le royaume qui vous a été préparé, parce que j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai été nu, et vous m'avez vêtu ; malade et vous m'avez assisté".

Faire cela c'est évangéliser par paroles et par oeuvres, et c'est le plus parfait, et c'est aussi ce que Notre Seigneur a pratiqué, et ce que doivent faire ceux qui le représentent sur la terre d'office et de caractère, comme les prêtres.

C'est pourquoi nous devons préférer cette fonction à toutes les fonctions et emplois dans le monde, et nous estimer sincèrement les plus heureux des hommes."

Confions à la Vierge Marie notre tâche d'évangéliser par paroles et par oeuvres à la suite de St Vincent.
Soyons unis dans la diversité de nos ministères et de nos missions.

Bonne et sainte fêtes à tous les Vincentiens et Vincentiennes.

Le site de la famille vincentienne

 

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 14:34

svp 008

 

«L’amour est inventif jusqu’à l’infini»

source :

http://famvin.org/fr/Famille%20Vin/FV%20international/JourneePriereSV_06.htm

 

Introduction :

Rappelons-nous les paroles de Saint Vincent au chevet d’un frère gravement malade : «De plus, comme l’amour est inventif jusqu’à l’infini, après s’être attaché au poteau infâme de la croix pour gagner les âmes et les cœurs de ceux dont il veut être aimé…prévoyant que son absence pouvait occasionner quelque oubli ou refroidissement dans nos cœurs, il a voulu obvier à cet inconvénient en instituant le très auguste sacrement, où il se trouve réellement et substantiellement comme il est là-haut au ciel. Mais de plus, voyant que, s’il voulait s’abaisser et anéantir encore plus qu’il n’avait fait en son incarnation…il a fait que ce vénérable sacrement nous servît de nourriture et de breuvage…Parce que l’amour peut et veut tout, il le voulut ainsi… (1)»

 

Dans son Encyclique «Deus Caritas est», Benoît XVI nous rappelle la même réalité quand il nous dit : «Dieu est amour (1 Jn 4, 8). C’est làque cette vérité peut être contemplée. Et, partant de là, on doit maintenant définir ce qu’est l’amour. A partir de ce regard, le chrétien trouve la route pour vivre et pour aimer » (2) «À cet acte d’offrande, Jésus a donné une présence durable par l’institution de l’Eucharistie au cours de la dernière Cène. Il anticipe sa mort et sa résurrection en se donnant déjà lui-même, en cette heure là, à ses disciples, dans le pain et dans le vin, son corps et son sang comme nouvelle manne (3) ».

 

Le point de départ de notre Célébration – Révision, pourrait être, la réflexion et la prière sur cette « inventivité » du Fils de Dieu qui l’a conduit à réaliser quelque chose d’impensable à notre esprit humain. Mais en même temps, cela nous presse à mettre en oeuvre toutes nos capacités, les dons qu’il a donnés à chacun de nous afin de rendre effectif le commandement de l’amour. «Seule ma disponibilité à aller à la rencontre du prochain, à lui témoigner de l’amour, me rend aussi sensible devant Dieu. Seul le service du prochain ouvre mes yeux sur ce que Dieu fait pour moi et sur sa manière à lui de m’aimer (4) ».

 

Objectif  :

Comme vous pouvez le voir dans la lettre, nous allons «Réviser» et «Célébrer» notre créativité en tant que vincentiens, au service des plus vulnérables.

 

Méthode :

Pour les groupes qui ont l’habitude de le faire, la méthode «Voir, Juger, Agir» peut être très utile. Comme vous le savez bien, cette méthode a été utilisée par la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC) depuis sa fondation en Belgique, en 1925. Ce fut en 1961 que le Pape Jean XXIII confirma sa validité en l’explicitant dans son Encyclique «Mater et Magistra». Pour ceux qui ne connaissent pas cette méthode, il serait utile de s’initier, en suivant les étapes telles qu’elles sont bien décrites dans ladite encyclique aux numéros 236 à 238.

 

Pour passer de la «révision» à la «célébration», il est indispensable qu’entre les membres du groupe, nous arrivions à avoir le sentiment que nous sommes des artisans de quelque action en faveur de nos frères, fruit de nos efforts et de notre créativité ; que nous croyions que l’effort en vaut la peine et c’est cette satisfaction qui nous conduira à la célébration. Ceci est valable soit pour la révision d’un projet que nous envisageons, soit pour la révision d’un service concret. Dans ce dernier cas, l’idéal serait que nous puissions le faire avec ces frères qui vont bénéficier ou qui ont déjà bénéficié de ce que nous avons «créé» ensemble.

 

Des textes qui peuvent aider à la réflexion :

Le contexte dans lequel nous sommes en train de «célébrer» notre «révision», une première étape serait de nous interroger sur la manière dont nous vivons les sacrements, en particulier l’eucharistie. L’encyclique « Deus caritas est » peut nous aider :

«Dans la liturgie de l’Église, dans sa prière, dans la communauté vivante des croyants, nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, nous percevons sa présence et nous apprenons aussi de cette façon à la reconnaître dans notre vie quotidienne (5)».

 

«Dans le culte lui-même, dans la communion eucharistique, sont contenus le fait d’être aimé et celui d’aimer les autres à son tour. Une eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l’amour est en elle-même tronquée (6) ».

 

« Celui qui a besoin de moi et que je peux aider, celui-là est mon prochain. Le concept de prochain est universalisé et reste cependant concret. Bien qu’il soit étendu à tous les hommes, il ne se réduit pas à l’expression d’un amour générique et abstrait, qui en lui-même engage peu, mais il requiert mon engagement concret ici et maintenant (7) ».

 

Tant de fois nous avons dit, et nous en sommes convaincus, que notre monde est en train de changer de façon accélérée, les changements sont de plus en plus rapides et nombreux. Devant cette constatation nous avons deux manières d’agir possibles : la voie de la routine, c'est-à-dire continuer à faire la même chose parce qu’«elle a toujours été faite ainsi», ou la voie de la créativité, c'est-à-dire affronter de nouvelles situations avec des réponses nouvelles. Les grandes idées surgissent du désir de faire quelque chose de nouveau et de différent. Voyons l’invitation lancée par Jean Paul II dans son encyclique Centesimus Annus :

«J’invite enfin à porter le regard «vers l’avenir», alors qu’on entrevoit déjà le troisième millénaire de l’ère chrétienne, lourd d’inconnu mais aussi de promesses. Inconnu et promesses qui font appel à notre imagination et à notre créativité, qui nous stimulent aussi, en tant que disciples du Christ, le « Maître unique » (Mt 23,8), dans notre responsabilité de montrer la voie, de proclamer la vérité et de communiquer la vie qu’il est lui-même (Jn 14,6) (8) ».

 

En effet, il est passionnant de penser que la créativité est définie comme la «faculté ou la capacité de créer» et qu’avec cela nous pouvons participer à l’œuvre du Créateur. Jean Paul II nous rappelait aussi cette vérité dans l’encyclique Laborem Exercens :

«Dans les paroles de la Révélation divine, on trouve très profondément inscrite cette vérité fondamentale que l’homme, créé à l’image de Dieu, participe par son travail à l’œuvre du créateur, et continue en un certain sens, à la mesure de ses possibilités, à la développer et à la compléter, en progressant toujours davantage dans la découverte des ressources et des valeurs incluses dans l’ensemble du monde créé (9)».

 

Nous pouvons nous heurter à deux obstacles dans l’exercice de notre créativité :

- le principe de subsidiarité qui n’est pas respecté,

- la peur du risque et de l’échec.

 

Le principe de subsidiarité est étroitement lié à l’initiative, car ne pas respecter ce lien…

«… détruit en fait, l’esprit d’initiative, c'est-à-dire la personnalité créative du citoyen… À la place de l’initiative créatrice prévalent la passivité, la dépendance et la soumission à l’appareil bureaucratiquecomme unique organe d'«organisation» et de «décision…» (10)

 

Même si, dans le paragraphe cité, Jean Paul II parle dans le contexte du monde de l’économie, cela s’applique à nos projets, car il faut tenir compte de ce que pensent les personnes auxquelles s’adresse le projet. Un groupe humain sait mieux sur lui-même que tous les livres qui pourraient parler à son sujet, et il est de notre devoir d’éveiller et de mettre en action ses propres ressources.

 

Nous avons cité, comme deuxième obstacle, la peur du risque et de l’échec qui se reflète dans nos indécisions, dans le renvoi des choses à plus tard... Il y a des risques que nous pouvons prendre seulement « en communauté » ou « en groupe ». Benoît XVI fait référence à cela quand il dit :

«L’amour a aussi besoin d’organisation comme présupposé pour un service communautaire ordonné (11)

 

Son invitation s’étend aussi à la collaboration avec d’autres organismes, ce que nous appelons aujourd’hui «travailler en réseau». À ce propos il dit :

«Les institutions ecclésiales, grâce à la transparence de leurs moyens d’action et à la fidélité à leur devoir de témoigner de l’amour, pourront aussi animer chrétiennement les institutions civiles, favorisant une coordination réciproque, dont ne manquera pas de bénéficier l’efficacité du service caritatif (12).»

 

Pour nous, fils et filles de Saint Vincent, le «travail en réseau» n’est pas une nouveauté. Saint Vincent fut précisément le pionnier dans l’organisation des charités. Les nombreuses situations qu’il expérimenta en témoignent. Pour la réflexion en groupe, l’étude de la charité mixte de Mâcon, fondée par St Vincent en 1621, peut être utile. Les documents peuvent être trouvés dans Saint Vincent de Paul : Correspondances, Conférences, Documents, Volume 13b, p.73 et suivantes.

 

Nous laissons à votre créativité la possibilité de compléter les textes mentionnés ci-dessus avec d’autres qui, suivant la situation du groupe, peuvent être plus appropriés pour sa réflexion.

 

Dans cette belle tâche de chercher le meilleur pour nos frères les plus pauvres, laissons-nous de nouveau éclairer par notre cher Pape Jean Paul II qui, dans sa lettre Apostolique «Novo Milennio Ineunte», nous dit :

«Allons de l’avant dans espérance ! Un nouveau millénaire s’ouvre devant l’Église comme un vaste océan dans lequel s’aventurer, comptant sur le soutien du Christ. Le Fils de Dieu, qui s’est incarné il y a deux mille ans par amour pour les hommes, accomplit son œuvre encore aujourd’hui : nous devons avoir un regard pénétrant pour la voir, et surtout nous devons avoirle cœur large pour devenir nous-mêmes les artisans(13) »

 

Suggestion de quelques prières pour conclure :

- Collecte de la fête de Saint Vincent :

Seigneur, pour le salut des pauvres et la formation des prêtres, tu as comblé de dons apostoliques, ton serviteur Vincent de Paul ; à nous qui recherchons les enseignements de sa vie, accorde de brûler sans fin de sa charité pour aimer ce qu’il a aimé et pratiquer ce qu’il a enseigné. 
Par Jésus-Christ…

 

- Prière de la famille Vincentienne :

Seigneur Jésus, tu as voulu te faire pauvre,
donne-nous des yeux et un cœur pour les pauvres ;
pour que nous puissions te reconnaître en eux ;
dans leur soif, leur faim, leur solitude et leurs misères.
Suscite dans notre famille Vincentienne l’unité, la simplicité, l’humilité
et le feu de la charité qui enflamma Saint Vincent de Paul.
Donne-nous la force de ton Esprit pour être fidèles à pratiquer ces vertus,
pour que nous puissions Te contempler et Te servir dans les Pauvres
et qu’un jour nous soyons unis à Toi, avec eux dans Ton Royaume. Amen

 

- De la liturgie des Heures :

Tu demandes à l’humanité, Dieu créateur, de se perfectionner de jour en jour
Et d’achever par son travail l’œuvre immense de la création ; aide-nous à faire que tous les hommes aient des conditions de travail qui respectent leur dignité : qu’en s’efforçant d’améliorer leur propre sort, ils agissent avec un esprit de solidarité et de Service.
Par Jésus-Christ… 
                                     (Prière du Matin, lundi de la IVè semaine)

 

Père très bon, toi qui as confié la terre aux hommes 
pour qu’ils la gardent et la travaillent,
pour qu’il puissent progresser en s’entraidant, 
donne-nous de mener nos travaux avec un esprit filial envers toi 
et un esprit fraternel envers tous.
Par Jésus-Christ…
                                   (Prière du Milieu du jour, Lundi de la 1ère semaine)

 

___________________________________________________

1) SV XI, 145-146.
2) Benoît XVI, Lettre encyclique Deus caritas est du 25 décembre 2005, n° 12.
3) Idem n° 13.
4) Idem n° 18.
5) Idem, n° 17
6) Idem, n° 14.
7) Idem, n° 15.
8) Jean Paul II, Encyclique Centesimus Annus, le 1° mai 1991, n° 3.
9) Jean Paul II, encyclique Laborem Exercens, le 14 septembre 1981, n° 25.
10) Jean Paul II, encyclique Sollicitudo Rei Socialis, le 30 décembre 1987, n° 15.
11) Benoît XVI, Op. Cit. n° 20.
12) Ibidn° 30.
13) Jean Paul II, Lettre Apostolique, Novo Millennio Ineunte, le 6 janvier 2001, n° 58.

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:16

Mort de SV

Congrégation de la Mission
Fête de Saint Vincent de Paul, 27 septembre 2013,
à la Maison-Mère de Paris: Eucharistie à 18 h.00. 
 
                  INVITATION   

         

Je vous invite à lire avec bonheur la lettre

du Supérieur Général

adressée à la Famille Vincentienne, 


         pour guider la réflexion à l'occasion de

la fête de Saint Vincent. 

 Lettre

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 09:37

Saint Vincent de Paul réduit en esclavage :

Abelly, La vie du Vénérable Serviteur de Dieu Vincent de Paul

Livre 1 p. 14-20

 SVP.JPG

Ce qui lui arriva lorsqu'il fut fait esclave, et mené en Barbarie.

Pendant tout le temps que Vincent de Paul employa au cours de ses études, tant en la ville d'Aqcs qu'en l'université de Toloze, il se comporta avec tant de modestie et de sagesse, répandant en tous lieux une si bonne odeur par sa vertu, qu'il en était estimé et aimé de tous ceux qui le connaissaient; et d'ailleurs la bonne conduite dont il usait envers les jeunes pensionnaires qu'il avait avec lui, auxquels il prenait un soin particulier de donner avec la science qu'il leur enseignait de fortes impressions de la piété chrétienne, le mit en telle réputation dans Toloze, qu'il pouvait s'y promettre un établissement considérable; et Monsieur de Saint-Martin, chanoine d'Aqcs, son ancien et intime ami, qui lui a survécu, a témoigné que des ce temps-là on lui avait fait espérer un évêché, par l'entremise de M. le duc d'Epernon, duquel il avait élevé deux proches parents parmi ses pensionnaires; au commencement de l'année 1605, il fit un voyage à Bordeaux, dont on ne sait pas le sujet; mais il y a raison de croire que c'était pour quelques grands avantages qu'on lui voulait procurer; car dans une de ses lettres écrites dans ce temps-là, il dit: «qu'il l'avait entrepris pour une affaire qui requérait une grande dépense, et qu'il ne pouvait déclarer sans témérité. »

 

Étant de retour à Toloze, il trouva qu'une personne qui avait eu estime de sa vertu, et désiré de lui procurer quelque accommodement, étant décédée pendant son absence, l'avait institué son héritier par son testament; ce qui l'obligea d'employer quelque peu de temps à recueillir cette succession; et ayant appris qu'un homme qui devait quatre ou cinq cents écus à cette personne défunte s'était retiré à Marseille, pour éviter les poursuites qu'on lui faisait; et qu'ayant gagné quelque bien par le trafic, il était en état d'acquitter cette dette, il s'y en alla pour se faire payer, et par accommodement, il en tira trois cents écus. C’était au mois de juillet de l'année 1605, auquel temps, comme il se disposait à retourner par terre à Toloze, un gentilhomme de Languedoc, avec lequel il était logé, le convia de s'embarquer avec lui jusqu'à Narbonne; ce qu'il lui persuada facilement, parce que, le temps étant propre à la navigation, il espérait par ainsi abréger de beaucoup son chemin.

 

Il est vrai que, selon le sentiment ordinaire du monde, cet embarquement lui fut bien funeste, mais si on le regarde avec des yeux éclairés de la lumière de la foi, il fut très heureux pour l'accomplissement des desseins de Dieu sur lui.

 

Laissons-lui faire à lui-même le récit de ce qu'il lui arriva en ce rencontre, qui se trouve dans une lettre qu'il écrivit d'Avignon, après qu'il fut échappé de son esclavage, en date du 24 juillet 1607, à M. de Commet le jeune, l'aîné étant mort de la gravelle quelque temps auparavant.

 

«Je m'embarquai, dit-il, pour Narbonne, pour y être plus tôt et pour épargner, ou pour mieux dire, pour n'y jamais être et pour tout perdre. Le vent nous fut autant favorable qu'il fallait pour nous rendre ce jour-là à Narbonne (qui était faire cinquante lieues) si Dieu n'eût permis que trois brigantins turcs, qui côtoyaient le golfe de Leon, pour attraper les barques qui venaient de Beaucaire, où il y avait une foire que l'on estime être des plus belles de la chrétienté, ne nous eussent donné la charge, et attaqué si vivement, que deux ou trois des nôtres étant tués, et tout le reste blessé, et même moi qui eus un coup de flèche qui me servira d'horloge tout le reste de ma vie, n'eussions été contraints de nous rendre à ces félons. Les premiers éclats de leur rage furent de hacher notre pilote en mille pièces, pour avoir perdu un des principaux des leurs, outre quatre ou cinq forçats que les nôtres tuèrent: cela fait, ils nous enchaînèrent, et, après nous avoir grossièrement pansés, ils poursuivirent leur pointe faisant mille voleries, donnant néanmoins liberté à ceux qui se rendaient sans combattre, après les avoir volés. Et enfin chargés de marchandises, au bout de sept ou huit jours ils prirent la route de Barbarie, tanière et spélonque de voleurs sans aveu du Grand-Turc, où étant arrivés, ils nous exposèrent en vente, avec un procès-verbal de notre capture, qu'ils disaient avoir faite dans un navire espagnol, parce que, sans ce mensonge, nous aurions été délivrés par le consul que le Roi tient en ce lieu-là, pour rendre libre le commerce aux Français. Leur procédure a notre vente fut qu'après qu'ils nous eurent dépouillés, ils nous donnèrent à chacun une paire de caleçons, un hoqueton de lin, avec une bonnette, et nous promenèrent par la ville de Tunis, ou ils étaient venus expressément pour nous vendre. Nous ayant fait faire cinq ou six tours par la ville, la chaîne au col, ils nous ramenèrent au bateau, afin que les marchands vinssent voir qui pouvait bien manger, et qui non, et pour montrer que nos plaies n'étaient point mortelles. Cela fait, ils nous ramenèrent à la place, où les marchands nous vinrent visiter, tout de même que l'on fait à l'achat d'un cheval ou d'un bœuf, nous faisant ouvrir la bouche pour voir nos dents, palpant nos côtes, sondant nos plaies, et nous faisant cheminer le pas, trotter et courir, puis lever des fardeaux, et puis lutter, pour voir la force d'un chacun, et mille autres sortes de brutalités.

 

«Je fus vendu à un pêcheur, qui fut contraint de se défaire bientôt de moi, pour n'avoir rien de si contraire que la mer; et depuis par le pêcheur à un vieillard, médecin spagirique, souverain tireur de quintessences, homme fort humain et traitable, lequel, à ce qu'il me disait, avait travaillé l'espace de cinquante ans à la recherche de la pierre philosophale, etc. Il m'aimait fort et se plaisait de me discourir de l'alchimie, et puis de sa loi, à laquelle il faisait tous ses efforts de m'attirer, me promettant force richesses et tout son savoir. Dieu opéra toujours en moi une croyance de délivrance par les assidues prières que je lui faisais, et à la Vierge Marie, par la seule intercession de laquelle je crois fermement avoir été délivré. L'espérance donc et la ferme croyance que j'avais de vous revoir, Monsieur, me fit être plus attentif à m'instruire du moyen de guérir de la gravelle, en quoi je lui voyais journellement faire des merveilles; ce qu'il m'enseigna, et même me fit préparer et administrer les ingrédients. O combien de fois ai-je désiré depuis d'avoir été esclave auparavant la mort de Monsieur votre frère ! Car je crois que, si j'eusse su le secret que maintenant je vous envoie, il ne serait pas mort de ce mal-là, etc. »

 

«Je fus donc avec ce vieillard depuis le mois de septembre 1605 jusques au mois d'août 1606 qu'il fut pris et mené au grand Sultan pour travailler pour lui, mais en vain, car il mourut de regrets par les chemins. Il me laissa à un sien neveu, vrai anthropomorphite, qui me revendit bientôt après la mort de son oncle, parce qu'il ouït dire que Monsieur de Brèves, ambassadeur pour le Roi en Turquie, venait avec bonnes et expresses patentes du Grand-Turc, pour recouvrer tous les esclaves chrétiens. Un renégat, de Nice en Savoie, ennemi de nature, m'acheta, et m'emmena en son temat, ainsi s'appelle le bien que l'on tient comme métayer du Grand-Seigneur; car là le peuple n'a rien, tout est au Sultan; le temat de celui-ci était dans la montagne, où le pays est extrêmement chaud et désert. L'une des trois femmes qu'il avait était grecque chrétienne, mais schismatique; une autre était turque, qui servit d'instrument à l'immense miséricorde de Dieu pour retirer son mari de l'apostasie, et le remettre au giron de l'Église, et me délivrer de mon esclavage. Curieuse qu'elle était de savoir notre façon de vivre, elle me venait voir tous les jours aux champs où je fossoyais, et un jour elle me commanda de chanter les louanges de mon Dieu. Le ressouvenir du "Quomodo cantabimus in terra aliena" des enfants d'Israël captifs en Babylone me fit commencer, la larme à l'œil, le psaume "Super flumina Babylonis", et puis le Salve Regina, et plusieurs autres choses, en quoi elle prenait tant de plaisir, que c'était merveille. Elle ne manqua pas de dire à son mari, le soir, qu'il avait eu tort de quitter sa religion, qu'elle estimait extrêmement bonne, pour un récit que je lui avais fait de notre Dieu, et quelques louanges que j'avais chantées en sa présence: en quoi elle disait avoir ressenti un tel plaisir qu'elle ne croyait point que le paradis de ses pères et celui qu'elle espérait fût si glorieux, ni accompagné de tant de joie, que le contentement qu'elle avait ressenti pendant que je louais mon Dieu, concluant qu'il y avait en cela quelque merveille. Cette femme, comme une autre Caïphe, ou comme l'ânesse de Balaam, fit tant par ses discours que son mari me dit, dès le lendemain, qu'il ne tenait qu'à une commodité que nous ne nous sauvassions en France, mais qu'il y donnerait tel remède, que dans peu de jours Dieu en serait loué. Ce peu de jours dura dix mois qu'il m'entretint en cette espérance, au bout desquels nous nous sauvâmes avec un petit esquif, et nous rendîmes le 28 de juin, à Aigues-Mortes, et tôt après en Avignon, où Monsieur le Vice-Légat reçut publiquement le renégat avec la larme à l'œil et le sanglot au cœur, dans l'église de Saint-Pierre, à l'honneur de Dieu et édification des assistants. Mondit seigneur nous a retenus tous deux pour nous mener à Rome, où il s'en va tout aussitôt que son successeur sera venu. Il a promis au pénitent de le faire entrer à l'austère couvent des Fate ben Fratelli, où il s'est voué, etc. »

 

Jusques ici sont les paroles de Monsieur Vincent lui-même, dans la lettre qu'il écrivit étant à Avignon, laquelle fut trouvée par hasard entre plusieurs autres papiers par un gentilhomme d'Acqs, neveu de M. de Saint-Martin, chanoine, en l'année 1658, cinquante ans après qu'elle a été écrite: il la mit entre les mains dudit sieur de Saint-Martin, son oncle, lequel en envoya une copie à Monsieur Vincent, deux ans avant sa mort, estimant qu'il serait consolé de lire ses anciennes aventures, et de se voir jeune en sa vieillesse; mais, l'ayant lue, il la mit au feu, et bientôt après, remerciant Monsieur de Saint-Martin de lui avoir envoyé cette copie, il le pria de lui envoyer aussi l'original, et lui en fit encore de très grandes instances par une autre lettre qu'il lui écrivit, six mois avant sa mort. Celui qui écrivait sous lui, se doutant que cette lettre contenait quelque chose qui tournait à la louange de M. Vincent, et qu'il ne la demandait que pour la brûler, comme il avait brûlé la copie, afin d'en supprimer la connaissance, fit couler un billet dans la lettre de M. de Saint-Martin, pour le prier d'adresser cet original à quelque autre qu'à M. Vincent, s'il ne voulait qu'il fût perdu; ce qui l'obligea de l'envoyer à un prêtre de sa Compagnie, qui était supérieur du séminaire qui est au collège des Bons-Enfants, à Paris; et c'est par ce moyen que cette lettre a été conservée, en sorte que M. Vincent n'en a rien su avant sa mort; et sans ce pieux artifice, il est certain qu'on n'eût jamais rien su de ce qui s'était passé en cet esclavage: car cet humble serviteur de Dieu faisait toujours ses efforts pour cacher aux hommes les grâces et les dons qu'il recevait de Dieu, et tout ce qu'il faisait pour sa gloire et pour son service; ceux qui l'ont observé de plus près l'ont bien reconnu en toutes sortes de rencontres; et on aurait peine de croire jusqu'où allaient ses soins et ses précautions pour éviter tout ce qui pouvait tendre en quelque manière que ce fût, directement ou indirectement, à son estime ou à sa louange; de sorte que l'on ne verra en ce récit de sa vie, que ce que son humilité n'a pu dérober à la vue et à la connaissance des hommes. Que si par quelque raison de charité il a été obligé quelquefois de découvrir quelque petite chose qu'il ne pouvait refuser à l'édification du prochain, ce n'a pas été sans se faire grande violence; et encore, après avoir dit ce qu'il croyait ne pouvoir retenir sous le silence, on lui a vu souvent demander pardon d'avoir ainsi parlé de soi-même; et quand il pouvait le faire en tierce personne, sans qu'on s'aperçût que ce fût de lui qu'il entendait parler, il le faisait avec toute l'adresse que son humilité lui pouvait suggérer.

 

Outre la constance et la fermeté à professer la foi de Jésus-Christ parmi les infidèles, la parfaite confiance au secours de la divine bonté dans un délaissement et abandon des créatures, la fidélité dans les exercices de piété envers Dieu, et de dévotion envers la très sainte Vierge, au milieu des impiétés de la Barbarie, la grâce de fléchir les cœurs les plus durs, d'inspirer des sentiments de respect et d'affection envers notre sainte religion, aux esprits qui y étaient très opposés, et plusieurs autres vertus et dons de Dieu qui ont paru en M. Vincent pendant son esclavage, et que nous laissons au pieux lecteur à considérer et peser autant qu'il sera expédient pour son édification; il y a deux choses qui méritent ici son attention particulière.

 

L'une est la vertu extraordinaire de M. Vincent à retenir et supprimer en lui toutes les connaissances que ce médecin spagirique lui avait communiquées de divers beaux secrets de la nature et de l'art, dont il lui avait vu faire des expériences merveilleuses, durant une année qu'il fut à son service, comme lui-même le témoigne dans la suite de cette lettre à Monsieur de Commet, dont nous avons rapporté seulement un extrait, et dans une autre qu'il lui écrivit après son arrivée à Rome, et il n'y a point de doute que, s'il eût voulu s'en servir dans cette grande ville où se trouvent tant d'esprits curieux, il eût pu en tirer de très grands avantages temporels, en un temps où il semblait en avoir plus besoin; mais jugeant que cela était indigne d'un prêtre de l'Eglise de Jésus-Christ, non seulement il n'en a point voulu faire aucun usage, mais, ce qui est admirable, depuis son retour de Rome en France, on ne lui a jamais ouï dire une seule parole pour témoigner qu'il en sût aucune chose, ni à ceux de sa Compagnie, ni à aucun de ses plus intimes amis, non plus que des autres particularités de son esclavage, quoiqu'il ait eu occasion d'en parler cent et cent fois, en écrivant et conférant des affaires des esclaves, dont sa charité lui a fait prendre le soin. On lui a bien ouï dire plusieurs fois les choses les plus humiliantes de sa vie, mais jamais rien de son séjour à Tunis, à cause des circonstances qui pouvaient en quelque façon tourner à sa louange.

 

L'autre chose à considérer dans l'esclavage de M. Vincent, c'est l'esprit de compassion qu'il y conçut et qu'il en remporta envers tous ces pauvres chrétiens qu'il y vit gémir et languir misérablement dans les fers, et sous le joug de la tyrannie de ces barbares, sans aucune assistance ni consolation corporelle ou spirituelle, exposés à des outrages pleins de cruauté, à des travaux insupportables, et, ce qui est le pire, dans un danger continuel de perdre leur foi et leur salut. Dieu voulut lui en donner l'expérience, afin que ce sentiment de douleur, lui demeurant gravé dans l'âme, le portât plus efficacement un jour à secourir ces pauvres abandonnes, comme il a fait, ayant trouvé moyen d'établir une résidence de missionnaires à Tunis et en Alger, pour les consoler, fortifier, encourager, leur administrer les sacrements, et leur rendre toutes sortes de services et d'assistances, tant en leurs corps qu'en leurs âmes, et leur faire en quelque façon ressentir, parmi leurs fers en leurs peines, les effets de l'infinie douceur et miséricorde de Dieu.

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Published by Jean-Pierre - dans Saint Vincent de Paul
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 10:00

Saint Vincent de Paul

213. — CONFÉRENCE DU 26 SEPTEMBRE 1659

SUR LA RÉCITATION DE L’OFFICE DIVIN

SV XII,325-340

 

Mes frères, j’avais prié M. Alméras de donner le sujet de l’entretien de ce soir sur la psalmodie, et cela en vue de quelque désordre qui paraît dans la récitation de l’office divin. Je ne parle pas des dimanches et fêtes, ou nous avons coutume de chanter la grand’messe et les vêpres, mais je parle seulement des matines, petites heures et vêpres, que nous récitons les jours ouvrables au chœur. On commence prime d’une façon, tierce d’une autre ; une voix haute se fait entendre d’un côté, une voix basse de l’autre. En voyant tout cela, je disais en moi-même : "Mon Dieu ! que cela est fâcheux, surtout dans cette maison, qui doit être la règle des autres pour la récitation de l’office." Or, comme je pensais à cela, M. Portail m’est venu voir. Nous parlerons de telle chose, lui ai-je dit, tantôt à la conférence. Et ayant lu la règle pour voir ce qu’elle en disait, j’ai pensé qu’elle nous pourrait être matière à un entretien bien utile aujourd’hui, et j’espère que Dieu y donnera sa bénédiction.

 

sv-priere.jpgNous parlerons donc de La règle qui traite de l’office divin. Voici la règle : Nous aurons un très grand soin de nous bien acquitter de l’office divin, lequel on dira à l’usage de Rome et en commun, même en mission, mais ce sera à voix médiocre et sans chanter, afin que nous ayons plus de temps et de commodité pour servir le prochain, excepté les maisons èsquelles, à raison des fondations ou des ordinands ou des séminaires externes, ou, pour quelque autre semblable nécessité, nous serions obligés au chant grégorien Mais, en quelque lieu ou temps que nous disions les heures canoniales, nous nous ressouviendrons de la révérence, attention et dévotion que nous y devons apporter, nous qui savons très bien que nous chantons alors les louanges de Dieu, et que par conséquent nous faisons l’office des anges.

 

Voilà, mes très chers frères, la règle qui concerne l’office ; ce n’est pas celle qui suit immédiatement ce que nous avons commencé dans les entretiens précédents ; mais la Providence de Dieu l’a ainsi permis pour redresser les fautes qui s’y font ; ce qui a fait que j’ai pensé qu’il serait à propos de vous en entretenir selon la petite méthode que nous observons et qui va pour tous les sujets que nous traitons. Nous diviserons celui-ci en trois points : au premier, nous verrons les motifs que nous avons de nous donner à Dieu pour bien réciter et chanter l’office divin ; au second point, quelle manière il y faut observer ; et au troisième, les moyens de remédier aux manquements qu’on y a commis, et ce qu’il faut faire à l’avenir pour le bien réciter.

 

Le premier motif que nous avons, mes frères, de nous donner à Dieu pour bien réciter l’office divin, c’est ce que dit la règle : c’est une chose très importante que l’on s’acquitte bien de ce devoir et que l’on chante les louanges de Dieu en la manière qu’il faut. Je crains que nous n’entendions pas bien ce que c’est que les louanges de Dieu et quels en sont les degrés. Or, les louanges de Dieu ne sont pas si peu de chose que l’on s’imagine. Savez-vous, mes frères, que le premier acte de religion est de louer Dieu ? Disons plus : cela va même avant le sacrifice. Une maxime dit (Lc 1,28) : Prius est esse quam operari ; il faut qu’une chose existe avant que d’opérer, et qu’elle soit en être avant que de se soutenir ; prius est esse quam sustentari. Il faut reconnaître l’essence et l’existence de Dieu et avoir quelque connaissance de ses perfections avant de lui offrir un sacrifice ; cela est naturel, car, je vous le demande, à qui offrez-vous des présents ? Aux grands, aux princes et aux rois ; c’est à ceux-là que vous rendez vos hommages. C’est si véritable que Dieu a observé le même ordre dans l’Incarnation. Quand l’ange alla saluer la sainte Vierge, il commença par reconnaître qu’elle était remplie des grâces du ciel : Ave, gracia plena ; Madame, vous êtes pleine et comblée des faveurs de Dieu ; Ave, gracia plena. Il la reconnaît donc et la loue pleine de grâces. Et ensuite que lui fait-il ? Ce beau présent de la seconde personne de la Sainte Trinité ; le Saint-Esprit, ramassant le plus pur sang de la sainte Vierge, en forma un corps, puis Dieu créa une âme pour informer ce corps, et aussitôt le Verbe s’unit à cette âme et ce corps par une admirable union, et ainsi le Saint-Esprit opéra le mystère ineffable de l’Incarnation. La louange précéda le sacrifice.

 

Ce procédé de Dieu nous montre comment nous devons nous comporter. La première chose est d’envoyer l’ambassade ; puis, la Vierge ayant donné son consentement, l’effet suit aussitôt. Ainsi le premier acte de religion est de reconnaître Dieu selon les attributs et les perfections qu’il possède. Or, cela supposé, que ce soit le premier acte de religion de bien réciter et chanter l’office divin, voyez, Messieurs, combien nous devons nous donner à Dieu pour faire que le chant aille en la manière qu’il faut. Je vous en fais vous-mêmes les juges ; je vous appelle au cabinet de vos cœurs pour juger de cela. C’est donc à cela que nous devons tendre, faire cet acte avec le plus de perfection qu’il nous sera possible. Hélas ! nous nous préparons pour le sacrifice, et il est juste Ah ! il faut aussi de la préparation pour les louanges de Dieu, puisqu’elles sont un sacrifice ; sacrificium laudis honorificabit me (Ps 49,23) ; c’est le chemin par lequel on parvient au salutaire de son Fils ; et illic iter quo ostendam illi salutare Dei (Ps 49,23). Et de fait, y a-t-il rien de plus touchant et de plus agréable que les saints désirs et les sentiments affectueux que l’on tire des sept psaumes pénitentiaux ? Chaque verset, que dis-je ? tous les mots de chaque verset sont comme autant de traits de l’amour de Dieu que sa bonté décoche sur une âme, qui lui percent le cœur si amoureusement qu’elle soupire sans cesse après Dieu. Oui, mes frères, un verset, et il n’en faut pas d, avantage, est capable de sanctifier une âme, quand on le goûte et le savoure avec la dévotion que Dieu demande.

 

Le deuxième motif que nous avons de nous donner à Dieu pour bien réciter et chanter l’office divin, c’est l’offense que l’on commet contre Dieu, c’est le péché que l’on fait quand on ne le récite pas en la façon que nous prescrit notre règle. Disons qu’il y a quelque chose de la bête dans l’attitude d’un pauvre homme qui se met là dans le chœur, sans faire aucune réflexion à ce qu’il dit, et qui, devant faire cette action avec respect, puisque c’est à Dieu qu’il parle, la fait néanmoins animalement. Y a-t-il péché plus grand que celui de traiter Dieu en sa présence de cette sorte ? Vous savez, mes frères, ce que les casuistes en disent, qu’il faut réciter l’office digne attente et dévote. Quel péché commet donc celui qui se comporte autrement ? Vous savez en combien de manières l’on offense Dieu dans la récitation de l’office. Et il le faut bien, puisque saint Chrysostôme dit que Dieu aime mieux l’aboiement des chiens que les louanges d’un homme qui ne les fait pas comme il faut. Dieu aime mieux l’aboiement d’un chien ! d’un chien !

 

Ah ! mes frères, qu’il faut que ce soit un grand péché de ne se pas bien acquitter de ce devoir ! Oui, celui qui s’applique négligemment à réciter l’office doit se considérer comme un chien, puisque, étant doué de raison, il se comporte en une si sainte action d’une manière plus qu’animale. Le premier motif est, Messieurs, que bien réciter son office, c’est commencer à faire ce que nous ferons au ciel : Eritis sicut angeli. Si nous avons ce bonheur que de posséder cette gloire, nous serons semblables aux anges. — Et les saints feront-ils comme les anges ? — Oui, ils seront occupés, comme eux, à chanter éternellement les louanges de Dieu. Voyez dans l’Apocalypse ces vingt-quatre vieillards : Et viginti quatuor seniores ceciderunt coram Agno habentes singuli cytharas et cantabant canticum novum (Ap 5,8). Les saints louent donc Dieu dans le ciel avec les anges ; et nous, nous serons éternellement occupés à chanter les louanges de Dieu, et dirons : Saint, saint, saint est le Dieu des armées ! " C’est donc imiter cela ici-bas en terre que de se bien acquitter de l’office divin. S’il n’en était ainsi, comment aurait-on souffert tant d’Ordres qui n’ont d’autre soin dans l’Église que de chanter les louanges de Dieu ? Les Chartreux, les Bénédictins et plusieurs autres ont pour fin principale de réciter et chanter l’office, pour attirer les bénédictions du ciel sur la terre et pour faire qu’il y ait du rapport entre l’Église militante et l’Église triomphante. Et de fait, comment aurait-on fait tant de fondations, établi tant de chapitres, qui n’ont d’autre occupation que de chanter les louanges de Dieu ? Comment tant de rois, princes, seigneurs et autres personnes de qualité auraient-ils fondé tant de monastères et de communautés, sinon en vue de mettre dans l’Église des hommes qui loueraient incessamment Dieu ? C’est donc le troisième et dernier motif que je mets en avant.

 svp-13-01-09.jpg

Mais que faut-il observer, selon notre règle ? Vous savez qu’il est requis d’avoir l’intention, l’application, la dévotion. Voilà bien des choses, et il y en a quantité d’autres, et il faut bien du temps pour les expliquer. Mais, Monsieur, dites-nous ce qu’il faut faire. — Tout d’abord chacun doit savoir que l’office que nous récitons doit être l’office romain, à cause de la différence des lieux où nous nous trouvons ; à Paris le romain, et aux autres maisons de même, à raison des séminaires et des ordinands de divers diocèses qui viennent chez nous, joint que nous sommes obligés d’aller tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, et qu’il serait malaisé de changer à chaque fois de bréviaire. Voilà pourquoi nous disons le romain. La règle dit de plus que nous le devons réciter ensemble. Et de fait, la Compagnie en a usé de la sorte dès son berceau, et ceux qui sont ici dès ce temps-là savent que la coutume était de réciter ensemble les matines, les petites heures et les vêpres. Chacun sait aussi que c’est la pratique dans les autres maisons. Voyez-vous, je suis plus touché que de toute autre action de piété quand j’entends chanter les louanges de Dieu dans l’esprit que Notre-Seigneur demande de nous. C’est donc la pratique, dans toutes nos maisons, de le réciter ensemble. A Richelieu il y a un ordre pour cela, à Saint-Méen et à Cahors tout de même. Bref, partout on en use de la sorte. La règle dit encore davantage, qu’aux missions même il faut réciter l’office en commun. Pourquoi cela ? L’expérience a fait connaître que, quand on ne le récitait pas en commun, plusieurs demeuraient en arrière, d’aucuns étaient encore à dire prime sur le soir ; il fallait même quitter les repas et s’absenter des exercices communs pour aller réciter son office, que l’on avait omis dans son temps. Ajoutez la précipitation avec laquelle on le récitait, le peu de dévotion que l’on y apportait et quantité d’autres inconvénients que je serais trop long à vous déduire. Et parce que, comme une chandelle ne fait pas autant de lumière que plusieurs ensemble, ainsi l’on n’a pas tant de ferveur et de dévotion quand on récite seul son office, que quand l’on se met plusieurs ensemble pour le réciter, je vous avoue qu’il y a je ne sais quelle bénédiction particulière quand on en use de la sorte. Or, cette application que nous devons avoir consiste à peser les mots et le sens de chaque mot, à le réciter posément et à ne pas enjamber. Qui voudrait aller vite se mettrait en danger de ne satisfaire aucunement à ses obligations et scandaliserait ceux qui l’entendraient. La façon de le bien dire est d’y observer les médiations et de prononcer dévotement et distinctement. Cela certainement touche, quand on le récite en commun. Voilà pourquoi vous voyez que les ecclésiastiques qui viennent ici les mardis, attendant l’heure de la conférence, s’accouplent deux à deux pour réciter l’office et reconnaissent, à ce qu’ils m’ont dit, qu’il y a une bénédiction toute particulière. C’est aussi pour cela que l’on a mis cette pratique, même aux missions. Or, mes frères, nous nous trouvons coupables de ce que je viens de vous dire. Qu’ai-je dit, que tout le monde était coupable ! Tout le monde est excusable ; il n’y a que moi, misérable, qui ai péché, pour n’avoir veillé à ce que cette règle fût en vigueur parmi nous ; je suis le seul responsable devant Dieu de tous les péchés et manquements qui se sont faits dans le service divin, pour n’avoir, par ma misère, tenu ferme à ce que les choses s’observassent selon que le prescrit la règle. Priez Notre-Seigneur pour moi, Messieurs, à ce qu’il me pardonne. Mais comment cela s’est-il fait ? Je le répète, ç’a été, mes frères, par ma négligence, et je sais très bien que, si Dieu ne me faisait miséricorde et me traitait selon mes péchés, j’aurais des tourments à souffrir dans l’enfer pour cela. Disons la vérité : dans Saint-Lazare nous n’observons point du tout cette règle ; il semble qu’elle ne soit point faite pour nous ; nous nous en allons, qui d’un côté, qui de l’autre, dire notre office en particulier comme si nous n’étions pas obligés de le dire en commun. Qui en est coupable, Messieurs ? C’est ce misérable, qui se mettrait à genoux, s’il le pouvait ; vous excuserez mes incommodités. Nous sommes donc tombés. Or sus, plaise à la divine Majesté nous relever !

 

La deuxième chose à observer est de réciter l’office media voce sine cantu ; c’est ce que dit la règle, pour ne pas obliger les missionnaires à faire chœur perpétuel, comme on fait à Notre-Dame, dans les autres chapitres et dans plusieurs religions. Notre manière de réciter l’office n’est pas invention nouvelle ; vous avez les Capucins, les Minimes et quelques autres communautés qui le récitent media voce c’est ce que nous devons faire ; et c’est ce que porte la règle, de le réciter media voce sine cantu, la voix basse, et cela pour avoir du temps pour vaquer aux emplois de la Mission. De cela il en faut excepter les maisons fondées avec obligation de réciter au chœur et qui sont même obligées de le chanter. Saint-Lazare y était autrefois obligé ; les anciens religieux chantaient tous les jours l’office divin ; mais, quand nous avons été substitués à leur place, nous avons été réduits par M. l’archevêque à le réciter media voce sine cantu à condition néanmoins que l’on chanterait, les dimanches et fêtes, la grand’messe et les vêpres. C’est donc avec obligation de le réciter de cette sorte que l’on a accepté la maison de Saint-Lazare. Il y en a quelques autres, dont je ne me souviens pas à cette heure, qui ont les mêmes charges.

 

Il y a d’autres maisons obligées au chant, comme à Richelieu, où l’on a la cure, à Cahors et à Agde, où l’on est obligé de chanter, à cause de la cure que l’on exerce. Ajoutez quelques autres maisons, comme Saint-Méen, où il y a obligation de réciter l’office au chœur et de chanter la grand’messe non seulement les dimanches et fêtes, mais plusieurs autres jours, à raison des fondations. J’oubliais de vous dire que dans quelques autres maisons, à raison des séminaires et des ordinands que l’on y reçoit, nous avons obligation de chanter quelquefois pour les instruire. Enfin dans les autres lieux où nous avons obligation de réciter au chœur l’office et de chanter des grand’messes et vêpres, on ne laisse pourtant pas de réciter tous ensemble l’office dans une chambre. Voilà, Messieurs, nos obligations. Nous le chantons donc céans à certains jours, et outre cela, nous le devons réciter ensemble, et même quand nous sommes en mission. Or, si nous sommes obligés, selon notre règle, de le réciter tous ensemble dans une chambre ou dans un oratoire, comme on fait à Richelieu et aux autres maisons où il n’y a pas de fondation pour le réciter au chœur, eh ! pourquoi nous autres, qui sommes obligés de le dire tous ensemble, et surtout dans cette maison, à l’église, pourquoi ne l’y réciterions-nous pas plutôt que dans nos chambres et en notre particulier ? Certainement, mes frères, nous n’observons point du tout cette règle. Les moyens de remédier à ce désordre (car c’est là où l’affaire va), c’est de considérer le péché que nous faisons. Il n’est pas petit, parce que nous donnons sujet à ceux des autres maisons de ne point garder cette règle, voyant qu’elle ne s’observe pas en celle-ci, qui doit être la règle et le modèle des autres. C’est ce qui m’a fait toujours tenir ferme et qui nous doit obliger, en tant qu’il est en nous, à veiller à ce que cette pratique s’observe parmi nous ; car autrement adieu la règle !

 

Croiriez-vous qu’il y a des personnes qui se sont plaintes de ce qu’on les faisait aller à l’office et ont demandé d’en être dispensées ? Cela n’est venu d’aucun ancien, mais d’un séminariste, qui a dit à son directeur, parce qu’il y avait été huit jours entiers : "Monsieur, vous m’appliquez trop à l’office ; je vous prie de m’en exempter." Voyez, je vous prie, où va cela. Considérez encore que, si l’on ne remédie à ce désordre, dans les missions on ne récitera plus l’office en commun ; et de là il arrivera que, pour ne l’avoir récité aux heures qui sont marquées, on ne sera pas prêt pour aller aux confessionnaux, on s’excusera sur ce que l’on n’a pas dit son office. Considérez enfin de quelle part vient cela ; il n’y a personne, ce me semble, Messieurs, qui ne voie que ce doit être d’un esprit déréglé et peu affectionné à sa vocation. Cela est vrai, et j’estime que, sinon tous, au moins la plupart de la Compagnie, en font le même jugement que moi. Mais voyons ce que diront la nature et l’esprit malin. — Eh ! Monsieur, il y a vingt ans que cela est ainsi ; ne savez-vous pas qu’il y a prescription et que cela est passe en coutume ? Oui-da, Monsieur, c’est une coutume introduite à présent dans Saint-Lazare, de n’aller plus au chœur, si ce n’est ceux du séminaire. — A cela, Messieurs, en partie je baisse la tête et me confonds devant Dieu du peu de soin que j’ai apporté pour maintenir cette ancienne pratique, mais je dirai que l’on ne prescrit jamais contre les choses divines, baste que l’on puisse prescrire contre les choses humaines, outre que ce n’est pas une prescription, puisque de temps en temps l’on a recommandé d’assister à l’office ; c’est ce qui ôte la prescription que l’on avance. Ce qui empêche encore la prescription, c’est qu’il y en a dans la Compagnie qui y ont toujours assisté. Dieu bénisse ceux-là ! Dieu les bénisse, puisqu’ils ont empêché cette prescription, jusqu’à ce que la Providence ait fait naître l’occasion de remédier aux manquements qui se sont glissés dans la Compagnie, et qu’elle a permis qu’il y ait des personnes de piété qui y ont été ! C’est pourquoi, tandis qu’il y en a qui soutiennent la loi, ou une coutume, on ne peut dire qu’elle est abrogée. Or, il y a eu des personnes dans la Compagnie qui l’ont soutenue, et partant c’est mal raisonner de dire que cette coutume n’est plus en vigueur. De plus, quand il arrive quelque ordonnance du supérieur contre ceux qui violent cette pratique, quand les règles sont renouvelées de temps en temps, il n’y a pas de coutume qui puisse prévaloir à l’encontre. Je dis plus : les docteurs estiment qu’il ne sera pas excusable devant Dieu et les hommes celui qui, entrant dans une communauté et sachant quelles en sont les règles et les pratiques, ne les observe pas, parce que la coutume est contraire. Il est obligé, les ayant vouées, de les observer, et, s’il ne le fait, il est inexcusable.

 

Oh ! que dira-t-on de moi si j’assiste dorénavant à l’office ? Oh ! mais, Monsieur, j’aurais grande peine de faire autrement. Monsieur, je dis mon office tout seul. Je sais bien qu’il en faut pour l’église, mais il y en a assez qui y vont. — Mes frères, il y a peu de différence à le dire en particulier ou en public, et je vous assure qu’il y a autant de peine à le réciter de l’une et de l’autre façon ; car, dites-moi, je vous prie, ne le faut-il pas dire avec attention, dévotion et observer les médiations, quand on le dit en son particulier ? Je vous assure que je n’ai jamais vu, ni lu aucun docteur particulier qui ne demande ces conditions pour s’en bien acquitter. Tous les gens de bien observent les médiations pour donner l’aliment à l’esprit ; et faire le contraire, c’est péché. Savez-vous comment font certaines gens ? Le premier mot, on le dit confusément ; le second, indistinctement ; puis boute, boute, comme tu pourras. Appelez-vous cela, Messieurs, chanter les louanges de Dieu ?

 

Mais, Monsieur, il faut bien du temps pour aller de ma chambre au chœur. — Eh ! mon Dieu ! où va cela ? Eh ! Sauveur de mon âme ! nous voyons les chapitres qui n’ont pas leurs maisons si proches de l’église, qui vont à matines, puis retournent chez eux, vont ensuite aux petites heures, à la grand’messe et à vêpres, vont et retournent incessamment ; et nous autres, nous nous plaindrions ! Je dirai à notre confusion qu’il y a onze ou douze des chanoines de Notre-Dame, qui vont toujours à matines à minuit et n’y manquent jamais, s’ils ne sont malades. Des chanoines de Notre-Dame, les premiers dans un chapitre qui est composé de personnes de très grande condition, se lèvent à minuit ! M. de Ventadour, le duc de Ventadour est toujours levé pour aller à minuit à matines ! Un prince anglais, il se nomme… je ne me souviens pas bien de son nom, il s’appelle… mène cette vie ; Monsieur de Parfait de même. Enfin il y en a douze qui n’y manquent jamais, excepté quand ils sont incommodés. O Sauveur ! nous verrons des hommes du monde qui ont des biens en abondance, avoir ce zèle pour se lever à minuit afin de chanter les louanges de Dieu, et nous nous plaindrions d’aller pendant le jour de notre chambre à l’église ! Mes frères, voyez où cela va, voyez où vont nos misères ! Mais, Monsieur, je suis infirme. — Il faut traiter les infirmes en infirmes ; le joug de Notre-Seigneur est doux ; il faut l’ajuster à la portée d’un chacun. Mais, Monsieur, je suis officier de la maison. — Il est juste que ceux-là en soient exempts ; il faut qu’ils laissent quelquefois Dieu pour Dieu ; à la bonne heure pour ceux-là D’autres diront : "Monsieur, je compose une pièce", pour laisser le service divin — Savez-vous que c’est le moyen de bien remplir cette pièce, d’assister à l’office ? car c’est là que vous puiserez de saintes pensées.

 

Je suis écolier. - De ceux-là nous verrons. Otés les Jésuites, je ne pense pas qu’il y ait de religion ou communauté où ceux qui étudient et qui sont dans les ordres sacrés, et qui, par conséquent, sont obligés à l’office, soient dispensés de le dire au chœur. Je sais que chez les Capucins les étudiants y vont ; je ne sais si partout ailleurs ils en font de même. Le meilleur moyen de bien étudier, disent les Capucins, c’est d’assister à l’office.

 

Ah ! mais, Monsieur, j’ai cette incommodité. — Ce sera à un chacun de nous à reconnaître devant Dieu s’il le peut ou ne le peut pas, et, après s’être examiné, de l’exposer au supérieur et lui dire : "Monsieur, je vous prie de m’excuser de matines pour dix jours, pour quinze jours ou pour un mois." Ce sera pour lors au supérieur à examiner en sa conscience l’excuse que l’on apporte. Il faut donc exposer ce qui empêche ; et c’est au supérieur à regarder devant Dieu s’il doit dispenser ; et que celui qui doit demander cette dispense aille auparavant se mettre devant Dieu et dise en lui-même : «Si j’étais à l’heure de la mort, demanderais-je cette dispense ? ou bien, suis-je indifférent à ce que me dira le supérieur ? Ce que j’ai à faire égale-t-il ce que je dois ? Mais souvenez-vous qu’il ne faut rien proposer qu’au préalable on ne l’ait examiné devant Dieu et que l’on n’ait reconnu que c’est juste ; car vous savez que la faiblesse des supérieurs qui-accordent des dispenses sans raison n’excuse pas devant Dieu. Saint Bernard appelle cela : liberté de pécher. Notez que la règle oblige parfois sous peine de péché mortel, lorsqu’elle a son fondement dans l’Écriture, ou lorsqu’une chose est ordonnée en vertu de la sainte obéissance, ou lorsque, par son mauvais exemple, on attire les autres à faire de même ; par exemple, je suis ancien prêtre de la maison, j’aurais désir de me faire dispenser sans raison de plusieurs de mes règles, mais je considère que les. autres, à mon exemple, demanderont la même chose ; je suis coupable devant Dieu, par mon mauvais exemple, de l’inobservance des règles. Enfin nous sommes obligés à la règle, et quiconque y manque et recourt au supérieur pour en être dispensé sans cause, selon les docteurs, quand il y a scandale et mépris formel, soit de La règle, soit de l’observance du supérieur, il y a toujours péché. Ne nous flattons donc pas sur ce que nos règles n’obligent pas à péché.

 

Ainsi, Messieurs, voilà l’heure venue à laquelle Dieu, qui fait les choses avec poids, nombre et mesure, nous a fait connaître la vérité. J’étais endormi, mais Dieu, par sa miséricorde, m’a éveillé et dessillé les yeux pour voir l’importance qu’il y a de tenir ferme à ce que la règle s’observe. Le temps est donc venu auquel nous reconnaissons que nous sommes obligés de réciter notre office de la manière que nous l’avons dit. Cela n’est-il pas juste ? Je vous en fais les juges et je vous appelle au cabinet de vos cœurs. Disons donc notre office ensemble, mais au chœur. Et bienheureux ceux qui commenceront dès demain, et malheureux ceux qui trouveront à redire à une si sainte pratique ! Allons-y, mais sans remords, sans retardement. J’estime que tous, tant que nous sommes, nous voulons nous sauver et que nous avons grandement le désir de pratiquer la règle qui nous recommande l’office. Comme ceci est un des moyens les plus importants pour notre sanctification, nous nous donnerons à Dieu pour le prendre. Hodie si vocem ejus audieritis. Puisque vous entendez la voix de Dieu qui frappe à vos cœurs, que c’est l’usage de toute la Compagnie de réciter l’office en commun, donnons-nous à lui dès maintenant pour lui témoigner le désir que nous avons de lui rendre cet honneur. Hodie si vocem ejus audieritis. Ne différons pas davantage. Souvenons-nous d’avoir cela in capite, in spiritu, que l’ecclésiastique est obligé de réciter les louanges de Dieu.

 

Savez-vous, mes frères, que la plupart des ecclésiastiques, et nous en sommes, pour n’avoir pas fait notre capital de chanter les louanges de Dieu, ne savent pas chanter, et que d’autres ont conservé cette grâce de suivre les enseignements de leurs pères ? Cela paraît dans les villages où l’on a eu soin d’avoir de bons maîtres d’école ; presque tous les enfants savent le chant ; et ainsi cela a passé de père en fils. Les séculiers et les paysans ont conservé cette grâce, si ce n’est depuis que Dieu a mis ordre à son office, voulant qu’il fût chanté dévotement. Je dirai, à ma confusion, que, quand je me voyais à ma cure, je ne savais comme il m’y fallait prendre ; j’entendais ces paysans qui entonnaient les psaumes, avec admiration, ne manquant pas l’une seule note. Pour lors je me disais : "Toi qui es leur père spirituel, tu ignores cela" ; je m’affligeais. Quelle confusion, mes frères, pour les ecclésiastiques, que Dieu ait permis que le pauvre peuple ait retenu le chant, Dieu, qui a de la joie et du plaisir, si j’ose ainsi parler, quand l’on chante ses louanges !

 

Je vous conjure, par le plaisir que Dieu prend à l’office que nous récitons, d’être ponctuels, de vous y trouver ; je vous en conjure encore, par les inconvénients que vous savez pouvoir arriver, lesquels sont très grands. Eh ! que savons-nous de ce qui pourrait s’ensuivre, s’il n’y avait que le séminaire à savoir chanter et qu’il devînt nécessaire de le mettre et élever à part, comme font les Jésuites et les Capucins ? Qui garderait la règle, Messieurs ? Pour éviter que les maisons religieuses aient plus de sujets qu’elles ne pourraient en nourrir, le Pape a établi qu’en Italie aucun novice n’entrerait sans sa permission dans un Ordre ou un monastère. Les Jésuites mêmes vont dire à Sa Sainteté : Voilà un tel qui se présente ; Votre Sainteté agrée-t-elle que nous le recevions ?" Si pareille mesure était imposée en France, ou par l’ordre du Pape, ou par quelqu’autre ordre (n’est-ce pas l’empereur Maurice qui défendit de prendre des soldats dans les religions ?) Messieurs, qui ferait encore un coup l’office ?

 

Je n’ai autre chose à vous dire, sinon que (souffrez que je dise encore ce mot) demain à l’oraison nous entrions dans le cabinet de nos cœurs, pour nous mettre en la présence de Dieu, et, en sa vue, examiner s’il n’est pas équitable que nous observions cette pratique. Je prie toute la Compagnie de demander cela instamment à Dieu, dans la parfaite confiance que nous devons avoir qu’il nous fera cette grâce. Personne donc ne se doit dispenser de l’office sans la permission du supérieur, qui est obligé de bien examiner la chose. Ah ! je pense qu’il n’y a ici personne qui ne se sacrifie très volontiers pour chanter et réciter les louanges qui font, pour ainsi dire, partie de la gloire. Dieu écoute avec joie et plaisir les louanges que nous lui donnons. Sus donc ! animons-nous tous de l’esprit qu’il faut pour commencer demain à chanter les louanges de Dieu. C’est la prière que nous lui ferons.

 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 10:22

Saint Vincent et les Jésuites 

Quelques passages dans Costes :

 SV avec Livre

Dans l’œuvre de Costes, 14 volumes, voici les renvois au mot « Jésuite » SV XIV,284-286 : (pour consulter toutes les références, cliquez ici) :

 

Ci-après quelques citations de Saint Vincent de Paul

 

Jésuites (Ordre des).

— Estime qu'avait saint Vincent pour cet Institut, III, 577 ; XI, 134.

— Sa caractéristique, IX, 582.

— Nature de leurs vœux, V, 322 ; VI, 621.

— Ils sont religieux, bien que leur règle ne soit pas celle des quatre Ordres mendiants, III, 247 ; V, 320.

— Ils ont patienté longtemps avant d'être approuvés par Rome, V, 396.

— Paul IV les oblige à porter un capuchon, qu'ils quittent après sa mort, III, 390, 454

— Ils acceptèrent, au début, beaucoup d'établissements et ne purent y mettre qu'un personnel insuffisant, III, 153 ;

— sous la direction de supérieurs inexpérimentés, III, 187.

— Saint Ignace envoyait des novices aux armées, X, 555.

— Il congédie plusieurs jésuites, II, 318.

— Saint Vincent les appelle à son aide à Folleville, XI, 4, 170 ; XII, 8 ;

— à Châtillon-les-Dombes, XIII, 51.

— Il leur offre la fondation que Madame de Gondi proposa plus tard pour l'Institut de la Mission ; ils ne peuvent l'accepter, XI, 171.

— Durant la Fronde, les jésuites se portent au secours des populations éprouvées aux environs de Paris, IV, 540.

— Leur participation à la lutte contre le jansénisme, III, 329 ; VI, 533, 575 ; XIII, 109.

— Hostilité des jansénistes contre l'Ordre des jésuites, III, 322, 324 ; IV, 609, 610 ;

— de l'abbé de Saint-Cyran, XIII, 92, 123.

— Violente campagne suscitée contre eux par la publication de l'Apologie des casuistes, VII, 528-533, 614-615.

— «Horrible persécution», XII, 52.

— Mention des jésuites dans les carnets de Mazarin, XIII, 137.

— Succès d'un jésuite à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, I, 78.

— Un jésuite abandonne la cour pour évangéliser les pauvres, XI, 136.

— Histoire d'un jésuite mort aux Indes en odeur de sainteté, II, 203.

— Des jésuites sortis de la Compagnie sont en danger de se perdre dans Paris, III, 173.

— Relations des jésuites missionnaires, XII, 27.

— Ils établissent dans les villes la congrégation des Enfants de Marie, VI, 593.

— Leur amour de la chasteté, XI, 166, 209.

— Succès que leur vaut la simplicité de leurs prédications, V, 632.

— Les supérieurs font la visite des classes, VII, 427.

— Leur méthode d'enseignement, II, 234, 240.

— Avertissements réciproques, IX, 296 ; XII, 363.

— Avertissements au réfectoire, XIII, 654.

— On y lit publiquement les pénitences infligées aux délinquants, XII, 62.

— Punition donnée à ceux qui entrent dans les chambres des autres, XII, 408.

— Le noviciat est isolé, XII, 339.

— Les chambres n'ont qu'un loquet, XII, 396.

— Ceux qui étudient sont dispensés de l'office au chœur, XII, 337.

— Ils invitent rarement des externes à dîner, et toujours pour quelque raison particulière, XI, 330 ;

— ont dans chaque maison un inspecteur ou visiteur, XII, 46, 62 ;

— renvoient d'ordinaire les postulants en leurs provinces, VII, 525.

— A ceux qui vont en voyage on donne par écrit un règlement de voyage, XIII, 631.

— Il leur faut la permission pour consulter le médecin, X, 345.

— Leur correspondance passe, ouverte, par les mains du supérieur, X, 405.

— On leur laisse en général la liberté de leurs intentions de messes, VI, 28.

— Ils ont en médiocre estime quiconque n'obéit pas au médecin, X, 391.

— Leur règle leur recommande de s'écrire souvent, V, 339 ; XI, 123.

— Toutefois, à cause des abus, ils ont réduit leur correspondance au nécessaire, V, 339.

— Leurs missionnaires apprennent la langue des pays qu'ils vont évangéliser, V, 228, 359 ; XII, 66.

— Ils ne donnent aucun secours à ceux qui les quittent, III, 381 ;

— ne sont pas élevés à l'épiscopat, II, 415. _

— Leur supérieur général ne fait pas la visite des établissements, II, 500.

— Leurs frères laïcs ont partout le même habit, XI, 158.

— Difficultés qu'ils ont dû surmonter pour s'établir à Paris, III, 626.

— Jésuites de la rue Saint-Antoine à Paris, XI, 199 ;

— de Saint-Louis à Paris, II, 394 ; V, 560.

— Michel Le Gras élève au collège Saint-Louis, I, 102.

— Jésuites d'Agen, III, 577 ;

— d'Amiens, XI, 4, 170 ; XII, 8 ;

— d'Anvers, VIII, 511 ;

— de Bar-le-Duc, II, 23, 31 ;

— de Charleville, IV, 486 ;

— de Péra à Constintinople, III, 42 ;

— d'Ecosse, V, 367 ; XI, 173, 185 ;

— de Gênes, VI, 323, 325, 340 ; VIII, 19, 82, 106 ;

— des Indes, VI, 91, 225 ; XI, 298 ;

— de La Rochelle, VIII, 474 ;

— de Madagascar, VI, 224-225, 564-565 ;

— de Montauban, VIII, 221, 225 ;

— de Pologne, V, 349, 358 ;

— de Rome, II, 152 ; IV, 399 ; XIII, 175 ;

— de Saint-Mihiel, II, 213.

— Autres mentions, II, 198, 263, 427 ; IV, 557 ; V, 257 ; VI, 233, 284, 482, 508 ; VII, 121 ; VIII, 18, 54 ; XI, 398 ; XII, 315, 316.

— Voir Charlet, Dinet, du Bourg, etc.

 

SV III,577 : estime de Saint Vincent pour l’ordre des jésuites :

1180. — A GUILLAUME DELATTRE, SUPÉRIEUR, A AGEN

Du 6 février 1650.

Je crois bien que ce que l’on vous a imputé au sujet des Pères Jésuites n’est qu’une calomnie, et que vous ne voudriez pas choquer une compagnie si sainte et tant utile à l’Église de Dieu comme elle est. Je loue Dieu de ce qu’on a aussi reconnu la vérité. J’espère que ce qui s’est passé ne servira que pour vous lier plus intimement avec ces Pères, auxquels je souhaite que vous témoigniez grande estime, affection et déférence, comme je tâche de faire ici ; ce que je fais avec grande consolation.

 

SV IX,582 : « Aux Jésuites Dieu a donné un esprit de science pour la communiquer à autrui. »

 

SV IX,296 : il conseille aux Filles de la Charité de prendre exemple sur les jésuites :

 

Le cinquième moyen pour empêcher les plaintes et faire que chacun se corrige, c’est, je pense, de ne se point avertir. J’ai déjà dit de ne point avertir celle qui parle mal de quelqu’un je vais plus loin maintenant : n’avertissez jamais. Les Pères jésuites, qui sont des gens sages, s’il y en a au monde, s’entr’avertissaient au commencement de leur Institut, comme ils ne laissaient pas de faire des fautes ils voulurent essayer d’un autre moyen à savoir de ne se point avertir mais seulement, en cas de faute notable, en avertir le supérieur. Ils s’aperçurent qu’il en arrivait de meilleurs effets qu’au temps où ils s’avertissaient et résolurent de ne se plus avertir et ils ne le font point, de sorte que, je pense, si nous prenons cette pratique, infailliblement nous en verrons du profit.

 

Saint Vincent prend conseille auprès d’un jésuite :

SV VI,91-92 : 2145. — AU PÈRE BAGOT

24 septembre 1656.

Mon très Révérend Père,

Je vous supplie très humblement d’agréer le renouvellement que je vous fais des offres de mon obéissance, avec tout le respect et la soumission que je le dois, et de m’excuser de ce que je ne suis allé, longtemps y a, vous rendre ce devoir en personne, à cause des embarras que j’ai eus et des exercices spirituels où je suis entré et où je suis encore.

Je vous supplie aussi, mon très Révérend Père, de me faire la grâce de me mander si vos Pères des Indes envoient quelques fois de jeunes Indiens en l’Europe, soit en Italie, soit en Portugal, ou ailleurs, pour y étudier et être élevés à l’état ecclésiastique ; et, s’ils rie le font pas, d’avoir agréable de me mander les raisons qu’ils ont pour en user ainsi ; ce sera une nouvelle obligation que nous vous aurons.

 

Je suis cependant, du cœur que Dieu sait, en son amour, mon très Révérend Père, votre…

VINCENT DEPAUL,

i. p. d. l. M.

 

SV XI,136 : Un jésuite abandonne la cour pour évangéliser les pauvres

O mes frères, je sais des vieillards qui, au jour du jugement, s'élèveront contre nous, entre autres un saint homme, un bon Père jésuite, qui avait prêché à la cour pendant près de dix ans. Ayant près de soixante ans, il eut une maladie qui le mena à deux doigts de la mort, et comme Dieu lui fit connaître la vanité de ses discours relevés et de ses fanfares, qui délectent bien, mais profitent peu, et qu'il lui en donna des remords de conscience, étant revenu en santé, il demanda permission d'aller à la campagne catéchiser et prêcher familièrement ces bons paysans, et y persévéra pendant vingt ans jusqu'à la mort. Avant de mourir, il demanda qu'on lui fît une faveur après sa mort, savoir d'enterrer avec son corps la baguette avec laquelle il appelait les enfants, comme c'est la coutume de ces paysans-là, pour les faire répondre au catéchisme, afin que cette baguette, disait-il, rendît témoignage comment il avait quitté la cour pour suivre Notre-Seigneur dans la campagne.

 

 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 20:22

115. — REPETITION D'ORAISON DU 11 AVRIL 1655

SUR L'EPREUVE DE LA TENTATION

(SV XI,176-178)

      Cliquez ici pour imprimer le texte

SV Studieux

 

S'adressant à un frère coadjuteur qui venait de déclarer qu'il n'avait aucune peine aux emplois de la maison, Monsieur Vincent dit :

Vous avez grand sujet de rendre grâces à Dieu de ce que Notre-Seigneur vous fait cette grâce. Dieu agit quelquefois ainsi au commencement, afin que les personnes se donnent tout de bon à lui ; il les mène premièrement par cette douceur qui fait qu'elles agréent toutes choses, puis de là il les fait passer à l'indifférence ; de l'indifférence, à quelque petit dégoût ; du dégoût, à l'aversion ; de l'aversion quelquefois jusqu'à des pensées de blasphèmes, d'aversion de Dieu, de la vertu, des personnes qui maintiennent l'ordre. Et cela, c'est un exercice que Dieu envoie à ces âmes-là pour les faire croître en la vertu. Et ce sont là des marques de son amour. Et puis, après qu'il les a ainsi exercées, que fait Dieu ? Il les fait entrer dans des douceurs et consolations si grandes que cela est admirable ; et ainsi l'on peut dire que voilà le tableau achevé.

 

J'ai connu une religieuse (Sœur Claire-Marie Amaury, religieuse de la visitation) qui avait une telle aversion au bien et de si grandes et abominables tentations, qu'elle en est venue même jusqu'à avoir des pensées de haine contre Dieu, en sorte qu'elle a dit quelquefois que, si elle sortait de la religion pour s'adonner à toutes sortes de voluptés, qu'elle ne se sentait point tant portée à le faire pour le plaisir de ces vilenies, que pour, par ce moyen, déplaire davantage à Dieu et se venger de lui en contrevenant à ses ordonnances et à ses lois. Et enfin qu'arriva-t-il après une telle épreuve ? C'est que Dieu, l'ayant tirée de cet état de souffrance, la conduisit dans un autre tout suave, doux, de sentiments de lui si grands et si admirables qu'elle est enfin morte en odeur de sainteté. Voilà comme Dieu conduit quelquefois de certaines âmes.

 

Il y a (nous disait-il) une autre personne, qui vit encore, que je connais, laquelle ne sait ce que c'est que tentation ni de la chair, ni d'aversion, ni de haine, etc ; et cependant il n'y a peut-être âme qui soit plus tentée de n'être point tentée, que celle-là. Cela paraît un paradoxe, et pourtant cela est ainsi ; et elle est inconsolable dans cette tentation, à cause que, dans la Sainte Ecriture et dans la vie des plus grands saints, il est fait mention que toutes les âmes que Dieu a conduites à la sainteté, il les a fait passer toutes par les souffrances ; et lui-même y a voulu passer, qui est le Saint des saints. Et cela porte même cette personne-là à avoir quelquefois des pensées qu'elle est réprouvée, puisqu'elle est hors de l'état de souffrance, car, dit-elle, il est dit que celui qui voudra vivre pieusement souffrira persécution (Deuxième épître de saint Paul à Timothée III,12). «Je ne souffre rien ; donc je ne suis pas pieux.»

 

Or, pour revenir à vous, mon frère, qui dites que vous n'avez peine à rien, je vous dis que vous devez beaucoup vous humilier et vous défier de cet état auquel vous êtes maintenant. Le véritable chrétien doit continuellement agir contre ses inclinations, et encore plus particulièrement ceux qui se sont donnés à Dieu, ou dans la religion, ou dans quelque communauté. Saint Paul dit qu'il faisait le mal qu'il ne voulait pas faire et qu'il avait aversion de faire le bien qu'il voulait faire (Epître de saint Paul aux Romains VII,19) ; et ainsi il nous faut nous surmonter en toutes les difficultés et prendre les maux et peines qui nous arrivent, comme choses qui nous sont présentées de la part de Dieu, et demeurer dans l'état auquel il lui plaît nous mettre. 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 13:47

88. — CHAPITRE DU 19 JANVIER 1642

Dieu mesure ses grâces aux besoins d'un chacun. —

Lecture quotidienne d'un chapitre du Nouveau Testament.

SV XI,112-113

 SV avec Livre

Dieu nous donne ses grâces suivant les besoins que nous en avons. Dieu est une fontaine dans laquelle chacun puise de l'eau suivant les besoins qu'il en a. Comme une personne qui a besoin de six seaux d'eau en puise six ; de trois, trois ; un oiseau qui n'en a besoin que d'une becquetée, ne fait que becqueter ; un pèlerin avec le creux de sa main pour se désaltérer ; il en est de même de nous à l'égard de Dieu.

 

Nous devons avoir grande dévotion à nous rendre fidèles à la lecture du chapitre du Nouveau Testament et à produire, au commencement, les actes :

1° d'adoration, adorant la parole de Dieu et sa vérité ;

2° entrer dans les sentiments avec lesquels Notre-Seigneur les a prononcées, et consentir à ces vérités ;

3° se résoudre à la pratique de ces mêmes vérités.

 

Par exemple, je lirai : «Bienheureux ; sont les pauvres d'esprit.» (Mt 5,3) ; je me résoudrai et me donnerai à Dieu pour pratiquer cette Vérité dans telle et telle rencontre.

 

Tout de même, quand je lirai : «Bienheureux sont les débonnaires», (Mt 5,4) je me donnerai à Dieu pour pratiquer la douceur.

 

Surtout il faut se donner de garde de lire par étude, disant : «Ce passage me servira pour telle prédication» mais seulement lire pour notre avancement.

 

Il ne faut pas se décourager, si, l'ayant lu plusieurs fois, un mois, deux mois, six mois, on n'en est pas touché. Il arrivera qu'une fois nous aurons une petite lumière, un autre jour une plus grande, et encore plus grande lorsque nous en aurons besoin. Une seule parole est capable de nous convertir ; il n'en faut qu'une, comme il n'en a fallu qu'une à saint Antoine.

 

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 16:48
Mort de SVIsaïe 61,1-3
L'esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le coeur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur, et un jour de revanche pour notre Dieu. Alors, tous ceux qui pleurent, je les consolerai. Au lieu de la cendre de pénitence, je mettrai sur leur tête le diadème ;ils étaient en deuil, je les parfumerai avec l'huile de joie ;ils étaient dans le désespoir, je leur donnerai des habits de fête.
 
Ps 95
Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom ! De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !
Il est grand, le Seigneur, hautement loué, redoutable au-dessus de tous les dieux : néant, tous les dieux des nations ! Lui, le Seigneur, a fait les cieux : devant lui, splendeur et majesté, dans son sanctuaire, puissance et beauté.
Rendez au Seigneur, familles des peuples, rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis, adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : tremblez devant lui, terre entière.
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Le monde, inébranlable, tient bon. Il gouverne les peuples avec droiture.
Joie au ciel ! Exulte la terre ! Les masses de la mer mugissent, la campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre. Il jugera le monde avec justice, * et les peuples selon sa vérité !
 
 
1 Corinthiens 1,26-31 ;21-2
Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu. C'est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes, dans le Christ Jésus, qui a été envoyé par lui pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut s'enorgueillir, qu'il mette son orgueil dans le Seigneur. Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage humain ou de la sagesse. Parmi vous, je n'ai rien voulu connaître d'autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié.
 
Matthieu 25,31-46
«Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : 'Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi !' Alors les justes lui répondront : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?' Et le Roi leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.' Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : 'Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.' Alors ils répondront, eux aussi : 'Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?' Il leur répondra : 'Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.' Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »
 
 

HOMILIE AVEC LES VINCENTIENS DE LA SARTHE
 
Permettez un mot personnel au début de cette homélie. Mot personnel qui veut rejoindre toute personne vivant une situation semblable. La semaine dernière, nous avons célébré la sépulture de la Maman de mon épouse. Je dédie tout particulièrement à son attention et à toute personne dans le deuil les mots d’Isaïe que nous venons d’entendre : « ils étaient en deuil, je les parfumerai avec l’huile de joie ; ils étaient dans le désespoir, je leur donnerai des habits de fête ».
 
C’est aussi notre mission de Vincentien de nous faire proche de ceux qui souffrent. Il y a un texte d’Evangile que nous avons lus il y a une dizaine de jours dans la liturgie. Saint Luc nous rappelait : « Comment donc vais-je dépeindre les hommes de la présente génération ? Ils font penser à des gamins assis sur la place ; un groupe interpelle les autres : ‘Nous avons joué de la flûte pour vous et vous n’avez pas dansé. Et quand nous avons pleuré, vous n’avez pas pleuré avec nous !’ » (Lc 7,31-32). C’est une invitation à partager les joies et les peines de nos contemporains.
 
Saint Vincent a adressé à Saint Louise de Marillac une phrase que nous devons avoir au cœur : « j’ai peine de votre peine ». C’est-à-dire que nous sommes appelés à compatir avec celui qui souffre. N’est-ce pas ce que nous demande l’Evangile que nous venons d’entendre ? N’est-ce pas ce que vous faites dans chacune de vos Conférences et auprès des personnes que vous visitez ?
 
Quand je suis avec vous, mon cœur se réjouit de votre ardeur au service des plus pauvres, de votre mobilisation au service de celui qui est en difficulté.
 
Pour notre réflexion de ce jour, je m’appuis sur la déclaration du Saint Père aux évêques de France en visite ad liminae à Rome. Notre évêque fait partie de cette délégation. C’est la première visite qu’il fait. Ayons à cœur de l’accompagner par notre prière fraternelle dans sa démarche spirituelle auprès de Saint Pierre et Saint Paul.
 
Parmi différents sujets évoqués, le Saint Père parle du service des plus pauvres. Il a invité nos évêques en ces termes : « je voudrais encore vous adresser mes encouragements pour la démarche Diaconia 2013, par laquelle vous voulez inciter vos communautés diocésaines et locales, ainsi que chaque fidèle, à remettre au cœur du dynamisme ecclésial le service du frère, particulièrement du plus fragile. Que le service du frère, enraciné dans l’amour de Dieu, suscite en tous vos diocésains le souci de contribuer, chacun à sa mesure, à faire de l’humanité, dans le Christ, une unique famille, fraternelle et solidaire ! » (audience du 21 septembre 2012).
 
Je souhaite fortement que ces paroles du Saint Père soient pour vous un encouragement à continuer votre service auprès des plus fragiles. Dans la démarche Diaconia 2013 menée par l’Eglise en France et dans la démarche Quo Vadis pour notre diocèse, vous avez, nous avons, la tâche de sensibiliser nos communautés chrétiennes du service des frères, c’est-à-dire, de rappeler à tous et à chacun que le service des plus pauvres n’est pas une affaire de spécialistes, des prêtres, des diacres ou des institutions officielles comme le Secours Catholique ou la Société Saint Vincent de Paul, mais que le service des plus pauvres est l’affaire de tous. C’est même LE signe de notre foi. Saint Jacques dit à ce propos : «Il sera facile de dire à quelqu’un : “Tu as la foi et moi les œuvres ? Montre-moi donc cette foi sans les œuvres, et je te ferai voir ma foi à partir des œuvres.” (Jc 2,17). C’est une autre façon de présenter l’Evangile que nous avons entendu. « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits c’est à moi que vous l’avez fait ! »
 
Si d’aventure, vous avez des doutes sur votre engagement, si vous vous reconnaissez impuissant ou maladroits, si vous avez parfois du découragement, relisez la première lettre de Saint Paul aux Corinthiens de ce jour : « Vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages. […] » Plus loin, il nous est dit, pour nous préserver de tout orgueil : « ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi […] afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu. »
 
Alors, continuez dans votre service ! Sensibilisez nos frères dans vos paroisses ! Profitez de la démarche Quo Vadis pour vous faire connaître et pour inviter d’autres personnes à vous rejoindre ! Construisez un monde fraternel, comme Jésus nous le demande, comme Saint Vincent de Paul y a travaillé, comme le bienheureux Frédéric Ozanam y a mis la main, et comme bien d’autres à leur suite continue à le faire avec vous…


 
    HOMELIE AVEC LES PENSIONNAIRES DE LA MAISON DE BONNIERE ET LES FILLES DE LA CHARITE DU MANS
 
Au début de cette homélie je tiens à remercier le Père Proust pour m’avoir demandé d’assurer ce temps de méditation. Et vous aussi, merci de m’accueillir dans votre maison pour cette grande fête de Saint Vincent de Paul.
 
Grande fête parce que Saint Vincent m’a marqué dans mon cheminement personnel. C’est lui qui m’a appris à lire l’Evangile que nous venons d’entendre. Ça peut vous paraître bizarre qu’un homme d’une cinquantaine d’année vous dise cela de quelqu’un qu’il n’a jamais rencontré puisque Saint Vincent a vécu au 17ème siècle. Et pourtant, c’est bien ce qui est arrivé. Quand j’ai entendu l’Evangile d’une manière consciente, j’étais un grand adolescent qui n’y comprenait pas grand-chose. En rencontrant les Filles de la Charité et en lisant les écrits de St Vincent, c’est alors que j’ai compris que le regard que Jésus pose sur chacun de nous n’est pas un regard de jugement mais un regard d’amour.
 
Jésus nous regarde en nous aimant. En nous aimant malgré nos faiblesses, nos lâchetés, nos péchés. C’est ce que Saint Paul dit aux Corinthiens et à nous aussi. Dieu n’a pas appelé les sages ni les puissants ni les personnes de hautes naissances, non, il a choisi ce qu’il y a de plus fou dans le monde, ce qu’il y a de plus faible, ce qu’il y a de plus modeste pour le suivre. C’est paradoxal mais c’est comme cela. Et pourquoi donc agit-il ainsi ? Saint Paul répond à cette question : « afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu ».
 
Ce que Dieu nous demande, c’est Isaïe qui le formule : porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le cœur brisé, etc. Nous venons de l’entendre. Et en faisant tout cela, ce n’est pas pour nous faire plaisir, ce n’est pas parce que nous sommes des gens biens ou que notre abnégation soit sans borne. Non, c’est tout simplement, si j’ose dire, tout simplement pour rencontrer le Christ. En rencontrant le plus faible, celui qui souffre, c’est le Christ que l’on rencontre. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Jésus lui-même : « ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ».
 
Et celui qui est faible, alors, me direz-vous… quand est-ce qu’il rencontre le Christ ? Bonne question… Il le rencontre à l’Eucharistie, pourrions-nous répondre, il le rencontre dans l’écoute de la Parole de Dieu, il le rencontre aussi dans celui qui l’aide, dans celui qui le sert. Et oui, n’est-ce pas la signification du lavement des pieds ? C’est Jésus, le Maître, le Fils de Dieu, qui lave les pieds de ses disciples.
 
Ça aussi, c’est Saint Vincent de Paul qui nous l’apprend. Il dira à ses prêtres de la Mission, les pères Lazaristes : « Dieu aime les pauvres, et par conséquent, il aime ceux qui aiment les pauvres ; car, lorsqu’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Or, la petite compagnie de la Mission tâche de s’appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu ; et ainsi, nous avons sujet d’espérer que, pour l’amour d’eux, Dieu nous aimera. […] reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maitres, et que nous sommes indignes de leur rendre nos petits services. » (SV XI,392-393).
 
Bonne fête de Saint Vincent à toutes et tous.
 
Amen !
 
Jean-Pierre Tellier
diacre permanent vincentien
aumônier départemental Société Saint Vincent de Paul- Sarthe
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Published by Jean-Pierre - dans Saint Vincent de Paul
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Q.C.M.

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Un jeu de connaissances auquel les téléspectateurs de toutes générations peuvent participer. Trois candidats viennent chaque semaine tenter de se qualifier pour la finale du mois. Ecriture, Histoire de l'Eglise, saints et témoins de la foi...l'occasion en cette année de la foi de tester - et d'enrichir ! - ses connaissances, en s'amusant, sous la conduite souriante de Charlie Clarck.

 

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Option préférentielle

Aux yeux de l'Eglise, l'"option préférentielle pour les pauvres" n'est pas un simple slogan.
C'est un impératif évangélique auquel j'ai essayé de me conformer tout au long de ma vie et de mes missions.
[...] Il est difficile de parler des pauvres -et aux pauvres- si l'on ne se solidarise pas avec leur vie.

Cardinal Roger Etchegaray
J'ai senti battre le coeur du monde
p. 216